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Publié le 9 Mars 2017

C’est pour cela que nous aimons regarder le football, pas pour le score, ni la victoire ou la défaite mais pour avoir des histoires à raconter. Qu’importe la réalité du résultat car la véritable portée d’un match historique comme celui qui a eu lieu hier entre le PSG et le Barça c’est de transmettre à ceux qui ont vu le match une histoire. C’est une narration, un drame ou un miracle selon le côté mais dans les deux cas une page historique qui s’est écrite. Et comme toutes les grandes histoires elle ne peut vivre qu’en étant transmise, partager, propagée de siège à siège dans le stade, de canapé en canapé devant les télés, de bouche à oreille par la suite, emphase en rhétorique du pathos.

C’est pour cette raison-là que nous aimons le sport. Pour se sentir investi d’une légende à raconter et à chaque fois que l’on peut retranscrire ce moment de sport avec nos propres mots nous nous approprions une toute petite part de cette histoire. Nos narrations individuelles autour de cet événement sport construisent la légende de ce match de football autant que la légende de ce match construit nos narrations. Avoir assisté à ce match nous investit d’une parole et d’un élan à la partager qui font de nous des prophètes, ou, pour le dire autrement des messies avançant avec une voix porteuse de la légende.

Et c’est exactement pour ce cela, pour ressentir ce souffle, que j’aime regarder le sport.

Du genre historique

Du genre historique

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Sport, #Chronique chaotidienne

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Publié le 8 Février 2017

J’ai tant aimé lancer mes mots à la ligne folle de l’inconnu, des inconnues au féminin pluriel. C’est là tout le sens de mon écriture, de ma naissance aux mots, de ma renaissance à l’âme et à la vie, et à une vie. Oui, toutes mes vies, et tout le sens à leur accorder, sont nées de cette volonté de lancer le fil désuet des lignes de mots aux femmes qui échappaient à ma vie, à ma compréhension et à la complétude de mon être.

C’était donc là, dans les nuits blanches des correspondances que je me suis forgé une plume, comme les grosses et grasses plumes que l’on épile avec vigueur du croupion des autruches. J’ai aimé ça ; c’était en toute logique sans mesure et sans raison et dans ce feu torrent je suis venue mille fois à la vie qui devenait la mienne.

Aujourd’hui le monde a eu raison de ces nuits d’ivresses à s’envoyer des e-mails. On supposait pourtant déjà à cette époque que l’e-mail allait tuer la lettre, qu’importe la forme j’avais l’ivresse et nous avions nos mots qui s’étalaient en pages qui s’échangeaient sans fards. Mais la forme courte a eu raison de mes correspondances.

Non je ne suis pas honnête. C’est moi qui ai eu raison de mes correspondances, je me suis détourné d’elles parce que je n’étais plus à la hauteur des muses et des personnes avec qui j’échafaudais ces va-et-vient lettrés ; l’image que me renvoyait des jeunes femmes n’était plus celle que je pouvais assumer. Je me suis laissé couler dans le silence, infiniment nostalgique et mille fois bouillant de souvenirs et de regrets mais je n’étais plus celui que j’étais, je n’étais plus celui que je voulais être, je n’étais plus celui que je devais être, je n’étais plus celui qu’il aurait fallu être pour être honnêtement à la hauteur des espérances que je chérissais dans ces mots échangés. La forme courte n’a eu qu’à parachever mon désastre et à me couper les doigts.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Je est un Blog, #créer, #Réflexion, #Chronique chaotidienne

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Publié le 4 Février 2017

Une mère anorak saumon remonte la rue et sa petite à la main anorak rose tribal.

Les talons claque dans la rue vide, le feu est rouge et un jour la petite fille se demandera pourquoi elle aime faire claquer ses chaussures sur le trottoir.

Ta grand-mère et ta mère qui te photographient devant la palissade. Derrière toi la barrière et au delà le monument, elles ne voient que toi.

Elle vérifie son rouge à lèvre dans le rétroviseur, le feu est rouge lui aussi.

Personne ne tourne au coin de la rue et de la fontaine mais les voitures klaxonnent.

Son petit chien assaisonné de son vêtement de saison et sa maîtresse qui cache son âge sous sa veste bronze.

