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Publié le 16 Avril 2013

J’ai appris qu’il y avait eu des explosions au marathon de Boston hier soir via Twitter. J’étais fatigué, le cerveau en mode off et je regardais Top Chef en écoutant ronronner Twitter. Et puis cela est apparu, impossible de dire quand, de dire comment, c’était là. D’habitude quand je vois une information de ce calibre j’allume une chaîne d’info ou je cherche à confirmer la chose via des sites plus sûr que Twitter ; mais hier soir je n’ai pas eu envie de faire cela. J’ai rapidement identifié les informations importantes, deux explosions, des morts, des blessés, et je savais pertinemment que je ne saurai rien de plus. Mais je suis resté.

 

Suivre un drame mondial via Twitter est une expérience en soi ; c’est violent et désincarné, voyeuriste et empathique.

 

Je suis resté là à suivre des mots dièses, découvrir des photos, des vidéos, palper la rumeur du monde. Toute proportion gardée cela ressemble un tout petit peu à l'expérience du réel, par la confusion qu’il règne, la violence des émotions et des réactions, la non-information et le chaos.

 

Par la suite, la nature humaine reprend son œuvre et chacun se réapproprie pour le drame pour en faire le vecteur de ses indignations ; vu que l’on ne sait rien chaque lance ses diatribes en espérant je suppose profiter de l’élan ou de l’écho du drame. Il y a ceux qui sont pour s’indigner que le monde s’indigne de façon inégale si l’on est américain ou irakien, il y a ceux qui sont pour rire de tout et faire de bons mots sur le dos du drame, il y a toujours quelques partisans de la conspiration et puis, le plus grand nombre, il y a des émotifs, tous ceux qui semblent soudainement découvrir que le monde est moche et cela les met en émoi. On a tous nos têtes de trucs, des bouches que l’on voudraient fermer, personnellement j’ai plus de respect pour ceux qui s’aventurent à rire du drame que pour les culs bénis de l’émotion qui dresse entre eux et le monde le mur infranchissable / intouchable de l’émotion comme si c’était une chose sacrée, juste et indépassable.

 

Et rapidement ensuite c’est le commentaire du commentaire, Twitter fait ce qu’il fait de mieux, il brasse du vent. Et moi avant d’en brasser trop je vais arrêter l’article là et je vais aller reposer ma tête.

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Rédigé par #ceciestunblog

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Publié le 11 Avril 2013

Sommelier du sommeil, je m’en lave les mains ; les oies nettes sentent la pomme

 

Lave t’en les mains, viens les frotter sur la planche et glaner de l’air les bribes fraîches sur ton visage simiesque.

 

Tu y es presque, tu es arrivé pas loin d’un arbre, c’est un hêtre, toi aussi.

 

Tu y presque, si si, presque arrivé, presque parti aussi c’est nécessaire comme de laisser ces traces de pas quand tu marche dans le sable.

 

Ouvre les yeux, couvre ta bouche, compense ce que tu pense par une image de vases qui communiquent via un téléphone ; Non mais allo quoi - oui ceci est un Allo quoi pirate, je n’ai rien payé pour l’utiliser, je n’ai pas honte, non mais allo quoi tu t’es une fille et tu pense pas à déposer tes mots -

 

On ouvre la porte de l’insert et on y met le feu, ou le bois, ou le sac, c’est mieux que d’emporter avec soi le poids des choses que l’on conspue et que parfois l’on transporte.

 

L’albumine au coin des yeux je pourrais faire un joli portrait de toi

 

Surtout si c’est toi qui as l’albumine ou le sulfure d’argent à la bouche, le sel argentique dans les oreilles.

 

J’ai le nez creux et détecte en toi le potentiel d’un portrait ou d’une photo et peut être des deux si je prends le temps de te passer à la presse.

 

J’ai mon bac à presse.

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Rédigé par #ceciestunblog

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Publié le 10 Avril 2013

Écriture au grand air, avec l'air frais sur le front et le reste de soi sous la chaleur intermittente du soleil ; odeurs du sol, de la terre et l'odeur allergique de la nature qui né, renaît, encore et toujours la sève qui s'écoule dans les veines et la couleur autour et les couleurs autour de moi ; écrire d'un autre lieu juste à deux mètres de l'ancien, de l'autre côté du mur, dehors, de l'autre côté de la fenêtre comme un miroir ouvert. Mais je suis bien à l'extérieur, et c'est toujours plus loin que là où aucune fenêtre aux vitres ouvertes ne permettra d'accéder ; être dehors comme sont ces mots, mots en dehors de moi, ma bouche est comme une fenêtre ouverte mais mes doigts sont comme une porte ouverte dont les mots passent le seuil pour s'en trouvés sortis, littérature tactile pour objet nuageux ce qui explique l'intermittence de la chaleur solaire et se printemps solitaire en dehors de soi qui se déguste comme il se perçoit, dans un frisson serein.

