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Publié le 5 Juillet 2017

Il y a deux ans, pour ne pas dire trois ans par pudeur de la paresse, je décidais de changer la tapisserie décoration de mon salon. A cette époque devenue lointaine j’avais tapissais les murs avec des morceaux de pages de livres avec de la colle à tapisserie ; une bande verticale couleur naturelle de page un peu jaunie et une bande verticale avec un peu de peinture noire dans la colle à tapisserie. Il y a donc au moins deux ans et peut-être trois ans, peut-être même quatre ans, je retirais tout cela et je laissais les murs nus décidé à changer de décoration. Mais je suis d’une nature paresseuse doublée d’une nature à ne pas finir les choses que j’entreprends, souvent la simple idée de réaliser la chose suffit à ma satisfaction. Un an après avoir dénudé les murs je me décidais enfin de la nouvelle décoration, peinture rouge tendance brique et tapisserie rouge aussi avec impression peau de serpent.

Une fois le matériel acheté les mois sont passés et les mois sont devenus des années et les murs restaient comme ils étaient, nus et moches. Il m’aura fallu connaître un cinq juillet pour palier à cette paresse quasi ancestrale. C’est ainsi que la chronique de mon cinq juillet repose sur de la peinture murale, de la peinture rouge tendance brique. Et chroniquer une journée de peinture c’est chroniquer une journée à retirer les livres des étagères, puis retirer les étagères du mur puis nettoyer les murs. C’est très con de nettoyer des murs mais c’est assez satisfaisant parce que le geste est simple et l’effet visible presque immédiatement.

Souvent lorsqu’il m’est arrivé de regarder les émissions de déco je doutais de la vérité temporelle des émissions parce qu’il me semblait infiniment long de passer à l’action. Mais finalement ce qui est long c’est de se mettre en branle, l’action décorative, la peinture ici, c’est plutôt rapide. Et si je n’avais pas pris le temps de reboucher quelques trous avec un enduit qui nécessite de sécher quelques heures j’aurai fini dans l’après-midi la peinture. Au final je n’ai pu faire que les trois quarts de ce que j’ai projet de peindre, mais demain ça sera fini. Et demain peut-être même que la tapisserie sera tapissée.

Ma chronique de mon cinq juillet c’est ma chronique peinture, ma chronique déco, et ça doit être d’un intérêt très limité pour les lecteurs mais je m’en moque parce que lorsque je regarde le mur je le trouve beau. Le rouge nouveau se marie bien avec le gris ancien. Et surtout enfin passer à l’action après avoir intérioriser le fait de le faire pendant des années c’est très agréable, c’est un immense soulagement et ça me donne la sensation de reprendre le contrôle de mon environnement ce qui n’a pas de prix.

Ma tour de dés ? On en parlera un autre jour. Il reste pas mal de jour à juillet.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Chronique chaotidienne

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Publié le 4 Juillet 2017

A l’inverse d’hier, cette fois j’ai attendu demain avant d’écrire ma chronique d’un quatre juillet ; et en tout logique cette dite chronique sera post datée pour conserver le rythme sous-jacent d’un jour de juillet, une chronique. Nous sommes en mesure de penser qu’une chronique d’un jour révolu sera plus longue et plus dense que la chronique rédigée avant la mi-journée sauf que ce qui fait le sel, la taille et le poids d’une chronique c’est son contenu et donc le contenu de la journée en question et non de l’horaire à laquelle elle est rédigée.

Et nous sommes un quatre juillet, ce qui serai jour de fête nationale si nous étions américains, si je ne peux pas parler à votre place je sais pour moi que je ne le suis pas. Ce qui fait de ce quatre juillet un jour comme les autres qui a débuté grosso modo en allant à la Poste. En vérité je suis d’abord passé par un point Mondial Relay pour y déposer un colis à expédier avant de me rendre à la Poste. Mondial Relay c’est pour expédier les accessoires de modes et les vêtements que ma petite amie revend depuis que lui ai conseillé de tester Vinted, et à priori ça fonctionne plutôt bien. Le passage à la Poste c’était pour moi, moi j’en suis resté à Priceminister parce que mes fringues et mes chaussures je les use au-delà du raisonnable. Priceminister j’y suis depuis des années et depuis des années j’y vends et j’y achètes de choses ; j’ai notamment presque fini d’écouler ma période DVD et puis les livres, pas ceux qui je chine mais ceux que j’ai récupéré avant. Il y a des semaines où rien ne se vend et ce quatre juillet quatre enveloppes pour emporter quatre objets.

