Publié le 14 Août 2016

Cette nuit sera la nuit du 100 mètres olympique ; le temps du sacre médiatique d’un dieu choisi parmi les sprinteurs venus du monde entier se défier sur une longueur de stade. La tradition est ainsi, fidèle à elle-même depuis bien longtemps. Hier c’était donc le jour des qualifications de ce 100 mètres olympique et j’ai manqué de temps pour chroniquer mon indignation devant ce qui me semble une nouveauté. Mais l’indignation ne retombe avec les jours qui se tournent, je prends donc le temps de poser ici, l’irrévérence

En effet hier j’ai découverts qu’avant les séries du 100 mètres qui allaient décider des coureurs qualifiés pour les demi-finales il y avait trois séries préliminaires. Pourquoi des séries préliminaires ? Pour aligner et faire courir les sprinteurs les plus exotiques, ceux qui possèdent le moins d’expériences et les références chronométriques les plus basses, quand ces coureurs là en possèdent, car il y a plus d’un de ces sprinteurs qui ne possèdent pas encore de référence chronométrique sur piste. Ces séries préliminaires étaient donc là pour désigner les coureurs qui seraient admis à concourir pour les qualifications. Et je trouve cela révoltant.

En d’autres termes, ces séries préliminaires incarnent la deuxième division du sprint mondiale, une seconde division qui n’a pas lieu d’être et qui n’existe que lors de ces jeux olympiques de Rio. Il faut savoir que les nations présentes dans ces séries préliminaires, petits pays exotiques dont les athlètes ne sont pas de véritables spécialistes du sprint ont été invités par le Comité International Olympique. Elles ne s’imposent pas et on ne peut pas leur reprocher de venir pourrir les qualifications de l’épreuve reine. Avant ces jeux, lors des séries, pour le premier tour on nous offrait des séries composées d’une tête de série, sprinteur leader, quelques hommes de valeur, et quelques athlètes invités qui venaient participer aux Jeux Olympiques et pas à une course de second rang. Ainsi un sprinteur samoan légèrement en surpoids pouvait courir un jour contre une légende du sprint, un champion, voir Usain Bolt. Bien sûr personne n’était dupe de qui allait l’emporter mais cette mixitée illustrait pour moi ce qui pouvait être l’esprit olympique.

Bien sûr je sais que de l’esprit olympique il ne reste rien, cet esprit olympique que j’invoque est une peau de chagrin élimée que l’on dresse en étendard en espérant cacher des jeux olympiques qui coûtent des milliards, médiatisés, professionnalisés et qui visent à la rentabilité. Pourtant j’arrivais à croire à ces instants d’olympisme quand les neufs hommes s’alignaient sur la ligne de départ. Durant ces quelques secondes, chaque homme, chaque nation, chaque athlète était présenté sur le même pied que sont concurrents et durant ces quelques secondes là qui précédaient la course l’olympisme pouvait donner l’impression de jauger les hommes de façon égalitaire.

Créer des séries préliminaires pour faire courir entre eux des pays exotiques que la plus part des gens ne peuvent pas situer sur une cartes que l’on invité pour se donner une caution étique et moral c’est pour moi un outrage violent à l’olympisme comme à l’humanisme. Inviter des athlètes pour les faire courir dans une course de seconde zone, même si celle-ci peut donner accès à la véritable course, ressemble à mes yeux à un diner de con. Et si je vais un peu plus loin dans la révolte de mon ressenti, j’ai la sensation que ces séries préliminaires sont comme une attraction de foire ; venez voir les athlètes exotiques ! Venez voir nos nègres ! Dans mon esprit les échos se ressemblent et mon indignation bouillonne.

Et si nous visons à une forme d’équité sportive, si je considère cette série préliminaire comme une course normale, alors elle est profondément injuste et inégalitaire. Imaginons un sprinteur malgache venu disputer les jeux olympiques, innocemment, honnêtement et sincèrement. S’il vise à se qualifier pour la finale olympique du 100 mètres il devra gagner sa série préliminaire, puis gagner sa série de qualification, et ensuite gagner sa demi-finale, donc participer à trois courses pour atteindre le graal d’une finale. Ensuite imaginons un sprinteur jamaïcain, s’il ambitionne de se qualifier pour la finale il doit gagner sa série de qualification, puis sa demi-finale, donc deux courses avant la finale. Deux courses pour un sprinteur reconnu, trois courses pour un sprinteur non reconnu ; ce n’est pas pour moi la meilleure illustration de la justice et de l’égalité. Et cela souligne bien que les membres du CIO n’imaginent pas qu’un sprinteur qui va courir une série préliminaire puisse décemment concourir véritablement. C’est pour cela que les séries préliminaires me jettent au visage une condescendance détestable.

