Publié le 12 Décembre 2015

Il est cet écrivain qui s'affère, et il s’affère tellement qu’il n’écrit pas mais il crée. Ce n’est un jeu mais il se joue sur son écran et son clavier le big bang minuscule de sa création dans une théorie des cordes construites, dissonantes qu’il ne cherche plus à accorder. Lui, sans que personne ne le voit il s’applique à écrire noir sur blanc, par contraste numérique de pixel à pixel, minuscule mot à mot dans la perfusion percée de son grand embarcadère à idées délurées, déliées, diluées, elles aussi dissonantes. Derrière les murs, derrière la porte fermée, derrière sa retraite estivale comme une fugue à lui-même, derrière sa démarche, derrière sa posture et sa position d’écrivain mal assit il essaie de faire advenir à la surface de l’écran le potentiel de son écriture sans jamais parvenir à entrer en elle.

 

Faut-il avoir de l'art dans la veine pour parvenir à tenir cette posture, ou bien faut-il éprouver le ridicule de son pathétique pour prétendre écrire une geste authentique qui dévoile un horizon et le geste désespéré qui efface ce même horizon sous une brume méticuleusement écrite, construite, crée ? L’écrivain s’atèle à un travail de titan, travail de fourmi, travail qui essouffle l'haleine à ne pas dévoiler l'ampleur du talent ou désastre qui sont à l’œuvre dans l’envers de l’œuvre, là où se forge son enfer. C'est un coup de dé, une aventure, une avant garde qui s'impatiente et se meurt à chaque fois qu'une ligne ne finie pas, à chaque fois qu'une histoire avorte. Mais pourtant, conduire le lecteur à croire en une chose qui n’existe pas, incertaine par nature, c'est le propre de la littérature. Il est persuadé que les autres écrivains végètent à cette évidence que la littérature rend réelle les histoires alors que lui il se bat avec sa littérature pour faire croire aux lecteurs que sa littérature est réelle. Qu’importent finalement s’ils ne croient pas à ses histoires tant qu’ils sont convaincus qu’il écrit, même de la mauvaise littérature.

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Publié dans #Diarrhée dollar

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Publié le 11 Décembre 2015

Je me souviens d'une époque, pas si lointaine, durant laquelle je défendais l'idée selon laquelle avec la fatigue mon esprit se révélait parce que la fatigue faisait tomber en premier lieu les scories ainsi que les réactions scriptées de ma pensée. C'était plus qu'une idée, c'était ma théorie, passé un certain seuil de fatigue, ma créativité devenait plus expressive et libre ; j'écrivais des choses en m'imaginant qu'elles avaient la patine de la fulgurance délurée. C'était idiot, ou peut être non. Mais ce soir je suis épuisé et je ne fais preuve d'aucune réactivité, je n'ai qu'une envie, fermer les yeux et passer le générique. Dormir enfin.

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Publié le 10 Décembre 2015

Nous deux en deux cents mots c’est un programme, un peu plus, un peu moins, c’est écrire un paragraphe qui a le goût d’une vie avec des hauts, avec débats, le cœur haut et la voix basse, le souffle court et le cri qui inscrit dans les airs du temps les traits de soi ; nous deux en deux cents mots c’est pus qu’un jeu, c’est une promesse, une terre promise donc une conquête, deux corps en quête de colonies où déposer ses affects et y construire un théâtre pour y jouer nos enfers, nos comédies, à corps perdus nos corps à corps dans un décor d’exaltation ; terre nourricière de nos envies, faisons l’humus où se plongent nos racines puis fissurons nos armures de chair pour laisser parler nos cordes sensibles, à toi, à moi, essayons de vibrer à l’unisson et comme le ciel après l’orage, l’harmonie après la cacophonie, chaos-phonie des âmes qui parlent aux vents rabattus ; nous deux en deux cents mots c’est l’ouragan dans nos forêts primaire, le mariage du feu et de la roche dans les bras des falaises ; nos opposés s’attirent, ils se tournent autour comme les planètes dansent entre-elles, comme les galaxies autour des mondes inconnus ; c’est nous deux qui débordons par delà les deux sangs et les nombres précis de mots, c’est une variation sur la tapisserie car je préfère les points de croix aux points finaux  

