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Publié le 3 Décembre 2012

histoire noire, une petite fille dans une boîte, dans un placard, dans un coffre de bois fermé avec une clef, un coffre clos avec des clous, pourquoi est-elle là la fillette, est-elle vivante, est-elle en vie, est-ce vraiment une fillette, ou une femme, une jeune femme, une femme vierge ; en fait, le coffre est une caisse chargée sur un train, sur un bateau, ou un camion parce qu’il faut acheminer une jeune femme vierge quelque part. Dans lieu, une église, un lieu de culte, le lieu d’un culte occulte qui a besoin de sacrifier une femme vierge qui a à voir avec un rituel pour se sauver de la fin du monde, ou plutôt pour invoquer un monstre, une entité indicible parce que c’est le meilleur moyen pour ne pas décrire cette entité, ou peut-être que la magie noire pourrait invoquer des extraterrestres qui seraient en réalité des hommes venu d’un futur alternatif ; on éventre la jeune vierge à partir de son sexe jusqu’à sa poitrine et de ses entrailles encore chaudes s’extirpe une silhouette à forme humaine, une femme noire, D'un noir d'obsidienne maculé d'entrailles humaines, mais ce n'est pas un lieu de culte, pas une église, pas d'autel, c'est plutôt une arrière-cour, une ruelle à l'arrière d'un théâtre, d'un bar, d'un cabaret, d'un club sordide où se réunissent les notables d'une société passablement secrète mais véritablement satanique, la jeune vierge est une adolescente livrée par ses parents eux-mêmes membres de ladite société secrète, ou alors ses parents ont lu une petite annonce le journal offrant une belle somme en échange d'une pucelle, quoi qu’il en soit elle est déballée en pleine rue, elle roule sur le bitume, une assemblée de notables autour d’elle, policiers, avocats, médecins, ses parents, peut-être que ce sont des parents adoptifs, le président de l’orphelinat aussi et un journaliste local, la pucelle est maintenue par terre, ses vêtements arrachés, ses pleurs ignorés, ses supplications particulièrement larmoyantes et puis sa mère prend un poignard et le lui plante dans la cuisse, Retire le poignard et le passe à l'homme à côté d'elle qui vient la poignarde à son tour et ainsi tout de suite elle est lardée de coups de poignards non mortels jusqu'à ce que dernier participant et sûrement le chef sorte une lame rituelle la lui plante dans le sexe et l'éventre jusqu'à la poitrine et c'est là que l'on recolle à l'humanoïde qui s'extirpe de ce corps profané, ou simplement un monstre, un démon, une nuée de rats grouillants ou bien des tentacules, un signe avant-coureur de la fin du monde, mais si c'est une femme, Elle pourra forcer les mâles de l'assemblée à s'accoupler avec elle pour engendrer les rejetons maudits qui sortiront de son corps et qui dévoreront le monde à commencer par les enfants ; mais cela sera la fin avant, il faudrait trouver le nom du culte qui veut invoquer ce qui conduira la fin du monde à avoir lieu à la date prévue, et puis il faudra partager l'imaginaire de cette jeune fille qui prisonnière dans la caisse baigne de sa peur, dans sa propre urine et dans ses sanglots, elle trouve dans ses fluides vitaux qu'elle répand sur elle comme une sensation rassurante, Elle redevient un animal apeuré et crasseux et la caisse sera débarquée dans une ruelle, on se demandera qui était le chauffeur, peut être la mort elle-même, peut être personne, c'est peut-être sans intérêt et puis l'histoire n'aura peut-être pas le rôle central, il faudra savoir se vautrer dans la peur, la pisse, le sang, les entrailles, le macabre et le noir, une petite histoire noire dont l'ébauche maladroite reste à dégrossir

