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Publié le 9 Janvier 2017

La nymphe est une ressource injustement rependue ; les rues, les écoles, les facultés, les boutiques pour midinettes et les réseaux sociaux pullulent de ces nymphes demie-femme et un tiers-ado. A l’œil la nymphe est une espèce bien répartie dans la ville, dans la campagne et de sur quoi dans l’hexagone ainsi que dans l’imaginaire collectif. C’est là, un fait imprimé dans les pages des journaux intimes que les frères et les cousins n’ont plus besoin de dénicher dans les cachettes féminines des chambres de filles parce que ces mêmes filles diffusent et publient les faits intimes fantasmés et vécus dans la langue des pixels, des SMS et des 140 caractères d’impudeur normative.

S’il prétend que la répartition de ces nymphes que l’on épingle à son veston comme une fleur de lys couverte de rosée le soir du bal est mal répartie c’est parce que même si les nymphes collectionnent les apparitions dans l’espace commun de la doxa et des grands cons elles n’appartiennent à personne et s’en vont seules, solidaires et solitaires sur les chemins de l’abattoir qui ressemble à la vie. Le regret de sa catin perdue lui donne envie de renouer parfois avec le souffre cristalliser aux lèvres de l’une d’elles. Il appâte avec du tweet et du texto qu’il balance derrière lui dans l’ombre de ses pas quand il déambule dans la noire forêt de l’anonymat et que pareil au petit poucet il joue la scène de la lapidation sur des chaperons imaginaires, et puis sur les loups rivaux et bien  sûr des pucelles qui puisent au puis l’eau pure des fontaines. Et il appâte, et il espère, il lance des parts de gâteaux des sucreries  mais il se bouffe des radeaux lorsque le rêve redevient réel et que la gueule sur le trottoir il susurre à la mort que ce n’est pas le soir de leur rendez-vous.

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Publié le 3 Janvier 2017

Je suis rentré chez moi. Pour la première fois j’ai tenu dans ma main l’acier d’un feu, et 38 plombs. J’ai éprouvé au travers de ma paume le poids et la présence et j’ai réalisé subitement la puissance iconique que transporte, et transmet, un tel objet de feu. Je n’avais jamais tenu cela auparavant et je ne m’étais jamais posé de questions particulières autour de ce que peuvent transmettre ces braises. Soudain je ressentais avec surprise l’expression de la densité métallique, je réalisais à quel point un tel objet porte en lui une part de l’universel de l’inconscient collectif. Je tenais, je ressentais la présence du métal et la puissance dégagée par une forme de précision mécanique à la fois rudimentaire et sensible mais au-delà de cela j’avais la sensation d’avoir dans la main une évidence visant à l’universel. C’était comme si cette chose qui m’était inconnue la seconde d’avant puisait soudainement dans mon inconscient et dans le non-conscient commun mondial des magmas culturels qui faisaient en moi des laves d’une infinité d’éléments culturels fulgurants qui à leur tour se faisaient sentir dans mon esprit comme autant d’évidences qui n’attendaient que d’être réveillées.

Le poids de l’histoire, le sens de la vie et de la mort, le fétichisme précieux, la puissance, les jeux d’enfants, les films, les jeux vidéo, les actualités, les faits divers, l’histoire et d’autres choses encore, un grand tout qui ne parait pas éprouver de limite dans son évocation. Et plus je tiens la main refermée et plus elle m’ancre dans ce que je ne peux pas identifier comme autre chose que le puits culturel qui traverse la civilisation des hommes en travers des années, des sociétés, des temps. Je suis fasciné par cet objet, par l’expérience de cet objet dans ma main.

Il est très troublant de percevoir le contraste qu’il parvient à contenir dans la petitesse physique et dense de l’objet qui s’oppose avec l’infini puissance d’évocation de l’objet qui ne cesse de me parler de lui, de son monde, de mon monde. Ce n’est pas de la psychomancie, c’est seulement de la culture, du savoir faire, de l’histoire, qui tient dans ma main.