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Publié dans #Je est un Blog, #egotrip

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Publié le 9 Décembre 2015

 

Le silence seulement est rompu par les touches mal agencées du clavier.  Et le silence battu par les rugissements  intermittents de la route qui convie des nuées de touristes en travers de la France ; ils accélèrent puis freinent sur le relief ordurier des ralentisseurs que la mairie à eu le mauvais goût d’ériger juste devant la porte de la maison. Et c’est l'angoisse d'écrire qui hurle à son tour, elle crie et s'inscrit dans les mots de l'écriture qu'une histoire ne parvient pas à détourner de la réalité parce qu'il s'agit bien de cela, épurer la narration pour qu'il ne reste plus rien que soi et que la prose s'installe dans le vrai, la vérité et l'évidence de son écriture.

 

Si on se vide de tout, de la romance et des histoires, du fantastique et des fantasmes alors on se met plus que nu, on se met en transparence sur l'échafaud de nos ambitions et sans trembler on se met le feu à soi comme l'incendiaire des barbecues de forêt le mois de juillet ou le mois d'août. Mais pour soi il ne reste aucun bombardier d’eau, pas un seul souffle de l’air non plus et mine de rien on est déjà bleu, asphyxié plus que vidé de tout ce qui en soit pourrait frayer avec le mensonge. Il ne reste alors plus que le corps mou de l'auteur en dehors de sa carapace, la plume flasque sous le soleil de l'été avec ses soucis dans la cage de son thorax. Et ce ne sont pas les bruits de la rue agitée qui vont changer quoi que ce soit, ni la ruralité, ni le fait d'avoir disparu aux yeux des initiés. On est toujours avec talent aux yeux des moins initiés que nous mais on croule toujours sous l'infériorité de ceux qui seront à jamais meilleurs que nous ; il n'ya aucun mat auquel se rattacher pour résister à la tempête de la relativité.

 

D'une phrase à l'autre, d'un paragraphe à un autre, d'un chapitre au suivant on s'en va sans savoir tenir ses vérités pour acquises et c'est dans l'abscons de la fumée que l'on loge l'espoir de sa contenance, on recommence, on y revient, il n'écrit pas pour de vrai. Il n'est pas un auteur à proprement parlé, comme le répliquant n'est pas tout à fait un humain, s'il écrit des mots ce n'est pas sous pavillon littéraire, c'est pour créer les anfractuosités suffisante pour rendre crédible la potentialité de son écriture.

 

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Publié dans #Diarrhée dollar

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Publié le 8 Décembre 2015

A la chienne, à ma chienne, enchaînée, attachée à mon lit, à celle qui ronge mon os, bien profond dans ses babines, bien au chaud dans ses abîmes.

 

Atta-chienne, attachante, à sa chatte je réchauffe la raideur que ma queue qui remue et s’agite dans l’humide de sa chair.

 

A ta chatte, jamais trop humide, jamais trop mouillée, à ta source, je noie mon sexe dans ton sillon de chienne en chaleur.

 

Elle arrose ma chair, elle coule sur moi, ma pisseuse, ma salope, mon délice, ma rivière dorée, je plonge le visage dans le geyser de ta cyprine.  

 

J’enjoins ses formes à me rejoindre, enfreindre la loi en bas de ses reins avant d’aller en  appeler à l’enfer.

 

Elle égraine ses soumissions, elle s’ébroue aux mots traites des messieurs maîtres, les alpinistes d’une folie douce et de grandes ivresses.

 

Et moi ? Spectateur accroupie sous le flot des pulsions, j’ai le périscope par delà la dentelle, sous la peau, je la transperce jusqu’à l’aube de son âme.

 

Comme le fauve aux aguets un soir d’Agapé, je suis félin, le lion, elle est l’arène pour des jeux non chrétiens.

 

Il n’y aura pas de noël, il n’y aura pas de drame, la muse se drape là où le poète se dérobe, un poète travesti qui ne porte plus de robe.

 

Il n’y a jamais rien de vrai à part la nature des ronds qui noircissent nos fins de phrases.