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Publié le 28 Novembre 2012

aujourd’hui c’est devenu un fait, parfois une loi, souvent une règle, une convention qui suppose qu’elle est partagée par la majeure partie de la doxa et en tout cas souhaitée comme telle ; c’est sûr, c’est comme ça, c’est ainsi, aujourd’hui on ne peut plus user d’insultes stigmatisant la race, le sexe, l’orientation sexuelle, la religion, le physique, la couleur, l’appartenance politique, le rang social, le travail, le physique, l’intelligence, les névroses et je suppose que si l’on a choisi d’opter pour de pareilles interdictions c’est à juste titre, Mais alors que nous reste-t-il pour nous insulter ? La restriction grandissante de la nature de nos insultes témoigne-t-elle d’une volonté politique de faire disparaître définitivement l’insulte de notre vocabulaire et de nos libertés d’expression ? Je ne sais pas, d'autant plus que moi en matière d'insulte, j'y suis venu sur le tard, le très tard, j'ai longtemps eu une langue vertueuse et maintenant que je débride enfin et petit à petit ma langue, que je prends des libertés avec la chasteté, je me retrouve devant la contrainte à devoir canaliser ma langue parce qu'il n'est plus toléré d'user de pétasse lesbienne de pute nègre, de salope de chrétienne enculeuse de grosses nonnes socialistes et autres joyeusetés fleuries alors je suppose qu'il va falloir trouver ailleurs dans nos registres de langages des champs lexicaux à conquérir et à convertir à l'insulte jusqu'à ce que les stigmates de ces mots crus viennent vexer une énième putain de minorité à la con comme les femmes, les noirs ou les enfants qui se trouveront offusqués que l'on fasse référence à leur personne pour en insulter d'autre et je suppose qu'ainsi la langue opère son renouvellement alors afin que je puisse apprendre, insultez-moi bandes de cons - parce qu'on ne fera jamais rien de plus beau que le classique -

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Publié le 24 Novembre 2012

les filles sont parfois des girouettes désespérantes à vouloir trop souvent suivre de mauvais vents ; le désespoir en guise de grand-voile trop de femmes sont réduites à de petites embarcations dérisoires qui laissent ces mauvais vents faire grandir leurs voilures qui gonflent et enflent sous le vent souvent du premier homme qui s'approche d'elle et qui peut exhiber pas grande chose de choses sombres ; capacité, à tomber sous le charme des petits chefs aux idées courtes qui exultent quand ils tiennent leur simple posture de barbarie radicale parce que c'est ainsi que les femmes tombent sous ce qu'elles pensent être du charme ténébreux ; putain de capacité des femmes à se laisser ainsi emporter et séduire par tous ces feux de paille ; plus de fumée que de flammes. Et pourtant, ces femmes comme les autres prétendent vouloir trouver la sérénité qui les rendra calmes, peut-être belles et pourquoi pas heureuses mais elles restent sourdes à ceux qui pourraient leur offrir cela et elles leur préfèrent les fossoyeurs des idées claires. Tout cela n'est pas un problème tant que l'on est capable de laisser une femme s'enfoncer de son plein gré dans le médiocre d'un homme de peu ; mais quand on sait qu'il faudra bientôt venir la réconforter, lui assurer que les mauvais choix qu'elle a faits ne sont pas graves, quand on sait qu'il faudra lui dire que cela ne va passer qu'elle trouvera le bonheur parce qu'elle le mérite, quand on sait qu'il faudra leur mentir parce que l'on est son ami alors on l'a un peu mauvaise quand on les voit pavaner au bras des cons ; Pour que l'amitié entre un homme et une femme puisse être une possibilité crédible, il faut donc soit des femmes qui s'assument dans leur névrose ne prétendant plus vouloir trouver l'amour qui rend serein et des hommes qui peuvent qui se foutent de sauver les femmes et qui ne pense qu'aux baisers ou à les regarder souffrir et dans cet état des lieux absurdes et abscond on pourra, peut-être, Imager ne plus trouver désespérant que les femmes tombent amoureuses des cons ne prétendant plus vouloir trouver l'amour qui rend serein et des hommes qui peuvent qui se foutent de sauver les femmes et qui ne pense qu'aux baisers ou à les regarder souffrir et dans cet état des lieux absurdes et abscondent on pourra, peut-être, imager ne plus trouver désespérants que les femmes tombent amoureuses des cons ; mais pourrait-on le leur reprocher vu que nous aussi nous tombons amoureux des connes ...

