Publié le 19 Septembre 2017

Elle est descendue fauchée dans la rue, les mains le long du corps parce qu’elle n’a prit de veste. Elle porte encore une robe malgré le vent et les feuilles mortes. Elle refuse la venue de l’automne et puis les robes et les jambes nues sans collant c’est plus économique en lessive, en efforts et en achats. De toutes façon de l’argent elle n’en a pas, peu, presque plus. Alors elle déambule en tant que pauvre dans les rues sans visages ni passants. Avec sa robe légère que le vent froisse et malmène on pourrait la prendre pour une aguicheuse qui dévoile plus de peau que de raison aux gens dans la rue. Sauf qu’en cette saison et qu’à cette heure de la journée les rues sont vides ; la plus part des personnes son au travail ou à l’école, alors que les pauvres, les ruinés et les désargentés tuent le temps chez eux en ce shootant avec leur surdose de télé. On ne croise plus que des retraités qui ne s’intéressent plus à sa peau et à sa chair de poule et quelques lycéens qui se rangent chez eux par grappe qui ne l’intéresse plus. Sans un sous elle se demande ce qu’elle fait là. La ville n’appartient plus aux pauvres lorsque le ciel se couvre. Elle échappe aux oisifs ainsi qu’à ceux qui fuient la monnaie comme une peste brune. Les bras ballants mais les poings serrés elle se balade seule comme une feuille roussie tombée de l’arbre puis ballotée par le vent. Dans sa paume droite, au creux de son poing serré il y a quelques pièces de centimes qu’elle a dérobés à la tirelire de sa fille. Elle n’est pas fière et se sent vaine de solder ainsi les trésors accumulés par sa gamine mais elle a l’impression de détenir la clef d’une échappatoire comme les écus abandonnés à Sharon le passeur des âmes. Elle perçoit les battements dans son cœur au fond de ses poings serrés comme s’il y avait là bas une forge pour frapper de névrose les pièces de métal maudit par la monnaie. Elle se dit cela quand une rafale de vent vient renverser sa coiffure dans un chaos idiot et balayer la résurgence de ses superstitions. Elle entre alors dans une boulangerie et dépense d’une seule somme son butin contre l’éphémère plaisir d’une religieuse.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #ébauche, #écrire, #argent

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Publié le 18 Septembre 2017

Elle porte une jupe pourpre, plissé, qui lui tombe au dessus du genou. Ses jambes portent des collants opaques noire. De là où je suis je ne vois pas ses chaussures. Sur son dos son sac qu'elle porte comme une étudiante et une veste en jean délavé comme une jeune femme des années 80. Elle a les cheveux châtain ondulés, ou plutôt gaufrés qui lui tombe au milieu du dos là où l'on remarque ses pointes blondes. Bien sûr elle a le nez, qu'elle a admirablement retroussé, dans son portable parce que nous sommes en 2017 et au coin de la rue elle attend. Elle se tient là indifférente à l'agitation de la rue, absorbée par son téléphone, indifférente à l'aura qu'elle dégage dans cette posture anodine et grandement érotique. Le monde tourne autour d'elle, l'érotisme tourne autour d'elle, d'autres regards que le mien s'attachent à son image et pourtant elle est indifférente à tout cela et c'est cette distance induite par son absence qui la rend si singulière.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Chronique chaotidienne

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Publié le 17 Septembre 2017

Cela fait presque un mois que je n’ai pas rédigé d’article sur ma bibliothèque chinée. Il est temps de remédier à cela avec les ouvrages chinés le week-end du 16 - 17 septembre. Et je commence avec Alcools de Guillaume Apollinaire, un livre que j’ai déjà chiné deux fois et que j’ai repris une troisième fois parce que je ne résiste pas à un livre de poésie et parce que je me dis que je pourrais l’offrir ou l’échanger à d’autres amateurs de poésie. Je sais que cela peut sembler curieux de racheter plusieurs fois le même ouvrage mais pourtant le plaisir est toujours le même lorsque je repère un livre de poésie et cela sans en faire la collection comme avec Les fleurs du mal. Parce que si je recherche les exemplaires des Fleurs du mal pour les collectionner, les autres ouvrages que je peux avoir en double c’est pour le partage.