Bien sûr le principe des têtes de séries qui possèdent un parcourt aménagé existe dans d’autres sports et d’autres disciplines et cela ne me révolte pas. Alors pourquoi devenir si outrancier pour un changement sur le 100 mètres ? Parce que cette discipline à des prétentions égalitaires, elle est un symbole d’un olympisme où chacun peut venir participer. Une telle révolte parce que le 100 mètres offrait jusqu’à présent une vision qui respectait cette ambition olympique qui permettait de faire de cette discipline un moment iconique du sport.  

Un changement d’accord, mais un changement pourquoi ? La seule raison plausible qui vient à mon esprit en colère c’est que c’est un changement pour faciliter la vie des sprinteurs, d’un sprinteur en particulier qui remplit les stades et qui le VRP mondiale de l’athlétisme, Usain Bolt. Je n’ai aucune preuve, aucun savoir, aucune certitude sur ce sujet, c’est ici que ma théorie maudite nourrit par la colère. Mais nous avons déjà laissé faire quand contenter la prétention de ce sprinteur les organisateurs ont modifiés la tradition du programme. Et là nous assistons à une nouvelle évolution qui me semble desservir l’esprit de l’athlétisme au profit d’une plus grande rentabilité médiatique.

Riche de cette colère, cette nuit je me lèverai pour regarder la demi-finale et la finale du 100 mètres en espérant comme à chaque course que l’incertitude triomphe.

Ma chronique olympique

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Sport, #Réflexion, #jeux olympique

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Publié le 13 Août 2016

Ma chronique olympique c'est comme ma chronique de voyage, un journal de voyage dans un pays lointain et abstrait, voyage en olympie, pas à Olympie mais dans cette olympie de télévision, de stades modernes et histoires intemporelles. Je voyage long en moi, en eux, j'entre dans un tunnel où l'espace et le temps saute de quatre années en quatre années, j'y vais et comme en voyage je m'y perds de vu, je m'y perds de temps mais je prends en égoïste toute l'émotion que je peux voler puis mémoriser dans mon paysage intime. J'y vais avec une telle intensité que j'en oubli de dormir, j'y brûle plus d'énergie qu'il en faut pour consumer la flamme olympique. Nuit blanche et regard rougie, exulter beaucoup et pour un peu d'empathie vivre mon rêve olympique idiot. J'avais oublié, j'avais même pensé être vacciné, dépassé par le temps des émotions sportives. Mais non, mon ADN palpite bel et bien.

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Publié le 12 Août 2016

Faut-il encore que je m’astreigne à écrire sur les jeux olympique tant mes chroniques olympiques sont médiocres ? J’ai un doute pourtant je persiste parce qu’à chaque journée de ces derniers jeux olympiques je pars loin ; un voyage en arrière dans le temps de mes souvenirs, un voyage intérieur dans l’ADN de mes souvenirs familiaux, un voyage en émotion parce que je suis un homme au cœur de pierre qui pourtant s’émeut par la dramaturgie olympique. Oui, et puis je persiste aussi parce que je me suppose fidèle à des obsessions archaïques et ces jeux de Rio sont ma pierre d’un Sisyphe athlétique qui pousse sa charge minérale dans un stade antique.

Et puis si je dois m’arrêter d’écrire sur les jeux olympiques je le ferai seulement après avoir écris sur Michael Phelps parce que si le champion était déjà grand avant ces jeux, à Rio il était sa légende de héros immortel, immémorial et infini. On peut compter ses médailles d’or, ses titres olympiques, compter sur les doigts de sa main le nombre de jeux olympiques auxquels il a participé et rajouter quatre années entre chaque doigt pour réaliser l’envergure de ce héros. Cette nuit ce n’est pas cinq mais quatre doigts que Michael Phelps montrait, il ne comptait pas ses participations aux jeux olympiques mais il affichait le nombre de titres olympiques consécutifs qu’il a remporté sur le 200 mètres quatre nages. Cet homme possède le palmarès d’un héros, car s’il a gagné 22 médailles d’or il en a remporté 13 dans des épreuves individuelles dépassant ainsi l’athlète antique Léonidas de Rhodes qui avait rapporté 12 titres durant les jeux antiques environs deux cents ans avant le début de notre ère. Battre un héros antique devenu demi dieu, il n’en fallait pas moins pour un tel héros moderne.