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Publié le 14 Novembre 2012

par la plume discordante, ivre de plume, ivre de sa plume, du pas de la passion, pas à pas, petit à petit, grand à corps les grandes eaux font les grands océans ; océanique ostentation du destin des dieux et du doigt on tapote sur l’épaule d’une amie, le dos d’un voisin et le voisinage sur la plage la télé à la place des yeux et la télé à la place du cœur et un bouquet de rose et d’épine à la place de la cage thoracique, le vieil ami est un pot de fleur, le vrai problème est une vérité en soulier de vert et que plus personne ne sait où est le prince qui possède le souler de verre, la clef de voute et la philosophie de l’angle, la langue angulaire d’une construction mortifère toute d’acier et de fer et la translucide paroi, carte de loisir bleu, rouge, dose d’essence de rose et rouler dans la farine et dans la fleur féodale pour faire en fer forgé le tour de la tête en couture capillaire à même le crâne et dessous la robe métallique et le corset bien serré pour bien marquer la taille et définir la poitrine au niveau des seins et finir en trait de fusain

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Publié le 13 Novembre 2012

une carte à jouer avec un cœur dessus avec des doigts et puis lui faire aussi le cœur avec dédains et pourquoi pas le faire suivre par une biche ou bien deux et puis une meute de loups aussi avant d’envisager de pouvoir lui montrer patte blanche parce qu’il faut toujours le faire avant d’envisager des doigts, d’échanger un droit d’entrée et un droit de sortie et un droit de re rentrer et sûrement de re sortir ; la démarche, le déhanché, le déambuler, la note tenue et cette ligne de démarcation entre la loi, la licence et l’irrévérence et le basculement sucré salé et des hommes à la mer avec les sirènes rouges, roses, les sirènes lunes et les six reines arc-en-ciel ; basculer du coté de la féeries et jouer les meurtrier comme on tir son coup dans un banc de fées argentées parce qu’on sait bien que les fées sont comme les muses, elles ne sont pas faites pour l’amour ; elles peuvent l’inspirer oui mais elles ne peuvent pas le consommer dans la chaire sans se consumer et partir en fumée, en poudre d’escampette, le rouge aux joues, le givre à l’âme et le destin qui résonne comme un rêve érotique qui au petit matin le laisse qu’une impression indistincte, un souvenir déjà vague mais dont on sait avec certitude qu’il a été agréable

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Publié le 5 Novembre 2012

La danseuse n'a pas de culotte pas plus qu'elle n'a de pudeur mais la danseuse est belle ; la belle est connue pour contraindre son corps aux exigences d'un art douloureux alors l'idée d'apporter au corps de la danseuse une dose non négligeable d'un plaisir charnel à l'encontre des contraintes que son corps connait est un puissant exhausteur d'érotisme

 

Est-il rationnelle de penser que des femmes sont trop pute dans l'âme pour avoir de la dignité ? Ou bien est-ce que se vautrer dans la débauche et l'art de la luxure et du stupre est un acte toujours et irrévocablement digne ; le plaisir est-il nécessairement garant de dignité ?

 

La jolie femme qui n'est pas jolie est toujours jolie quand elle se met à nue et se montre dans son érotisme défendant dans sa tenue la moins pudique ; la beauté sur-jaillissant alors par delà la nature non jolie de la femme qui se montre ; on n'exhibe ni son corps ni sa beauté mais l'impudeur de sa présence au monde et de là naît l'érotisme de celle qui se donne à voir

 

Il arrive un jour où l'adolescente fini par être une femme, fini de jouer à la poupée parce qu'à partir de ce jour là c'est elle la poupée, la putain, la peluche mais si la fille devient une femme elle n'en reste pas moins une petite conne irrévérencieuse parce que les femmes tiennent la force de leur irrévérence dans l'impétuosité de leur poitrine

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Rédigé par #ceciestunblog

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Publié le 1 Novembre 2012

On m’a apprit qu'il fallait dire merci, je crois qu'il est temps pour moi d'adresser deux salves de remerciements. Je profite que ce blog m'offre une minuscule tribune pour faire ces remerciements en public

 

Salve une ! __ . . . paf boom !