Je suis impressionné de détenir ceci car cette présence rend soudain obsolète la métaphore du stylo et de la littérature comme des armes ; en fait la présence pragmatiquement banale de la chose éclaire la métaphore d’une lumière que je ne lui connaissais pas, la rendu doucement caduque et, par curieuse extension, la renforce aussi.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Chronique chaotidienne, #Réflexion, #Je est un Blog

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Publié le 31 Décembre 2016

Cette année, encore, des gens meurent. Il y a les morts naturelles des vieux, les morts catastrophiques du climat, les morts accidentelles toujours tragiques et bien d’autres types de morts, mais à priori, en 2016, selon l'observatoire des réseaux sociaux, il y a surtout eu les morts de personnes célèbres. Et pas qu'un peu, selon ce même observatoire des losers connectés, observatoire dont je fais parti, il y a eu une pelletée de personnes connues, reconnues, voir iconiques qui sont décédées avec un sens plus ou moins hâtif du timing. De Prince à David Bowie en passant par Carrie princesse Leia Fisher ou Fidel Castro, le paradis des gens connus s'est vu augmenté par un gratin de figures tutélaires pour une certaine génération.

 

Des gens meurent, oui. C’est triste, parfois c’est con.

 

Les gens meurent et aussi cruelle soit la disparition pour les vivants mourir ça reste d’une grande banalité, pour preuve l’homme meurt depuis la nuit des temps de l’humanité.

 

Alors bien sûr on est triste de remarquer que ce sont nos idoles et nos jalons qui meurent, perdre une star que l’on connaissait pour avoir consommé son produit politique ou culturel c’est un peu comme perdre son grand-père qui à chaque anniversaire nous donnait une enveloppe avec du cash dedans, sauf que ce grand-père là on ne le connaissait pas vraiment, mais on aimait beaucoup ses enveloppes.

 

En cette année 2016 les réseaux, sociaux et culturels, ripent en masse, en canon, en série ; prendre une posture empruntée pour dire sa peine de voir disparaître telle ou telle personne connue c’est devenu une figure imposée. Et de concert les geeks que je soupçonne être l’unité de base du réseau social générique répètent que 2016 est une année particulièrement cruelle parce qu’elle a décimée plusieurs figures connues de tous et leurs postures de deuils laissent à penser que la mort est un concept ancré en 2016.

 

Curieusement je me rappelle que lorsque j’étais enfant, et que mes parents regardaient les cérémonies de remises de prix comme les César, les Victoires de la musique ou les Molières il y avait toujours un moment où l’on rendait hommage aux personnes de la profession disparus dans l’année. Si je m’en souviens c’est justement que je ne connaissais quasiment personne des noms énoncés et lorsque j’entendais s’ajouter à la litanie des morts une personne que je connaissais vaguement j’étais content.

 

Il faut que la génération Y et que les générations suivantes se préparent à la venue de la mort, année après année elle va récolter les têtes, les noms, l’aura et la vie des personnes qui constituent votre paysage culturel. C’est inévitable, inéluctable, nous sommes entrés dans l’âge où les gens connus que nous avons aimés sont vieux, usés et meurent. Nous avons été jeunes dans les années 80, 90 ? Eux ont été jeunes dans les années 60, 70 ? Nous regardions le club Dorothée pendant qu’ils testaient toutes les drogues et les substances qui font les saveurs de leurs œuvres. Ne nous étonnons pas, nos étoiles d’hier sont déjà mortes, elles palpitent un peu encore et vont s’éteindre dans la logique des choses.

 

Pas la peine d’être triste ou étonné, tout était joué d’avance, tout c’est joué avant même que l’on vienne au monde.

 

Et puis vous pouvez commémorer tous les RIP de l’année, moi j’ai perdu mon chien. Tu ne peux pas test !

 

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Réflexion, #Chronique chaotidienne

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Publié le 12 Décembre 2016

Il y a des jours comme ce lundi matin qui vous saisissent par l’impromptue incongruité qu’ils vous imposent.

