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Publié le 19 Juillet 2017

Je manque cruellement d’objectivité mais je m’avance et je dis qu’il y a des jours qui manquent cruellement d’intérêt ce qui fait d’eux des jours définitivement ennuyeux à chroniquer. Mais c’est là la marque du quotidien, par nature il est prévisible et moyen, ennuyeux et modeste, banal et anonyme dans l’ordre de l’extraordinaire. Et je sais d’avance que la chronique de ce dix-neuf juillet sera un calvaire d’écriture et je suppose de lecture.

Pour être honnête je ne me lis pas donc je me moque relativement de l’expérience de lecture qui découle de mes articles.

Je pourrais toujours parler du temps qu’il fait, chronique météo de ce dix-neuf juillet à dix-neuve heure et treize minutes le ciel est gris, tendance nuage. Ce n’est pas un temps d’orage où d’imposantes colonnes de nuages grossissent et grimpent loin dans l’atmosphère avant de faire péter sur nous des seaux d’averses d’été. Non, c’est plutôt un ciel chargé, des nuages bas qui couvrent quasiment toutes les portions de ciel que je peux voir. Lorsque j’attarde mon regard sur cette voute nuageuse je vois nettement les endroits où les nuages s’effilochent en zones pluvieuses. Je me dis que ça va peut-être me tomber dessus et je me dis alors que ça ne sert à rien que j’arrose le gazon. Le voisin doit regarder le ciel lui aussi et redouter que ça tombe parce que le voisin vient de sortir pour préparer des grillades. Je le soupçonne d’avoir un barbecue à gaz parce qu’il n’a pas fallu longtemps avant que ça ne sente la viande griller. Sur ce point-là je reconnaître un vieux réac’ qui ne jure que par le goût et le fumé du charbon de bois. Cela n’empêche pas que les odeurs de viandes grillées m’ouvrent l’appétit et je ne suis pas dupe, je n’ai rien à manger pour rivaliser avec ce parfum.

Pourvu que la pluie tombe et qu’elle lave ce dix-neuf juillet de l’injuste barbecue d’un voisin.

J’avais imaginé que je pourrais parler d’autre choses, mais je crois que ça sera pour un autre jour parce que j’ai oublié.

Aujourd’hui j’ai pris un peu de temps pour m’occuper de mon autre blog, celui où je parle jeux vidéo, pop culture et consommation ; j’y chroniquais les jeux achetés aux fils de mois pour la PS3. J’ai un goût particulier pour les jeux de sports désuets. Pour environ tous les types de sports, les jeux ressortent chaque année avec quelques changements et une nouvelle jaquette ; foot, basket, boxe, golf, formule 1, etc. Et inexorablement le jeu de l’année devient obsolète lorsqu’il est remplacé par le jeu de l’année suivante, et ainsi de suite dans une fuite en avant qui pour le moment ne connaît pas de fin. On peut donc acheter régulièrement le dernière titre pour rester à la page et surfer sur la synergie directe d’avec l’actualité sportive, ou alors, à l’inverse, on peut remonter le temps en faisant de l’archéologie sportive via les jeux vidéo. Rien qu’en observant les couvertures de chaque jeu on peut observer les variations des stars et des champions. Et lorsque l’on se lance dans un jeu qui a plus de dix ans, on remonte le temps jusqu’à une saison sportive du passé qui est à jamais figée dans ce jeu. Et je trouve ça poétique.

Définitivement la chronique de ce dix-neuf juillet n’en mérite pas plus.

A demain.

PS : il ne pleut toujours pas

PPS : j’aime aussi les lapins

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Chronique chaotidienne

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Publié le 17 Juillet 2017

J’ai titré chronique d’un dix-sept juillet mais en vérité sous ces mots entrent les chroniques pêle-mêle du quatorze, du quinze et du seize et de ce jour même et même la chronique de ce moment où je suis sorti pour m’installer dans le jardin à l’heure où le soleil glisse derrière la cime des arbres et qu’en tirant ma chaise et ma table proches de l’amandiers j’ai dérangé mon ami et compagnon de jardin l’écureuil. Je n’ai jamais été aussi proche d’un écureuil ; il est très loin d’être apprivoisé, mais il semble s’être prit de passion pour l’amandier au milieu du jardin et il n’hésite pas à y grimper lorsque je suis là, figé à l’ordinateur, je le regarde approcher, grimper, saisir une amande, l’ouvrir en deux, la grignoté. Malgré le vacarme des cigales qui hurlent toujours bien fort même à cette l’horaire je parviens à distinguer le chuintement de l’écureuil et les petits craquements des amandes qu’il décortique. C’est aussi ridicule de s’émerveiller de cela, que c’est plaisant à observer, le chien, le chat, la tortue et les poissons ne peuvent pas rivaliser avec le degré de mignon d’un écureuil, même s’il a vendu son image à une banque.