Sans transition j’ai trouvé un roman qui s’inscrit dans l’univers du jeu de rôle Les Royaumes Oubliés. Comme vous le savez j’aime et recherche les items liés au jeu de rôle alors forcément j’ai craqué pour ce livre. Sur la couverture il est indiqué que Le Rapt est un roman-labyrinthe en 9 épisodes. Cela signifie que la saga dans son ensemble fonctionne un peu comme un livre dont vous êtes le héros ; sauf que dans ce cas, on commence par ce premier épisode et ensuite en choisissant le second roman de la saga que l’on va lire on opte pour différentes histoires. C’est une saga en neuf tomes et je n’ai malheureusement que le premier pour le moment.

Ensuite j’ai découvert la petite bande dessinée La guerre du retour contre attaque de Thierry Vivien. C’est un recueil de petits sketchs parodiques en quelques cases qui détournent, se moquent et rendent hommage à l’univers de Star Wars. Et c’est ainsi aussi que j’ai découvert le Yodablog le blog tenu par Thierry Vivien où il continu de dessiner et partager son goût de la parodie des étoiles. Chouette découverte.

Je continu avec de petites choses, deux petites choses, deux petits livres avec des petites nouvelles. Un recueil de Ray Bradbury qui contient huit nouvelles dont Celui qui attend qui donne son titre au livre. Je suis de plus en plus bercé par le goût des nouvelles et par le SF de Bradbury, alors tant que je peux en lire je ne vais pas m’en priver. Le second recueil c’est Les autres dieux de H.P Lovecraft, un recueil de huit nouvelles rédigées entre 1917 et 1924 ; que rajouter à part de le redire, c’est H.P Lovecraft !

Et pour finir j’ai trouvé un livre de Haruki Murakami l’auteur japonais de l’excellente trilogie 1Q84. Je possède justement déjà la trilogie 1q84 et j’ai eu la chance de mettre la main sur L’incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage, le dernier roman de Haruki Murakami a avoir été traduit en français. J’ai hâte de trouver le temps de me plonger dans cette lecture. Et pour cette petite pile d’ouvrages divers et varié je n’ai dépensé que 5 euros.

Ma cheminée est rouge et je ne suis pas sûr que cette information soit intéressante pas plus que le prix total dépensé pour ma bibliothèque qui est de 92 euros
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Rédigé par Mémoire de joueur

Publié dans #chinersabibliothèque, #SF, #poésie, #livre, #videgrenier, #vide grenier

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Publié le 16 Septembre 2017

Il y a longtemps qu’une journée n’a pas ressemblée à cela.

Dehors je laisse l’été et ses indiens sécher le linge suspendu au-dessus du sol bien plus sec que le linge. A l’intérieur de la télévision il y a le Montpellier Handball qui affronte une équipe de Macédoine en ligue des champions et Michaël Guigou continu de briller sur le terrain alors que plane sur lui l’ombre d’un dinosaure. Ce matin je me suis réveillé avant le soleil, les étoiles étaient belles et la lune n’offrait qu’un mince croissant. Dans ce froid dont je suppose qu’il fait fuir les indiens de l’été je suis parti chiner, comme souvent le week-end. Une fois, deux fois, trois fois, quatre fois et même cinq fois je suis descendu arpenter les rues, les places et les stades à la recherche de trouvailles diverses et variée. Je suis rentré à temps pour sortir le linge, passer à table et dans un dernier geste noble de paresseux aller faire la sieste.

Il y a longtemps qu’une journée n’a pas ressemblée à cela.

Je suis sorti de la sieste pour retrouver le goût du café et trier, nettoyer, photographier et ranger les babioles récoltées ce matin tout en regardant une partie de tout le sport téléviser qu’offre les chaînes le week-end. Foot, tennis, formule un, handball, je m’en délecte et j’en profite autant comme berceuse que comme madeleine. Je pourrais me pousser jusqu’à la douche, je pourrais donner dans le balais, le jardinage, le repassage et faire briller mes talents d’homme d’intérieur mais je préfère me refaire un café et regarder encore une mi-temps et puis l’autre et puis l’autre sport jusqu’à ce soir, jusqu’à demain et jusqu’au prochain vide-grenier.