Commencer son quatre juillet à la Poste ce n’est pas palpitant, et vous pourriez espérer que le reste de ma chronique et de ma journée réservaient de plus épiques faits. Mais non, ma journée ressemblait à cette étape de plat du Tour de France réservée aux sprinteurs, une interminable ligne droite de plus de quatre heures sans qu’il ne se passe rien. J’aurai mieux fait de mettre Wimbledon mais l’intérêt d’une étape sans intérêt à la télé c’est que je peux continuer de travailler sans que mon esprit soit trop occupé par ce qu’il passe dans la télé, alors que j’aurai pu me passionner pour un match de tennis. Il ne devrait pas y avoir d’été sans événements sportifs à la télévision, le Tour de France c’est une sorte d’apéritif pour spectateur qui attend quelque chose de plus intense. Et s’il fallait jouer les esthètes je dirais qu’il ne devrait pas y avoir d’été sans évènements sportifs se déroulant dans un pays à fort décalage horaire. Par chance cette semaine c’est la Ligue Mondiale.

Si vous êtes amateurs de sports ou de volleyball vous savez ce qu’est la Ligue Mondiale, autrement allez-vous renseigner sur Google. Cette année ça se passe au Brésil, et ce soir la France jouait en débutant son match à 22h45, un match gagné par la France à une heure du matin bien passé et c’est même cela qui explique que ma chronique de ce quatre juillet soit post datée parce que j’ai pris le temps de regarder le match avant de la rédiger. Regarder un match de quoi que ce soit avec son père ou en famille ça doit faire partie de mon ADN familiale qui est jalonné de ce type de souvenirs toujours positif même si les résultats sportifs ne le sont pas toujours.

Tout en regardant le match et le match précédant je m’attelais à terminer un petit bricolage de rôlsite. Il y a quelques jours je découvrais via les suggestions de YouTube l’existence des tours de dés, un objet parfaitement inutiles et donc fortement essentiels pour lancer les dés. C’est un objet avec une entrée et une sortie, on jette les dés à l’entrée et ils sortent à la sortie. Mais le principal intérêt de cet objet c’est que l’on peut s’en bricoler un facilement avec trois fois rien ; j’avais conservé le tube de Pringles vide du pique-nique de la semaine dernière et pour le reste j’ai utilisé un couvercle en carton de boite à chaussure, un morceau de bambou du jardin et de vieux livres ramassés je ne sais où. Mais à quoi bon parler de cela puisque je ne vais pas vous la montrer ce soir. Je me réserve cela pour demain. Donc je vais clore comme un voleur cette chronique d’un quatre juillet.  

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Chronique chaotidienne, #retard

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Publié le 3 Juillet 2017

Chronique d’un trois juillet. Le premier et le deux juillet je me suis aventuré à rédiger les chroniques de ces journées, de mes journées, mais en toute logique c’est à 23h00 passé que je me suis attelé à cette tâche. Que peut valoir une chronique d’un trois juillet rédigée à 10h35 du matin ? Toute chronique pour être crédible doit-elle être rédigée au crépuscule du jour passé ? Je m’en moque et je poursuis ma quête qui n’en est pas une, je poursuis ma chronique d’un trois juillet parce que c’est facile, parce que c’est idiot et par conséquent parce que c’est amusant.

Ce lundi 3 juillet 2017 je me suis réveillé tôt, au son de la première sonnerie du réveil. Par les stores les raies de lumière étaient assez forte pour éclairer la pièce et nous laisse savoir qu’il fera beau, en même temps un 3 juillet à Orange, ce n’est pas comme si j’avais un doute. Les volets électriques plus que des stores étaient baissés, mais la porte fenêtre était ouverte pour respirer l’air de la nuit et maintenant entendre le bruit du vent couvrant celui de la rue très calme.

Je me suis levé et parce que je suis un homme moderne j’ai préparé le petit déjeuné de ma copine et parce que je suis un homme moderne moderne j’ai préparé son panier repas pour midi ; panier repas qui n’avait de panier que le nom puisque j’ai pris un sac Guess rescapé des soldes du week-end. Un de ces très beaux sac en papier Guess, avec d’un côté une photo de Claudia Schiffer je crois, et de l’autre je suis sûr une de Marilyn Monroe, je le sais parce que j’ai gardé un de ses sacs pendant les soldes d’hiver pour le suspendre chez moi comme on suspend un tableau de Marilyn Monroe. J’ai bu mon café avec elle, pas avec Marilyn mais avec ma copine qui elle aussi est belle et blonde et comme je suis un homme moderne, lorsque nous avons eu fini de petit déjeuner j’ai fait vaisselle pendant qu’elle se préparer. Ma modernité étant plus vaste encore j’ai ensuite sorti les poubelles, dehors le mistral brassait l’air encore frais de sa nuit et c’était plutôt agréable. Il était temps de la déposer à son travail et de prendre la route jusqu’à mon repère d’écriture.