 

Ma gorge est muette, mon sang est de sève et mes doigts disent les mots.

 

Je me gorge d'air, je reste muet sur la nature dense de ce vert et je scelle du bout des doigts l'écriture silencieuse de ce texte

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Rédigé par #ceciestunblog

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Publié le 9 Avril 2013

J’ai un problème avec les luttes féministes, les luttes antiracistes, j’ai un souci avec les combats contre l’homophobie et ceux contre la culture m’inégalité des sexes, je ressens ce même sentiment désagréable avec le prosélytisme de la laïcité et pour dire simple cette situation me fait chier. Pourtant de base je ne suis pas un mauvais bougre ; même si je voudrais paraître cynique - et, paraît-il provocateur - je suis un humaniste dans l’âme. Fondamentalement je ne suis ni misogyne, ni raciste, je crois en la non-existence de Dieu tout en croyant au concept de Dieu, je considère que chacun est libre de faire ce qu’il veut de son sexe dans le respect des consentements, bref j’ai une idéologie consternante de consensus et ce n’est pas là le problème.

 

Si je pense ainsi, si j’ai acquis ces valeurs-là c’est par l’exercice de ma pensée, l’apprentissage de mon libre arbitre et dans le fond ces valeurs qui sont devenues les miennes ne sont que la pure expression de ma subjectivité. Je ne crois pas en la portée universelle de mes convictions parce que j’en connais la limite subjective. Et c’est là que je commence à avoir un problème. J’ai la sensation ces dernières années, que la loi intervient de plus en plus pour cadrer la bonne pensée. La loi intervient au sujet des propos racistes, homophobes, antisémites ; loi sur le voile, loi sur l’égalité des salaires, sur le mariage homosexuel, petit à petit la loi réduit le cadre de ce qui est une bonne pensée.

 

Et c’est là que je me sens malaise, le cul entre deux chaises. D’un côté ce sont des idées, des valeurs que je défends, je devrais donc me réjouir que ces lois passent et espérer qu’un jour ces lois soient appliquées avec une certaines rigueur. Mais voilà d’un autre côté, je n’arrive à ne pas voir planer sur la société le sceptre de la pensée unique. Vous allez me dire, pourquoi avoir peur de la pensée si c’est la bonne pensée, peut-être que vous avez raison, qu’il ne faut pas s’inquiéter du formatage des pensées si c’est le prix à payer pour une société qui pense juste. Pourtant, je n’arrive pas à m’en convaincre, c’est même pire que cela, je le redoute. Parce qu’avant que la loi ne définisse ce qui est acceptable et correcte de penser on était « obligé » de le rechercher par soi même. C’était une nécessité, explorer la pensée, s’en approprier des bribes et se construire une culture, une idéologie, la passer au crible de sa conscience ; au final, on n’a peut-être pas la pensée la plus juste, mais on a le mérite d’avoir une pensée.

 

À trop laisser la pensée d’être délimité par la loi j’ai peur que notre société finisse par totalement désengager les individus d’un processus de pensée et de réflexion. Plus besoin de se forger une éthique, une morale, une grille de lecture du monde, si la loi nous indique ce qu’il faut penser des femmes, de Dieu, des étrangers, des homosexuels, de la religion, de la sexualité, la politique et demain la suite ? Bien sûr, cela vous semble ridicule parce que vous êtes comme moi issu d’une société qui vous a laissé la liberté de vous forger une opinion et que vous n’êtes pas près de lâcher cette habitude, mais qu’en sera-t-il de nos enfants s’ils grandissent dans une société qui leur dictera la bonne façon de penser ?