Je regarde l’arrosage tourbillonner l’eau.

Je recoiffe mes cheveux d’un geste de la main gauche.

Entre les branches vertes des chênes le soleil passe en une poignée de rayons qui viennent éclairer les gouttelettes de l’arrosage.

J’ai déplacé les gros pots des cactus pour qu’ils soient sous cette pluie artificielle. Même si ce sont des cactus j’ai l’impression qu’ils se flétrissent un peu de chaleur.

Hier nous sommes allés regarder le Tour de France passer.

Hier nous étions en Lozère, c’est presque la montane ; et la route était presque une côte.

Il n’y a pas de Tour de France sans bord de route et caravane publicitaire, et il n’y a pas caravane publicitaire sans sentiment de sidération et une once de malaise devant l’alchimie festive de la route, des spectateurs et des voitures comme des chars de carnaval qui jettent leurs marketings par grandes brassées. C’est étrange. La première fois que j’ai vu passer la caravane du Tour de France j’ai trouvé ça beau, grotesque et burlesque comme un défilé de carnaval ; la première fois que j’ai vu passer le Tour de France c’était pour voir passer les athlètes et apercevoir le prestige des noms. Ce n’est qu’après son premier Tour de France que l’on commence à percevoir dans ce cirque routier la part de sidération et l’once de malaise qui s’y trouve ; le long de la route, des individus de tous les âges s’impatientent et s’existent lorsque des hôtesses anonymes et des travailleurs estivaux leur lance des babioles commerciales. C’est comme les enfants sur le manège qui se battent pour attraper la queue du Mickey et du tour supplémentaire. Sauf qu’ici pas de tour bonus, et pas seulement des enfants, on se passionne pour un échantillon de lessive, une madeleine, un bob ou un porteclé de la sécurité routière. Il y a quelque chose de beau tout comme il y a quelque chose de malaisant ; la passion, la ferveur, la gratuité de ce spectacle œcuménique qui traverse la France comme une procession sainte c’est beau, la frénésie pour de la publicité c’est le reste. Mais cette alchimie est l’alchimie exacte de ce je ne sais quoi d’unique d’être sur le bord d’une route du tour. Et après les coureurs. Avant eux les hélicoptères, les voitures, les motos, enfin les vélos.

Deux heures pour nous, peut-être un peu plus, pour d’autre des heures en plus, une journée, une demie journée, une semaine, un rituel, le temps d’une vie, le temps étiré des souvenirs, ceux qui se transmettent. Le temps de voir passer le Tour de France c’est finalement le temps moyen de n’importe quel spectacle sportif, sauf que le Tour de France à une particularité que je trouve intéressante c’est qu’il incarne une forme de transcendance.

Je m’explique.

Nous sommes là sur la route, sous la chaleur, dans un coin de la France où nous ne sommes pas sûr de capter les réseaux. La course ce sont des bribes d’informations, la rumeur sur le bord de la route, les on-dit, les calculs d’apothicaire, le son grésillant d’un poste radio et l’internet qui va qui vient. Ce temps de l’incertain précède le temps du présent, de l’instant sportif et cycliste qui est un temps éphémère, un temps bien plus court que le temps du spectacle. Et lorsque que la voiture balais est passée, que le spectacle est fini, vient le temps de rentrer chez soi, dans sa maison, dans sa voiture et de retrouver l’immuable temps de la diffusion sportive et c’est dans ce glissement d’échelle que je trouve du transcendantale dans le Tour de France.

La chronique de ce dix-sept juillet se terminera ainsi, je vais passer sous le silence du littéraire le reste, même assis dans le jardin à l’abris de ma haie j’écoute les voisins.

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Rédigé par Monsieur Ray

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Publié le 13 Juillet 2017

Treize juillet, soit un jour avant le quatorze, mais tout le monde, moi y compris, se moque de savoir quand le feu d’artifice sera tiré, ni où il sera d’ailleurs ; surtout qu’il y a de plus en de lieux, villes et villages qui se moquent allégrement des traditions et qui tirent le fameux feu soit le treize juillet, soit le quinze juillet, soit le 24 décembre mais là c’est pour de toutes autres raisons que l’on est capable d’admettre.

