Publié le 7 Avril 2017

La théorie des cordes à la peau du ventre bien tendue. Lorsque ça commence comme cela je sais que l’on se vautrer dans l’erreur poétique et dans les jeux des mots un peu trop faciles qui falsifient la face voilée de la science usurpée de la prose. Je pose ici l’usure des mots sciés ; à droite l’embranchement de la forêt où verdoient des rimes esseulés et la prose langoureuse qui n’a pas perçu la présence métallique de la scie sur sa branche. La frondaison des établissements façonnés par les forces naturelles forge face à moi la frontière bien palpable d’un horizon très blanc. J’aurai besoin d’une arme à feu, d’un fusil ou d’un missile balistique pour maculer la ligne clair de cette oraison horizontale d’une tâche noire en guise de point de fuite.

J’accélère, l’heure tourne, le ventre vide creuse une ride affamée qui me pousse hors de lui vers un hors de moi pour dévorer le hors-d’œuvre. Non mais sérieux ? Hors-d’œuvre, en dehors de l’œuvre j’use et utilise le mot depuis la nuit de mes temps et ce n’est qu’aujourd’hui, qu’à cet instant précis, ce vendredi 07 Avril 2017 que je réalise le sens littéral du terme. Un hors de l’œuvre ? Vais-je donc en faire mon entrée en matière poétique ? J’ai envie de pouvoir dire que je suis un poète hors-d’œuvre.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Prose, #poésie

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Publié le 6 Avril 2017

Il paraîtrait que le vote est un acte si fort que l’on ne peut pas oublier la première fois que l’on a dépucelé une urne dans la chaleur secrète de l’isoloir. Et pourtant lorsque je me penche sur mon souvenir je ne retrouve pas instantanément ce souvenir de ma première fois présidentielle. Je pensais avoir voté pour les présidentielle avant les années 2000 à la sortie de Mitterrand. Mais je me suis résout à calculer pour réaliser que ce n’était pas le cas. Le premier président pour lequel j’ai voté c’était Chirac en 2002 contre papa Le Pen au second tour.

A la sortie de l’adolescence tous les citoyens devraient avoir en tête un goût pour les idéaux et la révolution  et assez de naïveté pour croire la porté de son vote par conviction idéaliste. J’avais le penchant gauchiste mais ma conscience était sous le joug de la raison qui me poussait à croire qu’il fallait se détourner des petits candidats seulement présents pour amuser le grand jeu démocratique. J’avais donc voté Jospin au premier tour. Et si je m’étais sagement rangé derrière le vote utile au second tour, j’avais eu la sensation d’avoir était un bon petit soldat, un bon citoyen qui pouvait maudire les autres citoyens parce qu’ils avaient mal voté. Je m’en excuse j’étais con.

Cinq ans plus tard le tableau était clivant, le bouillant Sarkozy ne recevait pas les faveurs de mes croyances politiques mais face à lui la personnalité clivante de Royal avait tendance à me révulser. J’avais du mal à décider mon vote. Encore une fois c’est la raison qui l’a emporté, encore une fois elle m’a détourné des petits candidats surtout que le première tour de 2002 avait échaudés les plus audacieux des votants. Je votais donc à contre mon instinct qui me faisait fuir Royal et venu le moment de la grande messe des résultats j’étais soulagé que mon vote ai été vain. C’était une posture électorale absurde et paradoxale.

Cinq ans encore après, j’avais le même choix, le même dilemme et le même manque d’appétence pour l’offre électorale. Toujours les mêmes partis, les mêmes joutes, les mêmes désillusions et je n’étais peut-être plus assez jeune pour croire que le vote était porteur d’une solution pour cette société parce que je ne voyais en personne, ni grands ni petits, ni institutionnels ni marginaux, les fermants d’un vrai changement de paradigme de société. Et là encore, la date approchant j’ai dû me résoudre à la violence pour décider mon vote. J’étais parti pour voter blanc, mais j’étais tiraillé par une conscience citoyenne qui rappelait à la surface la culpabilité du gaspillage d’une expression démocratique. Encore une fois, porté par une posture de responsabilité citoyenne je me suis battu contre moi-même pour trouver en moi les ressorts d’un choix politique et j’ai choisi Hollande en décidant ainsi de déclarer ma fidélité le temps d’un mandat.