Et un jeune dans une golf si vieille que ses plaques sont noires écoute la musique fort depuis son téléphone qui crépite un son ridicule.

Et le facteur pédale.

Un homme d'âge à ressembler à mon médecin traverse la rue me regardant avec une acuité particulière, ses yeux bleus sous ses cheveux blanc et une baguette sous le bras.

Leurs enfants en liberté bravent la rue, elle sur son vélo sans pédales et lui qui poursuit le biberon que maman brasse entre ses mains. Enfin de l'autre côté ils boivent, regardent le ciel et les traces d'avions.

Papa trop jeune, maman trop vieille, lui et sa mère et ses enfants ses petits enfants.

Tresse mal fichue et tshirt à tête de panda à côté ta copine sac de supermarché trop plein,vous marchez sans trouver a sourire entre vos mots échangés.

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Publié le 22 Janvier 2017

Sortir du lit et quitter le cocon ouaté où sous la tendre et chaude couette où l’air palpite de bouffées licencieuses. Lorsque je regarde par la fenêtre, la tête à la renverse, je guète les intentions du ciel gris convaincu qu’il va lâcher sur nous une floppée de flocon. Quitter la maison, dehors l’air est trop chaud pour de la neige alors il pleut. Dans la voiture les essuies glaces hachurent le temps de ma pensée ; fallait-il où non prendre la route et la décision de voter ? Par-dessus le couvercle nuageux je suis sûr que le soleil ce couche mais en dessous c’est déjà la nuit d’un dimanche d’élection pluvieuse. J’ai hésité jusqu’à la dernière minute, y aller, ne pas y aller, voter ou s’abstenir. Ce n’est pas tant la conviction idéologique pour tel ou tel candidat qui m’a décidé, mais c’est une forme de réflexe de survie démocratique, j’ai la sensation que si je laisse filer cette élection présidentielle sans parvenir à m’impliquer c’est toute mon implication pour la société que je laisserai partir et je risquerai de devenir une de ces personnes qui ne s’implique pas, et qui s’enfonce dans l’indifférence ou le radicalisme en ayant laissé s’éloigner la réalité.

J’ai roulé avec un œil sur l’horloge pour arriver à l’heure, dans la nuit, sous la pluie, jusqu’à un village reculer dans ma campagne, même pas mon village, même pas ma campagne, et dix neuf heure qui approchaient à l’horologe. Mais je suis arrivé à tant pour voter, la maire avait ouvert une très grande salle blanche, de longues tables où deux urnes presque vides trônent discrètement. A combien de votes déjà exprimés est venu se rajouter le mien, je ne le sais pas, j’ai été là à temps et je suis rentré dans ma maison froide pour allumer le feu et y brûler quelques bulletins de candidats qui ce soir ne sont pas au second tour de la primaire de gauche.

Pour combien de temps cela va durer, aucune idée, mais ce soir je crois que j’ai éprouvé le plaisir d’éprouver la sensation d’avoir fait parti d’un mouvement, pas un mouvement idéologique, plutôt à un mouvement démocratique. J’ai voté un peu comme on pari sur un lévrier sur un champ de courses avec le frisson qu’il puisse gagner, pas parce qu’il est le meilleur, pas pour ses idées (parce qu’on ne peut miser sur les idées d’un lévrier) mais bien qu’il puisse gagner parce que l’on a misé sur lui. C’est excitant, un peu grisant, et je crois que c’est pour le moment le très mince fil qui me raccroche au barnum électif.  

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Chronique chaotidienne

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Publié le 16 Janvier 2017

Il y a un ciel sous lequel demain le froid donnera dans le cristal. Sur le goudron des rues et les bétons des armes citadines, de la fumée posthume et la vapeur volute qui sorte des bouches goulues dans le matin triste, la tonnelle ne donnera plus de miel aux fleurs des abeilles, et le tonnelet de vin est vide, comme la saison d’hier et la vie demain qui échappe la fumée, le brouillard se fendille et la mousse des bières frappe les esprits encore sobres ; les hommes séduisants et l’odeur du malte qui rendent les femmes rousses. La voiture sous la neige du parking attend que Charon paie son parcmètre, quelques pièces d’or et des ossements fossiles à la place des yeux. Et elle pourra aller de borne en borne griffer les kilomètres qui déroulent sous les fesses des trônes. Elle ne savait pas, et elle ne le sait pas. Mais elle donnait du trône dans les toilettes du restaurant et ça sonnait bizarre, sans qu’elle ne devine qu’il trouvait cela séduisant, c’est sa naïveté qui donnait de la moelle, une greffe osseuse sur son corps de ligne, et le crayon gras au bord des yeux pour tracer d’une ligne la direction à prendre.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Divagations diverses, #Chronique chaotidienne, #Digression