Bref, nous ne sommes que le treize juillet et je suis là pour chroniquer mon jour, ma journée, ma pensée et je constate que ce soir je manque d’inspiration. Et pourtant une journée j’en ai eu une, ce n’est pas pour autant que je saurai la chroniquer en étant intéressant. C’est peut-être là le plus horrible défaut de l’écrivain, se persuader qu’il se doit d’être intéressant et ainsi se restreindre et se contraindre à d’impalpable limite. Je reste convaincu que la principale qualité littéraire d’une plume c’est de se défaire de ses liens, pas de ses bagages.

Alors que dire pour ce treize juillet, que dire qui ne soit ni une trahison ni une impudeur indirecte qui serait en soit une erreur de focale. Si je devais être précis je commencerai ma chronique par hier, par le soir, par la nuit, par cette nuit parce que j’ai dormi comme une nuit d’été c’était à dire avec la fenêtre grande ouverte. Ni vitre, ni volet, ni rideau, dormir en prise direct avec la nuit et ses odeurs, en direct avec la nuit et ses sons et bien sûr en direct avec la nuit, la lune et les étoiles. Le luxe se tient là, il se loge dans cette fenêtre grande ouverte d’où je peux m’endormir en voyant la lune me regarder et les étoiles briller.

On pourrait penser que lorsque je dis la lune me regarder j’use d’une métaphore très banale, sauf que dans mon ressenti ce n’est pas une métaphore, c’est un ressenti réel, précis et exacte ; lorsque je m’allonge dans mon lit, que je ferme les yeux et que je cherche le soleil, si je sais que la lune est dans le ciel je perçois son regard. Ce n’est pas mystique, ce n’est pas poétique, c’est juste un sentiment naïf mais sincère. Je n’éprouve pas la même chose pour les étoiles, que par ailleurs je préfère regarder. La lune c’est juste un regard spatial qui pose sur mon dos nu et ma nuque endormie l’acuité d’une entité spatiale. Je me suis donc endormi avec la lune brillante, la nuit avait la couleur bleue et blanche des nuits où la lune illumine le noir de ce je ne sais quoi de lumière lunaire. Et je me suis réveillé avec le soleil se grand bruleur de nuit et le son des outils électriques du voisin.

Le reste de la journée il n’y avait presque plus de lune, plus de voisin et plus d’outil, le reste de la journée finalement je n’en parlerai pas ici, parce que je n’ai de mots que pour la nuit.

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Rédigé par Monsieur Ray

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Publié le 12 Juillet 2017

Chronique d’un douze juillet, soit deux jours avant le quatorze ce qui n’est pas vraiment intéressant en soit. Mais je sais qu’à partir du quatorze juillet et jusqu’au seize du même mois je ne serai pas en mesure de chroniquer mes jours. Techniquement je pourrais sans problème rédiger les chroniques de mes journées mais je ne serai pas en mesure de les publier. D’ailleurs j’ai déjà programmé la publication d’articles pour les jours de déconnexion, preuve que ces jours à venir ont occupés une part de ma journée.

Comme toujours mes contraintes d’écritures sont amenées à devenir de véritables contraintes qui viennent m’interroger sur ma pratique du blogging. Alors que techniquement on s’en moque totalement de savoir si je pourrais chroniquer mon quatorze, quinze ou seize juillet. Je ne suis personne, pas une star, pas un influenceur, à peine un bloggeur que l’on vient lire. Cela fait de moi un homme libre de transgresser les règles que je m’inflige.

Un douze juillet à débattre de soi avec soi pour savoir si je vais me manquer lorsque je ne serai pas là pour écrire. Bien sûr chaque jour où je ne peux pas tenir ce blog j’ai très loin dans mon esprit mais vraiment ancré dans mon esprit pourtant le sentiment de me trahir. C’est idiot, mais je suis un homme de ce genre, un homme qui se fixe des contraintes invisibles et arbitraires qui font ma fierté lorsque je parviens à les domper, mais qui ensuite deviennent des freins lorsqu’il n’y a plus l’excitation du dépassement.

Alors la chronique de ce douze juillet c’est cette lutte qui se passe dans mon esprit, assailli d’obsessions, de questions et de dialogues impossibles que je suis voué à transmettre à l’écriture pour ne pas sombrer dans l’abime qui est toujours proche parce que marcher au bord de l’abime c’est dans ma nature. Enfin bref, comme toujours, comme encore, je pourrais aussi chroniquer ce douze juillet par ma visite à la Poste, c’était même ce que j’avais prévu.