Et nous voilà cinq ans après. J’ai voté sur ordre pour Chirac. J’ai voté contre mon appétence pour Royal. J’ai voté par devoir pour Hollande. Et maintenant ?

Est-ce qu’il reste dans le monde politique, dans ses mécaniques et ses objectifs quoi que ce soit qui puisse cristalliser mon respect et ma conviction ? Je ne parle même pas des hommes et des femmes qui tiennent le devant de la scène aujourd’hui, mais bien du système dans son ensemble. Est-ce qu’il reste en moi, une once de croyance civique et de docilité citoyenne qui peut me pousser à un vote de raison ? Paradoxalement et regardant en arrière c’est sûrement l’élection présidentielle pour laquelle j’ai eu la décision de mon vote la plus simple ; en formulant une seule phrase au milieu de tant d’autres Hamon a su s’accorder ma voix parce qu’il a formulé avec des mots qui sont presque ceux que j’utilise moi-même une idée sur un sujet qui a tendance à me faire sur-réagir. Mais je n’ai jamais été aussi proche de ne pas voter dans une logique politique mais de voter pour le spectacle.

Depuis que je vote, je me suis toujours forcé à donner une voix dont j’avais essayé de peser et d’impliquer une valeur politique et citoyenne. Et pour quel résultat ? Le monde est ce qu’il est, nos hommes politiques en sont les acteurs mais ni les scénaristes ni les metteurs en scène. Aujourd’hui la société est grotesque, le monde est pathétique, la doxa est pitoyable et mon me demande de voter. Et si enfin je laissé s’exprimer le cynisme et comme un joueur de poker paie la main de son adversaire pour voir, si je voté pour voir ? Oui pour voir le pire, si je votais voir ce qu’il va se passer si je pousse la société qui marche innocemment au bord du gouffre ? Il n’y a plus qu’une chose qui compte actuellement c’est le spectacle, et the show must go on. Peut-être qu’il est temps que j’assume d’appartenir à la génération qui a mit sur un piédestal les showrunners qui écrivent les climax de ces séries aux succès ascendant.

Alors peut-être qu’au lieu d’un vote politique je devrais donner dans le vote spectacle et choisir de mettre en scène un des trois candidats de l’extrême qui promet à la France une saison pleine de rebondissement ; choisir l’extrême Gauche dévoyée, l’extrême Droite pandémique ou l’extrême vide du centre sans tête. Peut-être est-il venu le temps du vote pour la vanne.  

En 2015 c'est Zahia qui posait en Marianne pour Pierre & Gilles

En 2015 c'est Zahia qui posait en Marianne pour Pierre & Gilles

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Je est un autre, #élection, #Réflexion, #Pictogranimation

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Publié le 5 Avril 2017

C’est le grand nettoyage de printemps. Ouvrez ouvrez vos fenêtres, vos yeux, vos têtes et puis vos urnes. Oui c’est le moment de la grande lessive électorale, la belle lessive présidentielle. Onze candidats en arc de cercle pour mieux cerner celui ou celle qui prendra le pouvoir comme le soldat saisi son arme au moment de la guerre.

Sommes nous ou non en guerre et si tel est le cas alors contre qui devrions-nous mener une guerre ? Sera-t-elle électorale ? Pour le moment nous en sommes à la guerre des mots, des idées, des punchlines, la guerre des postures ; supposément une guerre de position. Mais une position ils en tiennent tous une, tous la même, dans la télé en plan américain pour mieux désosser les articulations de leurs pensées.