Ce matin le chien est mort.

Ce n’est pas le titre d’un roman, c’est une histoire vraie.

Oui, ce matin Tarmac est mort, renversé par une voiture au bord d’une route qui ressemble à un chemin. Il est parti comme il a vécu, vieux et libre et même s’il n’a pas toujours été un chien vieux, il a toujours été un chien libre, un divagueur, un insoumis, un peu errant parfois, pour ainsi dire un anarchiste en terme de chien. Je peux vous le dire sans hésiter, il n’a jamais connu de clôtures, ni de frontières et il est mort sans savoir ce que signifiait une porte close. Il s’est offert une existence de libre chien comme des hommes sont des libres penseurs, allant de vie en vie là où il savait se faire aimer et choyer dans la chaleur des foyers avant de revenir aux pieds de son maître. Quel homme ne rêverait pas d’une telle vie ? On dit que les chiens ressemblent à leurs maîtres, si tel est le cas alors j’espère que c’est sur ce point que l’on se ressemblait lui et moi et non pour les puces ou la mauvaise haleine.

On en a vu ensemble, je n’écrirais plus avec le chien qui dort à mes pieds, il ne sursautera plus lorsque devant la télé je hurle et j’exulte pour un but, une victoire ou une médaille olympique. Je sais que parmi ceux qui lirons ses quelques mots il y aura des personnes qui ont connu Tarmac, ne soyez pas tristes ; souvenez vous qu’il a fait plus d’une nuit debout avant de partir ce petit matin en s’évitant le crépuscule et le déclin.

Tarmac était un bon chien, alors j’ai voulu être un bon maître je suis allé le chercher sur le bord de la route où il dormait comme dans un val. Je suis rentré chez moi et j’ai pris ma bêche pour creuser la terre. C’est bizarre, pendant que je creusais je pensais aux émissions de fait-divers sur la TNT et m’attendais à voir surgir Jean-Marc Morandini. J’ai creusé un peu plus loin que là où il enterrait ses os et lorsque le trou m’a semblé assez profond pour me donner le vertige je l’ai déposé au fond. Je lui ai fait une belle place de nature au pied d’un arbre en bois pour le clin d’œil au petit chat de la chanson de Renaud, avec de la verdure et le ciel bleu pâle légèrement doré du mois de décembre en guise de décor. Je vous assure que c’était vraiment un bon chien, pour preuve il est parti au mois de décembre lorsque la terre est meuble.

Je ne sais pas comment se terminent les oraisons funèbres et encore moins comment se terminent les oraisons funèbres canines alors je vais terminer ce petit texte sur une pirouette dont lui-même n’a jamais été capable, wouaf.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Chronique chaotidienne, #Je est un Blog

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Publié le 25 Novembre 2016

Je ressens la nécessité de pousser mes codes et d’expérimenter la créativité autrement. Éprouver  la sensation réelle de possède l’outil libertaire qui tient dans la créativité ; écriture ou photographie pour moi. Je le sais. C’est un savoir.

Je le perçois. C’est une perception, ou plutôt un ressenti.

Je devrais aller jusqu’à dire que c’est une émotion.

D’accord mais que faire de cela. Car si je connais le ressenti, le savoir, la perception d’une sensation émotive, je ne sais pas comment convertir ce savoir en acte. Est-ce l’immuable barrière du passage à l’acte qui me retient d’être dans l’expérience entière de possession de mes outils de créations ? Faut-il que je m’octroie l’ordre de réaliser mes projets dans le réel pour me permettre d’avoir le loisir d’assouvir la pulsion qui me dicte de les dépasser ?

Je me tiens, créateur, dans une distance incertaine entre le passage à la réalisation d’une production imparfaite, et la perspective de transcender cette imperfection en une chose plus aboutie. Je ne suis ni dans l’un, ni dans l’autre. Et mes projets avancent alors comme des choses grouillantes qui évoluent sous la ligne de visibilité des radars, presque contre mon grès. Contre le grès d’une part incertaine de moi en lutte contre la part raisonnée qui sait.