Il y a quelques mois la Poste du village a été fermée pour travaux, trois mois plus tard, c’était à dire aujourd’hui la Poste réouvrait. J’avais quitté un bureau de Poste de village, à l’ancienne, dans un bâtiment comme une maison ; derrière sa grosse porte en bois il y avait une petite pièce aux couleurs passées, au carrelage usé par le passage de l’épaisse porte. La pièce était coupée en deux par le large comptoir en bois qui traversait la pièce surmonter de l’indémodable paroi de verre percée par l’hygiaphone. C’était une pièce d’un autre temps, une Poste d’un autre âge ; autant dire que j’ai toujours connu ce bureau de Poste de dans cet état et d’aussi loin que je puisse m’en rappeler il avait l’air dans son jus hors du temps ; avec sa porte blanche mystérieuse d’où parfois un conseiller de la Poste sortait pour emporter un client via un mystérieux escalier.

Aujourd’hui douze juillet la Poste réouvrait ; et je m’y suis rendu pour envoyer mes fameux paquets Priceminister. Plus de porte en bois, plus d’hygiaphone, plus de couleurs passées, plus de mystères, plus rien que le blanc normatif la Poste, un petit ilot aux coins arondi derrière lequel trône ma postière et une machine automatique pour affranchir tout seul ses paquets. Je me retiens pour dire que c’était mieux avant, avant c’était juste plus authentique, plus ancré dans son espace et dans le temps, aujourd’hui c’est juste un espace passe partout. Je ne suis pas un vieux con, non juste un nostalgique.

Et tant qu’a parfumer ma chronique d’un douze juillet de nostalgie, pendant que j’attendais mon tour dans cette peau neuve de Poste j’ai vu entrer une jeune femme. Au départ je ne l’ai pas vraiment vu, seulement du coin de l’œil mais sa silhouette m’a tout de suite frappé dans le souvenir. Il faut dire que contrairement à cette Poste qui venait faire peau neuve après avoir subi les assauts du temps pendant trop longtemps, le temps ne semblait pas avoir eu de prise sur cette jeune femme. Cette femme je la connais à peine et pourtant je l’ai immédiatement reconnu, c’est la petite sœur d’une fille qui un jour a été une amie. Nous étions partis en vacances une fois avec elle, sa sœur, ma sœur et d’autres personnes ; elle était la plus jeune mais c’était aussi une personne à l’esprit vif et sauvage et j’avais trouvé ça en elle très intéressant. Et puis je me suis fâché avec ma cousine, qui était amie avec la grande sœur en question et dans le sens naturel des choses je me suis éloigné de ces personnes-là au point de ne plus m’en rappeler d’elles jusqu’à ce matin. Lorsqu’elle est entrée dans la Poste deux choses m’ont frappées, trois si veux être précis, la première chose c’est que la jeune femme a conservé sa silhouette de jeune fille, même corps, même visage, même coiffure, même type d’expression sauvage.

Hier je parlais de mes cheveux et du fait que lorsque je me vois je ne me reconnais pas facilement, c’est pour cela que j’ai été assez confiant de ne pas être reconnu, et puis j’avais mes lunettes de soleil, je pouvais donc observer la jeune femme sans peur d’être reconnu et d’entrer en conversation, parce que si son côté sauvage m’avait intéressé c’est parce que j’ai moi-même un côté sauvage et que je n’aime pas toujours les retrouvailles.

Les deux autres choses qui m’ont frappées en la voyant entrer ce sont les deux enfants qu’elle avait avec elle. Un jeune garçon de deux ou trois ans à sa main et un bébé de quelques mois qu’elle portait dans l’autre bras. Il doit y avoir une petite dizaine d’année que je ne l’avais pas vu, si on excepte une fois où je l’avais croisé à la Poste justement, elle revenait d’Inde ou d’une autre destination du genre où l’on va enter son adolescence pour revenir changé. Le fait qu’elle ait conservé sa silhouette longiligne et mince d’adolescente contrastait avec ces deux enfants à son bras au point que j’en suis venu à me demander si c’était les siens, ou ceux de sa sœur ou de son mari qui les aurait eus avec une autre. Mais le petit garçon l’a appelé maman.

Je ne suis pas un émotif qui se sent ébranlé par les enfants des autres, mais ces enfants-là au bras de cette femme-là révélaient toute la distance parcourue par la jeune fille connu par le passé. Et percevoir des distances de vie ça m’a toujours chamboulé.

