Publié le 8 Janvier 2017

Noir mots – cent morts dans la tombe et des paquets d’octets – sang plus gore et une île mort –couper dieu en deux ; un demi dieu et l’autre moitié qui attend suspendu dans la chambre froide – creuse la glace du glacier – creuse encore – en corps congelés – carrément des cubes – noirs – pixels noirs – pixels morts – le génocide qui ne gêne personne – confusion maladresse – je suis le confiseur de la mélasse – grande mort et drame – le décompte toujours pour qui sonne un glas – et le froid qui saisi et le feu charbonneux comme le regarde la mort – et un miroir imbécile – pathos dans la merde – piètre prière – les vagues sur les rochers et les rochers derrière le crâne – l’écume au bord de rage – imbécile insoumis – insoumission qui dit adieu, ni dieu, ni maître, ni la moitié – pas plus qu’un quart – ni qu’un bus sans frein qui déroule une langue goudronnée comme un fou baiser ; jusqu’à la faim au fond des yeux et la gorge soif – explosion – plus grand rien – pas grand rien – pas chose à la rame dans le fleuve cahoteux des remous et remous qu’il se faut de remettre à demain l’enfer et sa porte et la fenêtre sur laquelle souffle le loup – l’art ouvert comme un fruit trop vieux qui n’a pas eu le goût de murir – et puis rien

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Divagations diverses

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Publié le 7 Janvier 2017

cas je me pose souvent une question qui me semble assez similaire et qui se demande grosso modo comment un univers med-fan pourrait évoluer jusqu'à un stade de développement qui pourrait ressembler à notre stade de développement actuel.

Parce que finalement, la civilisation humain à mit assez peu de temps à évoluer depuis les prémisses de sa culture jusqu’à la forme que nous lui connaissons. Si nous prenons comme point de « départ » arbitraire la fin de la préhistoire alors il nous aura fallu un peu plus de 5000 grosses années pour parvenir à une humanité comme nous la fréquentons actuellement. Sans préjuger de la qualité de ce stade de développement de la race humaine, j’ai la sensation que ce fut rapide. Or dans les univers med-fan j'ai toujours la désagréable impression que le temps et le monde son figé dans un présent éternel. Il y a des chronologies, des guerres, des destructions et des naissances d’empires bien sûr mais pourtant j’ai toujours la sensation d’être dans un monde à la dynamique sociale / culturel / technologique / mythique assez plate. Je ne dis pas que c’est le cas dans tous les jeux, et justement Warhammer est porté par une dynamique souterraine assez puissante qui pousse la société à évoluer, mais trop nombreux sont les jeux qui semblent camper dans un temps qui me paraît plus long que celui qu’il a fallu à la race humaine terrienne pour évoluer.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #jdr, #jeux de rôle, #retard, #recyclage

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Publié le 6 Janvier 2017

[...]

Assis devant sa bière, sur une banquette en retrait du bar, il vit ce moment où sa tête écrase son torse qui écrase son cœur qui écrase son âme qui explose dans sa tête qui s’écrase et brise son crâne sous le poids de la vacuité d’une pensée, celle de son existence. Que reste t il de cela ? Des mots pas mieux, ni pires, que ceux qu’il écrivait lorsqu’il était adolescent dans des fichiers Word qu’il imprimait pour les mettre dans les boîtes aux lettres des voisins et anonymes qui peuplaient son paysage périurbain parce qu’il avait besoin de supposer que ses mots, ceux qui découlaient de ses maux, pouvaient faire réagir les autres parce que lui, il ne réagissait pas. Et aujourd’hui, mille ans après qu’est ce qu’y a changé ? Rien. Sauf le décor, la ville, le bar, la cigarette à sa bouche mais derrière l’apparat il est le même petit puceau perdu, plume adolescente et vide intérieur intemporel.

Et alors ?

C’est bien ce qu’il se demande.

L’adolescent qu’il était est un mort-vivant qui s’extirpe de son passé, marche dans son imaginaire et surgit par ses doigts jaunis, sa gorge étroite, son bide vide et gras comme un cimetière profané et dans l’ombre du ciel présent. Il ronge ses ongles, ils ont un goût de mort sucré et de foutre séché, il perd mes cheveux, il bande mou devant les gamines venues tromper leurs heures de cours au café et il laisse dépérir le flot et la fougue de ce qui a été l’ambition de son écriture.