Chronique d’un trois juillet sur les routes d’un lundi matin, le soleil déjà haut, la chaleur presque pas encore palpable grâce à l’air qui s’engouffre par la fenêtre parce que je n’ai pas la clim et même lorsque je l’ai-je ne résiste pas au plaisir de sentir l’air s’engouffrer par la vitre baissée, porteur d’odeurs et de sensations propres aux paysages que la route scinde inévitablement en deux. Comme tous les matins, surtout les lundis, j’écoutais France Culture en éprouvant un très léger trouble d’ordre désagréable parce que ce lundi est le premier jour de la grille d’été de France Culture et je suppose de toutes les radios de France et de Navarre et inévitablement il faut aux auditeurs prendre de nouveaux repères auditifs, apprivoiser de nouvelles voix et conditionner son cerveau à différents thèmes. Mais je n’ai pas eu longtemps pour oublier ce désagrément d’esprit France réticent aux changements parce que l’invité de la matinal était un photographe de guerre qui a photographié, et photographiera encore j’imagine, la bataille de Mossoul. Photographe de guerre c’est ce que je voulais faire comme métier lorsque les enfants sont âges de vouloir être pompier ou cosmonaute, alors je suppose que ça accentue mon intérêt pour le sujet. Mais j’étais surtout frappé par la nature très fragmentaire de son récits, un récit jonché de digressions, d’ajustements et d’hésitations ; intérieurement je me disais que ça façon presque laborieuse de raconter son expérience de photographe devait être à l’image du chaos de cette guerre dans cette ville.

Et puis je suis arrivé chez moi, je suis rentré, j’ai lancé une machine de linge sale, j’ai pré rangé mes trouvailles chinées en vide-greniers ce week-end et j’ai allumé l’ordinateur. J’ai vu que sur Priceminister un acheteur potentiel me posait une question sur un des livres que je vends, je me suis donc dirigé vers l’étagère où ce livre devait être pour vérifier l’information avant de répondre mais impossible de retrouver ce livre. J’ai fait toutes mes bibliothèques et tous les endroits où je cumule des livres chez moi deux fois, impossible de retrouver ce recueil de Nerval, c’est dommage parce s’il est effectivement en très bon état l’acheteur est prêts à me le payer une vingtaine d’euros ; ça motive à passer la maison au peigne fin. Mais rien, nulle part je n’ai retrouvé ce livre. Une bonne raison de conserver un livre chiné c’est de le garder pour le lire, mais si sa côté est très supérieure à ce que j’ai pu l’acheter ça une bonne raison de le vendre, mais là je vais devoir le garder parce que je ne le trouve plus et il m’est impossible de lire un livre perdu. Peinant à retrouver l’ouvrage je me suis attaché à cette chronique d’un trois juillet qui se termine juste avant 11 heures, les onze heures d’avant midi.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Chronique chaotidienne

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Publié le 2 Juillet 2017

Et donc inévitablement après la chronique d’un premier juillet vient forcément la chronique d’un deux juillet, ça sonne comme un titre de film romantique et américain, un film sur le romantisme à l’américaine mais dans les faits un deux juillets ça n’a rien d’américain. Bien sûr il y a eu des churros au sucre du coca et du café frappé et glacé mais inévitablement ce sont des aliments passés dans la culture populaire bien de nulle part et un peu d’ici. Comme hier ma chronique d’un deux juillet commence par un  vide-grenier, une petite brocante le long des rives bétonnées d’une petite rivière minuscule qui traverse un village. J’ai longé la rivière minuscule en chinant les différents stands pour rapporter une valise, un cadre religieux avec trois images en une, des livres des années 90 et trois jeux. Des petites trouvailles qui ne font sens qu’un deux juillet dans mes yeux encore endormis du matin.

Un deux juillet ça ne peut pas se contenter d’un seul vide-grenier avant qu’une semaine entière se déroule sans chiner, alors dans l’après repas du midi nous avons pris la route pour nous rendre en bord de mer, à La Grande-Motte pour visiter Les puces du Design, petit événement évidement vintage et délicieusement rétro et affreusement trop cher mais qu’importe, ça m’intéresse de regarder, d’observer et de chiner des idées à défaut de dénicher des objets. Et puis voilà, la chronique d’un deux juillet se termine sur une douche et une salade Caesar maison sauf que je n’en ai jamais mangé une vraie, alors je ne peux pas savoir si celle que je bricole est bonne.