Et Si Phelps est beau, s’il est grand, si chaque nuit je m’émeus pour lui alors que j’avais été moins porté par son exploit à Londres c’est parce que Michael Phelps est entré dans son crépuscule. Comme tous les héros il a connu la gloire, il est descendu de son piédestal allant jusqu’à goûter aux enfers après avoir décidé de mettre fin à sa carrière et comme tous les héros il est revenu de son enfer personnel et de nouveau il gagne, il souffre et il gagne et moi au petit matin lorsque je vois ce champion éprouvé par l’effort, les yeux mouillés sur le podium moi aussi je mouille les miens. Il a su revenir et gagner en champion crépusculaire aux sensations humaines, douleur, souffrance, épreuves et l’émotion de la victoire comme au premier jour.

Et si la plus part des champions crépusculaires finissent leurs carrières avant d’entrer dans une nouvelle vie, Michael Phelps va terminer la sienne pour entrer dans la légende ; une légende universelle, celle des athlètes qui transcende leur condition et leur sport pour s’incarner dans la culture populaire infinie et immortelle. Et je pourrais écrire des pages et des pages sans parvenir à instaurer une langue qui soit à la hauteur de sa légende ; comme tous les petits journalistes je ne fais que paraphraser une langue universelle qui nous dépasse tous. Mais j’avais envie que ma prose même médiocre puisse prendre le temps de rendre hommage à cette légende qui s’écrit. C’est un modèle pour tous les auteurs qui rêvent je n’en doute pas de rédiger eux aussi des légendes ; un jour peut-être j’aurai la verve pour esquisser un héros moderne qui connaisse l’état de grâce mais avant cela je roule en boule dans cette émotion qui me monte lorsque Michael Phelps plonge dans l’eau.

Michael Phelps 2014

Michael Phelps 2014

Micheal Phelps 2016

Micheal Phelps 2016

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Sport, #Sidération, #Jeux olympiques

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Publié le 11 Août 2016

La fin n’est pas la vieillesse, et si la fin est belle c’est qu’elle est crépusculaire ; les êtres rougeoient dans l’immense intensité de ces derniers instants avant que le soleil ne bascule entièrement de l’autre côté de l’horizon. Durant ces jeux olympiques de Rio j’ai la sensation que l’équipe de France est crépusculaire ; il n’y a pas un jour, un sport, une interview durant lequel un athlète emblématique ou grand de son abnégation déclare après sa défaite ou sa victoire la fin de sa carrière sportive. Durant un instant ils rougeoient discrètement avant de basculer de l’autre côté de l’horizon sans sport comme aujourd’hui Fred Bousquet dont le sourire après son élimination brûle rouge comme un dernier soleil ; j’en ai de la nostalgie plein les yeux. Non pas que je sois supporter de l’homme ni même amateur du personnage, pourtant son émotion me remplie, je suis une piscine olympique de l’émotion des autres ; pourquoi les sportifs ? Je ne m’étais pas posé la question avant cette ligne, mais je crois qu’il y a dans le sport et dans l’écriture un trait commun finalement assez évident : l’abnégation. Étant porté par une forme de cette abnégation solitaire et douloureuse, je crois que je m’émeus avec eux par complicité implicité de l’expérience de cette douleur digne génératrice d’émotion comme le soleil qui se couche, comme la lune qui se lève – jamais comme un soleil qui se lève moment qui cristallise toute ma détestation –.

Quoi qu’il en soit, foutre bien bas le décompte des médailles, chaque jour l’équipe de France devrait décompter ses retraites, merveilleux ou maudis, nous devrions les compter, un à une, et rendre hommage à ce qu’ils ont investis de leurs vies pour qu’une poignée de fan et de téléspectateurs puisse se délecter de leurs crépuscules sportifs. Escrime, judo, natation, aviron, et certainement d’autres que j’oubli et puis ceux que j’ignore, notre délégation française n’est pas venue gagner des médailles, elle est venu tirer sa révérence ; une révérence diffractée, diluée dossard par dossard. Moi, le cœur éponge de la transcendance inutile qu’opèrent les acteurs volontaire de l’abnégation sportive je distille quelques gorge serrées et quelques regards humides quand j’apprends qu’untel ou untelle tir sa révérence sportive.