 

Je préfère une société du débat, de la rhétorique, une société qui n’essaie pas de passer ses idées par la force de la loi, mais par la clairvoyance de son discours. Ne nous étonnons pas du déclin intellectuel de notre société si on préfère imposer les idées par la loi plutôt que par le bon sens de la rhétorique. Et si la rhétorique échoue, si nous ne sommes pas capables d’imposer par la parole notre pensée à l’autre acceptons donc qu’il puisse y avoir d’autres paroles mêmes si celles-ci révoltent ce que nous nous sommes forgés de dignité. C’est pour cela que les luttes féministes, antiracistes, contre l’homophobie, pour la laïcité, etc me mettent mal à l’aise, je suis pour ces idées, mais pas pour qu’elles passent dans notre société par la loi, je voudrais que ces idées entrent par les individus. Le recourt à la loi pour imposer une idée, c’est aussi la débâcle des idéologies, l’échec de l’éducation, l’abandon de la conscience et de la pensée. Et cette idée-là m’est insupportable.

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Publié le 30 Mars 2013

Apocalypse, 984 degrés sous la jupe des femmes et dans la rue noyée de vapeurs écarlates le bitume est lardé de rayons jaunes sale mais brûlants directement tombé du ciel. Apocalypse, au 4ème étage d’un immeuble de centre ville, la télé est ouverte en deux et beugle en boucle les mêmes information, même pour la fin du monde les journaliste incompétents sont stoïques, ils décrivent le monde qui s’effiloche sans avoir d’explication. Même au pied du mur du grondement d’un divin le système se refuse à reconnaître l’ampleur de l’erreur de la raison. Apocalypse, 8 heures plus tard le monde prend son temps pour en finir, le délitement du système s’étire, s’allonge, refusant de mourir même si cela doit passer par la coercition. Apocalypse, de 2 minutes 30, le temps des derniers coïtes, dans les prémices et le frisson de la fin du monde les gens se sont mis à baiser tous les uns avec les autres sans tabous ni pudeur, sans peur du lendemain ou du qu’en-dira-t-on puisqu’il n’y aura plus de demain si de personne pour cancaner. Apocalypse, 10 mois plus tard, les femmes enceintes d’inconnus, de leurs frères, leurs patrons ou de violeurs, qui ont choisi la fin du monde comme avortement, accouchent dans la douleur et les pleurs. Apocalypse de la 2ème génération, les enfants nés de la peur de la fin du monde viennent au monde comme la génération maudite. Apocalypse 100 déontologie les enfants abandonnés à la rue élevés par les parias et les bonnes sœurs finiront par bouffer le cadavre du monde et en chier une dernière apocalypse.

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Rédigé par #ceciestunblog

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Publié le 18 Mars 2013

recommencer, écrire encore, chercher, vouloir fouiller et regarder, attendre, trop regarder, trop attendre de soi et toujours chercher la prose, la plume, la posture, l'imposture comme graal ; je crois que je suis en quête de ma grande imposture, la plus belle, l'illettrée l,imparfaite, la nue, je suis en quête de mon plus beau personnage, ma plus belle histoire, ma fresque de tapisserie ; je suis en gestation et je fais passer mes gesticulations pour de la poésie sans crayons, sans génie et carrément sans gène. Peut-on écrire de la poésie, assis à la table du Mc Donald's à écouter deux équipiers en pause exposer la misère de leur qualité relationnelle, et ce n'est pas moi qui l'invente, il vient de dire "pathétique"' je crois qu'il essai de l'attendrir elle parce qu'il a jeter un froid a lui reprocher de se montrer trop sociale / trop naïve avec le nouveau. Il veut se montrer détaché mais sensible, mauvaise formule parce que les deux sont antinomiques. Elle est assez belle, elle est noire et elle a une bouche pulpeuse et elle se lève pour partir, il est grand et maigre avec un visage banal, elle est partie il a perdu et lui aussi part me laissant seul avec mes mots et une blonde sans classe aux yeux bleus trop maquillés qui sirote son coca après avoir fini son filet o fish et la poésie déserte le monde tant elle n'est bonne qu'a m'inspirer des pensées salaces. Nous ne sommes que des fous réunis autour du Wi-Fi comme les bêtes de la savane autour d'un point d'eau

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Rédigé par #ceciestunblog

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Publié le 13 Mars 2013

On a assisté ce soir à un spectacle exceptionnel, rare et curieux ; la couverture médiatique par les clowns d’i-télé - et je suppose des autres chaînes d’information et même des chaînes généralistes promptes à mettre de côté la laïcité pour mettre au-devant de la scène télévisuelle le messager officiel de Dieu - de la nomination du nouveau pape. C’était très particulier, particulièrement comique et horriblement horripilant de regarder ça. Je mets de côté toute la question de la laïcité télévisuelle et la disproportion de la planète télé France à mettre en avant le clown blanc sorti à son balcon au Vatican comme un diable serai sorti de sa boite pour faire rire les enfants et je vais me concentrer sur ce que j’ai trouvé terriblement triste : le travail méthodique de la part de i-télé pour désacraliser ce qui pouvait encore l’être en témoignant une obsession délirante, déviante et absurde pour le temps.

