Publié le 16 Juin 2016

Je me souviens, c’était il y a quatre ou cinq ans, nous débutions sur Facebook et nous ne devinions pas tout à fait la déferlante que représenteraient les réseaux sociaux dans nos vies supposées elles aussi sociales. Dans ce nébuleux passé je me souviens bien que nous redoutions de sombrer dans une impudeur numérique généralisée. Nous n’appelions pas ça le big data, à l’époque c’était seulement notre vie privé ; des vies privées que des personnes dévoilaient sans pudeur, annonciation des couples, des séparations, des naissances, des décès, des petites anecdotes et les visages de nos amis que l’on déversait sans gène.

Sous les sursauts de conscience que nos âmes avaient nous redoutions l’impudeur généralisée, nous étions naïfs, ce n’était pas de l’impudeur, c’était seulement de la vie sans formatage. Ce n’était pas de l’inconscience, c’était seulement l’absence d’un savoir-faire, d’un savoir-dire, d’un savoir-être organisé par des géants numériques tellement délocalisés qu’ils se sont enracinés, dans le nuage.

Aujourd’hui nous sommes quelques nébuleuses années plus tard et les réseaux sont sous contrôle ; le contrôle de qui je ne sais pas. Aujourd’hui, quelques années après nos balbutiements sur la toile, nous nous exprimons avec contrôle. C’est trop, je le disais hier, c’est pathétique. Sur la toile chacun est devenu un professionnel de son image ; chacun gère son propos comme s’il était un communicant reconnu. Les réseaux ont gagnés, ils ont fait de nous des rouages bien graissés qui formatent sa pensée et sa vie pour le bien des notifications de réseaux aveugles.

Il aura fallut quoi ? Quatre ans ? Cinq ans ? Pour que l’impudeur de ces qui livraient maladroitement leurs vies réelles, brutes d’être vécues sans filtres, se transforme en en tweet, en photo, en statut dont la langue est maintenant parfaitement maîtrisée, expression formatée sur mesure et partout à tour de clic, sur des horizons numériques qui m’entourent je ne vois plus que des communicants, des putes à clics, des animateurs de communauté, qui propagent tous ce qu’ils pensent être de l’information. Ce n’est plus leurs vies, ce n’est pas du savoir, ça n’informe pas, c’est seulement de la communication dans le sens péjoratif dont j’afflige le terme.

 L’espace public de nos citées a depuis bien longtemps été colonisé par la communication, les sollicitations visuelles, publicitaires et racoleuses à tel point que je ne parviens plus à imaginer une ville vierge. Pendant un temps j’ai cru que la perspective d’un continent numérique offrait un nouvel Eden, un nouveau Far West où il serait possible de faire émerger de nouvelles formes d’existence, un no man’s land qui permettrait aux individus de faire émerger en eux de nouvelles idées à même de renouveler créations, réflexions et perspectives.

Mais non, ce continent numérique à été colonisé, formaté, la parole de l’humain dans sa maladresse d’ignorant et son instabilité de créature créative n’y a plus sa place. Une nouvelle fois nous sommes voués à nous formater pour continuer de frayer avec les autres, ou rester en marge en espérant que la prochaine révolution naîtra entre nos mains ou entre nos boîtes crâniennes.

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Réflexion, #Internet

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Publié le 15 Juin 2016

Aujourd’hui – plus rien à dire – ce midi plus rien en tête – ce n’est pas la fin – c’est une démarche démagogique – tous trop de mots – tous trop d’images – tous des discours – tous en paroles – tous en visuel – tous ces autres avec tous ces mots – trop c’est trop – tous en masse – et moi en plus – je devrais arrêter là – je devrais changer de focale – trop de pubs – trop de prétentions – trop de partisans – trop de revendications – ça va jase trop – ça buzz trop – c’est trop pour moi – c’est trop à l’intérieur de moi – l’éponge est gorgée – le tissu est saturé – la matière grise déborde – plus rien n’y entre – les pores sont bouchés – rien ne sort – je ne dévide plus – je ne me vide pas – reste un corps à évider – une âme est émincer – mais jusqu’au bout des doigts l’expression plafonne – plus rien à faire – trop rien à dire – pas assez de place – vous être trop – ils sont trop – tout est trop – trop est trop – tout étroit en dehors – très étroit au-dedans – une dimension surchargée comme une dentition trop serrée – il faut vider l’espace public de toutes vos baves – il faut nettoyer l’espace numérique de toutes vos traces – il faut ranger vos expressions dans des livres, des affiches, des fascicules – il faut faire du vide – faire de la place – faire table rase ; ils nous l’avaient déjà dit