Mais où se trouvent les perles de demain ? Qui sont les petites génies et les petites géniales qui feront vibrer nos âmes de supporter en 2024 ?

 

Chronique de jeux olympiques

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #jeux olympiques, #Sport

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Publié le 10 Août 2016

La glorieuse incertitude du sport, la beauté athlétique des corps dans l’effort, le dépassement de soi, la fraternité des athlètes dans l’épreuve, le défi  inutile que l’on poursuit sous les projecteurs olympique, on peut dérouler beaucoup de rubans d’arrivée pour encenser l’intérêt des jeux olympiques. Mais c’est sans compter une belle dramaturgie, des petites histoires intimes qui virent au drame laid pour des Hamelet en maillot de bain.  

Je regarde les sports aussi pour cela ; voyeurisme minuscule ou perversion postmoderne ? Je ne sais pas, mais j’aime quand l’émotion vient déchirer le voile propret du consensus du sport télévisé. Hier ce sont nos nageurs français qui ont donné dans la tragédie des interviews sortis d’eau et la tirade de conférence de presse. Est-ce que Yannick Agnel a été trahi par sa fédération, a-t-il trahi les siens ? Pourrons-nous un jour  apprendre le fin mot de l’histoire ? J’en doute, qu’importe, parce que si le sport transcende l’émotion au travers d’expériences sportives réelles porteuse de romanesque et d’affecte, l’émotion surgit parfois hors champs, hors piscine, hors cadre. Yannick Agnel une sorte d’ange olympique de la précédente olympiade semble couler puis se faire voler sa dernière courses par une fédération décidant dans l’obscure d’une nuit de panique qui décide de ne plus l’aligner plombant ainsi la fin de carrière du nageur et les chances de qualification de ses compagnons de relais.

C’est minuscule et je suppose que ça n’affecte personne en dehors du monde de la natation, et pourtant cette émotion écrite et décrite comme un épisode de série télé elle me transporte comme celle des victoires et des défaites.

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Sport, #jeux olympiques, #Réflexion

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Publié le 9 Août 2016

Je ne peux m’empêcher d’éprouver de la beauté devant les femmes qui se battent ; et je parle ici du sens premier du terme. Il se dégage beaucoup de beauté dans les sports qui opposent des femmes dans un combat, hier c’était le sabre en escrime et le judo. La combativité elle s’exprime partout je l’entends bien, dans tous les sports, et dans tous les compartiments de la vie quotidienne qu’il faut continuellement conquérir ou reconquérir mais là n’est pas mon émotion. Le combat masculin nous y sommes habitués, comme une réalité visible autant que comme lieu commun de notre regarde sur la société. Mais le combat féminin est sur un mode d’expression généralement plus discret.

Je ne suis pas ici en train de poursuivre un discourt sur une corde féministe ou sociétale, ici il n’est question pour moi rien que de la beauté des femmes qui combattent ; et si je trouve ça si beau c’est qu’il est tellement rare de le voir ainsi illustré. Pour peu qu’il y ait une française en lice avec les jeux olympique c’est en prime time que l’on peut voir cela, judo ou sabre hier, ni haine ni violence mais une extraordinaire expression de détermination. C’est quelque chose qui me renverse et m’hypnotise totalement, qu’importe la nationalité, qu’importe le résultat, ça se passe quand elles montent sur le tatami ou sur la piste, c’est un langage corporel qui ne laisse aucune place aux doutes. Les sports de combat codifient à merveille l’expression de cette combativité que j’ai envie de croire exemplaire ; ça rend la chose visible, lisible, renversante ; et qu’importe l’enjeu, le début puis la fin, la victoire ou la défaite, la baston est là, confrontation de soi à soi, c'est-à-dire de elles à elles, donner des coups et puis en prendre, des coups de sabre, parade riposte, des prises de kumi-katas et en commun ce moment de tension extrême avant que l’action ne se déclenche, ces moments de tension extrême où la volonté de combat semble palpable.