Et puis voilà, la chronique du deux juillet c’est juste ça et ça se termine sur un point.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Chronique chaotidienne

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Publié le 1 Juillet 2017

Chronique du premier juillet ; ça sonne comme un jour où l’on prend la voiture et direction les autoroutes qui mènent vers le sud de la France et d’hypothétiques pays plus au sud encore. La chronique du premier juillet qui laisse paraître la promesse d’une chronique d’un deux juillet et ainsi de suite. Mais comme ces autoroutes, ceux qui déversent leurs bitumes et les corps de vacanciers en  direction des soleils sudistes, qui sont surchargées au point que l’on y roule au pas, cul à cul avec son voisin  automobile, cette chronique est décharnée, elle est trop pleine de vide.

Cette chronique du premier juillet nous mène en contre bas de l’autoroute, quelque part entre une sortie d’autoroute mineure et une air d’autoroute majeur, un petit domaine sous l’égide de Carrefour. Entre ces deux pôles d’horizons bétonnés la chronique du premier juillet à conduit mes pas  à arpenter un marché aux puces, à deux pas de l’autoroute. Lorsque mon regard ne chine pas quelques livres je lève les yeux et j’admire le train ralenti de ces voitures qui avancent au pas pare-choc contre pare-choc. C’est à ce moment là que je réalise que nous sommes le premier juillet, le premier jour des congés pour quelques hordes d’anonymes.

Mais difficile de s’émouvoir pour ces barbares qui viennent en mes terres soulager leurs rancœurs annuelles accumulées au fil des semaines payées. La chronique d’un premier juillet c’est aussi une chronique de solde, accompagner sa compagne dans la galerie commerciale d’un hyper-marché et comme les autres arpenter les boutiques en espérant y dépenser plus si on y dépense moins. Un premier juillet juste là, entre deux enseignes trop connues alors que dehors, en Allemagne le tour de France prend son  départ, un à un les coureurs s’élance contre la montre, accessoirement contre le climat allemand pluvieux.

Des vacanciers sur les routes, des cyclistes dans la télévision, c’est définitif, je n’ai plus besoin de preuve pour me garantir que nous sommes le premier juillet.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Chronique chaotidienne

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Publié le 8 Mai 2017

S’endormir comme l’être libre ; nous sommes entrés dans un monde libéral alors autant l’être, entièrement et radicalement. Et tant pis si je trompe la vérité en mêlant élan libertaire et prose libéral ; c’est une confusion volontaire et dans un certain sens c’est une volonté politique. Je ne vais pas laisser les seuls hommes politiques jouer et jongler avec le sens des mots et la valeur des symboles. Je suis un homme, je suis un citoyen et je suis un auteur politique. C’est tout, personne ne pourra venir me le contredire le contraire parce que je joue de l’oxymoron comme un homme mourant joue de la corde sensible. Séduisante liberté, je me suis endormi en être libre à l’heure où les poules doivent refarder la télévision et je me suis réveillé en homme fatigué comme lorsque l’hôtesse dans l’avion, employée des compagnies et elle aussi passagère de l’air, vient vous réveiller pour un plateau repas. Je me suis endormi libre et réveillé libre, affamé, décalé avec la gorge nouée où se forge les barreaux futurs de mon accablement sociétal. Elle ne m’aura pas comme je m’amusais à l’écouter dans les chansons Renaud, le bourgeois, le banquier, le politicien, et puis le repas froid dans le frigo ne pourront pourtant pas aliéner ma condition. Je vais vous dire bonne nuit et bon appétit.  

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Divagations diverses, #Chronique chaotidienne

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Publié le 4 Mai 2017

Je crois que la médiocrité du débat d’hier soir en dit beaucoup sur la pauvreté politique qui anime notre France. Je n’ai jamais cru que Marine Le Pen avait une stature présidentielle mais je ne pensais pas qu’elle dévoilerait sur scène une pareille indigence lors de cet échange télévisé avec Emmanuel Macron. Le spectacle donné aux électeurs était ridicule, pathétique et risible. Et je commence à croire que je suis réellement naïf parce que je n’imaginais pas que ce débat serait si pauvre surtout du côté de la candidate du Front National. Je suis pourtant convaincu que cela fait des années que Marine Le Pen espère et attend ce moment où elle serait au second tour. Alors, comme la fourmi demande à la cigale ce qu’elle faisait cet été, je me demande ce que faisait Marine Le Pen durant tout ce temps où elle convoitait le fauteuil du président … N’avait elle pas le temps de préparer ces arguments, d’affûter ses convictions, de travailler sa rhétorique ?

Les doutes qui m’animaient sur la nature de mon vote pour le second tour étaient alimentés, en parti, par la probabilité que Marine Le Pen puisse être élue. Mais après ce débat il me parait impossible qu’elle parvienne à rafler la majorité des électeurs de France. Je suis convaincu que nous vivons dans un pays où les cons sont nombreux, mais je suis aussi un optimiste convaincu que le bon sens l’emporte toujours à la fin. Marine Le Pen aurait eu une chance de l’emporter si elle avait été en mesure de faire illusion et de laisser penser aux électeurs qu’au-delà de ses idéaux nationaux sur lesquels elle est censée être en contrôle, elle pouvait faire preuve de contenu et de contenance. Mais le débat d’hier à révélé la triste inanité du bon sens et de la capacité de réflexion de Marine Le Pen.