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Je est un Blog, #Divagations diverses

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Publié le 14 Juin 2016

De la grandeur à la misère je regarde le monde des autres, j’entre des yeux au milieu de leur jungle et je jubile comme diable qui couve le moment où il va exulter. Je me cache, si petit dans ma grotte et par le judas d’un petit trou platonicien je crache sur le monde d’autrui ; je n’essuie pas ma morve et je macule les alentours de jets organiques ; mes yeux sont des fontaines d’où des torrents rugueux déferlent de moi. Non je ne pleure pas, je transpire de mon âme honteuse, je sue des gouttes dégoûtantes qui suintent à l’intérieur de moi et transperce ma frontière de peau métaphorique. J’ai les flux organique perforants comme l’homme qui nique déflore l’hymen qui s’offre et souffre à lui. C’est donc moi, caché je me dévoile, j’envisage un virage ou une claque sur ma propre joue. C’est une caresse palmaire bien brutale qui explose quand elle s’écrase sur ma peau métaphorique ; j’en tremble encore comme le métal du diapason. Je frappe ma poitrine, sur mon cœur le blason d’un diable, je frappe encore, je m’enclume, je marteau, sueur en grains de métal en fusion. Et la forge empirique d’où naîtra un empire reprend vie ; je n’en reviens pas de m’y retenir.

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Je est un Blog

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Publié le 13 Juin 2016

Combien de jours ?

Combien de fois le refoulé en soi résonne d’un son mat lorsqu’il termine sa chute dans le fin fond de son être ?

Il y a toujours au cœur d’un homme le puits d’un fou, le lieu-dit d’un enfouissement programmé ; c’est un réflexe inéluctable qui grève combien d’hommes ?

Je n’ose interroger l’intérieur de mon crâne de peur que la question à mon corps défendu tombe dans mon puits comme une putain qui tombe pour racolage du haut de ses talons aiguilles et de ses bas résilles ; combien pour la pipe ?

Combien de fois ?

Et des morts et des gangrènes, combien encore ?

Combien de mutations, de ces hybridations morbides qui transforme le vivant en éternité et que l’on appelle le cancer sont logées en nous, vivent et meurent du paradoxe de notre ignorance ?

Fallait-il que les cancers comme les névroses qui naviguent en moi sur des rivières de boues finissent par choir dans le puits du fond, et se noient avant que ma conscience ait eu le temps de se demander combien de fois j’allais mourir du futur ?

Je ne sais pas combien, j’espère seulement en être, être un con bien un peu meilleur que la moyenne, tout juste au dessus à quelques points de la ligne courbe d’une flottaison intellectuelle.

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #poésie, #Prose

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Publié le 12 Juin 2016

Les nuits sont devenues chaudes, très chaudes, suantes, collantes, lourdes et épaisses. Et ce changement c’est fait d’un coup, sans signes de transition, hier encore dans un temps métaphorique je chérissais l’instant où j’allais me mettre sous la couette et ce soir sans temps métaphorique je me meurs de chaud, je me laisse porter par le flot liquéfier de ma sueur. Je coule, je m’ennuis dans la nuit, je résiste dans l’obscurité et je maudits déjà le feu des bougies. Bientôt je vais dormir, dans mon sommeil je suppose que je n’aurai ni chaud ni froid, j’aurai le rêve en tête et le rêve est a-tempérée ; comme le climat d’un paysage neutre.

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Divagations diverses

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Publié le 11 Juin 2016

Il y a quelques jours entrait dans la bibliothèque chinée un poids lourd, littéralement un pavé de 900 pages, dans une édition Gallimard bien épaisse. Aujourd’hui je vais évoquer de toutes petites entrées dans le projet. Dans le matin frais d’un samedi matin je mettais la main sur un carton entier où était rangés méticuleusement une grande quantité de petits livres ; majoritairement des Classiques Larousse dont les éditions été issues de toutes les décennies et d’autres petites monographies des grands auteurs issues d’autres éditions. C’était plus fort que moi, ça me donnait envie de fouiller, enfin de passer en revu la liste exhaustive des titres présents dans le carton. Avant de m’enflammer et d’emporter avec moi plus d’ouvrage que je pourrais en payer je prenais le temps d’interroger le vendeur sur le prix de ses petits livres. Il m’annonce 50 centimes l’ouvrage, ce qui m’ouvre la perspective raisonnable d’en prendre quatre.