Mais ont-ils une pensée ? Qu’en pensez-vous ? Qu’en pensons-nous ? Quatre heure et plus de débat télévisuel et déjà je ne retiens plus rien, ils ont donc gagné aux yeux de leurs ambitions ; faire oublier le contenu de leurs paroles mais ils ont perdu aux yeux de l’ordre cosmique parce qu’ils n’ont pas su marquer leur temps de parole du sceau magique de l’écoute et de l’attention.

Je me suis astreint à les écouter, les suivre et les comprendre et je n’ai plus qu’une seule envie c’est de faire la lessive de ma cervelle,  me purifier de ce marasme oral et de renouer mes neurones entre eux pour espérer y refaire circuler mes propres idées à défaut d’idées propres.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #politique, #actualité, #Réflexion

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Publié le 4 Avril 2017

Feuilleter La Redoute en souvenir de son érotisme perdu

«Tu te souviens du temps où La Redoute était le temple de ta masturbation ?»

Monsieur Ray

Feuilleter La Redoute en souvenir de son érotisme perdu

«Tu aurais fais ton bonheur de visage comme ça.»

Monsieur Ray

Feuilleter La Redoute en souvenir de son érotisme perdu

«Tu aurais joui pour un visage comme elle.»

Monsieur Ray

Feuilleter La Redoute en souvenir de son érotisme perdu

«Ce geste de dévoilement aurait hanté tes nuits imaginant voir sous sa robe une petite culotte.»

Monsieur Ray

Feuilleter La Redoute en souvenir de son érotisme perdu

«Mais ton Graal était là. Plus bas vers entrejambe.»

Monsieur Ray

Feuilleter La Redoute en souvenir de son érotisme perdu

«Puissance érotique du bikini et des mots«culotte» et «soutien-gorge».»

Monsieur Ray

Feuilleter La Redoute en souvenir de son érotisme perdu

«Par delà le Graal il y avait le paradis de la femme en sous-vêtements.Une femme enfant pourtant objet de désir.»

Monsieur Ray

Feuilleter La Redoute en souvenir de son érotisme perdu

«Toute la pornographie moderne trouvée sur internet souligne l'érotisme élégant presque juvénile de ces femmes là.»

Monsieur Ray

Feuilleter La Redoute en souvenir de son érotisme perdu

«C'est mon souvenir qui remonte presque à l'enfance qui donne à cet ensemble Playtex un sens juvénile. J'ai la nostalgie interlope.»

Monsieur Ray

Feuilleter La Redoute en souvenir de son érotisme perdu

«J'ai eu joui pour chacune d'elles comme si elle avait était mon amante ou ma petite amie.»

Monsieur Ray

Feuilleter La Redoute en souvenir de son érotisme perdu

«C'est ainsi que j'ai appris le corps des femmes, le goût de l'image et le sens du voyeurisme qui cherche le «vrai» au delà du papier glacé.»

Monsieur Ray

Feuilleter La Redoute en souvenir de son érotisme perdu

«J'ai fondé mon lexique érotique dans ce genre de pages. Je suis old school.»

Monsieur Ray

Feuilleter La Redoute en souvenir de son érotisme perdu

«Il fallait réinventer le réel en jouissant de ces femmes offertes à mes désirs nouveaux.»

Monsieur Ray

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #érotisme, #Pictogranimation, #nostalgie, #Je est un autre, #Art, #Concept