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Rédigé par Monsieur Ray

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Publié le 11 Juillet 2017

Onze juillet 2017, je suis obligé de m’attacher les cheveux afin de pouvoir écrire dehors dans que le vent s’occupe de m’envoyer mes cheveux que le lecteur avisé supposera assez long dans le visage. Je répète, nous sommes en juillet, nous sommes le onze du mois, nous sommes 2017 et je m’attache les cheveux ; les vrais sauront goûter à tout le cocasse qu’il y a dans cette situation. Et cela même si moi-même je ne suis toujours pas sûr que tout cela est réel, normal et consensuel. En trente-huit ans durant combien de temps ai-je eu les cheveux longs, assez long pour nécessité d’être attachés ? Si je mets considère les mois et années d’avant que je n’ai une conscience je dirais que je n’ai jamais eu les cheveux longs avant. Et si je m’en réfère aux photos d’enfances, jamais avant ma conscience je n’ai eu cette tête de chevelu.

J’ai donc vécu toute une vie, la mienne, avec une tête surmonté d’une image capillaire donnée. Celle du garçon avec les cheveux raisonnablement courts, parfois le garçon avec le crane presque rasé. Je ne me rasais pas à blanc, je laissais généralement quelques millimètres de tonsure pour pas me sentir nu de la tête, mais j’avais les cheveux suffisamment courts pour sentir l’air, le vent, la pluie et l’ensemble du monde avec le crâne. On se forme à son image, je veux dire que la force du temps nous forme, formate, forge, à nous concevoir avec une image donnée de nous-mêmes. Et je me suis habitué à me reconnaître avec la tête de celui qui n’a pas de cheveux.

J’avais repéré à la fin de l’adolescence un manque de cheveux sur le haut du crâne qui me semblait appeler à une calvitie précoce, je m’étais donc habitué à être ce jeune homme aux cheveux courts avant de devenir l’homme à la tête chauve. Je n’en faisais pas un complexe, seulement une mauvaise habitude. Et puis cette calvitie met du temps à venir, et j’ai essayé de laisser pousser mes cheveux, ma touffe mi frissée mi crépue, et au fil des mois et des semaines j’ai fini par avoir les cheveux longs. C’est une notion très relative j’en ai conscience, disons que j’ai fini par avoir les cheveux plus longs que je ne les ai jamais eus. Aujourd’hui je suis obligé de les attacher pour ne pas qu’ils me gênent, je suis obligé d’en prendre soin et j’en éprouve une drôle de fierté.

Ce n’est pas tant celle d’avoir le fait d’avoir une toison imposante et généreuse, je tire ma fierté du fait de parvenir à apprivoiser cette image nouvelle de moi. C’est comme conquérir un changement de paradigme, ou définir de nouvelles frontières visuelles à mon image. Ce n’est pas encore devenu une seconde peau, et encore ce onze juillet lorsque je croise mon image dans un reflet je perçois d’abord l’altérité avant que de me voir moi. Mais j’apprends à faire de cette altérité l’autre face de mon image et c’est de là que je tire ma fierté. Parfois je pense à ma grand-mère. Je pense souvent à elle, ce n’est pas la question, je voulais dire que parfois devant mes cheveux je pense à elle parce qu’à chaque fois que venais la voir après que je me sois rasé la tête c’était une déception pour elle, elle n’aimait pas me voir le cheveu trop court. Alors je me dis qu’elle aurait sûrement aimé me voir avec cette touffe ubuesque, je n’irai pas jusqu’à la penser fière de moi pour ce hasard capillaire mais je suis sûr qu’elle aurait apprécié l’esthétique de mes boucles naturelles.

Si je fais de mes atermoiements capillaires le contenu de ma chronique du jour c’est peut-être que ma journée m’a pas était bien remplie ; ou alors c’est que je prends le prétexte de cette chronique autofictionnelle pour développer de la prose avec facilité, à mi-chemin entre l’exercice de style et la facilité estivale. J’aurai pu pour varier le sujet vous parler de la Poste où je suis retourné expédier des objets vendus sur Priceminister. Mais la Poste était fermée, la Poste de substitution était fermée et celle de mon village qui était en travaux ne rouvre que demain et mes paquets n’ont pas pu être expédiés. Mais cela n’affecte pas la satisfaction que j’ai à vendre sur ce site. Ce n’est pas une question d’argent, c’est un soulagement spatial.