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Publié le 9 Janvier 2017

La nymphe est une ressource injustement rependue ; les rues, les écoles, les facultés, les boutiques pour midinettes et les réseaux sociaux pullulent de ces nymphes demie-femme et un tiers-ado. A l’œil la nymphe est une espèce bien répartie dans la ville, dans la campagne et de sur quoi dans l’hexagone ainsi que dans l’imaginaire collectif. C’est là, un fait imprimé dans les pages des journaux intimes que les frères et les cousins n’ont plus besoin de dénicher dans les cachettes féminines des chambres de filles parce que ces mêmes filles diffusent et publient les faits intimes fantasmés et vécus dans la langue des pixels, des SMS et des 140 caractères d’impudeur normative.

S’il prétend que la répartition de ces nymphes que l’on épingle à son veston comme une fleur de lys couverte de rosée le soir du bal est mal répartie c’est parce que même si les nymphes collectionnent les apparitions dans l’espace commun de la doxa et des grands cons elles n’appartiennent à personne et s’en vont seules, solidaires et solitaires sur les chemins de l’abattoir qui ressemble à la vie. Le regret de sa catin perdue lui donne envie de renouer parfois avec le souffre cristalliser aux lèvres de l’une d’elles. Il appâte avec du tweet et du texto qu’il balance derrière lui dans l’ombre de ses pas quand il déambule dans la noire forêt de l’anonymat et que pareil au petit poucet il joue la scène de la lapidation sur des chaperons imaginaires, et puis sur les loups rivaux et bien  sûr des pucelles qui puisent au puis l’eau pure des fontaines. Et il appâte, et il espère, il lance des parts de gâteaux des sucreries  mais il se bouffe des radeaux lorsque le rêve redevient réel et que la gueule sur le trottoir il susurre à la mort que ce n’est pas le soir de leur rendez-vous.

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Publié le 3 Janvier 2017

Je suis rentré chez moi. Pour la première fois j’ai tenu dans ma main l’acier d’un feu, et 38 plombs. J’ai éprouvé au travers de ma paume le poids et la présence et j’ai réalisé subitement la puissance iconique que transporte, et transmet, un tel objet de feu. Je n’avais jamais tenu cela auparavant et je ne m’étais jamais posé de questions particulières autour de ce que peuvent transmettre ces braises. Soudain je ressentais avec surprise l’expression de la densité métallique, je réalisais à quel point un tel objet porte en lui une part de l’universel de l’inconscient collectif. Je tenais, je ressentais la présence du métal et la puissance dégagée par une forme de précision mécanique à la fois rudimentaire et sensible mais au-delà de cela j’avais la sensation d’avoir dans la main une évidence visant à l’universel. C’était comme si cette chose qui m’était inconnue la seconde d’avant puisait soudainement dans mon inconscient et dans le non-conscient commun mondial des magmas culturels qui faisaient en moi des laves d’une infinité d’éléments culturels fulgurants qui à leur tour se faisaient sentir dans mon esprit comme autant d’évidences qui n’attendaient que d’être réveillées.

Le poids de l’histoire, le sens de la vie et de la mort, le fétichisme précieux, la puissance, les jeux d’enfants, les films, les jeux vidéo, les actualités, les faits divers, l’histoire et d’autres choses encore, un grand tout qui ne parait pas éprouver de limite dans son évocation. Et plus je tiens la main refermée et plus elle m’ancre dans ce que je ne peux pas identifier comme autre chose que le puits culturel qui traverse la civilisation des hommes en travers des années, des sociétés, des temps. Je suis fasciné par cet objet, par l’expérience de cet objet dans ma main.

Il est très troublant de percevoir le contraste qu’il parvient à contenir dans la petitesse physique et dense de l’objet qui s’oppose avec l’infini puissance d’évocation de l’objet qui ne cesse de me parler de lui, de son monde, de mon monde. Ce n’est pas de la psychomancie, c’est seulement de la culture, du savoir faire, de l’histoire, qui tient dans ma main.