 

Dans un premier temps je voudrais remercier tous les mecs, les garçons, les hommes qui sortent avec des cas désespérés, des filles désespérantes. Merci à toi de sortir avec une fille moche ; ne faites pas vos mijaurées vous voyez bien de quoi je parle, je parle des filles moches, les filles sans classe, les vulgaires et mal fagotées, les voitures volées trop mal maquillées qui sentent trop fort un parfum trop écœurant, je parle des grosses, pas des grosses assumées ou épanouies, non je parle des grosses qui s'empiffrent et se remplissent sans parvenir à combler leur vide intérieur ces grosses vulgaire qui sortent du cinéma en gardant leur litre de coca entamé éventé et tiède - mais pourquoi d'ailleurs ? Pour se rincer la bouche après la gâterie qu'elle fera à son mec pendant qu'il finira les popcorn ?- je parle des petites bourgeoises moins bohèmes que prolétaires, les filles bardées de marques, clinquantes, aux bijoux trébuchants, hautaines et exubérantes. Toutes ces filles désespérantes, jeune fille sans saveur, personnalité anorexique, culture en berne, les apprenties potiches ni désirables ni jolies. Les moches, les connes et celles qui cumulent, les fins de séries et bas de gamme qui ne parviendraient pas à me lever une érection, les dépressives défaitiste à la féminité en ruine, les vieilles belles qui s'accrochent à leur illusions en mini jupe, à toutes les refoulées de la Star Académie, les starlettes qui finirons dans ma télé, un film x ou la télé réalité, les futurs mamans qui appelleront la télévision pour réparer leur indigence éducative. Oui, merci à vous les hommes, merci à toi mec qui sort avec une fille pareille, oui merci à toi tu me sauve, tu sauve le système, tu la sauve elle, merci du fond du cœur.

 

Salve deux __ . . . paf boom !

 

Dans un deuxième temps je voudrais remercier toutes les filles, gamines, femmes qui sortent avec des cas désespérés, des mecs désespérants. Merci à toi de sortir avec une loque humaine, un mec gavé de testostérone fière de l'être, muscle dur et esprit creux, le mec qui se prend pas la tête, en d'autre terme avec un animal, un roi du divertissement, descendance dégénérée d'Aldo Maccione au machisme intégré, ces mecs passe partout, les orgueilleux de leur condition, les mal vêtus, males habillés selon leur conception du beau, les sans respect, culture de nazes, les cœurs fermés, les footballeurs, les sportifs, les intellos, bref les défenseurs de tous les ghettos, merci à toi femme de sortir avec ce bœuf, bêtes de sommes, bref trois fois rien. Oui merci à vous toutes les âmes charitables, plus sœur Emmanuelle qu'Emmanuelle, merci à toi qui prend le bras de ce gamin qui pense qu'il va te sauter pour un ciné et une blague, merci à toutes de donner aux cons l'illusion d'un amour qu'ils ne peuvent même pas comprendre, tous ces types briseurs de rêves, les quelques uns qui finirons par vous battre, les autres par vous tromper, parfois les deux, merci aux filles qui savent dire oui aux conducteurs de belles voitures et même à celles qui acceptent de se faire sauter dans une voiture tunning sur de la techno bon marché, merci à toi d'aimer ce futur père absent ou celui là qui expose sa virilité et son portable, tous ces mecs bon marché, des deuxièmes mains même pas révisées. Oui je te suis reconnaissant de faire cela jeune fille, courage ne change rien.

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Publié le 29 Octobre 2012

Tuer le temps à balles perdues,

Au quotidien désemparés

Je perds des heures déjà révolues

Que j'attends sans voir passer.

Accessoirement si lent ce temps m'étonne

Au ralenti inopiné il revient et m'éperonne.

Décati ou alangui, tapi ici l'instant s'évade,

Le temps passé est à présent maussade.

Ces heures usées me font un piètre décor

Pour l'affront osé de cette torpeur dans mon corps.

Les heures anciennes, usagères avachies

De ces non lieux communément dégarnis,

Se font à merveille les compagnes léthargiques

De mon absence, ma somnolence pathétique.