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Publié dans #poésie, #érotisme

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Publié le 7 Décembre 2015

J’avais envie de parler des élections. Je voulais poser ma bouse moi aussi et me faire éditorialiste politique. Oui je le voulais. Ce matin encore dans la voiture je brouillonnais mes phrases, j’assignais à mes analyses des valeurs pamphlétaires et ça sonnait bien. Mas voilà, j’ai commencé à écrire et c’était aussi moche que les analyses politiques du soir et des comptoirs que je conchie. Je ne suis pas militant frontiste, même pas votant et encore moins sympathisant. Je suis donc plutôt déçu du résultat.

Et c’est là que le bas blesse. Je ne suis pas déçu d’un vote démocratique. La démocratie a parlé et je ne peux que respect une expression démocratique. Si je suis déçu ce n’est pas des scores du Front National, ce sont par les scores de la gauche dissipée et dispersé parce que je suis plutôt sympathisant de ce bord. Je suis surtout mal à l’aise devant l’éternel front républicain qu’il faudrait lever contre l’autre front, celui qui se dit national. En appeler à un front républicain pour contrer une idéologie je vois cela comme l’échec d’une pensée démocratique. J’ai la chance d’être dans une région où la gauche se maintiendra au second tour, elle perdra peut-être mais je pourrais voter. Pas voter contre, mais voter pour.

Si vous n’acceptez pas que la démocratie parle les mots du Front National alors proposez moi une révolution, une refonte du système pour éliminer les pensées qu ne vous conviennent pas. Elles ne me conviennent pas plus mais je veux ne pas avoir à voter contre elles, je veux pouvoir voter pour des idées, des valeurs auxquelles je crois. Cessons de cristalliser les consciences sur le Front National, son expression est démocratique, travaillons plutôt a réinsuffler dans notre société un sens de l’idée, de la réflexion, de la valeur et de l’esprit critique. Parce que si je ne veux pas voter contre le Front National je veux pouvoir voter pour des idées qui par leurs essences devraient supplanter celles des frontistes. Je n’ai pas envie de taper sur les sympathisants du front, je méprise et je conchie la plèbe qui se vautre dans la satisfaction de son inculture assez souvent et depuis assez longtemps pour ne pas éprouver le besoin de le faire ce soir pour panser ma conscience.

Non, je veux une réflexion d’avenir, constructive et idéologique. Mais s’il fallait stigmatiser un problème je ne choisirai pas le Front National mais bel et bien la bêtise crasse et la phobie de la réflexion qui innervent notre société.

Merde, je l’avais dis, même après un deuxième jet, même après une nouvelle approche mon édito est aussi con et pathétique que ceux qui m’exaspèrent. Désolé.  

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Publié dans #Réflexion, #Je est un Blog

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Publié le 6 Décembre 2015

Ce soir est un soir d'élection et je regarde cela à la télé comme un soir d’attentat, ou de catastrophe climatique. Je ne fais pas ici une métaphore, je ne fait pas de comparaison entre les scores du front national et une attaque armée ou un tsunami à l'autre bout du monde, non je parle de manière pragmatique, je regarde cela de la même façon. J'écoute les gens réagir sur les médias sociaux, j'écoute les idéologues divaguer à la télé et je regarde les chiffres qui disent tout. Je regarde et une part de moi, portée par une pulsions scoptique apocalyptique, se délecte de la peur, de l'outrage, de ce frissons de fin du monde. C'est éphémère, je ne suis pas dupe et je sais que le monde n'est pas fini, ce n'est là qu'un micro événements, mais dans la loupe de l'instantané ça peut faire illusion. Les gens réagissent comme s'ils découvraient un phénomène nouveau ou inconnu et moi je me délecte, satisfait d'assister à un soubresaut du monde. Oui, j'aime les soubresauts du monde, ça me donne une infime sensation d'assister à un morceau d'histoire essayer de s'écrire sous mes yeux. Demain les écrivains prendront sûrement la plume pour la réécrire, ce soir elle s'écrit toute seule comme d'autres soirs.