J’ai à un moment de cette élection réellement cru qu’elle pouvait l’emporter même si elle n’était pas sortie de sa zone de confort. Je pensais que si elle avait su, avec une force de conviction, présenter le modèle de société auquel elle croit et aspire, à des électeurs qui auraient pu se retrouver dedans elle aurait peut-être pu arracher la majorité des voix. Au lieu de cela elle a sciée, sciemment ou pas je ne sais pas, la branche où elle était assise préférant singer des pitreries hystériques que de tenter un acte politique. C’était pathétique. Je suis rassuré. Et à quelques jours du vote le sens de ma voix s’affine plus librement. C’était peut-être le but du Front National me direz vous, se montrer tellement pathétique que les électeurs indécis comme je peux l’être ne verront plus en eux une menace et se permettrons de voter blanc. Si tel est la démarche du FN je devrais lui reconnaître une certaine audace machiavélique.

En face de la prestation ubuesque et burlesque de Marine Le Pen, le petit enfant sage, premier de classe, a eu du mal à enflammer de convictions le cœur du débat. Mais en avait-il besoin ? Sur le fond je le savais au point, même si je ne partage pas ses convictions libérales je reconnais volontiers qu’il est cohérent et qu’il maîtrise le sujet économique. D’ailleurs avec une pointe de cynisme nous pourrions penser que dans un monde contrôlé par la finance c’est judicieux d’élire un homme ayant connaissance des enjeux ce milieu à la tête de l’état mais ce n’est pas la question. Mais lui non plus ne m’est pas apparu comme un fin stratège politique. Je ne parle pas de son programme mais de sa posture face à son adversaire. Il avait à n’en point douter les moyens d’humilier Marine Le Pen (avant qu’elle le fasse elle-même) et l’écrasant avec la cohérence de son programme. Il aurait pu, sans l’humilier poursuivre le spectacle en s’adressant à la France, aux électeurs, aux indécis, au peuple, mais à longueur d’échange j’ai eu la sensation qu’Emmanuel Macron se contenter de s’adresser à une seule personne, son adversaire. Le peuple, les téléspectateurs, les électeurs n’étaient là qu’en spectateurs anonymes et inexistant. Il n’a pas selon moi montrer la stature d’un grand homme politique, il ne sera peut-être pas un mauvais gestionnaire de la France mais ne me demandez pas de voir en lui un grand homme. Il a si facilement cédé aux invectives, à la médiocrité et la petitesse formelle du débat. Il n’a pas eu la trempe ou la carrure pour élever à lui seul le débat se retranchant derrière l’inertie crasse de son adversaire du soir.

Je crois que c’est là qu’il faut rendre hommage à Marine Le Pen, c’est que hier soir elle a été bonne, bonne à une chose, à mettre en valeur un Emmanuel Macron toujours très lisse. Sans adversité politique, sans opposition idéologique, son programme est nécessairement apparu comme crédible et solide. Mais ce n’était pas compliqué vu qu’il n’y a pas eu de proposition alternative en face. Et dans ce débat du second tour s’il y a un gagnant, je crois que c’est François Holland qui n’a jamais vu le bilan de son quinquennat discuté, attaqué, valorisé ou discuté. Il sort peut-être par la petite porte, mais il sort de la scène sans avoir eu à patauger dans la fange idiomatique qu’à été le débat d’hier soir.

à l'époque ils n'avait pas la couleur mais ils avait le sens de la punchine

à l'époque ils n'avait pas la couleur mais ils avait le sens de la punchine

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Réflexion, #Je est un Blog, #Chronique chaotidienne

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Publié le 3 Mai 2017

Pour la seconde fois pendant cet entre deux tours présidentiels j’essaie de mettre à plat mes idées et mes ressentis vis-à-vis des discours auxquels je suis confronté. Et notamment les discours qui en appellent à faire barrage au Front National.

 

Je vais le préciser au cas où le doute vous soit permis, je ne partage pas les idées et le programme du FN et je n’appelle pas à voter pour leur candidat  dimanche. Mais cela ne m’empêche pas d’éprouver des sentiments contrariés lorsque je suis exposé à la doctrine qui convoque avec véhémence le fait de faire barrage au FN. Si je me donne une seconde chance pour rédiger ce texte c’est justement pour essayer de verbaliser ce ressenti qui provoque en moi un certain malaise.