Vous le savez je chine, et avant même cela, j’ai tendance à accumuler les choses ; j’ai eu ma période DVD il y a des années, lorsque je découvrais Cdiscount et les DVD pas cher, lorsque le DVD était en format roi, lorsque j’allais souvent au cinéma, je veux dire plusieurs fois par semaine, à l’époque où je comprenais que forger sa culture pouvait être un loisir à part entière et à l’époque où je commençais à acheter des objets culturels que je ne consommer pas. Mais je pouvais les montrer, je pouvais sans mentir dire que je possédais tel ou tel film ou livre et ne presque pas mentir en disant que je le connaissais parce qu’il me suffisait de le regarder pour palier à mon mensonge. J’ai donc accumulé pas mal d’objets culturels qui maintenant m’encombrent plus qu’ils ne me nourrissent et pour me libérer d’eux Priceminister est un bon moyen. C’est idiot et arbitraire, ça aurait pu être un autre site mais c’est avec celui-là que j’ai tissé un lien affectif. Aujourd’hui il ne me reste plus qu’une quarantaine de DVD que j’ai choisi de conserver, peut-être même un peu moins, et avec le temps j’ai fini par me libérer quasiment de tous les autres, il doit ne m’en rester qu’une vingtaine. Lorsque je reçois une commande je suis toujours très excité, curieusement c’est comme lorsque je reçois un cadeau, l’effet de surprise et de suspense avant de savoir quel objet j’ai vendu me procure un vrai plaisir. Et puis le fait que cela me ramène quelques euros ce n’est pas pour me déplaire. J’ai dit que ce n’était pas une question d’argent, c’est un peu mentir parce que pouvoir racheter des objets culturels que j’ai choisi avec plus de parcimonie ça compte aussi. J’ai l’impression de ne pas avoir dépensé en vain cet argent, j’ai l’impression que la culture navigue et que je peux renouveler la mienne sans que ça ne me coûte.

Enfin faudra quand même que je retourne à la Poste demain matin.

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Rédigé par Monsieur Ray

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Publié le 10 Juillet 2017

J’ai attendu jusqu’au dix juillet avant de m’installer dehors, dans le jardin avec l’ordinateur portable pour rédiger ma chronique d’un dix juillet. Et rien que le plaisir d’écrire dehors, de voir le ciel se coucher très doucement, ressentir l’air qui souffle un peu comme une personne endormie dont la respiration lente et régulière nous apaise et nous rassure parce qu’on sent que ladite personne est en vie, entendre le bruit des cigales qui refusent de se taire, tout cela suffirait à mes mots chroniqueurs d’un dix juillet. Je viens de subir une attaque d’eau ; j’ai mis l’arroseur pour faire verdir un peu mon herbe séchée et parce que j’ai toujours aimé le bruit de l’eau, encore plus j’ai toujours aimé jouer avec les tuyaux d’arrosages, plus que les piscines, les rivières ou la mère, plus que les lacs et les baignoires les tuyaux d’arrosage avec lesquels on joue jusqu’à finir trempé ça m’a toujours amusé, au point qu’aujourd’hui encore, lorsque j’utilise le tuyau pour arroser, nettoyer ou je ne sais quoi encore je ne peux pas m’empêcher de jouer avec et de finir tremper. Je disais donc que j’avais mis l’arrosage et sous l’effet du vent peut-être pour de la pression qui a augmentée dans le réseau d’eau, l’arroseur à commencer à arroser la table, et si je ne sais pas résister aux jeux d’eaux, je pense que l’ordinateur n’a pas envie de jouer, j’ai donc dû m’extraire et reculer un peu.

En écrivant cette chronique journalière, je ne regarde plus ma page blanche virtuelle, ou alors à peine et mon regard se fixe sur le reflet dans l’écran, j’écris et je regarde le ciel derrière moi qui se reflète dans l’écran, j’y vois aussi quelques nuages qui arrachent des rayons au soleil et la cime des arbres qui eux aussi peuvent flirter avec le soleil en robe de chambre.

Le vent qui bruisse à peine, l’eau de l’arrosage et les quelques cigales qui doucement se taisent avant que les grillons ne prennent la relève, c’est ça le silence de la campagne.

Ce matin à la ville je me suis fait voler l’antenne radio de ma voiture. Je suppose que c’est cela le silence de la ville. Le lundi matin après avoir déposé ma petite amie au travail je rentre vers ma tanière et comme toujours lorsque je suis sur la route je m’accompagne de France Culture. Donc ce matin machinalement je mets France Culture et l’autoradio crache du vide. Je passe en revenu les fréquences sauvegardées dans le poste mais il n’y a rien. Je m’étonne mais l’esprit d’un lundi matin est prompte à trouver des hypothèses farfelues et à se ranger à leur supposition sans broncher. JE lance la recherche de chaîne et je ne trouve rien, rien à part une fréquence chevrotante qui diffuse RMC. Avec un aplomb que seule la naïveté d’un dix juillet permet je suppose donc que les émetteurs de la régions sont sûrement en maintenance et je me fais à ce silence. En trifouillant quand même le poste je lance le lecteur CD que je pensais vide, mais s’y trouver le premier album de Mano Solo. Celui que j’ai écouté une infinité de fois.