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Publié le 3 Avril 2017

Voilà le point de départ. J’ai posé devant moi les outils. Il un couteau dont la lame replié sur le manche et dont je me délecte du claquement sec et un peu gras lorsque le ressort déploie la lame dans un mouvement de cinéma. Il la ma tasse à café vide qui m’a laissé ce goût d’y revenir ; je regarde dans le fond de la tasse et je n’y vois qu’un avenir que je ne sais pas lire. Il ya le porte-monnaie de cuir qui commence enfin à porter la patine du temps ; il contient les quelques pièces qui me feront tenir jusqu’à la fin du mois. C’était il y a déjà trois jours la fin du mois ? Alors je vais devoir tenir avec ce pool de pièce jusqu’au revenu du RSA. Il y a la facture que j’ai outragé d’un dessin de fille nue au marqueur pour faire semblant de m’en moquer et ne supposer que ce n’est que du papier. Il y a les pièces cuivrées qui se cumulent sur le bureau parce qu’elles sont belles, propres et que même elles ne peuvent pas combler les manques de la fin du début du mois. Il y a les lamelles de papier, celles qui couvrent les zones autocollantes des enveloppes que je garnis des objets que je vends et que je renvois par internet. Dans mon dos le soleil tourne et rempli enfin la pièce de manière directe. Il y a encore tant de chose qui jalonnent le bureau de mon quotidien et que je vais devoir ranger parce que je suis sûr que parmi eux il y a les freins et les entraves.

La chronique d'un bureau de l'instant

La chronique d'un bureau de l'instant

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Chronique chaotidienne, #Pictogranimation

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Publié le 2 Avril 2017

Dans combien d’avatars tu vas disparaître ? Oui c’est vrai ça, il y a combien d’itérations de toi qui errent  sur la toile et qui te servent de points de fuites pour difracter ta personnalité ? Je ne sais pas combien vous-êtes dans votre fausse danse, des dizaines de toi ? Des centaines de toi ? Ou seulement trois ou quatre toi ? Mais même si vous n’êtes que trois ou bien  quatre alors c’est déjà beaucoup trop.

Vous n’êtes pas des clones qui sont capables de démultiplier ton pouvoir ou ton  talent. Vous n’êtes que des ombres hantées qui allument des feux et creusent des fossés comme les barricades de la communes. Ils se lancent comme des mercenaires et se battent pour conquérir une clairière où tu viens à leur suite pour déposer ton camp.

Mais dès lors que tu installes ta présence incognito dans cette terre meuble et que tu plantes tes racines vagabondes dans ce sol neuf tu commences à le polluer. C’est un fait, tu prospères vite, tu grandi dans une forte jouissance et plus tu es haut et plus tu puisses dans le sol qu’une itération  à terrassé pour toi.

Et puis que tu as épuisé ce sol, tu te refuses à achever l’itération qui était venue en éclaireur, tu n’arrives pas à la tuer, tu essaies même de la sauver mais le temps fil, la terre est devenue pauvre et tu finis par repartir sur les terres investies par une énièmes itérations.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Chronique chaotidienne

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Publié le 1 Avril 2017

Vous êtes là vous aussi ?

Moi je suis là, sur le canapé, devant la télé, sous le ciel gris d’un samedi pluvieux du mois d’avril.

J’suis trop vieux pour ces conneries de poisson.

Vous trouvez cela vraiment triste ? Parce que je n’arrive pas à me trouver triste ni à me trouver vieux si je ne tombe plus  dans le poisson. Et pourtant ça serai faux de vous dire que je suis adulte, sérieux et vieux. Mais même si je me dérobe à tous ces adjectifs qualificatifs je ne parviens pas à m’émouvoir du poisson, de l’ambiance et du spectacle d’avril.

Suis-je sinistre ?

Cynique ?

Dépressif ?

Non. Mais il pleut, dans trois semaines nous allons mettre à mort la démocratie dans un vote qui sonnera comme l’acte final d’une campagne grotesque. C’est sinistre, comme un présage cynique et une marque ostentatoire de dépression sur la société.

Mais je suis là, je blogue, j’attends dimanche et j’espère le soleil ou l’accalmie pour pouvoir m’adonner  à la chine des vide-greniers.

Je suis impatient d’être à demain.