Laissez-moi me taire, je creuse, hurle t-il dans le silence de son crâne.

Oui, il creuse, il creuse et sa tombe se creuse.

Il évite de regarder son reflet dans le miroir d’hier, d’aujourd’hui et de demain, qui décor le fond du bar parce qu’il a peur de s’y voir plus pathétique qu’il suppose de l’être. Il regarde les autres, la page blanche où la cendre tombe, le cendrier qu’il rate, les cafés vide et il hurle dans sa tête ; s’il vous plait réfléchissez moi.

[...]

 

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Diarrhée dollar

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Publié le 5 Janvier 2017

Peut-on faire entre dix ans d’amitié dans un seul et même album photo. Dans l’absolu la réponse est évidente, c’est moi. Mais en dix ans et quelques soirées j’ai cumulé 16500 photos, une somme, une dose, une quantité non négligeable. Je suis un garçon de rituel et pour symboliser l’existence des dix ans d’amitiés avec ses moments denses et riches et ses moments plus distants je voudrais parvenir à réunir ce morceau de mon histoire. Mais faire entrer 16500 photos en 144 pages ce n’est pas possible. Je dois donc effectuer un impossible tri, une réduction improbable à quelques centaines d’images ; passer de 16000 images à 500 photos c’est ne conserver que 3% de ces souvenirs.

Voilà mon défi, faire le tri dans mes souvenirs pour n’en garder que les trois meilleurs pourcents.

C’est difficile de faire cela, se replonger dans ce passer, c’est doux, troublant, violent, c’est de la nostalgie et de la narration parce que trier, choisir, c’est raconter une histoire, faire un montage qui découpe et recolle en puisant dans les 3% qui vont rester.

Que restera t il de nous ? Que restera t il d’eux ?

3% d’histoire et 97% d’hors champ en parvenant à réunir les 3% qui seront capables de raconter les 97 autres pourcents.

Aujourd’hui j’ai déjà trié 4000 photos, mais j’en ai encore gardé 700.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Pictogranimation, #Nostalgie

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Publié le 4 Janvier 2017

Cette nuit j’ai rêvé que j’échappais à un attenta. Enfin pas exactement, j’ai rêvé que j’étais présent au dans un lieu où se déroulait un attenta. C’est difficile à cerner par une phrase alors je vais essayer de raconter ce rêve.

Il débute dans un pays du sud de l’Europe où je suis en week-end avec ma petite amie, c’est peut-être l’Espagne, ou la Turquie ou le Portugal, c’est surtout un rêve donc les gens parlent la même langue que moi. Nous décidons de visiter la ville à pieds, c’est une ville où nous sommes arrivés en voiture et donc nous nous garons dans un tunnel, à l’entrée d’une rue très vivante. Nous marchons dans le quartier puis je me retrouve à retourner vers la voiture, je suppose pour aller ailleurs. A ce moment là ma copine n’est plus avec moi, je remonte la rue en direction de la voiture sur le trottoir de droite, c’est très densément peuplée, des échoppes, des personnes, des lumières, nous sommes dans un tunnel ou une partie couverte. La voiture est garée le long du trottoir de gauche, je dois traverser.

De l’autre côté de la rue il n’y a quasiment personne. J’y marche et je réalise qu’un jeune homme marche juste à côté de moi. Il est brun, il porte une veste de survêtement en tissu brillant d’où il sort une arme à feu. Je ne sais pas ce qu’il veut faire, j’envisage de faire demi-tour et retourner vers la partie vivante et peuplée de la rue, mais j’ai peur que si je me retourne il me tir dans le dos, alors je décide de continuer d’avancer vers ma voiture. Arrivé à sa hauteur, le jeune homme avance encore de quelques pas, je remarque que sur la gauche il y a une place, le jeune homme pointe son arme dans cette direction et tir à plusieurs reprises. C’est à ce moment que je me mets à courir pour regagner la partie peuplée de la rue, les coups de feu raisonnent dans le tunnel, puis le jeune homme revient dans ma direction, il est plus alerte que moi, plus sportif aussi, il me dépasse et fonce vers cette zone peuplée. Lorsqu’il est à ma hauteur il me parle, il me dit qu’il a tiré sur un vieil homme avec un costume et sur d’autres personnes mais comme il court plus vite que moi je fini par ne plus entendre ses paroles.