J’avais oublié le plaisir de ne rien faire.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Chronique chaotidienne

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Publié le 15 Septembre 2017

A l’heure où le ciel se fige comme le vol des étourneaux sur le câble électrique je regarde par-dessus l’épaule du temps et j’envisage l’hier comme un drap de coton qui conserve au matin la chaleur de la nuit. Au temps des nus dérobés du coin l’œil à un instant d’intime qui fracture la surface du monde et à la lueur des nostalgies évanescentes que recouvre le sable des plages des légendes j’abandonne ces quelques mots.

Il y a la vie, il y a la mort et bien sûr persiste toujours le terreau fertile issu de la décomposition. Mon crâne est un contenant idéal pour servir de composteur ; ma cervelle directement au composteur, au fond du jardin où les souvenirs, la nostalgie et les épluchures de pulsions s’entassent et se décomposent au grès de l’immuable effet du temps.

C’est ça le sable. C’est cela le souvenir.

Plonger les mains dans de la matière en décomposition. S’y enfoncer jusqu’au coude, au cou ; y disparaitre comme tout le reste jusqu’à retrouver sa forme fœtale pour l’exhumer et accoucher à nouveau.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Divagations diverses, #Prose

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Publié le 14 Septembre 2017

Au collège je n’étais pas un enfant sportif et encore moins un enfant social. De ce fait j’ai bien connu l’enfer des cours de sports lorsque le professeur décidait de nous faire participer à un sport « collectif ». Et en particulier je connais trop bien ce moment gênant où le professeur désigne parmi les élèves les plus volontaires deux capitaines qui à leurs tours doivent choisir les coéquipiers avec qui ils feront équipe. En toute logique ils commencent par choisir leurs amis par affinité naturelle, ensuite ils choisissent les élèves les plus compétant vis-à-vis du sport en question, dans un troisième temps ils prennent avec eux les élèves dont ils se souviennent le prénom et dans un dernier temps, le temps le plus gênant, ils finissent par choisir les incompétents, les asociaux, ceux dont on ignore le prénom et moi. Lorsque l’on est celui choisi par défaut, s’il nous reste un peu de dignité nous rejoignons son équipe la tête basse et si l’on manque de dignité on remercie la personne de nous avoir désigné feignant d’ignorer qu’il n’avait pas d’autre choix.

Pourquoi est-ce que je parle de cela ? Parce que cette situation très malaisante c’est celle que vient de connaître Paris 2024 avec sa désignation comme ville organisatrice des jeux olympiques de 2024. Depuis l’époque où je vivais les cours de sport comme des épreuves désagréables je ne suis pas devenu sportif en revanche je suis devenu grand amateur de spectacles sportifs, un vrai supporter. Alors ne doutez pas mon attachement aux jeux olympiques et aux grandes compétitions sportives. Pourtant je n’ai que du mépris et du dédain pour Paris 2024. Les jeux olympiques nous aurions dû les avoir avant et donc les remporter plus tôt. Mais nous avons été battus encore et encore par des villes et des pays ayant plus de vices à coup sûr et peut-être même plus d’envies de rapporter les JO en  leurs terres.

La première défaite, la plus cinglante, la plus injuste, la plus cruelle parce que notre victoire était la plus plausiblement légitime contre Londres aurait nécessité que l’on réagisse avec dignité et justement une grande force d’indignation. Mais au lieu de cela nous avons courbé l’échine et nous avons présenté notre candidature à de nouveaux jeux olympiques que nous avons encore perdus. Habité à se présenter pour perdre nous nous sommes alignés été comme hiver jusqu’à finir seul candidat aux jeux de 2024. Alors forcément, à se présenter seul, il devenait probable que l’on gagne, comme il était logique que je sois choisi pour un match de handball lorsque j’étais le dernier élève planté comme un plot sur le terrain à attendre ma désignation.

Très bien nous avons remporté des jeux olympiques, par défaut, à l’usure, des jeux au rabais pour une candidature au rabais. Et dans ce pays où la culture sportive se résume à supporter de temps à autres son équipe nationale du sport le plus médiatique on trouve qu’il y a de quoi se réjouir de remporter les jeux sans avoir d’adversité. Mais personnellement je ne parviens pas à me réjouir de cela ; personnellement je me souviendrais que l’on a perdu les jeux plus de fois que nous les avons remporté. Et cette décision du CIO de nous accorder les jeux olympiques alors que toutes les autres villes s’étaient désistées ne compense et ne compensera pas de ne pas nous avoir désigné comme ville hôte lorsque nous le méritions.

