Publié le 10 Octobre 2015

Publié dans #pictogramme, #image

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Publié le 9 Octobre 2015

C’est au départ de la rue qu’il attend l’autre. Dans le loin d’un horizon fort peu probable, il regarde les énormes nuages, des masses de gaz se mouvant d’une lenteur implacable. Ceux de ce soir sont roses, irisés de bleu, de mauve et de gris. Il est là depuis de longues minutes, les nuages depuis de longs mois, il a été surpris au départ de voir ces masses peser sur la ville, lui le campagnard, le petit Provincial monté à la ville imposer son don aux sphères arraisonnées. Il trouvait cela menaçant, angoissant, un ciel sous le ciel, des nuages sous les nuages. Il n’est pas installé depuis assez longtemps dans la ville pour ne plus remarquer ces volutes gazeuses gigantesques circonvoler sur la ville. Mais s’il n’a plus peur il reste fasciné, il voit dans ces formes mobiles quelque chose qui ressemble aux circonvolution de la matière grise logée dans nos crânes. Quand il regarde cette pollution maintenant il voit une cervelle, celle de la ville, et il est convaincu qu’elle pense. Que chacune des évolutions des courbes de ces masseuses gazeuses est une pensée, un souvenir ; plusieurs mois que la pollution ne quitte plus le ciel, et si c’était l’émergence d’une conscience ? Entre dieu et eux, un nuage en nuance de microparticules qui se seraient réorganisées de manière à conduire l’impulsion d’une pensée. C’est sûrement la ville qui pense. Il est en sûr et à chaque fois qu’il peut lever le nez à ce ciel il cherche à y percevoir la pensée.

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Publié dans #ébauche, #SF

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Publié le 8 Octobre 2015

J'ai le regard du voyeur et la plume de exhibitionniste.

Le masque et ma plume

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Publié dans #citation, #autofiction

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Publié le 7 Octobre 2015

C’est un homme médium, comme ses meubles en faux bois.

Il n’est plus jeune, mais il refuse de l’admettre.

Il surf, il drague, il geint parfois un peu, secrètement.

Il est souvent assis chez lui.

Avec le chien et la télévision ; les deux toujours répondent à son doigt et à son pied.

La télévision parle dans sa tête, cela le parasite.

Il le sait, mais il se laisse faire ; c’est un docile domestique.

Il ferait le plaisir d’une femme d’intérieur s’il en avait une.

Mais se sait docile et se refuse à une femme ; il estime ainsi le prix de sa liberté.

Pourtant il brade sa liberté pour une télécommande, un chien, une chienne de vie.

Il savoure cela comme le funambule jubile d’avoir trouvé un équilibre.

Devant lui une lame de cutter rouille.

Le temps passe sur lui, devant lui et tout autour de lui.

Il prend son clavier pour résister.

Il construit un mur et quand cela n’est plus suffisant un écran de fumée.

Mais il revient à ses fondements ; le surf, la drague, le porno et Dieu.

Il rallume une cigarette, encore une, de la cendre, encore une.

Il se rappelle ses ancêtres en sirotant son whisky ; sauf qu’il le prend sec.

Dans l’écran noir de son smartphone resté aphone il se voit.

Il déteste cet œil de caïn.

L'autre ? C'est toujours lui !

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Publié dans #ébauche, #écrire, #Lieux communs

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Publié le 6 Octobre 2015

Ode à la douleur de la page blanche qui se déchire comme un hymen.

C’est une ode courte comme un truisme.

Et pourtant je peux pondre des pavés longs comme des troncs d’arbres centenaires.

Mais les troncs centenaires ont les débites pour en faire du papier, des pages blanches.

On attaque donc à la hache l’ombre de ces géants de presque en papier.

Et plus tard, aujourd’hui, ou au demain d’une métaphore, on déchire l’hymen d’une page vierge.

La vierge de demain est une branche d’aujourd’hui et ma bite de demain l’encre d’aujourd’hui.