Il est temps.

Il est l’heure.

Ce blog n’est-il pas né de cela ? De la contrainte que je me suis imposé de créer au moins une chose par jour pour la déposer ici ? Si. Il est temps de faire évoluer la contrainte dans plus de réalité.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Je est un Blog, #Chronique chaotidienne, #écrire, #Réflexion, #Réel

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Publié le 18 Novembre 2016

Il aime poker les garces. Est-ce là le jeu d’un érotisme de l’effleurement seulement joué dans les sphères hautaines de salons clos et des donjons d’une bourgeoise en quête d’une décadence familière qui redonnerait du sens à la vacuité de leurs vies ? Non. Il aime poker les garces mais pas qu’elles, ils aiment poker les gens, c’est sa déviance sans dérive, une névrose sans effets, sans affects, surtout sans impact sur le réel. Il  est là, anonyme pseudonyme qui dévoie sa véritable identité, assis à son bureau devant l’écran et le clavier cassé. Dans cette posture sécuritaire il se sent en mesure de poker les gens, des inconnus sans importance mais surtout des garces et des personnes qu’il admire. C’est curieux, le mélange n’est pas savant, c’est un mélange hasardeux où les ingrédients s’adjoignent presque par hasard, ignorant généralement méticuleusement la présence d’autres ingrédients et leurs valeurs respective. Lui, seul, démiurge minuscule d’un peuple sans élu, connaît la valeur des doses et il en mesure tout le bénéfice. Il poke, geste simple, anodin et presque automatique et le compteur grimpe. Rapporté à l’échelle du réel les pokes qu’il échange avec sa liste c’est comme les gestes équivoques qui s’échangent maladroitement et non volontairement lorsqu’une personne traverse une foule, une salle de concert ou un centre commercial un jour de solde. Ce n’est rien, mais c’est là. Ce n’est rien, mais ça colle à la présence et ça donne l’impression de ne pas être seul. A moins que ce ne soit le contraire, ça dépend de ce qu’en pensent les autres, mais ça il ne le saura pas. Il poke les garces et les autres mais il ne parle pas avec eux.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Poke, #Chronique chaotidienne, #Je est un autre

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Publié le 14 Septembre 2016

Lorsque j’ai débuté le projet chiner sa bibliothèque j’avais une idée assez précise de ce que je voulais que ce soit et en même temps je ne savais pas trop à quoi cela allait ressembler ; et cela nécessairement car un des plaisirs de ce genre de projet c’est que je ne sais pas quels livres je vais rencontrer. Je ne voulais pas décider à l’avance d’une ligne éditoriale et me restreindre à un genre, une époque voir à une maison d’édition. Je savais qu’avec les temps de grandes lignes émergeraient et permettraient de dresser un portrait plus précis de ce projet de bibliothèque chinée. C’est vrai que c’était aussi pour moi un prétexte pour me permettre d’avoir une bonne raison de me lever les samedis et les dimanches matins pour arpenter les vide-greniers et y chiner des ouvrages ce qui est une chose que j’adore faire.

Se lever tôt, avant la chaleur écrasant de l’été, parfois avec le soleil, parfois avant lui et prendre des routes désertes pour se rendre dans des villages voisins et des villes voisines que j’ai souvent jamais pris le temps d’explorer avant ; chercher, fouiner, discuter, bref chiner autour de livre que je n’attendais pas. C’est vraiment, mais alors vraiment, un grand plaisir pour moi. Dès le départ mon projet n’est pas celui d’une collection, d’une part parce que l’on ne peut pas collectionner tous les livres, ni ceux du monde, ni ceux de France, ensuite parce que l’important dans mon projet de départ c’était de montrer que la culture est là, accessible avec très peu d’argent, en tout cas je ne sais pas si le très est juste selon vos critères, donc je vais dire accessible avec peu d’argent, voir accessible avec un peu d’argent. Actuellement le projet chiner sa bibliothèque m’a coûté 42,5 euros  pour soixante ouvrages achetés et recensés : à mes yeux c’est très raisonnable.