Ce n’est qu’en m’arrêtant faire le plein, en descendant de la voiture que j’ai réalisé qu’il manque l’antenne sur le toit de la voiture. Et vu que la radio fonctionnait dimanche j’en ai conclu qu’une personne avait volé mon antenne.

Je me demande si je vais en voler une à mon tour.

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Rédigé par Monsieur Ray

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Publié le 9 Juillet 2017

Ce neuf juillet a commencé assez tôt, il était cinq heure du matin lorsque je me suis réveillé pour allumer la télé. La télé était dans l’ordinateur mais ce détail n’a pas d’intérêt pour ma chronique. En effet cette nuit quelque part au Brésil l’équipe de France de volley jouait sa finale de ligue mondiale et j’avais à cœur de me lever au cœur de la nuit et au bord de l’aube pour suivre le match ; il y a quelques jours je racontais combien suivre une compétition sportive internationale à la télé avec un puissant décalage horaire était source de plaisir et d’émotion inscrite dans l’ADN familiale. Du coup, se lever à cinq heure du matin pour regarder un match de volley ça allait de soit.

Mais dans l’excès j’ai été raisonnable le match débutait à quatre heures et je ne me suis levé qu’à cinq. Le match a été beau et le moment encore meilleur parce que la France à gagné et que la joie était au rendez-vous ; empathie sportive quand tu nous tiens. Tant qu’à être réveillé, à la fin du match il était temps de partir chiner en vide-grenier. Ce neuf juillet nous étions un dimanche et le dimanche c’est jour de chine, même si l’aube découvre un ciel gros de gris. Au diable la paresse et la peur de la pluie j’y suis allé. A peine dehors de grosses gouttes éparses tombaient sur la ville silencieuse et donnait à l’air une tente de fraîcheur humide. C’étaient de grosses gouttes chargées du sable d’un Sarah lointain ou d’un désert mystérieux.

Je ne sais pas précisément d’où vient le sable qui est dans la pluie, mais depuis toujours mes parents me disaient que c’était le sable du Sahara, c’était peut-être vrai, ou alors ils disaient cela simplement parce que c’était le désert qu’ils avaient traversés étant plus jeunes ; quoi qu’il en soit maintenant ce sable des les gouttes de pluie c’est toujours pour moi le sable du Sahara et ce matin la pluie laissait des traces de dunes sur mon pare-brise. Partir en vide-grenier, même sous la pluie c’est comme partir en vacances mais en roulant moins ; route inconnue, paysages nouveaux, ambiances différentes et l’excitation de l’inconnu. En route pour Rochegude  un village de la Drôme au nom lamentable. Mais un jour de vide-grenier sous la pluie c’est un vide-grenier qui se réveille en retard, qui s’ébroue pendant que j’y chine, c’est une ambiance particulière où je pensais dépensais plus d’argent pour me payer un croissant et un café qu’en bibelots.

Finalement malgré la pluie et les gens qui déballent plus tard qu’à l’habitude j’ai fini par trouver des choses, surtout des livres, principalement des livres, et un jeu de Playstation. Trois recueils de poésie que je pensais récents mais qui semble avoir été édités dans les années 50, un livre dont le thème fera de lui un bon cadeau à offrir à ma mère (thème que je n’évoque pas ici au cas où tu passes par là, je te réserve la surprise). C’est plaisant de chiner pas pour soir et de chercher des objets au grès des envies des autres, j’ai la sensation que ça donne un autre regard sur les objets et comme toujours faire un pas de décalage c’est cool.

Après une nuit courte et une matinée de chine, alors que le ciel se déchire toujours entre ombre et lumière il était temps de vautrer ma chronique dans le canapé et de suivre le Tour de France qui n’est jamais aussi intéressant que lorsqu’il se passe quelque chose. C’était la chronique de mon neuf juillet et je me demande toujours ce que je fais dans ce bateau.

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Rédigé par Monsieur Ray

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Publié le 8 Juillet 2017

 

Chronique à l’heure de mon huit juillet, et quand je parle d’être à l’heure c’est bien juste pour l’heure parce que je ne suis pas sûr que mon huit juillet ça la bonne date pour être à l’heure de l’anniversaire de mon père, peut-être aujourd’hui ou peut-être demain, faut-il que je me renseigne pour palier à cette absence ? Il me semble évidant que la chronique de mon juillet est vouée au retard si je dois organiser les jours d’hier et de demain avant d’être sûr de moi et de ce que je dis.