Je suis impressionné de détenir ceci car cette présence rend soudain obsolète la métaphore du stylo et de la littérature comme des armes ; en fait la présence pragmatiquement banale de la chose éclaire la métaphore d’une lumière que je ne lui connaissais pas, la rendu doucement caduque et, par curieuse extension, la renforce aussi.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Chronique chaotidienne, #Réflexion, #Je est un Blog

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Publié le 31 Décembre 2016

Cette année, encore, des gens meurent. Il y a les morts naturelles des vieux, les morts catastrophiques du climat, les morts accidentelles toujours tragiques et bien d’autres types de morts, mais à priori, en 2016, selon l'observatoire des réseaux sociaux, il y a surtout eu les morts de personnes célèbres. Et pas qu'un peu, selon ce même observatoire des losers connectés, observatoire dont je fais parti, il y a eu une pelletée de personnes connues, reconnues, voir iconiques qui sont décédées avec un sens plus ou moins hâtif du timing. De Prince à David Bowie en passant par Carrie princesse Leia Fisher ou Fidel Castro, le paradis des gens connus s'est vu augmenté par un gratin de figures tutélaires pour une certaine génération.

 

Des gens meurent, oui. C’est triste, parfois c’est con.

 

Les gens meurent et aussi cruelle soit la disparition pour les vivants mourir ça reste d’une grande banalité, pour preuve l’homme meurt depuis la nuit des temps de l’humanité.

 

Alors bien sûr on est triste de remarquer que ce sont nos idoles et nos jalons qui meurent, perdre une star que l’on connaissait pour avoir consommé son produit politique ou culturel c’est un peu comme perdre son grand-père qui à chaque anniversaire nous donnait une enveloppe avec du cash dedans, sauf que ce grand-père là on ne le connaissait pas vraiment, mais on aimait beaucoup ses enveloppes.

 

En cette année 2016 les réseaux, sociaux et culturels, ripent en masse, en canon, en série ; prendre une posture empruntée pour dire sa peine de voir disparaître telle ou telle personne connue c’est devenu une figure imposée. Et de concert les geeks que je soupçonne être l’unité de base du réseau social générique répètent que 2016 est une année particulièrement cruelle parce qu’elle a décimée plusieurs figures connues de tous et leurs postures de deuils laissent à penser que la mort est un concept ancré en 2016.

 

Curieusement je me rappelle que lorsque j’étais enfant, et que mes parents regardaient les cérémonies de remises de prix comme les César, les Victoires de la musique ou les Molières il y avait toujours un moment où l’on rendait hommage aux personnes de la profession disparus dans l’année. Si je m’en souviens c’est justement que je ne connaissais quasiment personne des noms énoncés et lorsque j’entendais s’ajouter à la litanie des morts une personne que je connaissais vaguement j’étais content.

 

Il faut que la génération Y et que les générations suivantes se préparent à la venue de la mort, année après année elle va récolter les têtes, les noms, l’aura et la vie des personnes qui constituent votre paysage culturel. C’est inévitable, inéluctable, nous sommes entrés dans l’âge où les gens connus que nous avons aimés sont vieux, usés et meurent. Nous avons été jeunes dans les années 80, 90 ? Eux ont été jeunes dans les années 60, 70 ? Nous regardions le club Dorothée pendant qu’ils testaient toutes les drogues et les substances qui font les saveurs de leurs œuvres. Ne nous étonnons pas, nos étoiles d’hier sont déjà mortes, elles palpitent un peu encore et vont s’éteindre dans la logique des choses.

 

Pas la peine d’être triste ou étonné, tout était joué d’avance, tout c’est joué avant même que l’on vienne au monde.

 

Et puis vous pouvez commémorer tous les RIP de l’année, moi j’ai perdu mon chien. Tu ne peux pas test !

 

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Réflexion, #Chronique chaotidienne

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Publié le 12 Décembre 2016

Il y a des jours comme ce lundi matin qui vous saisissent par l’impromptue incongruité qu’ils vous imposent.

Ce matin le chien est mort.

Ce n’est pas le titre d’un roman, c’est une histoire vraie.