Je choisis des auteurs comme le sélectionneur choisi des footballeurs pour constituer son équipe de rêve ; des poètes, des romantiques, des stylistes, des nouvellistes. Les livres sont minuscules, mais ils sentent l’école, les devoirs et ce savoir classique que l’on essaie de nous enseigner sans que l’on comprenne toujours pourquoi. D’ailleurs certains ouvrages sont légèrement annotés, je suppose par un élève studieux, d’autres sembles avoir été inscrit dessus le nom de la classe ou de l’établissement. Dans mon équipe j’ai pris Victor Hugo avec Hernani qui est encore protégé par sa protection. Ensuite Gérard de Nerval, dont la monographie annonce Pages Choisies, prose et poésie, le programme me plait. Vient ensuite Chateaubriand dans une monographie qui nous offre des extraits de Atala, René et Les Natchez. Vient ensuite La Bruyère avec des extraits tirés des Caractères. Et pour finir Prospère Mérimée avec sa nouvelle La Vénus d’Ille.

Si vous comptez aussi bien que moi, cela fait cinq auteurs quand je voulais en prendre quatre. Malgré tout je demande au vendeur s’il accepterait que je prenne ces cinq ouvrages pour 2 euros et gentiment l’homme accepte. J’emporte donc ces cinq petits livres pour qu’ils rejoignent le projet chiner sa bibliothèque et qui donnent un lustre classique à cette collection d’ouvrages éclectiques.  

Et le total dépensé jusqu'à présent pour constituer la bibliothèque chinée est de 17,20 euros
Et le total dépensé jusqu'à présent pour constituer la bibliothèque chinée est de 17,20 euros

Et le total dépensé jusqu'à présent pour constituer la bibliothèque chinée est de 17,20 euros

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #brocante, #chiner, #livre, #vide grenier, #videgrenier, #bibliothèque

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Publié le 10 Juin 2016

Je me suis lancé dans cette idée de chiner ma bibliothèque pour différentes raisons ; au départ pour le plaisir de chiner des livres, mais aussi avec l’idée d’avoir de la matière pour alimenter mon blog en article en chinant des prétextes d’écriture, ou encore parce que je trouve intéressant de questionner le rapport entre la culture et l’argent, et pour finir parce que les livres sont des objets et des objets avec qui l’on a des histoires tactiles, émotives et matérielles.

Donc ce jour-là j’ai réalisé un achat bi-classé dans le sens où il mérite sa place dans la bibliothèque chinée parce qu’il s’agit de livres contenant des romans, mais qui mérite aussi sa place sur mon autre blog en lien avec la pop culture autour de laquelle j’essaie d’axer mes articles parce ce sont des livres de science-fiction que j’ai acheté avant tout pour l’aspect suranné et désuet des illustrations de leurs couvertures.

Il y avait dans un carton un lot de vieux livres de science-fiction, couverture noire où se dévoilent des peintures / illustrations qui exhalent la SF d’un autre siècle bien avant l’informatique, le numérique et calibrage. J’en ai choisi trois, trois livres de science-fiction des années 50 dans la collection Anticipation des éditions Fleuve Noir. C’est une collection très prolifique qui a profondément marqué les lecteurs évidement mais qui a aussi influencé les auteurs de science-fiction de la seconde moitié du XXème siècle. Peut-être l’ai-je déjà abordé plus tôt au travers d’anciens articles, ou peut-être pas, quoi qu’il en soit il faut savoir que j’aime énormément la science-fiction vieille école avec tout ce qu’elle dégage comme sensation. J’aime les romans, mais j’aime aussi les visuels décomplexés, un peu désuets et parfois kitsch avec des extraterrestres sympathiques, des robots anthropomorphes, des rayons de lumière, des combinaisons spatiales qui ne dépareilleraient pas dans l’équipage du Comandant Cousteau. Cette esthétique est un peu une des madeleines pour mon imaginaire. Cette science-fiction spatiale relève plus de Jules Verne que de Stephen Hawking. Et derrière ces couvertures un peu ringardes parfois, il y a de vrais romans qui portent des visions fortes écrites par des auteurs du siècle dernier qui éclairent d’une lueur étrange notre présent.

J’ai donc choisi trois romans au travers de leurs couvertures, ce sont des éditions de 1952 payées 2 euros pour les trois. Il y a Le Satellite Artificiel de Jean-Gaston Vandel, du même auteur Les Astres Morts, et de Vargo Statten un roman qui se nomme Les Fabricants de soleil. Vu leurs âges ces livres sont plutôt en bon état, malheureusement l’un deux a servi à réaliser un herbier et la personne qui a un jour mit des fleurs entre les pages du livre n’est jamais revenu les retirer. Il y a donc quelques pages tachées par les pigments des pétales et la matière organique décomposée.