 

Je ne sais pas par où commencer alors je vais rappeler une évidence : je suis pour le fait de faire campagne afin qu’un autre candidat que celui du FN soit élu. Lorsque j’écoute la radio, que j’allume la télé, lorsque je vais sur les réseaux ou que j’entends les gens parler je suis attristé de voir que le principal argument en faveur du vote Macron est le fait de faire barrage au FN. Voilà le nœud  de mon mécontentement la défaite des idées et arguments. Je suis peut-être naïf, pire encore je suis peut-être optimiste et si vous le voulez vous pouvez même considérer que je suis déconnecté de la réalité mais jusqu’à présent je reste convaincu que pour contrer l’idéologie du Front National nous pourrions recourir aux arguments et aux valeurs des idéaux humanistes.

 

Par facilité rhétorique j’ai choisi d’opposer les termes idéaux humanistes que j’envisage comme une doctrine liés à la pensée des lumières aux idéaux nationalistes qui sont défendus par le FN.

 

Mais au lieu d’entendre avec force de conviction ceux des électeurs, des politiques, de la doxa et des journalistes qui sont contre l’idée de l’élection du FN, en appeler à voter en faveur d’idéaux d’ouverture, de tolérance, d’intelligence et de raison je les entends brandir un argument principal quasi unique qui est le barrage au FN. Je considère que faire barrage n’est pas un argument. Je considère que faire barrage n’est pas une conviction. Je considère que l’on ne peut pas convaincre avec du faire barrage. Je crois en la force de conviction des idées et je n’ose pas penser que la société manque de véritables arguments idéologiques contre le Front National. Parce que là on commence à s’approcher de ce qui me révulse tant lorsque j’entends les gens brailler leurs appels au barrage. Se retrancher derrière cette posture « politique » ou « idéologique » c’est déclarer l’échec et la mort d’une idéologie humaniste qui soit à mène d’emporter le sens commun. Si vous aviez une once d’estime ou de respect pour le pool d’idéaux humanistes qui sont mis à mal par les programmes du Front National c’est aux noms étincelants de ces idéaux là que vous cherchiez à convaincre les gens de se détourner du vote FN. Mais se limiter à supplier, invectiver, inciter à faire barrage c’est dévoiler votre propre manque de conviction. Cet appel au barrage révèle que ceux-là même qui prônent le barrage ne croient pas que l’on puisse convaincre une majorité d’électeurs avec des valeurs humanistes.

 

Et qu’est-ce que cela dit de notre société ?

 

Est-ce là un mouvement hautain des élites vis-à-vis de la masse qui considèrerait que les gens d’en bas sont trop cons pour comprendre que les idéaux humanistes sont plus séduisants que les idéaux nationalistes ? Est-ce une tentative des hommes politiques de cacher la véritable déliquescence de la société française ? Est-ce tout simplement une confiscation du pouvoir démocratique de notre république à partir du moment où l’on considère que le peuple vote mal ? Je ne sais pas.

 

Mais entendre cet appel au vote barrage m’épuise, m’attriste, m’irrite, me blesse, me pousse dans mes retranchements. Et lorsque ce n’est pas le faire barrage qui est utilisé, on passe à la culpabilisation ; culpabilisation des abstentionnistes, des votes blancs, des votes FN parce qu’il semble acté que dans ce second tour des élections présidentielles il y a un bon vote et un mauvais vote. Lorsque je suis exposé à cette dialectique de la culpabilisation j’ai envie de vomir. Je crois être un électeur honnête, peut-être pas un citoyen modèle mais depuis que j’ai eu le droit de vote je suis allé voter mais surtout j’ai essayé de réfléchir à la nature et au sens de vote afin de donner du poids à ces bulletins que je déposais dans l’urne. Lorsque l’on vient me faire la morale, que l’on cherche à me culpabiliser, que l’on essaie de me priver de ma démarche démocratique en considérant qu’avoir un doute sur la marche à suivre et réfléchir à la nature de mon vote de dimanche est une mauvaise chose et qu’il faut opter pour le barrage sans réflexion, je suis énervé.

 

Je respecte la règle démocratique, je vote et si des personnes désirent obtenir mon vote j’attends qu’elles cherchent à me convaincre avec des arguments constructifs qui m’exposent la valeur de leur vision de société. Je n’ai pas besoin que l’on agite des spectres et que l’on convoque de la politique fiction pour me faire peur et me priver de mon libre arbitre. Je ne devrais pas avoir à me justifier, je ne devrais pas me sentir pris en otage par la faiblesse rhétorique de cet entre deux tours présidentiel.