Mais sans y prendre garde l'horaire est là

La temporalité retrouvée le futur revoilà

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Rédigé par #ceciestunblog

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Publié le 21 Octobre 2012

_____Du pain, pain de mie en grandes tranches et aux céréales pour mes sandwichs nocturnes compagnons calorifique de ma solitude. Je commence toujours à remplir mon caddie par le pain. Je passe ensuite toujours par le rayon DVD en jetant un œil sur les films soldés rangés en vrac sur les têtes de gondoles qui sait je trouverai peut être une série B, une série Z, un film gore ou au miracle un film de Cronenberg soldé à 1 Euros.

 

_____Dehors il pleut, il fait nuit aussi et froid aussi mais dans un supermarché que l'on soit samedi matin au printemps ou lundi soir d'hiver il fait toujours pareil, lumière blanche et musique fade sous les hauts plafonds de tôle.

 

_____Quittant le rayon du pain je passe devant les gâteaux et leur emballage en plastique. J'attrape des beignets au chocolat bons marchés sucré et gras. Le matraquage des détracteurs de la mal bouffe et du bio, aidés des prédicateurs de la ligne et de la forme arriveraient presque par me faire culpabiliser mais le résultat est inverse aujourd'hui vient s'ajouter au plaisir de ma bouche celui plus pervers de la transgression. En mettant ces beignets au fond de mon caddie je me sens presque rebelle.

 

_____Je longe les rayonnages réfrigérés ou attendent mollement des morceaux de viandes. Je n'arrive pas à les regarder je trouve cela trop glauques. Pourtant je pioche à volée dans le bœuf, sans grande conviction, sans grand appétit, finalement je le remets en rayon. Je n'aime pas la viande sous plastique. A coté de moi une jeune femme observe minutieusement la nature de ces chairs mortes sous cellophane pour finalement poser dans son caddie une barquette de deux filets bien saignants juste à coté de son gel douche à la vanille des îles deux pour le prix d'un.

 

_____Il y a quelque chose d'infiniment impudique à faire ses courses au supermarché, on reconstitue aux yeux de tous les stocks de nos univers personnels. Et je suis sûr qu'on apprécie tous finalement de pouvoir voir ce que font les autres. Des caddies qui au travers des quels on ne pourrait rien voir ça ne marcherait pas. Quelle enseigne a proposé des caddies opaques ? Aucune. Je m'amuse avec cela, ça occupe l'esprit, je reconstruis des vies à partir de ces éléments consommables et disparates.

 

_____Je passe dans le rayon lingerie à l’improbable étal de dentelles bon marchées et je retrouve l'allée centrale. L'avantage de faire ses courses le soir c'est que les lieux sont presque déserts avec un je ne sais quoi de reposant et un je ne sais quoi d'angoissant.

 

_____Papier toilette, lingette antibactériennes, des éponges, il faut que je pense à une nouvelle brosse à dent, a goûter le nouveau dentifrice dont la pub m'amuse bien et puis deux boites de kleenex haut de gamme. J'aime la douceur parce que j'en consomme beaucoup. J'arrive rayon surgelé avec ces clients qui frissonnent, les portes qui s'ouvrent et se couvrent de buée, je prends une bonne pizza pour accompagner mes beignets de quoi manger devant la télé en regardant je ne sais quelle série policière américaine.

 

_____La poissonnerie, ça m'a toujours fasciné ces animaux entiers, poissons, crabes, ces yeux vides, bouches ouvertes, j'en mange peu mais j'aime vraiment ce rayon. je vais chercher quelques fruits, des légumes aussi rien de très exotique, juste du fonctionnel.

 

_____Comme pour la viande j'admire l'application de cette jeune fille qui contemple les mandarines avec une attention précise, elle les prend, les pose, les reprend avec délicatesse pour les poser à coté des ampoules basses consommations, de deux avocats, d'un déodorant hypoallergénique.

 

_____La boucherie est relativement fréquentée ce soir, je dois attendre un peu. J'aime bien voir trancher le jambon, il y a quelque chose de sensuel dans le geste, presque de la tendresse. Je pense à demain, à ce soir, rentrer sous la pluie, je n'ai pas envie de me mouiller, j'ai oublié mon parapluie c'est bête. Encore deux personnes avant d'être servi. Les gens se permettent d'être exigeants dans ce genre de situation, la coupe, le poids, ils ne veulent que des beaux morceaux.