Et la somme totale de la bibliothèque chinée monte à 15,20 euros

Et la somme totale de la bibliothèque chinée monte à 15,20 euros

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #livre, #chiner, #bibliothèque, #brocante, #vide grenier, #videgrenier, #SF

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Publié le 9 Juin 2016

Tous les jours je viens trainer mes guêtres sur les réseaux sociaux, caniveaux numériques collectant nos grandes et nos petites eaux intimes pour les récolter dans de grand réservoir, gueules béantes, anonymes et invisibles qui se nourrissent de cela et nous stockent sûrement sous forme de graisse ou de matière organique en petits paquets d’octets et de bits. On ne m’y force pas, je viens, je me tiens debout au bord de la décharge et je regarde autour de moi. Je vois là un sacré potentiel, un outil puissant qui végète et doucement sombre et s’enfonce dans le marasme mouvant de nos non-actions.

Et chaque jour où je viens ici, en pénitent du cynisme ambiant j’éprouve le fameux je-ne-sais-quoi ; c’est comme une pulsion de renaissance. Je là, le clic mou et l’œil torve et je regarde cette incommensurable carcasse constituée de nos avatars et je me dis que j’ai envie de faire un truc ici. Juste là, sur Facebook, je voudrais créer ma page, mon groupe, définir un espace et lui donner un ton, une couleur, bref une ambition et une prétention. Et je voudrais faire de cette espace une zone de hype, de créativité, d’esprit critique et de libre arbitre. Je voudrais que ça soit fort et que ça fasse réagir les autres, parce que je veux faire partir du jeu et prétendre que j’en suis parce j’agrégerai petit à petit une communauté d’esprit et que le bouzin se portera à ébullition jusqu’à créer un maelstrom très stimulant pour la pensée et la créativité. Dès lors nous pourrons passer à l’acte dans le réel et contaminer la réalité de l’inventivité née entre les parois invisibles de ma zone, ma page, mon groupe, ma cellule primitive.

Oui je veux ça. Oui, je veux la même chose que les autres. Oui, je veux m’inspirer de ceux qui sonnent comme bons à mon esprit critique et je veux surpasser, enterrer, faire passer de mode ceux que je suppose médiocres et mauvais. Oui, je veux ça, comme un caprice et comme une ombre pourpre qui rend rouge mes joues de honte. Parce que je veux ça, mais je sais que je n’ai pas le talent ni le réseau nécessaire pour l’avoir. J’ai peur de mettre en jeu une ambition pour laquelle je n’aurai pas les épaules, les clefs et le mors pour la dompter et lui faire les figures élégantes que je voudrais lui imposer.

J’ai la sensation d’avoir juste assez de lucidité pour envisager mon échec, juste assez pour me projeter et percevoir le pathétique de la situation que je pourrais créer. Juste un peu trop pour lâcher prise et ne pas voir ce que je vois, ne pas savoir ce que je sais.

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Je est un Blog, #créer, #écrire, #ébauche

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Publié le 8 Juin 2016

Chiner sa bibliothèque est une question littéraire mais aussi une question de hasard. Ce dimanche nous partions pique-niquer à la plage avec Lucie, mais avant de pouvoir poser nos corps encore trop blancs sous le soleil et dans le sable j'ai proposé de faire une petite promenade dans un énième vide-grenier. C’est ainsi qu’en fin de matinée nous déambulions entre les allées d’un vide-grenier nîmois. Je ne cherchais rien, je me contentais d’apprécier le dépaysement quand, sur un stand tenu par un petit monsieur un peu vieux, j’ai vu ce livre, Bonjour Tristesse de Françoise Sagan. C’est le genre de livre dont le titre me parle même si je ne l’ai jamais lu parce qu’il est glosé dans les émissions littéraires radiophoniques qu’il m’arrive d’écouter. J’aurai pu l’acheter pour cela, j’aurai pu l’acheter pour son auteure dont la réputation n’en fini pas de déborder de la sphère littéraire pour essaimer dans la société au sens plus large et pourtant je l’ai prit pour une autre raison. Je l’ai acheté pour l’écho que le titre sur cette couverture mélancolique créait dans le réel.