 

Faire barrage, je redoutais ce moment avant de connaître les résultats du premier tour. C’est le moment où la démocratie vacille sur ses fondements. Parce que soudainement la machinerie politique qui appel à faire barrage semble se réveiller et réaliser que le Front National existe. S’il avait fallu faire barrage à ce parti politique pourquoi aucunes des personnes ayant été au pouvoir depuis 15 ans n’a fait quelque chose de démocratique ou de non démocratique pour faire en sorte que ce parti ne soit plus en position de faire basculer une élection ? S’il faut faire barrage parce que ce parti n’est pas démocratique ne fallait-il pas essayer de le dissoudre ou de l’interdire ? Et si ma question est purement rhétorique et que ce parti est constitutionnel alors pourquoi l’agiter comme un spectre ? Lorsque je dis que ce front républicain qui aujourd’hui en appel au barrage avait 15 ans pour faire quelque chose afin d’éviter ce second tour, j’entends aussi qu’ils avaient quinze années pour amener les électeurs du Front National à opter pour d’autres convictions politiques. Et ils ont échoué à cela. Chirac puis Sarkozy puis Hollande puis tous les élus de tous les échelons citoyens ont tous échoué à faire changer de conviction les électeurs qui font la force du FN. Ils ont échoué ou alors ils n’ont rien fait pour faire infléchir la tendance qui voit élection après élection les votes du Front National être de plus en plus nombreux.

 

Je n’ai pas attendu dimanche pour avoir des convictions, je n’ai pas attendu le dimanche du premier ou du second tour pour avoir des idéaux humanistes et radicaux. Je n’ai pas attendu cet entre deux tour pour étayer ma prose et forger mes arguments en faveur de mes convictions. Alors quand on vient me dire ce que je dois voter et pourquoi je dois le voter sans quoi on porterait sur moi un jugement de valeur antidémocratique et antirépublicain j’ai envie de rire, de rire et de pleurer et de brûler quelques maisons poussé par la colère. Ce n’est pas faire un barrage une fois tous les quinze ans qui fera changer les mentalités de notre peuple. Soyons honnêtes avec nous-mêmes et visons à terme à faire une autocritique. Il y a quinze ans nous avons fait barrage au Front National et Chirac a été élu avec 80 % des voix. Le barrage a eu lieu, il a été important et ensuite ? Et ensuite les voix conquises par le Front National élection après élection n’ont pas cessé d’augmenter. A quoi a été utile ce barrage alors ? Le barrage contre le FN est un épiphénomène qui n’est suivi par rien. Comprenez bien pourquoi j’ai de l’aversion contre ce discours.

 

J’ai l’amère sensation que la réussite d’un front républicain fausse par la suite la perception que nous pouvons avoir du paysage démocratique de notre société. L’électorat du Front National existe, il persiste dans le temps et il parvient petit à petit à s’accroître. C’est ce que semblent nous dire les chiffres. Si nous ajoutons les voix de Mélenchon et celles de Le Pen nous pouvons considérer que le vote populiste est largement plus grand que le vote Marcon. Si nous ajoutons entre elles les voix de Mélenchon, celles modestes de Hamon et les miettes des candidats d’extrême gauche nous pourrions considérer que le vote de Gauche est supérieur au vote Macron, et identiquement si nous additionnons les voix d’une droite élargie. Mais il est quasi acté que nous allons élire Emmanuel Macron qui se revendique ni de droite, ni de gauche et qui en valeur absolue le représentera aucun des courants d’idées recouvrant le plus de voix dans ce premier tour mais le barrage au FN effacera cette disparité et lancera un président dans un paysage tronqué. Faut-il faire barrage au FN pour réduire au silence les électeurs qui voient dans ce parti la reconnaissance de leurs idées et ensuite continuer de maintenir le système tel qu’il était même si ce système génère toujours plus de vote FN ? Je ne sais pas.

 

Non je ne sais pas ce qu’il faut faire.

 

Imposer le vote de barrage comme s’il était une évidence démocratique me paraît au contraire comme une mutilation démocratique. Cette injonction qui vise à culpabiliser ceux qui hésitent ou qui réfléchissent avant de se décider m’apparaît comme une confiscation du principe démocratique. Et le fait de brandir l’argument du barrage raisonne en moi comme l’échec de la raison et des idéaux humanistes dont il apparaît qu’ils ne pourraient plus convaincre et l’emporter dans un débat d’idée contre le FN.