Oui, ce matin Tarmac est mort, renversé par une voiture au bord d’une route qui ressemble à un chemin. Il est parti comme il a vécu, vieux et libre et même s’il n’a pas toujours été un chien vieux, il a toujours été un chien libre, un divagueur, un insoumis, un peu errant parfois, pour ainsi dire un anarchiste en terme de chien. Je peux vous le dire sans hésiter, il n’a jamais connu de clôtures, ni de frontières et il est mort sans savoir ce que signifiait une porte close. Il s’est offert une existence de libre chien comme des hommes sont des libres penseurs, allant de vie en vie là où il savait se faire aimer et choyer dans la chaleur des foyers avant de revenir aux pieds de son maître. Quel homme ne rêverait pas d’une telle vie ? On dit que les chiens ressemblent à leurs maîtres, si tel est le cas alors j’espère que c’est sur ce point que l’on se ressemblait lui et moi et non pour les puces ou la mauvaise haleine.

On en a vu ensemble, je n’écrirais plus avec le chien qui dort à mes pieds, il ne sursautera plus lorsque devant la télé je hurle et j’exulte pour un but, une victoire ou une médaille olympique. Je sais que parmi ceux qui lirons ses quelques mots il y aura des personnes qui ont connu Tarmac, ne soyez pas tristes ; souvenez vous qu’il a fait plus d’une nuit debout avant de partir ce petit matin en s’évitant le crépuscule et le déclin.

Tarmac était un bon chien, alors j’ai voulu être un bon maître je suis allé le chercher sur le bord de la route où il dormait comme dans un val. Je suis rentré chez moi et j’ai pris ma bêche pour creuser la terre. C’est bizarre, pendant que je creusais je pensais aux émissions de fait-divers sur la TNT et m’attendais à voir surgir Jean-Marc Morandini. J’ai creusé un peu plus loin que là où il enterrait ses os et lorsque le trou m’a semblé assez profond pour me donner le vertige je l’ai déposé au fond. Je lui ai fait une belle place de nature au pied d’un arbre en bois pour le clin d’œil au petit chat de la chanson de Renaud, avec de la verdure et le ciel bleu pâle légèrement doré du mois de décembre en guise de décor. Je vous assure que c’était vraiment un bon chien, pour preuve il est parti au mois de décembre lorsque la terre est meuble.

Je ne sais pas comment se terminent les oraisons funèbres et encore moins comment se terminent les oraisons funèbres canines alors je vais terminer ce petit texte sur une pirouette dont lui-même n’a jamais été capable, wouaf.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Chronique chaotidienne, #Je est un Blog

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Publié le 25 Novembre 2016

Je ressens la nécessité de pousser mes codes et d’expérimenter la créativité autrement. Éprouver  la sensation réelle de possède l’outil libertaire qui tient dans la créativité ; écriture ou photographie pour moi. Je le sais. C’est un savoir.

Je le perçois. C’est une perception, ou plutôt un ressenti.

Je devrais aller jusqu’à dire que c’est une émotion.

D’accord mais que faire de cela. Car si je connais le ressenti, le savoir, la perception d’une sensation émotive, je ne sais pas comment convertir ce savoir en acte. Est-ce l’immuable barrière du passage à l’acte qui me retient d’être dans l’expérience entière de possession de mes outils de créations ? Faut-il que je m’octroie l’ordre de réaliser mes projets dans le réel pour me permettre d’avoir le loisir d’assouvir la pulsion qui me dicte de les dépasser ?

Je me tiens, créateur, dans une distance incertaine entre le passage à la réalisation d’une production imparfaite, et la perspective de transcender cette imperfection en une chose plus aboutie. Je ne suis ni dans l’un, ni dans l’autre. Et mes projets avancent alors comme des choses grouillantes qui évoluent sous la ligne de visibilité des radars, presque contre mon grès. Contre le grès d’une part incertaine de moi en lutte contre la part raisonnée qui sait.

Il est temps.

Il est l’heure.

Ce blog n’est-il pas né de cela ? De la contrainte que je me suis imposé de créer au moins une chose par jour pour la déposer ici ? Si. Il est temps de faire évoluer la contrainte dans plus de réalité.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Je est un Blog, #Chronique chaotidienne, #écrire, #Réflexion, #Réel

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