Immaculée puis maculée, immaculée encore puis maculée toujours.

Essentiel mouvement de l’âme créative maculant les vierges et leurs vestiges vespéraux.

On déchaîne chacun à son rôle tournant la petite réforme cyclonique de nos mots.

Et chacun son tour on se suppose, auteur et poète de ces horreurs qui salissent.

Pages souillées, hommes bourrés à l’encre alcoolique.

La plume qui titube et l’homme éventré qui vomit sa bile névrotique.

Un dépucelage qui se fait sans rime, sans rythme, juste un retour à la ligne contre tes hanches.

Et si tu flanches tu peux toujours te vautrer dans l’opprobre de tes draps de lignes.

Une ode qui se termine sur le visqueux de la queue d’un poisson.

Et une odeur d’anis pour couvrir celle du poison.

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Publié dans #poésie, #Prose

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Publié le 5 Octobre 2015

Par la fenêtre, il regarde les adolescents qui attendent de se rendre en cours à l’arrêt de bus du lycée. Par petits groupes sa sociabilise, sa fume aussi un peu et ça rejoue tous les matins le même petit théâtre nouveau. Lui comme un peu con et embourgeoisé il fait la vaisselle de son petit déjeuner, odeurs remixées de café froid et de propre formaté, bien au chaud dans l’appartement qu’il a pu acheter pendant que les gamins peu frileux se caillent dans la moiteur du matin automnal. Il regarde en contrebas et matte les jeunes filles, les minaudeuses, les mijaurées et cette majorité qui stagne entre les deux. Il regarde au travers de leurs vêtements, il les regarde en dessous de leurs gestuelles, il regarde sous leurs peaux jusqu’à sentir l’odeur de leurs chairs, intime et il se souvient qu’il n’y a pas si longtemps il déflorait une de ces jeunes filles là. Le souvenir affleure, il renaît comme un phœnix oublié. Ce n’était pas une d’ici, pas une de celle-ci, mais une jeune fille générique, identique en tout âge et tout geste, une adolescente amourachée qui lui a laissé prendre sa fleur, transpercer son cœur jusqu’à son hymen. Il les regarde en bas les filles et c’est elle qui voit, nue, partout c’est elle, sa catin, sa déchéance et son exploit. Alors il sait que parmi celles qui rejouent leur pièce de lycéenne lambda il y en a une comme la sienne, une amoureux, une allumeuse, une qui se sait putain et qui s’offre à un homme en âge d’être son père. Il scrute encore, s’insinue dans les manières, la minutie des gestes car il espère qu’elle va se trahir mais la meute médiocre adolescente se lève et disparaît aux ordres de l’horloges. Il ouvre sa fenêtre et balance sa tasse qui vient mourir de porcelaine brisée sur le trottoir. L’humidité poisseuse entre, le ciel pisse, l’eau brûlante dans levier fume et il attendra demain.

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Rédigé par Mémoire de joueur

Publié dans #ébauche, #écrire, #Chronique chaotidienne

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Publié le 4 Octobre 2015

Une approximation couleur d’Anjou.

Il n’y a pas de doute, un ou deux, un enjeu.

Il c’est l’engin, elle c’est le chantier.

Et dans le nez des odeurs d’automne, un automne interne, de l’intérieur.

Il y a de quoi égrainer des points et des graines de courges.

Lui, il compte les pages, petite et grande page et les ballons de baskets orange.

Il faut compter avec le désespoir qui lui, arrive comme un roi dans une salle de balle.

Dantesque de minutie.

Une machine à écrire claque.

Il y a le corps qui s’exhume d’un lointain plaisir, ancien.

Et sous l’arbre héroïque qui recycle la nature des choses,

Une reine dort, s’endort, somnole sous un automne sournois qui lui tombe dessus.

Crash de feuilles mortes et de bouquets séchés.