Mais que faire pour être sûr de cette date sans poser la question et prendre le risque de dévoiler son ignorance, mais une ignorance de 48 heures ça reste assez raisonnable à l’échelle d’une nuit, d’une journée et d’une semaine. Et puis je ne vais pas faire ma journée ce que je ne sais pas ; autant la faire sur ce que je sais dire, comme le fait de dire que j’ai regardé Okja le film de cinéma qui ne passe pas par le cinéma parce qu’il est passé par Netflix. J’ai regardé Okja et j’ai trouvé ce film vraiment excellent. En même temps avant d’être un film Netflix c’est avant tout un film coréen et je me suis souvent senti très à mon aise dans le cinéma coréen qui sent bon l’exotisme avec cette distance très juste, au sens d’exacte pour être suffisance afin de créer un regard.

Okja c’est bien, même si par mille fois le film pourrait être trop, mais pourtant ça fonctionne et moi ça m’a fait passer un bon  moment, à juste distance entre le divertissement et le questionnement sans oublier le plaisir de voir un film en feux semblant.

Demain nous seront le neuf juillet et je fêterai l’anniversaire de mon père lundi ce qui rend la chose aussi naturelle que confortable, les dates, la vieillesse et les jours piles c’est un truc d’enfant et si je suis toujours un fils je ne suis plus un enfant ; nous sommes un huit juillet ça sonne comme une date d’adulte non ? Je regarde des films coréen et je chronique un huit juillet, et je peux même prétendre que je tiens un blog, je suis un homme, c’est bien vrai.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Chronique chaotidienne

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Publié le 7 Juillet 2017

Chronique du bon moment, comme si le bon moment c’est le sept juillet. Oui, il n’est pas faux que j’ai la sensation de me répéter, les jours se répètent aussi et n’en changent que les nombres. Pour autant il est vrai aussi que mes jours ne se répètent pas, enfin s’ils se répètent parce que le jour où les jours ne se répèteront plus pour moi ça voudra dire que je serai mort et je n’ai pas du tout envie d’en arriver là rapidement, mais je disais que mes jours se répètent dans le sens où ils se suivent.

Mes chroniques ne devrait pas se répéter, et si je me répète c’est parce que parfois j’essaie de faire en sorte que mes mots ne trahissent pas tout ; je pourrais sinon tomber dans la chronique d’une guerre, d’une lutte pied à pied et je crois qu’il n’est pas encore venu le temps de chroniquer cela, alors je chronique le temps qui passe, comme je chronique la route qui défile sous mes roues parce que je roule tout doucement pour ne pas vider mon réservoir, comme la chronique quotidienne des jours de Tour de France qui lassent et lassent encore en attendant les lacets des montagnes.

Et ma chronique du sept juillet n’était pas une montagne, juste de la tapisserie, de la route et des mots. Le huit sera meilleur sinon le mois sera long.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Chronique chaotidienne

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Publié le 6 Juillet 2017

Une heure et vingt trois minutes de retard pour la chronique du jour qui devient donc la chronique d’hier, chronique d’un six juillet. La chronique du six juillet est une chronique posthume d’un jour qui ne passera pas à la postérité. Et très clairement c’est le moment où je devrais dormir. Je suis clairement dans un état d’épuisement plus que largement excessif pour justifier que je dorme. Mais être épuiser c’est épuisant et c’est le moment précis où je n’ai pas envie de dormir. Dormir ça repose, et je ne suis pas fatigué, je suis épuisé et l’épuisement ne se règle pas avec une nuit de sommeil, ni deux, ni plus. Ce qu’il me fait ce n’est pas dormir c’est prendre de l’énergie, il me faut une pile électrique, une centrale nucléaire, une galaxie ou de la matière quantique même si je ne suis pas certain que l’énergie quantique c’est très énergétique.

Dormir ça sera après, après cette chronique encore une fois post datée, ça sera pour quand je n’aurai plus rien d’autre à faire. Chroniquer l’épuisement c’est très décevant parce que ça prend une place phénoménale en soit l’épuisement par contre en matière littérairement c’est très pauvre, très médiocre, très moyen, mais en même temps on parle d’épuisement, c’est finalement assez logique.

Ce six juillet est une piètre chronique, misons que la chronique du sept sera meilleure, mais rien n’est sûr.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Chronique chaotidienne, #retard

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