Arrivé dans la foule je réalise que c’est la panique, le chaos, il y a des gens blessés, j’essaie de traverser cette foule en mouvement à la recherche de ma petite amie, mais je ne la trouve pas. Ce moment dur assez longtemps jusqu’à ce que je me retrouve dans une zone moins peuplée. Je m’assoie sur un banc, je remarque que j’ai les mains pleines de sang et je me dis que ça risque d’empêcher la reconnaissance d’empreinte sur mon téléphone. Je m’essuie sur mon pantalon et j’arrive à ouvrir mon téléphone avec ma reconnaissance d’empreintes. Je me dis que je dois rapidement appeler ma mère avant qu’elle apprenne ce qu’il s’est passé aux informations et qu’elle s’inquiète. Je l’appelle, je lui dis que tout va bien puis je lui raconte ce qu’il s’est passé.

Ensuite je vois ma copine qui revient vers moi, je vais vers elle rassuré en lui demandant où elle était. Elle m’explique qu’elle était rentrée en France se reposer et qu’elle est revenue quand elle a su que j’étais resté là. Elle me propose de rentrer à mon tour, mais je lui dis que j’ai été proche du tueur et que je devrais donner mon témoignage à la police parce que ce que j’ai vu ou entendu est peut-être utile. Je lui dis aussi que ça tombe bien qu’elle soit revenue parce qu’elle va pouvoir traduire ce que j’ai à dire parce que je ne parle pas la langue et que elle, justement, elle parle allemand. Peut-être que le rêve à glissé du sud vers le nord, où qu’au départ j’ai confondu le sud et le nord, ou alors c’est juste un rêve. Bref, nous nous mettons à chercher des policiers dans le quartier, nous traversons des restaurants et des boutiques mais nous n’arrivons pas à trouver d’agents de polices et c’est là que je me réveille.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Rêve, #Onirique, #Je est un Blog

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Publié le 3 Janvier 2017

Je suis rentré chez moi. Pour la première fois j’ai tenu dans ma main l’acier d’un feu, et 38 plombs. J’ai éprouvé au travers de ma paume le poids et la présence et j’ai réalisé subitement la puissance iconique que transporte, et transmet, un tel objet de feu. Je n’avais jamais tenu cela auparavant et je ne m’étais jamais posé de questions particulières autour de ce que peuvent transmettre ces braises. Soudain je ressentais avec surprise l’expression de la densité métallique, je réalisais à quel point un tel objet porte en lui une part de l’universel de l’inconscient collectif. Je tenais, je ressentais la présence du métal et la puissance dégagée par une forme de précision mécanique à la fois rudimentaire et sensible mais au-delà de cela j’avais la sensation d’avoir dans la main une évidence visant à l’universel. C’était comme si cette chose qui m’était inconnue la seconde d’avant puisait soudainement dans mon inconscient et dans le non-conscient commun mondial des magmas culturels qui faisaient en moi des laves d’une infinité d’éléments culturels fulgurants qui à leur tour se faisaient sentir dans mon esprit comme autant d’évidences qui n’attendaient que d’être réveillées.

Le poids de l’histoire, le sens de la vie et de la mort, le fétichisme précieux, la puissance, les jeux d’enfants, les films, les jeux vidéo, les actualités, les faits divers, l’histoire et d’autres choses encore, un grand tout qui ne parait pas éprouver de limite dans son évocation. Et plus je tiens la main refermée et plus elle m’ancre dans ce que je ne peux pas identifier comme autre chose que le puits culturel qui traverse la civilisation des hommes en travers des années, des sociétés, des temps. Je suis fasciné par cet objet, par l’expérience de cet objet dans ma main.

Il est très troublant de percevoir le contraste qu’il parvient à contenir dans la petitesse physique et dense de l’objet qui s’oppose avec l’infini puissance d’évocation de l’objet qui ne cesse de me parler de lui, de son monde, de mon monde. Ce n’est pas de la psychomancie, c’est seulement de la culture, du savoir faire, de l’histoire, qui tient dans ma main.

Je suis impressionné de détenir ceci car cette présence rend soudain obsolète la métaphore du stylo et de la littérature comme des armes ; en fait la présence pragmatiquement banale de la chose éclaire la métaphore d’une lumière que je ne lui connaissais pas, la rendu doucement caduque et, par curieuse extension, la renforce aussi.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Chronique chaotidienne, #Réflexion, #Je est un Blog

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Publié le 2 Janvier 2017

2017 une année à paraître, c’est dit. Voilà.