En plus quand je dis que la culture est là, accessible proche de nous est à bon marché, j’essaie de ne pas caricaturer une culture chiante, épaisse et lourde. Certes j’aime la poésie et je fais entrer beaucoup d’ouvrages de poésies dans cette bibliothèque, mais je en me cantonne pas à cela, il y a des classiques, de la science-fiction, des classiques de la science-fiction, des livres jeux avec les livres dont on est le héros (je mets hors catégorie les jeux de rôle chinés en vide-greniers) et quelques livres OVNI autour de ce qui me tient à cœur c'est-à-dire la pop culture. Et mine de rien, ce projet là m’a permis de renouer avec une forme de lecture, une forme moins solennelle, mais ne cherchez pas le sens de cette phrase, je crois qu’elle ne parle qu’à moi ; chiner un livre, le découvrir, le nettoyer, lui découvrir ou lui imaginer une histoire ça instaure avec l’ouvrage un lien en amont de la lecture et ce lien très instinctif chez-moi exacerbe le plaisir à lire le livre en question. C’est différent d’un ouvrage qui arrive chez soi en un clic de chez Amazon.

Je disais tout à l’heure que je ne cherche pas à faire une collection, mais je crois qu’en parti je me trompe un peu. Bien entendu je ne recherche pas les livres pour leurs valeurs de collection, ce qui m’importe toujours en premier c’est son contenu et son prix ; et je n’achète jamais un livre en me disant que je vais faire une bonne affaire ou en me disant que je pourrais toujours le revendre derrière sur internet, ça non. Mais j’avoue que je n’ai pas de mal à acheter un livre que j’ai déjà parce que l’édition est plus jolie ou juste parce que j’aime justement cette idée d’accumuler quelques même livres dans des éditions différentes et cette chose là ressemble à de la collection. Mais jusqu’à présent je crois que je n’ai que trois éditions Baudelaire avec Les Fleurs du mal, dont une que j’ai donnée, et deux éditions du Horla du Maupassant.

Voilà quatre mois déjà que j’ai commencé à chiner ses livres. Et le plaisir ne s’essouffle pas, bien au contraire il grandi à mesure que la bibliothèque se précise. Il grandi aussi à mesure que je deviens plus exigeant avec les ouvrages que j’achète. Il y a quatre mois il y avait nécessairement une part d’empirisme parce que je ne savais pas ce que j’allais trouver ni ce que je voulais trouver. Mais de coups de cœur en coups de cœur de poésies en poètes, de classiques en figures et d’éditions en éditions j’affine mon goût et donc mon plaisir de chiner. C’est sûrement idiot mais il y a une chose que j’ai du mal à retranscrire dans le plaisir que j’éprouve à faire les vide-grenier, c’est le plaisir de donner une seconde vie aux objets, ici les livres, en leur donnant une seconde attention. L’objet livre a toujours une histoire, réelle ou fantasmée, et souvent je me dis qu’arriver dans un vide-grenier c’est pour l’objet un coup d’arrêt dans son histoire. En l’achetant, en éprouvant du plaisir à le détenir et en trouvant du sens à le posséder j’ai la sensation de lui redonner cette nouvelle dose d’attention qui lui permet de continuer d’écrire son histoire. C’est sûrement pour cela que j’aime les ouvrages qui portent en eux les traces de leurs vécus, souvent ce sont des notes sur les pages ou une dédicace avec le nom ou l’année, parfois des antisèches inscrites par un collégien anxieux, ou les gribouillis de la main d’un enfant ayant échappé la vigilance de ses parents qui me permettent de me raconter d’imaginer la vie du livre, parfois l’âge de l’ouvrage suffit à imaginer le reste ; un recueil de poésies de Châteaubriant dans une édition de 1831 (teaser de fou pour un livre dont je n’ai pas encore chroniqué l’entrée dans la bibliothèque) a nécessairement eu une vie romanesque et rocambolesque d’achats en héritages, des étagères d’une bibliothèque à la poussière d’un grenier avant ‘arriver jusqu’à moi par l’entremise d’un vide-grenier. Cette histoire, supposée et imaginaire c’est la cerise sucrée sur mon plaisir de chiner.