Et d’ailleurs je m’impatiente que le soleil tombe enfin. Les vrais savent ma hantise de ce changement d’heure d’été, je suis un papillon mais un de la nuit.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Je est un autre

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Publié le 31 Mars 2017

Le trente et le un et un train rouge qui rogne sur les marges. C’est tout ? Oui et non, ce n’est pas tout, mais ce n’est rien, c’est juste ça, juste rien, c’est toujours l’art de sculpter les bordures des cadres et des roches.

Tout le canapé est un piège sans nom. Les crocs dans le dos plantés comme la mort des rats qui ont croqué la pomme. Une dizaine de ligne pour le vent qui préparent la tempête à venir et moi je suis là, le rebord du monde qui croule sous le poids de mon propre cul.

C’est le quatre, un cadet et une livre de soucis mise en paquet, un fagot, ou une chose dans le genre. Et si cela ne représente rien c’est que c’est une peinture abstraite ; une œuvre d’un  art contemporain. Et moi je suis l’auteur, le peintre. Ne l’oubli pas tu es l’artiste. Oui de l’art.

Des morceaux de ficelle, du fiel, du miel, fumeroles qui distribuent aux coins des rues des tractes anarchistes. Et en ce jour d’aube électoral quoi de plus logique ? Quoi de plus normal que d’assister à la débâcle qui précède la débauche ?  L’auteur devrait toujours signer.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Je est un autre

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Publié le 30 Mars 2017

Il y a cinq ans j’ai beaucoup hésité avant de donner mon vote. Lorsque j’ai fini par me décider j’ai voté pour François Hollande. Et dès lors qu’il a été élu, je me suis efforcé d’assumer mon choix durant les cinq années de son mandat. Cela ne signifie pas que j’ai toujours été en accord avec les choix du président mais en tant que citoyen je me suis senti le devoir d’assumer mon choix et de ne pas abandonner le président que j’avais aidé à élire. C’est un choix auquel je me suis tenu plus par souci d’honnêteté intellectuelle mais ainsi en parti par conviction politique vis-à-vis de ce qu’a pu être un jour l’idéologie socialiste, donc une forme d’honnêteté et de fidélité. C’est ma manière de donner du sens à mon vote, même si cette vision est très subjective. La posture d’électeur devrait être un rôle que l’on n’endosse pas seulement le jour de l’élection, il me semble faussé de croire que le citoyen retire son habit d’électeur à la sortie de l’urne.

Et vu le mandat de François Hollande vous conviendrez qu’assumer mon vote jusqu’à la fin n’a pas toujours été une chose facile.

Hier lorsque Manuel Valls a officialisé qu’il voterait pour Emmanuel Marcon j’ai eu un choc, enfin plutôt un coup de colère. En électeur de François Hollande j’ai aussi soutenu la politique de Manuel Valls, je suis même allé jusqu’à lui trouver certaines qualités, comme un sens de l’abnégation lucide. Et même si j’avais été déçu de sa prestation à la primaire, ne trouvant pas sa place, je continuais de voir en lui un homme politique honorable. Le voir ainsi trahir son parti et sa parole pour des arguments auxquels je ne souscris pas m’a mit en colère parce que ça m’a renvoyé à ma position d’électeur.

En tant que simple électeur il m’aurait été facile de tourner ma veste à la sortie de l’urne ou au premier sondage médiocre pour le président, j’aurai pu renier mon vote et faire crouler les critiques autour des décisions présidentielles mais je ne l’ai pas fait parce qu’il me paraissait comme la moindre des décences citoyennes que d’assumer mon vote. Or je ne suis qu’un simple citoyen, sans carte ni portée politique, je ne suis qu’un homme avec quelques idées et convictions mais je ne suis pas une figure politique. Et ce que je m’applique comme la moindre des preuves de décences et d’honnêteté intellectuelle je n’en attends pas moins de la part des hommes qui sont censés incarner de vraies figures politiques.