Point.

La ligne. La fin. La mire ; et le marc de café aux arrières goûts de pierre raconte une autre histoire.

Cette année, demain peut-être à l’échelle de dieu, de la géologie et des mondes univers, je vais passer à l’acte après dix mille ans d’attente, de travaux dix mille fois remis sur l’ouvrage, et d’expérience intime épaisse comme le goudron qui fond sous l’effet étouffant de la chaleur de juin.

Mais ici ; à pied d’œuvre jour après jour, 2017 s’offrira comme le pareil, le même et le retour épique de la chasse à l’homme, à la femme, aux suivants parce qu’ici dans l’ère qui héberge notre futur c’est l’homme la monnaie d’échange, le relent d’attention que l’on arrache à des anonymes. Je vais croire à mon renouveau numérique, huit ans après le début je vais commencer à rédiger des articles de qualité pour attirer le client, je vais appâter le chaland comme la catin qui courtise le trottoir, parce que je vais avoir besoin de la doxa pour la muer en lecteur, en client, en acheteur et en vilains petits canards.

Passage à l’acte, comme on passe un gué d’une rive à l’autre en emportant avec soi le brûlot licencieux d’un futur archivé entre les pages déjà inscrites des œuvres-fœtus qui n’attentent que d’éclore enfin.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #écrire, #Je est un Blog

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Publié le 1 Janvier 2017

Outrance, outrecuidance, les orbes de ta peau en enfilade désuètes sur le charnier des dentiers. Diantre, la dinde rugie d’entre les morts, et elle marche molle depuis le four en remontant votre œsophage et s’il lui avait fallu rentrer encore par votre anus elle n’aurait pas hésité à le faire, jusqu’à renaître deux fois en faisant tomber de votre bouche un œuf fraîchement pondu.

Les hérités nés des charniers n’attendent plus que vous. Ils prendront vos papiers en guirlandes de dentelles et le brasero chantera l’hymne merdique des lendemains qui déchantent des jours qui suivent les cuites. Vins cuits entre tes cuisses ombragées et le transformiste qui urine contre la porte cochère. Il y a comme le cri d’un violon qui comble son ennui dans les vapeurs d’hier.

Une armée s’est levée. Elle convoite l’aube annuelle qui s’étend depuis la commissure de jour. Et je ferais d’un plissement de sourcil allégeance à la cadence et aux plombs qui tétinent en pluie fine sous les mamelles d’un drone, anonyme et aveugle jusqu’à ce qu’il tourne au coin de la rue et claque ses talons comme les talons des dames qui je paie cent sous pour téter à leurs bouches écarlates les regards arthritiques des pendaisons nocturnes.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Prose, #punchline

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Publié le 31 Décembre 2016

Cette année, encore, des gens meurent. Il y a les morts naturelles des vieux, les morts catastrophiques du climat, les morts accidentelles toujours tragiques et bien d’autres types de morts, mais à priori, en 2016, selon l'observatoire des réseaux sociaux, il y a surtout eu les morts de personnes célèbres. Et pas qu'un peu, selon ce même observatoire des losers connectés, observatoire dont je fais parti, il y a eu une pelletée de personnes connues, reconnues, voir iconiques qui sont décédées avec un sens plus ou moins hâtif du timing. De Prince à David Bowie en passant par Carrie princesse Leia Fisher ou Fidel Castro, le paradis des gens connus s'est vu augmenté par un gratin de figures tutélaires pour une certaine génération.

 

Des gens meurent, oui. C’est triste, parfois c’est con.

 

Les gens meurent et aussi cruelle soit la disparition pour les vivants mourir ça reste d’une grande banalité, pour preuve l’homme meurt depuis la nuit des temps de l’humanité.

 

Alors bien sûr on est triste de remarquer que ce sont nos idoles et nos jalons qui meurent, perdre une star que l’on connaissait pour avoir consommé son produit politique ou culturel c’est un peu comme perdre son grand-père qui à chaque anniversaire nous donnait une enveloppe avec du cash dedans, sauf que ce grand-père là on ne le connaissait pas vraiment, mais on aimait beaucoup ses enveloppes.

 

En cette année 2016 les réseaux, sociaux et culturels, ripent en masse, en canon, en série ; prendre une posture empruntée pour dire sa peine de voir disparaître telle ou telle personne connue c’est devenu une figure imposée. Et de concert les geeks que je soupçonne être l’unité de base du réseau social générique répètent que 2016 est une année particulièrement cruelle parce qu’elle a décimée plusieurs figures connues de tous et leurs postures de deuils laissent à penser que la mort est un concept ancré en 2016.