Je trouve ça tellement beau, juste ça, juste beau ; déterminée.

Je laisse le reste à la société, la politique, à l’émotion ou encore à l’affecte de chacun. Ce que je garde c’est le combat, la puissance d’une volonté, l’intensité des corps, la maîtrise technique qui permet et qui codifie l’expression de cette beauté qui jailli lorsque des femmes se battent ; merci à Automne Pavia, Manon Brunet, Kaori Matsumoto et à toutes les autres pour les combats livrés hier.

Chronique de jeux olympiques
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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Jeux Olympique, #Sport

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Publié le 8 Août 2016

Cette nuit un peu avant une heure du matin je me suis levé pour regarder le premier match du tournoi olympique de handball ; France Tunisie, petite musique connue. Début du match est j’entends la voix lourde, calme et posée de Jérôme Fernandez. Retrouver Jérôme Fernandez en commentateur et non sur le terrain ça me fait bizarre, il parle bien, sa voix enveloppe mon handball de supporter d’une douceur nostalgique parce que cette voix sonne comme la fin d'une époque dorée. J’ai des souvenirs des Barjots, 92, Barcelone, j’ai quelques échos lointains du titre mondial de la génération des pioniers de 1996 mais je suis réellement rentré dans le handball en 2001.

Il y a quinze ans étaient déjà présents dans cette équipe de France championne du monde Thierry Omyere bien sûr, Daniel Narcisse aussi, mais surtout Jérôme Fernandez. Pourquoi surtout ? Difficile à expliquer, il était joueur de Montpellier, il était jeune et pensait sur les matchs mais plus que cela je crois que ce qui a fait entrer Jérôme Fernandez dans mon imaginaire c’est une séquence à la mi-temps découverte à posteriori dans un reportage sur les coulisses du titre. Lors du quart de final contre l’Égypte Fernandez est auteur d’une très mauvaise première période et durant la mi-temps, dans les vestiaires, on assiste au discours de Daniel Costantini qui remobilise son joueur avec des mots forts et simples. Fernandez est revenu en second période et il s’est montré décisif. Pour moi c’est ce moment là le moment clef qui a fait entrer Jérôme Fernandez dans mon minuscule panthéon personnel des sportifs qui comptent et pèsent sur mon affect. Durant toute sa carrière son engagement et sa présence sur l’équipe de France a toujours était remarquable, capitaine et buteur emblématique il était pour moi le pilier de cette génération folle. Et si ce n’est pas la première fois qu’il n’est pas appelé en sélection, c’est la première fois qu’il est hors-champ, comme on dirait hors-jeu, et que je l’entends commenter.

Entendre cette voix me provoque une nostalgie irrémédiable ; même si Narcisse et Omeyer sont toujours sur le terrain, la mise hors du jeu de façon définitive de Jérôme marque pour moi la fin d’une époque. Je ne suis pas passéiste, je trouve dans la nouvelle génération des raisons de me passionner, je ne me sens pas réactionnaire et je ne suis pas non plus celui qui dit que c’était mieux avant ; je suis seulement un supporter fidèle qui conserve pour celui qui a un jour enflammé mon émotion une émotion encore intacte. C’est comme lever le nez au ciel les nuits étoilés et éprouver cette émotion où se mêle beauté et tristesse lorsque l’on contemple et que l’on s’émerveille devant l’éclat brillant d’une étoile dont on sait qu’elle a disparue depuis des millénaires. Au travers de la voix de Jérôme Fernandez je contemple toutes les émotions merveilleuses que cette équipe et cette génération m’a offerte mais je suis aussi que cette génération n’est plus.

Il y a des sports et des sportifs dont la retraite ne m’affecte pas ; et puis parfois il y a des sports et des sportifs dont la fin d’un cycle m’émeu. Sûrement parce que je regarde en eux comme je regarde un ciel d’étoile, même si j’en ignore la mécanique précise j’en perçois l’ampleur que ça a sur une vie, la leur, la puissance de la passion et du labeur et que je sens vaciller cette flamme qui a un dernier éclat avant que le sportif ne passe à autre chose. Je ne suis pas sûr que ce soi anodin d’assister à cela ; j’ai la sensation que l’on sous estime la violence de la situation ; cette nuit si je me suis re levé à quatre heure du matin c’était pour cela, pour assister à derniers moments d’incandescences de quelques champions. Et cette olympiade est le théâtre de nombreuses carrières sportives de haut niveau qui s’arrête, surtout chez nos nageurs et nageuses françaises. C’est beau et c’est triste, c’est beau parce que c’est triste, c’est beau comme la voix de Jérôme Fernandez qui commente le match de ses amis et coéquipiers. Et tandis que nos nageurs décident de tourner une page, la légende Micheal Phelps est revenu briller au firmament parce que s’arrêter était trop violent, trop difficile pour lui. Cette nuit j’ai vibré, c’est ce que je voulais, j’ai versé quelques larmes et j’en étais heureux.  