Peut-être que d’ici cinq ou six sans j’aurai ravalé mon amertume et je parviendrais à me réjouir que la perspective olympique s’écrive à Paris. Mais pour le moment laissez moi ruminer.

Paris 2024 la perspective de mon amertume

Paris 2024 la perspective de mon amertume

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Sport, #Réflexion

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Publié le 13 Septembre 2017

Du peintre, du musicien, du chorégraphe, de l’écrivain, de l’artiste d’art contemporain, du photographe et de tous les créatifs issus de toutes les sous-catégories que l’on peut dénombrées parmi les niches où se logent les personnes qui s’adonnent à une forme de création je me demande régulièrement qui est le plus libre. Je parle ici d’une liberté dont l’expérience se manifeste au sein de la forme d’expression choisie et non d’une liberté vis-à-vis de l’establishment ou de la société. Et si je me pose cette question c’est que j’ai l’intuition que la voie de l’écriture est une des formes les plus contraignantes parmi celles évoquées.

J’ai conscience que cette perception est très largement faussée du fait que l’écriture est la forme d’expression que je pratique le plus et avec le plus de sérieux et qu’à se titre j’ai certainement bien plus conscience des limites et des contraintes alors qu’à l’inverse je peux facilement fantasmer sur d’autres formes de création. Pourtant je continu de penser que le musicien, le peintre ou le chorégraphe peuvent être plus libres dans leurs gestes créatifs. Il n’y a pas là de jugement de valeur, et surtout pas un regard péjoratif ou négatif sur telle ou telle forme. C’est simplement une manière d’exprimer mon impression qui est qu’à la base du geste créatif, le peintre, le chorégraphe, le musicien peuvent plus facilement que l’écrivain s’adonner à une pratique instinctive. J’ai la sensation que je n’ai pas cette liberté de me mettre devant une feuille et d’aligner des mots comme ça, juste des mots en libertés simplement agencés par une pulsion invisible.

Je sais que c’est idiot de penser cela.

Je sais que je ferai bien de me taire.

Oui je le sais, ce n’est pas beau la jalousie.

C’est encore pire quand la jalousie se fonde sur des préjugés et des idées fausses.

Mais pourtant je vous jalouse.

Et lorsque je m’escrime à poser des mots en vrac, dans un vrac apparent seulement ordonné par un fil invisible c’est contre vous que je le fais.

Contre les peintres et la couleur.

Contre les danseurs et le mouvement.

Contre les musiciens et le son.

Pourquoi cette impression de devoir se coltiner le sens ?

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Réflexion, #écrire

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Publié le 12 Septembre 2017

Donnez moi l’occasion d’acheter des choses et faites de moi le tout petit pilier d’un pont qui enjambe je ne sais quel gouffre pour réunir toutes les rives disparates de lambeaux de terres eux aussi disparates afin de former une nation. Et si les morceaux de terres, fractions disséminées par le hasard et le chaos du déterminisme social et culturel qui fractionne les hommes en lambeaux de société disparates, désignent en réalité des pièces éparses du puzzle sociétale jadis reversé mais jamais réellement reconstitué et si ce pont qui multiplie ses piles et ses tabliers jusqu’à devenir une toile d’araignée alors donnez moi l’occasion d’être un de ces insectes prétentieux mais inconscient qui est venu se prendre et se perdre sur les brins poisseux de cette toile d’union arbitraire. Mais c’est cela le prix d’une nation, c’est ainsi la vertu d’une société qui tente de tisser en vain un semblant de tissu ; réunifier le patchwork dans le geste simple et désespéré d’en faire une couverture mais de prétendre surtout que cette couverture est belle. Comme si le patchwork pouvait un jour revenir à la mode. Ne me donnez pas l’argent, ne me donnez pas de pièces, ne me donnez pas de sous, même pas les petits et garder à l’esprit que c’est le peuple le généreux, celui qui vient se vider les poches, les bourses et la panse à dépenser l’argent acquis pour faire pont, pour faire ouvrage d’art, pour faire ouvrage urbain dans le geste de la consommation. Il est bien urbain le peuple, ça oui, même quand il ne l’est pas ; et il est bien riche le peuple à engraisser l’engeance qui le menace de vide, du vide de ne plus pouvoir dépenser l’argent qu’il emprunt à s’acheter du sens à sa vie et à s’acheter du sens commun par pack de douze comme pour la bière, les tampons et le yaourt industriel. Toujours bien prendre le temps de dépecer le peuple comme l’araignée démembre les insectes avant d’injecter en eux le poison larvaire qui s’ils ne sont pas mort leur portera le poison de l’illusion de leur libre arbitre alors qu’en vérité le dit poison larvaire aura depuis bien longtemps disséqué leur cerveau, liquéfié les neurones pour mieux tirer les ficelles de ces pantins sans culotte qui marchent aux portes d’une révolution permanente comme une page de pub qui décapite le film du dimanche soir.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #révolution, #Réflexion, #Je est un autre