 

Curieusement je me rappelle que lorsque j’étais enfant, et que mes parents regardaient les cérémonies de remises de prix comme les César, les Victoires de la musique ou les Molières il y avait toujours un moment où l’on rendait hommage aux personnes de la profession disparus dans l’année. Si je m’en souviens c’est justement que je ne connaissais quasiment personne des noms énoncés et lorsque j’entendais s’ajouter à la litanie des morts une personne que je connaissais vaguement j’étais content.

 

Il faut que la génération Y et que les générations suivantes se préparent à la venue de la mort, année après année elle va récolter les têtes, les noms, l’aura et la vie des personnes qui constituent votre paysage culturel. C’est inévitable, inéluctable, nous sommes entrés dans l’âge où les gens connus que nous avons aimés sont vieux, usés et meurent. Nous avons été jeunes dans les années 80, 90 ? Eux ont été jeunes dans les années 60, 70 ? Nous regardions le club Dorothée pendant qu’ils testaient toutes les drogues et les substances qui font les saveurs de leurs œuvres. Ne nous étonnons pas, nos étoiles d’hier sont déjà mortes, elles palpitent un peu encore et vont s’éteindre dans la logique des choses.

 

Pas la peine d’être triste ou étonné, tout était joué d’avance, tout c’est joué avant même que l’on vienne au monde.

 

Et puis vous pouvez commémorer tous les RIP de l’année, moi j’ai perdu mon chien. Tu ne peux pas test !

 

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Réflexion, #Chronique chaotidienne

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Publié le 30 Décembre 2016

Je me suis déplacé dans une église ce jour de noël pour célébrer avec la foule populaire la messe de minuit qui pour l’occasion était donnée à 18 heures. J’y suis venu avec mon esprit ouvert d’athée baptisé, qui pense que dieu est une nécessité métaphysique à laquelle j’ai décidé de ne pas croire, avec ma tête ouverte où se croisent les paroles chrétiennes que ma grand-mère me donnait avec les mots échangés dans les discussions que j’entretenais avec mes témoins de Jéhovah, je suis venu sans à priori et avec un goût pour le mysticisme et le sentiment nécessaire de communion que l’on devrait tous un jour rechercher.  

Je suis venu joyeux et j’ai ouvert les yeux et les oreilles pour écouter et goûter aux saveurs de la tradition. J’étais là, une paire d’yeux dans la foule et je regarder les rituels en écoutant les paroles de l’homme d’église qui était venu les délivrer avec ferveur. Je me suis rendu attentif et plus l’homme ouvrait sa parole aux écrits de la bible plus je ressentais grandir sa responsabilité. C’est curieux, je n’avais jamais perçu cela avant, j’écoutais un homme et je percevais ce que je suppose être la responsabilité de parler au nom de dieu.

Plus qu’un discourt, il collait au livre, selon mon jugement partisan. J’attendais à ce que son discourt m’emporte moi aussi, parce que j’avais fais la démarche de venir, mais j’ai eu la sensation que ses paroles étaient surtout énoncées  pour ceux et celles qui déjà partageaient les vertus et les ferveurs du texte, à la ligne, au mot, à la ponctuation ; plus ou moins les largesses de la traduction bien entendu. Et alors que la rivière des paroles pieuses, que je supposais bibliques, emportait les gens vers la célébration de noël je ne pouvais pas m’empêcher de question mon for intérieur et mes maigres connaissances, je voulais être porté, emporté et trouvé dans la communion ce sentiment supérieur qui abat la conscience, l’égo et l’individu pour le porter au point de fusion où l’on devient un avec ses congénères, ses frères, ses sœurs et ses semblables. Mais  le poids de la fidélité aux textes, et la responsabilité de parler pour Dieu empêchait l’homme d’église de m’emporter avec lui, je repensais alors aux stades où il est de bon ton de fustiger la misère culturelle des supporters et je me disais que pourtant il n’y  que là que je trouve la précieuse sensation de communier avec des inconnus par delà nos différences et nos ressemblances, ce n’est que là que j’éprouve cet abandon de soi pour une chose plus grande qui embrasse les hommes entre eux et je trouve cela ironique.  

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Rédigé par Monsieur Ray

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