 

Il semblait important pour les guignols dans la télévision de jauger le temps, le découper, le prévoir, l’anticiper et ce sont là les mots de la dame au micro qui demandait à son expert comment nous pourrions connaître le nom du pape avant que le nom du pape soit prononcé. Plus précisément il semblait impérieux et important de pouvoir connaître le nom du pape avant la fin. La fin de quoi ? La fin du protocole, pire, avant la fin de la phrase. C’était un devoir que de nous expliquer que si l’on pouvait décrypter le latin alors nous connaîtrions le nom du pape avant les autres, 15 secondes avant les autres selon les dire du journaliste. Je trouve cela terrifiant, vivons-nous à une telle époque que l’instantanéité des choses ne suffit pas ? L’information en plus de brasser du vide doit-elle nous apprendre à anticiper pour mieux comprendre ? Est-ce cela le sens du monde ?

 

Faut-il rire ou pleurer de cette journaliste qui selon ses propres mots nous explique qu’il a fallu sur i-télé seulement un quart de seconde pour savoir si la fumée était noire ou blanche, sous-entendu il a fallu plus de temps aux autres chaînes. L’information papale a-t-elle plus de valeur parce que la couleur de la fumée a été vue plus vite ?

 

Et ces journalistes aux vents creux qui brassent de l’air pour tuer le temps, pour combler les vides sont-ils la plaie de notre information ? Fallait-il qu’ils soient là à l’antenne à dire rien et même parfois son contraire en attendant le pape. A décider de donner dans le religieux, à décider de montrer le principal serviteur de dieu ne fallait-il pas laisser une place même petite au sacré, au recueillement, bref au religieux et assumer ainsi son parti prit en soutane. Avec à la bouche toujours trop de mots trop vides pour chasser les silences les journalistes avortent la moindre parcelle d’émotion qu’il y aurai pu avoir. Je conchie donc les journaliste de i-télé et cela même si je suis athée

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Publié le 28 Février 2013

Parfois j’oublie que je peux être lu, c’est vrai, écrire est une action très solitaire mais surtout très de l’instant. Une fois les mots posés, souvent une fois la conscience soulagée de cet accouchement plus ou moins douloureux, l’écriture passe à la suite, aux mots suivants et j’oublie bien vite ce que deviennent les mots d’avant. Mais quand j’y songe, c'est grisant de savoir que ces mots peuvent partir loin, de mon blog aux réseaux et de réseaux en RT jusqu’à vous, jusqu’à d’autres.

 

Cela peut sembler curieux, mais je suis toujours étonné quand j’apprends que quelqu’un lit ce blog. Encore plus si c’est une personne que je connais. C’est très intime d’être lu, mais c’est une intimité différée et j’aime cela, cela me fait peur, cela me fait plaisir, cela m’impression, cela m’ivresse, cela me surprend, cela me réjouit.

 

Je rêve d’un jour écrire un article, un texte, un poème, peu importe quoi mais quelque chose qui me quitterai pour partir loin, très loin de moi ; un texte qui d’échanges de liens en tweet et RT parte très loin de moi, assez loin pour qu’il ne m’appartienne plus. N’est-ce pas là le mythe de tous écrivains, se voir déposséder de ses textes ? Alors mes amis, mes belles inconnues, faites grossir mon beau narcisse, faites partir mes mots, appropriez-les-vous et délestez-moi de moi ; moi, je suis une usine à moi, je produis du moi bien plus que vite que ce que vous pourriez en consommer. Le rêve d’un égotrip.

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Rédigé par #ceciestunblog

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Publié le 22 Février 2013

Dès les premiers pas dans le hall de l'aéroport la réalité esquisse comme une vérité ce qui ne devrait être qu'un fantasme ; les femmes russes sont d'une beauté redoutable et en quelques seconde on sait que l'on tombera amoureux plus de dix fois par jour pris sous le feu de ces regards.