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Publié le 11 Septembre 2017

Je vois passer, assez souvent maintenant, des personnes qui se lancent dans des défis d’écritures. Et pas genre le défis d’écrire une ligne ou une page sans faire de fautes d’orthographe, d’accord ou de ponctuation mais des défis de production, sur la durée, sur des mois et parfois des mois qui forment une année. Ce sont des défis de contenu, pas de courses ou de concours les uns contre les autres, mais des défis que les personnes réalisent contre eux-mêmes à moins que ce soit pour eux-mêmes.  Il est alors question pour ces personnages lettrés et littéraires de se mettre au défi d’une nouvelle par semaine, d’un marathon d’écriture ou de se confronter au regard inquisiteur du compteur de signes quotidiens. Et très sincèrement j’admire ces personnes ; d’une part parce que j’admire les personnes qui écrivent, d’autres part parce que j’admire les personnes qui écrivent sans faire de fautes, et puis surtout parce que j’admire les personnes qui savent s’imposer des contraintes d’écritures.

En plus de huit ans la seule que j’ai su m’imposer c’est de venir ici au moins une fois par jour pour déposer quelques mots. C’était mon défi à moi, celui de l’astreinte à la présence, mais je n’ai jamais soumis cette contrainte quotidienne à une exigence de qualité et officiellement pas non plus à une exigence de quantité même si officieusement je vise à presque toujours dépasser les deux cents mots. Pourquoi deux cents ? Je ne sais pas trop, je crois qu’un jour il y a des années de cela j’avais entendu un autre blogueur me dire que pour que Google s’intéresse à mon contenu, il fallait publier quotidiennement (ce que je faisais) mais il fallait publier plus de 200 mots. C’était peut-être 200 signes, c’était peut-être qu’une connerie ou qu’une légende numérique, mais cela m’avait paru assez crédible pour que je respecte quasiment quotidiennement cette échéance numéraire.

Mais poster 200 mots sans queue ni tête, sans histoire ni vérité, sans qualité ni style, sans début ni fin, ce n’est pas méritant et ce n’est même plus formateur au sens de l’abnégation qui me parait nécessaire à l’écriture. Alors parfois je me dis que je pourrais m’astreindre à mon tour de nouvelles contraintes qui viendraient s’ajouter à celle de publier quotidiennement. Or il n’est pas possible de publier une nouvelle par jour, sauf à être un génie, un robot ou un ordinateur, bref sauf à être une chose que je ne suis pas. Mais à défaut de réussir à rédiger une nouvelle par jour, par semaine ou par mois, je me dis que je pourrais peut-être me confronter à plus facile et à beaucoup plus difficile en même temps : me lancer le défi d’ébaucher un pitch par jour.

Pendant une durée qui resterait à définir je pourrais me pousser à trouver une idée de nouvelle ou de roman par jour et évidemment partager ces idées quotidiennes sur la toile. Bien sûr que je pourrais le faire, je pourrais même le faire avec de mauvaises idées, et je pourrais même le faire si personne le sait ni ne le lit. La seule chose qui pourrait me retenir de le faire, c’est qu’avoir une idée, trouver une idée, construire une idée, inventer une idée c’est certainement pour moi la part la plus difficile de l’écriture. Une fois que j’en tiens une, travailler la matière, écrire, réécrire, re écrire, modeler, étoffer, élaguer, et creuser une idée pour en tirer ce qui me semble le plus intéressant ou à défaut le plus stimulant pour moi c’est plutôt facile. Mais avoir une idée, oser avoir une idée ça me parait toujours très difficile.