Et pour ne rien gâcher à travers ce projet il y a le plaisir des mots, cette fois je parle de ceux dont je suis l’auteur au travers de mes articles. Je me suis souvent demandé si je devais continuer ce blog parce qu’y avoir de l’inspiration quotidiennement est une épreuve hasardeuse et compliquée. Mais lorsqu je dois faire la chronique d’un livre qui entre dans la bibliothèque chinée les mots facilement et en quantité ; parfois dès l’achat, dès que je repère un livre qui me fait de l’œil sur un stand de vide-grenier j’ai déjà une ébauche des mots que je trouverai pour raconter le moment, déjà les mots à la bouche en quelques sortes.

J’étais parti pour faire une introduction avant de parler de trois livres orphelins achetés séparément durant cet été mais cette introduction est déjà trop longue. Je vais donc m’arrêter là et il faudra revenir demain pour voir quelques livres vont entrer dans le projet chiner sa bibliothèque. Re teaser de ouf ! J’ai bien l’occasion encore de vous parler de ce sujet, parce qu’il m’inspire, parce que je me sens bien avec, le soir lorsque je rédige mes articles et les matins tôt lorsque je me lève pour chiner. Allez, c’est bon, cette fois j’arrête.

 

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Publié le 4 Septembre 2016

Un cou dans la bouche ; sueur sur le front.

Le vent souffle. Dans le dos et il remue les manches de sa chemise.

La fumée s’échappe de la cigarette, elle prend la suite de l’air et s’envole devant lui.

La cendre tombe. Silence.

Une goutte perle ; front humide mais personne ne le voit.

Il est seul.

Encore une caresse dans son dos ; air ventilé.

Un génie dort dans une lampe mais il faut une loupe pour le remarquer.

Pas un seul ronflement.

Le chien dort comme mort ; les chats ça ronronnent et ça gâchent tout,  surtout l’amour des femmes. Au moins les chiens dorment en silence et meurent peu souvent.

La mort rôde pourtant autour du chien, il tire sur sa cigarette et goûte à l’ironie.

Son chien ne fumait pas ; jamais. Toujours une vie saine.

Les chiens ça amen. Il fallait s’en douter.

Lui ne ramène rien, à part une fille de temps en temps, mais il n’y a pas de chats alors elles ne restent pas.

Implacable. Et il s’en félicite.

La cigarette rougeoie ; misérable effet pyrotechnique.

La télé bleuie le mur ; misérable effet numérique.

C’est une vie sans trucage, ou alors à la Ed Wood.

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Divagations diverses, #Chronique chaotidienne, #Je est un Blog

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Publié le 15 Juillet 2016

Téléphone portable cassé, il y a des fois où rien ne va.

Que du matériel d'accord mais de quoi être en colère, sourde et fractals comme mon écran.

Il y a eu un bruit sourd et puis la gravité et un choc.

Tout cela parce qu'il n'y a pas de poubelle dans la salle de bain.

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Publié le 11 Juillet 2016

C’est l’histoire de deux footballeurs, deux génies, deux géants, deux histoires de joueurs géniaux qui ont le luxe ou le malheur d’être né dans la même génération ; ils auraient pu être d’un Pelé à la Zidane, d’un Maradona à un Platini des passeurs de témoin, vecteur transversal d’une légende universelle, mais ils sont montés ensemble au firmament de leur sport dans ce même temps universel, médiatique et footballistique. L’un Messi le bien nommé et l’autre Ronaldo qui porte le nom d’un qui fut déjà légendaire avant lui. Le premier illumine le foot d’un génie à taille humaine, presque humble dans son corps, avec son physique d’antihéros du stade La puce, transcende les foules, il inonde les terrains d’un talent hors norme et rayonne au-delà de ses adversaires et de ses coéquipiers d’une aura solaire. L’autre est insolant, porté par une sculpturale prétention, il domaine le terrain en prédateur ; et sur le terrain c’est avec rage qu’il éclabousse sa volonté de gloire tel en chevalier arrogant, sûr du fait de son armure étincelante il combat et court sa quête du Graal.