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Publié dans #Divagations diverses

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Publié le 3 Octobre 2015

Ils sont beaux les gladiateurs. Ils sont beaux, comme endormis dans le sable noir d’obsidienne de l’arène. Ils pourraient presque avoir l’air paisibles, en paix avec leurs rêves. L’arène gronde, elle bouillonne d’une ferveur sourde qui n’attend qu’eux pour exulter. Une dizaine d’hommes et de femmes même pas tous taillés dans la chair dont se délectent les combattant, mais tous là pour jouer leurs vies : mais ils ne le savent pas encore. Certains bougent, ils émergent, la ferveur rugit et descend comme une coulée pyroclastique depuis le haut des gradins et les gladiateurs, hébétés, se prennent la violence de la ferveur. Certains sont galvanisés, la plus part pétrifiés. Un jeune garçon c’est rué vers le pilier de marbre en lévitation le plus proche de lui, avec l’agilité d’un singe il grimpe vers le cube irradiant d’une aura rose. Ils sont enfin tous éveillés, paniqués et submergés par l’adrénaline, je jubile, ça va enfin commencer. Les esclaves tirent les immenses battants de la portes de bois et métal, elle gémit et vomi bientôt une créature immonde. Elle ressemble à un gigantesque porc, une truite parce que de nombreuses mamelles pendent sous elle, une truie gigantesque, sa peau suinte un liquide noir poisseux, un pauvre homme qui a voulu sauter sur elle est engluant contre son flanc et la truie l’écrase contre un mur de l’arène. Sur ce corps de truie titanesque une tête lisse et aveugle comme celle d’un nourrisson beugle d’affreux borborygme.

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Publié dans #Divagations diverses, #écrire, #ébauche, #SF, #jdr

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Publié le 2 Octobre 2015

J'ai cru, non j'ai espéré qu'elle allait se faire tuer à la fin, ou un peu après la fin, ça m'aurai fait plaisir et ça m'aurai fait du bien, ou, à défaut de se faire tuer, se prendre une bonne raclée, à l'ancienne, comme un casse les genoux des mauvais payeur, j'ai espéré un flashback qui nous apprend qu'un autre chômeur, moi, lui, elle, lui aurai cassé la gueule expliquant sa mauvaise prononciation. Mais non, pas grave, tant mieux, l'essentiel c'est que j'ai été impliqué dans ma lecture.

Antagoniste de l’horreur

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Publié dans #recyclage, #ébauche

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Publié le 1 Octobre 2015

Il n’y a pas d’invention derrière lui. C’est un homme du futur. Un homme au présent dans le futur que l’on prédisait il y a quelques dizaines d’années ; la vérité en moins. C’est un homme seul derrière son écran, affairé à inventer des histoires. Il écrit des histoires pour les autres, parce qu’à lui ça ne lui fait plus rien d’écrire, l’invention lui laisse le goût du fade. Entre lui et l’écran, plat à la lumière bleutée, la fumée de sa cigarette électronique essaie de camper encore un futur de pacotille. Mais rien ne prend, son futur, son l’an deux mille quinze n’a le goût de rien, pourtant il consomme tout ce qu’il peut de futuriste, de cybernétique, mais les lunettes de réalités virtuelles ne servent qu’à regarder le même porno que papa, les drones domestiques ne servent qu’à amuser les enfants, dix minutes à peine. Il a l’oreillette greffée à l’oreille, sans fil, il consulte sur sa montre connectée un semble de vie sociale virtuelle, il essaie, il s’y adonne, mais ça n’a le goût de rien, et surtout pas de futur. Que faire ? Il aspire une nouvelle bouffée de cette fumée électronique et se remet à écrire. Dans le lot, dans le nombre de ces saynettes futuristes, parfois rétro futuriste pour tromper la mort, il espère un jour mettre le doigt sur ce qui a poussé le futur à échouer.

Le futur n'aura pas lieu

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Publié dans #écrire, #SF

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