Chronique de jeux olympiques
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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Sport, #Rio2016, #handball

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Publié le 6 Août 2016

Noir décoloré

Colère de couleur noire

Nègre chromé

Intègre de noir

Dénommé de couleur nègre

Tombe la neige en négatif

Un noir dégommé d’un coup sec

Couleur de la colère

La noire rue

Ta terre battue à mort, dans le noir

Il mort la poussière avec un goût de charbon

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Divagations diverses, #retard, #poésie

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Publié le 6 Août 2016

Je me demande s’il y a relation plus hypocrite et arbitraire que la relation  que l’on entretient avec ses éléphants. Donner l’impression de s’intéresser à leurs petites vies étroites de lémuriens de province, puis s’appliquer à ne pas répliquer trop fort quand ils évoquent leurs lieux communs réactionnaires infusés par l’herbe télévisuelle et le papier des journaux qui sonnent comme du Télérama. Et même au contraire faire des efforts pour se montrer géant, sortir les rames pour trouver des sujets de muraille roturière stimulantes en évacuant leurs répliques de iceberg au graillon gauchistes refoulés qui se refusent à la glaciation par convictions populaire mais qui se refusent au graillon parce que la rigueur suave des gens de sièges vermoulus est séduisante. Et pourquoi est-ce que l’on fait cela et que l’on pose sur ses armoiries humanistes un mouchoir consensuel ? Pour s’octroyer le droit de solliciter le fondement de leur koala, papier kraft et four à pain contre un peu de dérive continentale.

Je trouve ça curieux, et sûrement aussi un peu ras de l’eau. Si un lapin décide de donner à une chanson cajun ce qu’elle veut briller pour la baiser il est le dernier des salauds. Mais si la même chanson cajun demande au même lapin de donner dans la dérive continentale  avec ses éléphants, aller dans leur sens et leurs donner ce qu’ils veulent entendre il passe pour un héros.

Fichtre ! Tout cela parce que les demoiselles n’assument pas de déplaire à papa et qu’elle veut faire comme maman ? Mon cul oui ! Et le tient aussi bien sûr ! Hummm.

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Fable, #Divagations diverses

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Publié le 5 Août 2016

Nous voilà à l’orée des jeux olympiques de Rio 2016. J’ai le cœur d’un supporter de sports olympiques, je suis issu d’une famille qui vibrait ensemble devant les JO, c’était notre liant et c’est toujours notre histoire ; 1992 jeux olympiques de Barcelone, les Barjots en handball et la victoire sur 100m de Linford Christie tout est parti de là. Et depuis toutes ces années chaque olympiade m’émeut. Tous les quatre ans je dépose une couche de souvenirs au pied des annaux olympique. Pourtant cette année j’ai vu venir Rio avec l’indifférence blasée de ceux qui ne vibrent plus ; est-ce les trop nombreuses affaires d’escroqueries, de dopages, de politique business ont réussi à ébranler ma corde sensible ? C’est possible.

Mais voilà deux jours que je commence à m’émouvoir de nouveau pour la venue des jeux olympique, je me sens impatient à l’idée que ça commence. Ce n’est peut-être que de la fidélité à mes émotions archaïques ou la magie des JO qui opère encore ; qu’importe je vibre et je m’impatiente à l’idée de voir s’écrire une nouvelle page olympique avec ses drames, ses tragédies, la grandeur de ses champions et la déchéance de ses idoles, et parfois l’inverse. Plus que quelques heures et Rio enflammera sa vasque olympique et j’aurai le cœur serré.  

Linford Christie à l'arrivée du 100 mètres des jeux de Barcelone en 1992

Linford Christie à l'arrivée du 100 mètres des jeux de Barcelone en 1992

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Rédigé par Monsieur C

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