Deux icônes d’un même sport, d’une même génération, qui dessinent deux destins illustres avec des encres différentes. Et il a fallu que ces deux là, jouent dans le même championnat, Espagnol, et qu’ils campent deux figures classiques de rhétorique footballistique, duel fratricide et fameux qui oppose plus que deux villes, deux visions, deux peuples scindés dans le même état, un perpétuel combat dont le nom est entré aux registres de bien des langues de sportifs, le classico ; Madrid et Barcelone, et toujours deux garçons qui deviennent des hommes en concourant à marquer leur sport d’une empreinte définitive. Et ils gagnent tous, à tour de rôle, les ballons d’or, les coupes d’Europe, les championnats, ils accumulent les titres et si jamais exactement ils ne mettent de mots sur cette opposition qui les conduit toujours plus loin dans l’excellence nous supporters nous sommes témoins et partisans, plus ou moins secrètement de l’un ou de l’autre.

L’un à franchi la trentaine, l’autre s’en approche, ils culminent au sommet de cet art footballistique, sans que vraiment les titres récoltés puissent aider à trancher laquelle de leurs légendes le futur devra retenir. Il y a quelques jours, l’argentin jouait sa finale continentale et la perdait au bout du suspense ; lassé de son désarroi de ne jamais gagner avec son Argentine il décida de renoncer à porter le maillot de son pays, supposant une retraite bien méritée. Quelques jours plus tard, hier, c’est le portugais qui s’est opposé à toute notre nation, il était le dernier obstacle à franchir avant que la France renoue durant un court instant dans un moment de liesse. Ce soir du 10 juillet la dramatique était parfaite, un homme en quête de légende sous le maillot de sa nation contre une nation traversée par l’envie de vibrer comme un seul homme.

Et le destin sait faire les choses quand il faut oser écrire des tragédies pour ses géants. Après 24 minutes de jeu, Ronaldo se blesse ; il choit, terrassé par l’ironie du destin, il doit quitter le terrain et ses coéquipiers et regarder impuissant la fin de la pièce. Le narcissique se brise le masque, héroïque il fond en larme. Le reste de l’histoire ne relève que de football, de tirs qui échouent sur les poteaux, de la France qui frôle son heure instant de liesse et d’une prolongation au bout de laquelle c’est un portugais qui va marquer. Et à la fin c’est le Portugal qui l’emporte et Ronaldo qui signe sa première et unique victoire d’un grand titre national sous la bannière de son pays.

Si depuis hier soir je n’ai pas été triste, si depuis hier je connais même une forme de pensée douce c’est parce que j’ai la sensation, intime et subjective, que l’histoire à choisi sa légende, à moins que ce soit un homme qui soit parvenu à écrire la sienne. Contre le sens statistique, contre un certain esprit d’une esthétique du jeu, contre le destin, et en contre-point de son rival immense qui a choisi de d’abandonner la lutte nationale, Ronaldo est parvenu à faire gagner son équipe et j’y vois une forme de poésie romanesque et romantique qui dans mon esprit est une forte que la joie ou la déception partisane pour mon équipe nationale.

Quand le désespoir révèle toute l'humanité d'un homme en quête d'un Graal, une déraison utopique qui le destine à la légende

Quand le désespoir révèle toute l'humanité d'un homme en quête d'un Graal, une déraison utopique qui le destine à la légende

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Sport, #Chronique chaotidienne, #Je est un Blog

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