 

Les femmes russes sont belles, c'est un euphémisme pour dire ce qu'un homme ressent quand il déambule dans la rue sous le feu croisé de ces regards russes que nous lancent les femmes qui, plantées en haut de silhouettes longilignes et élancées, posent sur nous un regard de certitude mêlé d’une belle indifférence. Les femmes minaudent, leurs yeux savent miauler avec un naturel désarmant qui sait tout de sa propre beauté. Filles russes, beauté slave, toutes sont belles et le savent bien mieux que nous pourrions le leur dire. Elles sont belles de cette conscience qui institue dans le cosmopolite de la population une race de princesse au port de tête altier et à la démarche en équilibre sur le fil invisible tendu entre l'élégance et le vulgaire.

 

Si ces femmes, demoiselles aux allures de poupées russes, sont d'élégantes insoumises c'est qu'elle se sont affranchie du regard des hommes. Elles ne semblent pas avoir besoin de ce miroir social, cette convention amoureuse qu'est l'homme, pour assurer, rassurer et conforter leur beauté. Elles sont belles de cette certitude. Aucune béatitude, même pas de vacuité narcissique dans la contemplation de leur joliesse personnelle, la femme russe est belle d'une certitude, d'une conviction, d'un port de tête. Il n’y en elle aucune croyance qui aurait besoin d'être rassurée, convoquée, scellée par le regard, la parole ou le reflet. Tout comme la gravité qui cloue les choses du monde sur le sol n'a pas besoin de l'équation formelle pour être opérante, la beauté des femmes russes n'a besoin de rien, elles sont belles, le savent et c'est tout, c'est un fait, un acquis du monde réel que je peux remarquer mais sur lequel je n'ai aucune prise.

 

Je perçois pourtant dans leurs yeux une infime part d'effroi qui n’est pas loin d'être une infinie tristesse. Comme si les plus belles femmes russes avaient eu, en plus de leur beauté, la conscience évidente que cette beauté ne servirait à rien. Comme si elles avaient conscience que la conscience de leur beauté les rend étrangères à l'amour des hommes ; elles savent que l’homme ne peut pas espérer que son amour, quelle que soit sa déraison, soit autre chose qu'une pure perte de temps. Selon ma mythologie occidentale d’homme, mon amour est censé magnifier les femmes, les rendre belles, les mettre sur un piédestal, mais si elles le sont déjà alors mon amour est caduque. De notre côté de l'Occident ne dit-on pas que l'amour rend aveugle, au sens où il rend toutes les femmes belles aux yeux des hommes qui en sont amoureux ? Les femmes russes ici n'ont pas besoin de cet étendard de l'amour pour que tous les hommes voient leur beauté. Elles désamorcent ainsi toutes velléités d'un amour sauveur ou d'un amour plus-value.

 

Oui, je suis de ceux qui pensent encore que l'amour sauvera le monde, et que s'il ne sauve pas le monde au moins il sauvera les femmes en détresses et si ce n'est pas toutes les femmes que mon amour sauvera au moins une femme et que pour sauver une femme il faut lui rendre confiance et pour cela mon amour doit la rendre belle. Mais les femmes russes sont aussi belles qu'elles sont perdues. Et moi ça me désempare, j'aime cette ivresse du vertige quand mes repères glissent imperceptiblement. Elles sont belles par la certitude, la conscience et de l'évidence de leur beauté, belle d'une logique presque mathématique, belle d'un empirisme sur lequel je veux bien construire mon empire. Pour autant, la beauté russe n'est pas parfaite, pas question de proportions ou de convention et même si l'on peut trouver des points communs à ces femmes délicieuses à la vue comme les talons hauts, la minceur, le port altier, souvent la frange, la beauté se joue dans cette infra mince qu'elles laissent à peine paraître dans l'entre clignements de leurs paupières. Les beautés ne se ressemblent pas.

 

Ces femmes russes que j'aime à aimer n'ont besoin de personne pour être belle et sûrement pas d'amour ; rappeler à la femme que l'on aime que chaque matin le soleil va se lever c'est la prendre pour une conne - et toutes ne le sont pas - et il me semblerai absurde de rappeler à une femme russe à la beauté insoumise qu'elle est belle. Et c'est en cela que les femmes russes sont terrifiantes, le feu du regard qu'elles vous soutiennent sans hésiter me glace autant qu'il m'enivre parce que j'ai toujours rêvé d'une femme qui me fasse peur, une femme que je puisse aimer en pure perte. L'amour fou se doit d'être pur et désintéressé, aimer une femme qui se fout de votre amour comme de sa première paire de hauts talons c'est la perfection. C'est aimer une femme qui vous pousse à transcender l'amour en une chose plus noble, plus folle, plus intime, plus personnelle, concrète, artistique ou pragmatique ; la femme russe est une femme transcendantale, c'est une femme conceptuelle, elle est belle et minaudante avec la désinvolture du naturel et la performance de l'inutile ; elle n'est pas belle pour être aimée et elle flirte avec la vacuité et la vanité de la beauté à en être parfaite. La femme russe pourrait être ma logique, ma soumission, ma religion.