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Publié le 5 Décembre 2015

Est-ce qu'il y a une chose plus triste que ses décorations de noël qui infectent nos villes et nos intérieurs comme une mauvaise peste ; ces pustules de LED qui suintent le néons et la lumière sale dès la nuit tombée ? Je trouve qu'il a peu de choses plus tristes que cela. Ces décorations bons marchés déchargées par container entier depuis la Chine et qui s'accrochent aux arbres et aux balustrades me font penser aux cotillons et serpentins que l’on retrouve coller sur le sol un lendemain de fête quand l'aube vient nettoyer d'un trait blafard les illusions de la nuit. Chaque années un peu plus j'ai l'impression que les villes sous Noël deviennent laides. De plus en plus laides d'années en années, de mode lumineuse en mode lumineuse. Je suppose que la décoration de noël devait, devrait, créer du merveilleux, tout au moins en inspirer, mais ce n'est pas le cas, ce n'est plus le cas pour peu qu'un jour ça l'ai été. Et pourtant je suis un amoureux des villes, j'ai l'âme à la campagne et le coeur de goudron à la ville. J'aime les villes nues, les villes dans leur jus. Mais sous le pathos des décorations de bas étages qui pullulent aux fenêtres et aux arbres et au fronton du bon goût je ne vois rien de beau. Les lumières hideuse, trop économes pour être brillantes ne créent rien, elles ne font que révéler un malaise, créer ce mélange de ville et de couleurs interlopes, et tout devient triste, glauque et triste comme le trou du cul d'un canard. Et si cette année je cède à un peu de décor j'aurai le bon goût de ne pas la laisser voir par la fenêtre, je n'irai pas souiller un peu plus ce qu'il reste de nuit noire.

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Publié le 4 Décembre 2015

On a parlé beaucoup après les attentats. Enfin non, nous n’avons pas beaucoup parlé, mais ça a parlé beaucoup après ces attentats, ça a fait du bruit, beaucoup dans le paysage de notre France. Enfin quand je regarde dehors je ne vois que la nature en automne qui jaunie quand le soleil se couche, mais vous avez compris ce que je veux dire ; symboliquement les frontières intellectuelles, idéologiques et sensibles ont bougées en réaction de ces attentats. Il y a eu des impacts sur notre société, peut-être plus qu’en janvier, ça me semble évident, observable, c’est peut-être ça l’état de guerre. Oui mais sur soi, sur moi, que c’est-il passé ? J’a la sensation presque observable que je me suis replié sur moi. Ce n’est pas la peur, je ne suis même pas sûr que ce soi réellement un repli sur moi, c’est plutôt un recentrage. Je me tourne vers moi, je le sens à ma prose, j’écris plus volontiers sur moi, non, ce n’est pas cela, la juste expression c’est que j’écris plus volontiers, et facilement, depuis moi. Je ne suis pas nécessairement dans le narcissisme ou l’égocentrisme, c’est juste que je parle du monde et au monde mais depuis moi là où avant le vendredi 13 novembre j’écrivais depuis ce que je pensais être la raison, le bon sens, les idées justes.

Il est là le glissement de mes frontières intimes, aujourd’hui j’écris je avec plus de facilité et je laisse parler je plus librement quand avant je le cachais derrière une utopie intellectuelle. Regardez, je ne parle que de moi.

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Publié le 3 Décembre 2015

C’est la télé qui fait tout. Ce film ou ce téléfilm qui tourne sur cet écran de télé, peut-être une chambre d’hôtel, peut-être une chambre de motel, une chambre louée par un couple illégitime, ou la chambre louée pour l’heure par un couple de jeunes amoureux qui vivent encore chez leurs parents et qui ont besoin de payer pour un peu d’intimité, comme au japon même s’il est très clair que cette fille aux cheveux clairs qui nue tend son cul à l’objectif de son amant n’a rien d’asiatique. La lumière est chaude, la photo mauvaise, la lumière est basse, sa source est basse, une lumière de chambre d’hôtel dans mon esprit, et cette télévision si mal placée sur la table de nuit qui laisse défiler un film et cette télévision où les deux femmes pourraient être spectatrices de la scène comme nous le sommes et c’est peut-être pour cela qu’elles captent autant mon esprit, bien plus que ce cul large et lisse qui s’offre à la vue et qui attend. Je ne m’imagine pas être l’amant de cette paire de fesses, je m’imagine dans l’écran de télé dans cette photographie et peut-être alors que j’aurai vu qui serai entré dans ce cul offert.

Une fille, une télé et un cul offert

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Publié dans #autofiction, #Divagations diverses, #érotisme

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