 

_____Je vous sers quoi demande la jeune femme en costume blanc maculé de sang au petit vieux avant moi. Vous avez de belles cuisses demande le petit homme aux cheveux blancs. Oui, oui répond la jeune fille, attendez moi une seconde dit elle en s'éclipsant vers la chambre froide. Elle revient rapidement poussant un charriot sur lequel se trouve une grosse pièce de viande.

 

_____Stupeur c'est une jeune femme sur le charriot. Elle saisit un hachoir qui s'abat brutalement sur l'articulation du genou. Un bruit atroce d'os qui craquent, il fait noir, je tombe.

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Publié le 11 Octobre 2012

la route déroulait son ruban de bitume sous les roues de la voiture tandis que dans mes rétroviseurs s'éloignait dans le soleil couchant la silhouette de Lola. Cela aurait du me fendre le cœur de laisser une si belle femme sur un bas côté, pourtant je roulais sans regrets vers l'horizon où déjà la nuit tombait. Par la fenêtre grande ouverte s'engouffraient bruyamment de lourdes rafales d'un air encore chaud chargé de la poussière du soir tandis que je me remémorais les termes de notre accord.

 

Curieuse femme que cette Lola, une femme longue et fine, un pull sur son jeans, à la fois discrète et possiblement incendiaire. Si il était courant qu'une femme fasse appel à mes services, en revanche il l'était beaucoup moins que nous nous rencontrions avant de finaliser la transaction. Je m'étais fais une spécialité de dégoter tout ce qu'il était concevable d'acheter quand les circuits de distributions conventionnels n'était plus en mesure de vous l'offrir. Marchandises prohibées, modèles disparus, œuvres d'arts, médicaments, produits épuisés, articles rares, si un jour la chose avait été en vente, si aujourd'hui la chose avait un prix, alors j’étais celui capable de vous la trouver. Généralement un e-mail ou un appel visio suffisait à me mettre en branle, surtout si au bout il y avait la promesse d'un virement généreux sur mon compte en banque.

 

Si je lui ai donné rendez-vous dans une station service près de la sortie 23 du périphérique c’est que je suis un amoureux de ces lieux de passages à la fois appartenant à un espace lointain et très impersonnel et pourtant ancrés dans nos vies juste à nos frontières. J'avais garé mon coupé faussement rutilent à coté de sa voiture et, sans m'encombrer de politesse, je lui avais demandé de monter avec moi. En regardant le trafic autour de nous elle m'expose sa volonté. Elle souhaite s'offrir une boîte à musique, rien qu'une boîte à musique, une foutue boîte à musique.

 

« Mais pourquoi avez-vous besoin de moi pour cela ? » Pour toute réponse madame Lola se contenta de siffler. Je pris cela pour du dédain et haussant la voix je répétais, « mais pourquoi avez-vous besoin de moi pour une pareille transaction ? » « Pour l'air monsieur, pour l'air, pour que vous puissiez entendre la mélodie qu'il faut que la boite joue » me répondit-elle de sa voix calme. A nouveau elle se mit à siffler un air, quelque chose que je ne connaissais pas. Je ne sais pas pourquoi je ne la sentais pas cette madame Lola. Je voulais l'interrompre mais elle me lança un regard qui incitait à ce qu’on l'écoute. Un regard qui me faisait comprendre qu’il fallait que je grave cette mélodie. Je fini par oublier le bruit du trafic, je n'entendais plus qu'elle. Vraiment il y avait quelque chose de pas clair avec cette femme.

 

Une fois réglés les détails d'usage elle me demande de m'arrêter. Nous sommes nulle part mais elle insiste. Je m'arrête, elle descend, je n'ai pas envie de m'attarder, je redémarre et je la laisse disparaître de mon rétroviseur alors que le soleil se couche. Machinalement j'allume la radio, mon vieux poste grésille et sort difficilement un son pouvant couvrir le bruit du vent. Je monte le son, une mélodie, je freine brusquement, le vent ne s'engouffre plus et monte dans ma voiture la mélodie de madame Lola. Etrange femme, étrange hasard

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