C’est à ce titre que je vois la volte-face politique de Manuel Valls comme la plus pathétique et grotesque illustration de la vanité des hommes politiques qui briguent et se partagent le pouvoir. C’est un geste détestable et inadmissible à mes yeux. Et qu’il soit commis en faveur d’un candidat pour qui je n’ai aucune sympathie n’entre pas en ligne de compte. C’est sur le principe que je trouve le geste déshonorant. Déshonorant pour l’homme, et méprisant pour les militants et les citoyens qui croient aux idées du parti que Manuel Valls trahi.

Au mieux c’est la peur (du Front National) qui pousse cet homme à renier ses convictions mais comment pourrions avoir de l’estime et assez de confiance pour engager un vote vis-à-vis d’un homme dont les convictions s’écroulent lorsqu’il a peur. L’échiquier national et international est anxiogène monsieur Valls, si la peur vous ébranle il est peut-être temps de se retirer de la politique. Au pire cette trahison ne cache rien d’autre qu’une trahison basse et médiocre motivée par un espoir de trône et si tel est le cas je n’ai pas envie d’user de mes mots pour qualifier la manœuvre.

En soi, l’homme Manuel Valls est tout à fait libre de voter pour qui bon lui semble. Mais s’il voulait jouir librement de son droit de vote citoyen il lui fallait quitter le parti et ne pas participer à la primaire et ne pas s’engager à soutenir le candidat élu par ce parti. Bref il aurait pu faire comme Emmanuel Macron, refuser la règle du jeu avant de s’y engager et jouer selon ses propres règles. S’il avait fait cela j’aurai peut-être été déçu mais je n’aurai eu ni colère ni rancœur. Mais s’aligner à une élection, signer la règle du jeu pour ensuite la bafouer je trouve ça détestable. Ces hommes politiques qui font travail de leur paroles mais qui ne sont pas capable de la respecter j’ai de moins en moins de compassion pour eux.

Et viendra un jour ou malheureusement je n’aurai plus le goût à assister à ce spectacle idiot.

La trahison de Manuel Valls

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Je est un autre, #politique, #Réflexion

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Publié le 29 Mars 2017

Il m’arrive parfois d’utiliser mon téléphone et la saisie vocale de Google pour noter mes idées et faire des brouillons facilement et rapidement. Ce n’est pas idéal pour écrire, en revanche je trouve que cette formule est une bonne façon de retranscrire à la volée le bouillonnement de mon esprit à un moment donné. Jusqu’à présent je suis plutôt bluffé par la qualité du service. Aujourd’hui j’étais dans les bouchons, j’avais les fenêtres ouvertes et la radio parlait fort lorsque j’ai voulu utiliser la technique pour ébaucher un article. Et je me suis rendu compte que dans ces circonstances l’application ne captait qu’un sens très relatif de ce que je voulais dire. J’avais beau faire des efforts, prendre soin de bien articuler, parler fort et même crier, rien n’y faisait.

Je voulais dire : Il y a cinq ans j’ai beaucoup hésité avant de donner mon vote. Je vous laisse avec les nombreuses approximations interprétées par la saisie vocale parce que j’ai trouvé ça très amusant.

Il y a 5 ans j'ai beaucoup les idées agréablement votre il y a 5 ans j'ai beaucoup hésité avant d'arriver mon votre il y a beaucoup hésité avant il y a 5 ans et j'habite hésité avant de donner mon Mathias en congé beaucoup hésité avant de donner mon pote il y a 5 ans il y a 5 ans j'ai beaucoup c'est super abandonné mon votre il y a 5 ans épuisé il y a 50 ans et beaucoup plaisir avant de donner mon vol il y a Kiabi il y a 5 ans j'ai beaucoup hésité à donnez-nous votre il y a 5 ans j'ai beaucoup aimé ikea donnez-nous votre il y a 5 ans j'ai beaucoup hésité donner mon boss

La saisie vocale de mon téléphone Android

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #écrire, #Chronique chaotidienne, #Dialogue de sourd

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