 

Elle est belle comme une civilisation perdue, comme une civilisation détruite qui n'a pas su résister à l'apogée de sa grandeur. La femme russe me provoque le même trouble que les ruines immenses d'un passé glorieux qui des centaines d'années après rayonnent toujours de la même aura avec seulement le décalage qu'induit la nostalgie, la passion ou la folie. Il y a quelque chose de cassé, imperceptiblement brisé, dans le regard de ces filles plus belles encore que je l'aurais voulu comme si elles ne pouvaient pas cacher sous l'élégance d'une silhouette ni même dans le pétillant d'un regard le sacrilège de leur beauté ; elles semblent sans illusion sur hier et ni sur demain, et la beauté froide des filles de l'Est c'est peut-être simplement la beauté froide de la vérité, de la clairvoyance sans triche avec le réel. La fille russe est belle et elle ne trompe pas le réel pour l'être.

 

La Russie semble avoir voulu ériger ses filles en beauté subjuguante comme une civilisation qui a la prescience de son déclin est capable de créer des merveilles millénaires pour rappeler à l'histoire et au futur l'élan et l'éclat qui faisait le cœur de cette civilisation. Ce sont les jardins suspendus de Babylone qui marchent dans les rues de Moscou, et dans les épiceries de Kazan c'est la bibliothèque d'Alexandrie qui vous vend une bouteille de soda.

 

Les beautés moscovites sont des pépites, des pierres précieuses, fruits des ces terres millénaire sur lesquels les peuples se sont croisés et métissés raffinant toujours plus la beauté de ces joyaux et moi plus mes pas me portent en Russie et plus je suis sur de vouloir devenir leur joaillier. Quand une jeune fille de peut-être 15 ans, perchée sur des talons qui déjà la rapproche d'un ciel où elle ravira aux anges la beauté insolente, plante son regard au fond du votre, c'est certain, vous vacillez, la terre tremble et la peur de cette si belle indifférente, de sa si belle indifférence se mêle à votre esprit où une pensée fugace vous dit que déjà elle vous tient qu'il suffirait d'un geste où d'un mot pour vous faire basculer et d'un simple battement de faux cils vous briser l'éthique et le cœur. C'est cette peur-là qui est enivrante,surtout quand la peur a la beauté des filles de l'Est

 

il va de soi que ces mots ne concernent que ma vision des femmes russes, mon emphase et ma passion, ma déraison et mes émois. Soyez bien sûr que je n’oserai parler au nom des autres hommes, ni des autres femmes et de tous les voyageurs

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Publié le 21 Février 2013

Je suis sec, sec comme la flemme, pas envie d’écrire ce soir, parfois il y a des jours où j’écris tant et presque tellement que venu le moment de l’article quotidien je n’ai plus envie, enfin ce n’est pas l’envie qui manque mais le courage de s’y mettre ; cette dose de motivation nécessaire pour produire un bon texte, un texte honnête, pas une esbroufe comme je sais les faire. Mais je devrais pourtant m’y mettre, m’y remettre et poser les mots par association d’idées, de consonance ou simplement par esprit d’escalier, les petits souliers dans les grands et les petits plats dans ta gueule, ce n’est pas de la tarte de suivre un fil invisible où s’enfilent des mots comme des perles abscondes, parler de coquillage et laisser penser que ça pourrait parler des femmes, mais dans le fond et sur la surface tout tourne toujours autour des femmes, mes mots leur tournent autour comme les abeilles autour des fleurs mais pas toujours avec de la poésie, de la prose crue aussi et parfois cul, j’ai même eu l’idée de raviver / réveiller / révéler mon autre blog pornographique même si la nature salace des mots crus dévoilent je trouve bien plus de chose de soi que les mots sages ; je ne sais pas si je suis prêts à dévoiler cela, je cul, le cru, la nature la plus impudique de mon âme est bien plus exposée je trouve dans les textes sexuels. Un jour peut-être mais pas ce soir parce que ce soir c’est fini.

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