Le livre était là, seul au milieu de bibelots sans valeur, posé à plat presque au centre de la table, une table grise. Au fond il n’y avait aucune raison que le livre se trouve là, mais il y était et il disait Bonjour Tristesse comme s’il avait conscience de sa présence sur un parking de supermarché de province un dimanche matin perdu au milieu des objets de troisième main et du désespoir de ceux qui s’en séparent. J’ai eu de la peine. Non, j’ai eu de l’empathie pour ce livre, pour ce visage, pour ce cri, pour Françoise Sagan, pour la tranche orangée de ce livre alors j’ai demandé son prix, et je l’ai négocié pour repartir avec pour 50 centimes.

Chiner sa bibliothèque #7

Le second livre trouvé en vide-grenier et que je vous présente dans le cadre de chiner sa bibliothèque c’est un poids lourd. Je vous parle dans un premier temps de son poids réel, c’est un pavé de 900 pages, un beau livre Gallimard avec sa couverture si reconnaissable. Il a même gardé son bandeau de promotion, son bandeau rouge oui, celui pour rappeler aux clients qu’ils vont acheter un Prix Goncourt. Si cela ne garanti pas toujours la qualité littéraire ça garanti souvent de très bonnes ventes. C’est donc un auteur qui a obtenu le Goncourt en 2006, Jonathan Littell. Si vous avez un peu de mémoire vous vous souvenez sûrement du titre, Les Bienveillantes. Comme beaucoup de gens je n’ai pas lu ce Goncourt, ni les autres, mais j’en ai abondamment entendu parler parce que ça fait toujours gloser le milieu et le hors milieu quand ce prix est décerné. N’étant pas un lecteur au long cours je ne crois pas qu’une œuvre comme Les Bienveillantes soit faite pour moi, en tout cas pas encore. Mais qui sait, un jour je serai peut-être en mesure de le lire et dans ce cas là il sera présent, à m’attendre dans ma bibliothèque. Pour ce prix Goncourt dans un très bon état j’ai déboursé la somme de 1 euro. Il y a dix ans il valait 25 euros, donc quasiment le double de ce que j’ai déboursé actuellement pour faire grande ma bibliothèque chinée.

Noël 2006, ça ressemble à une dédicasse, c'est encore plus plaisant je trouve à trouver dans un livre, ça lui rajoute de l'histoire vécue. Et avec Les Bienveillantes la somme totale déboursée pour chiner sa bibliothèque s'élève à 13,20 euros

Noël 2006, ça ressemble à une dédicasse, c'est encore plus plaisant je trouve à trouver dans un livre, ça lui rajoute de l'histoire vécue. Et avec Les Bienveillantes la somme totale déboursée pour chiner sa bibliothèque s'élève à 13,20 euros

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #livre, #brocante, #chiner, #bibliothèque, #videgrenier, #vide grenier

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Publié le 7 Juin 2016

On oublie tellement souvent que le mauvais goût est une forme d'art, un domaine qui peut être la prédilection de certaines personnes parce que le mauvais goût est partout, en art, dans la mode, la musique, dans les concepts philosophiques, dans des lieux et des espaces géographies, c’est un absolu capable d'émerger n’importe où comme une métastase culturelle. Le mauvais goût est une invariance qui traverse notre culture de part en part avec l’implacable fatalité d’un magma qui fini toujours par retrouver la surface pour tout déformer autour de lui. Et ce mauvais goût éculé ou déclaré c’est forcément pour certains esthètes une source de fantasme. Nos éducations si subjectives nous font grandir dans le dénigrement d'une forme culturelle de mauvais goût et dans la célébration d'une forme de bon goût, nous conduisant inévitablement à rejeter l'un des deux à aduler le second.

C’est naturel et implicite à nos éducations et nous ne pouvions pas y échapper. Et même si certains semblent convaincus de l’imperméabilité des deux zones, la vérité est mouvante, indistincte, même incertaine.

Personnellement je revendique mon attirance pour un mauvais goût, oui je bande pour le mauvais goût et le vulgaire. Bien sûr que ça m'excite parce que le mauvais goût transporte avec lui une véritable charge de transgression sociale et sexuelle parce qu’il est non-consciemment lié à la misère, à la lutte des classes, à l'inculture et la pédance des rapports de forces avec l'autre. Avoir du goût pour le goût mauvais c’est renverser un lien oedipien, ou l’accoucher je ne sais pas trop, car succomber aux attraits du mauvais goût c'est frayer avec le camp adverse dont nos parents voulaient s'extraire. Ainsi fantasmer sur l’idée de baiser avec une femme de mauvais goût, une femme reconnue et identifiée de mauvais goût pour mes pairs, c’est trahir papa et maman en baisant hors de leur zone de confort et de compréhension et cet acte est unanimement excitant pour moi.

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Je est un Blog, #Sexualité, #érotisme

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