 

Je soulève ces points du discours actuel parce qu’ils provoquent en moi un trouble profond et sincère. Mais je reconnais que je n’ai pas de solution, la situation dans laquelle nous sommes est complexe et compliquée à solutionner d’un vote. Surtout que la mécanique électorale propose un quasi vote à quatre tours. Je continue de penser que voter pour le candidat qui n’est pas celui du FN n’est pas un geste anodin et qui si barrage il doit avoir je suis étonné que les politiciens qui nous invitent à le faire ainsi que les gens du peuple qui revendiquent ce geste électoral ne témoignent pas plus de doutes ou de déchirements. Dans mon souvenir peut-être tronqué de 2002 lorsque nous sommes allé voter Chirac il y avait beaucoup plus de voix pour s’élever et dire combien la chose était difficile et douloureuse. Alors qu’aujourd’hui le vote Macron semble aussi anodin que le vote Le Pen. Je parle ici du vote Macron venant d’électeurs qui au départ ne sont pas convaincus par sa doctrine, Si d’un côté le vote FN ne mobilise plus contre lui des réactions aussi épidermiques qu’il y a 15 ans, le vote à contre cœur mais par conviction humaniste pour le candidat opposé au candidat FN ne provoque plus lui non plus beaucoup d’émois.

 

Je ne sais encore pas ce que contiendra mon bulletin de vote dimanche, et je ne sais toujours pas le sens que je donnerai à ma voix. J’ai bien conscience qu’actuellement les réseaux sociaux regorgent jusqu’à la saturation de personnes qui comme moi donnent leurs avis, pour ceci, contre cela, faire ci, pas faire ça, et je m’excuse de participer à la confusion actuelle dont je suis le premier à reconnaître qu’elle tire le débat vers le bas. Mais si j’ai voulu écrire et publier ce texte c’est simplement parce que j’en avais besoin. Je subis de plein fouet la médiocrité de cet entre deux tours et j’ai besoin de l’exprimer comme une catharsis. Peut-être qu’une fois que je serai libéré de ces atermoiements intérieurs ma pensée sera plus apaisée et parviendra à penser mon vote de manière plus pragmatique.

 

Merci à ceux qui m’auront lu jusque là.

 

Sur la médiocrité du débat électoral de cet entre-deux tour …

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Réflexion, #egotrip, #Je est un Blog, #Chronique chaotidienne

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Publié le 21 Avril 2017

Les hommes par paires de deux, vieux et malades ne s'observent pas dans le silence bactérien de la salle d'attente du médecin. Aux quatre coins cardinaux de la pièce ils se tiennent comme les gardiens d'un temple désuet où ils patientent chacun dans son silence lourd. Mais de temple il n'y à guère, seule la secrétaire médicale qui reste à l'orée du temple campe le rôle magnifique de la Pythie qui délivre son oracle ; elle se lève, virevolte comme une fleur dans la brise de printemps et elle annonce un destin retardé. L'avenir n'aura pas lieu, en tout cas pas tout de suite. Son visage d'ange serein cerclé par ses lunettes sages n'y change rien, elle annonce le grand retard qui a lui seul ébranle tout le beau silence d'or. Le temple n'est plus qu'un bac à sable où la maladie s'oublie et les langues dédiées aux oracles font et défont l'ordre établi. C'est la tempête dans l'ordre des choses jusqu'à ce que le destin plus lourd et plus fort que tout reprenne le fil de sa pesanteur et impose le sens de son immobilisme et la mollesse de son entropie sur la vérité de l'instant. C'est toujours le même temps pour la destinée, celui qui fait mentir les oracles.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Je est un autre, #Chronique chaotidienne

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Publié le 3 Avril 2017

Voilà le point de départ. J’ai posé devant moi les outils. Il un couteau dont la lame replié sur le manche et dont je me délecte du claquement sec et un peu gras lorsque le ressort déploie la lame dans un mouvement de cinéma. Il la ma tasse à café vide qui m’a laissé ce goût d’y revenir ; je regarde dans le fond de la tasse et je n’y vois qu’un avenir que je ne sais pas lire. Il ya le porte-monnaie de cuir qui commence enfin à porter la patine du temps ; il contient les quelques pièces qui me feront tenir jusqu’à la fin du mois. C’était il y a déjà trois jours la fin du mois ? Alors je vais devoir tenir avec ce pool de pièce jusqu’au revenu du RSA. Il y a la facture que j’ai outragé d’un dessin de fille nue au marqueur pour faire semblant de m’en moquer et ne supposer que ce n’est que du papier. Il y a les pièces cuivrées qui se cumulent sur le bureau parce qu’elles sont belles, propres et que même elles ne peuvent pas combler les manques de la fin du début du mois. Il y a les lamelles de papier, celles qui couvrent les zones autocollantes des enveloppes que je garnis des objets que je vends et que je renvois par internet. Dans mon dos le soleil tourne et rempli enfin la pièce de manière directe. Il y a encore tant de chose qui jalonnent le bureau de mon quotidien et que je vais devoir ranger parce que je suis sûr que parmi eux il y a les freins et les entraves.

La chronique d'un bureau de l'instant

La chronique d'un bureau de l'instant

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Chronique chaotidienne, #Pictogranimation

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