Et en même temps, si se confronter à ce défi pourrait être intéressant pour moi c’est justement parce que ça me permettrait de me confronter à ce qui me semble le plus compliqué dans l’écriture : avoir une idée. Alors je ne sais pas si je vais me lancer, ni quand je vais me lancer, mais je songe à cela très sérieusement depuis quelques temps. Je crois que la seule chose qui me manque vraiment c’est de décider d’une bonne date de commencement et de bien définir la durée du défi.

Il n’y a plus qu’à.

Les images qui peuvent illustrer ce genre de propos sont d'une banalité sans nom

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #écrire, #érotisme, #Nouvelles

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Publié le 10 Septembre 2017

Ce dimanche, comme souvent le dimanche c’est un jour de brocante, de vide-grenier, un dimanche pour se lever tôt et cela même si je m’étais couché tard après une bonne partie de jeu de rôle qui s’est terminée au-delà de trois heures du matin. Comme souvent le dimanche le goût de la chine et le plaisir de partir à la pêche à l’inconnu je me suis levé et je suis parti fouiller les stands. Mais tout cela vous le savez, je le sais, et il n’y a pas de quoi en faire article.

Les articles de vide-grenier sur ce blog sont limités aux ouvrages chinés et d’ailleurs ça fait assez longtemps que je n’en ai pas acheté. Ce matin j’ai fait de belles prises, des jeux vidéo, des Lego, des figurines, tout ce que j’aime collecter et tout ce que je vais prendre plaisir à exposer et chroniquer sur mon autre blog. Là bas, de l’autre côté de mon miroir numérique, sur le blog Mémoire de joueur, j’aime entrer dans ces détails, détailler mes achats et mes trouvailles ; c’est agréable parce que c’est logique, c’est à la bonne place. Et pourtant chroniquer des achats c’est exactement ce que je ne voulais pas faire avant parce que avant je pensais faire de la matière de blog avec des achats c’était tout à la fois honteux et peu glorieux parce que dans le fond mon personnage / blogueur / auteur sur ce blog là bas milite contre la consommation et au fond de lui comme au fond de moi j’ai toujours envie de me dresser contre une société qui prône la consommation comme le sens d’une vie. Mais avec les vide-greniers et avec les boutiques pour pauvres et radins j’ai trouvé de la matière pour acheter et chroniquer ces achats.

Je ne vous cache pas que je ne sais pas du tout ce que je pensais écrire en me lançant dans cet article, ni où j’ai envie d’aller. Oui, ça me revient, je voulais parler de mon envie de changer la bannière du blog Mémoire de joueur et je voudrais aussi changer le titre, pour assumer et revendiquer un peu plus encore ma part de chineur et de consommateur des interstices sans renier ma volonté de rédiger des choses plus littéraires et plus réfléchies.

J’ai mis du temps à choisir le titre de ce blog mais très vite je crois que je m’en suis lassé où que je m’y suis plus reconnu et l’envie d’en modifier le titre perdure depuis quasiment les débuts. L’esthétique et la bannière, le fronton de mon blog en d’autres termes, je voudrais parvenir à créer quelque chose qui soit dans l’esprit de mon esprit. Mais si les envies sont là, si les idées aussi sont là, le passage à l’acte qui fige la prolifération des idées reste pour moi l’étape la plus difficile. Pour ce blog ici, c’est moins important parce que ce blog est l’anti-chambre de quelque chose, l’enfer ou le paradis, et puis je sais que personne ou presque ne passe ici. Mais mon autre blog où j’écris mes chroniques de vide-grenier, mes critiques de films et de jeux vidéo, c’est le blog qui est visité et c’est celui dont je suis fier même si je n’y poste pas assez souvent. J’en suis fier parce qu’il est née avec un but, une ambition, une utopie, celle de faire de cet espace le lieu d’expression et de formation de ma pensée critique autour de cette culture qui est entre autre la culture de ma génération. Et comme l’ambition me tient à cœur je voudrais lui donner un lieu à la hauteur.

Alors peut-être que ce soir je vais encore essayer de bidouiller une esthétique pour ce blog. Ou alors je vais me reposer. Ou regarder la télé.

Cet article n’a pas de fin.

Queue de poisson.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Divagations diverses, #Je est un Blog

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