Publié le 8 Mars 2017

Pétasse avait les fesses plates et une petite poitrine, trois fois rien de femme. Mais la jeune fille avait le feu sacré en elle, c’était une sacrée pétasse aimait-elle dire à son sujet pour ne pas contrarier ce que les autres pensaient d’elle. Ces trois fois rien de femme accrochés à ses hanches et à sa poitrine étaient son bien le plus précieux. Cela faisait de la petite fille sans intérêt qu’elle croyait être un membre actif des demoiselles, des dames, des dindes, des danseuses et autres divas. Ce n’était pas un but en soi mais sûrement un motif de suffisance. C’est que Pétasse pensait lorsque seule dans sa salle de bain, la porte fermée à clef, elle déboutonnait son jeans pour laisser apparaître sa culotte de coton sur son ventre plat et qu’elle tirait sur son t-shirt pour dévoiler son soutien gorge noir.

Entre son ventre plat et son torse auréolé de deux petits seins Pétasse faisait pendre un Christ qui se balançait au bout d’un long collier. Elle avait vu des femmes le faire, déboutonner le bas et tirer sur le haut pour montrer leur ventre, parfois avec des bébés dedans. Sauf que là s’il y avait un enfant alors l’enfant c’était elle et que dans son ventre il n’y avait même pas de papillons, juste l’envie glacée de se sentir femme. Fallait-il qu’elle se photographie encore dans cette posture avec son téléphone portable et qu’elle envoie la preuve de son appartenance à la communauté de la femme à tout le monde ?

Elle cadra son image dans le miroir de la salle de bain malgré le dentifrice en premier plan et les traces de savon sur le miroir. Elle ajusta son pantalon bien en bas de ses hanches pour laisser voir sans compromission sa culotte blanche, son ventre plat, elle retira son t-shirt pour afficher la place chaude de ses seins dans son soutien-gorge noir et sans sourire elle déclencha. Quelques clics plus tard Pétasse envoya sa photo sur les réseaux en rugissant qu’elle était là, qu’elle était une femme et en ne laissant à personne la liberté d’en douter.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Digression, #Divagations diverses, #Je est un autre

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Publié le 7 Mars 2017

Exploser à la récupération

Plutôt juste

Il était venu sur le couloir gauche

 

Le carburateur a été bien lancé. Je suis dans une courbe à deux phases. Je peux enchaîner avec les frappes que je ne croise jamais ; un doigt à droite et l'autre doigt à gauche. À leur contact il n'y a pas de combat, généralement l'un se retire pour laisser l'autre agir. À eux deux ils lèchent la poussière, ils arrachent la peinture, ils usent le plastique pour au final finir par éroder la machine.

 

Ils rebondissent seulement sur la plaque de verre, mes doigts ne sont pas la lumière, pas plus qu'ils ne sont des diamants. Pas une bague ou une chevalière, pas un anneau pas une seule marque d'appartenance pour asservir les dix doigts de ma mains dressés comme une armée. J'ai toujours su que j'étais armé, j'étais amer et je rêvais d'armes pour faire feu sur les ombres fluctuantes de mes démons. J'aurai mis du temps pour discerner l'éclat de la lame que j'avais dans les mains.


Je n'aurai jamais à planter un poignard dans le bois d'une porte pour y placarder mes poèmes et mes pamphlets mais je garde ma lame armée entre de mes doigts pour jouir de l'augure du sang que ça me permet d'espérer. Le temps n'est pas à cela mais ce temps-là reviendra et je serai prêts.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Je est un autre, #Je est un Blog, #écrire

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Publié le 6 Mars 2017

Il faut ralentir le temps tandis que le râle antique remonte le long de nos boyaux maudits.

Dans l’écran grossier de nos télévisions les présidents du monde et ceux qui y aspirent accélèrent comme des chevaux fous. S’ils avaient l’élégance ou la grâce des grands hommes j’aurai pu voir en eux la comète écarlate qui illumine le ciel. Mais ce ne sont que des locomotives décapitées qui vont de plus en plus vite pour échapper à l’instant de leur présent.

Il faut ralentir, fermer les yeux et les rouvrir.

Une fois.

Une autre fois.

Sans urgence.

En ne ressentant rien impérieux.

Les hommes politiques sont des chevaux fous qui galopent en se vidant de leurs sangs comme des canards sans têtes.

La basse-cour court à perdre haleine.

Je ferme les yeux, je freine le temps.

Je pensais que tout cela serait meilleur.

Mais je pense trop.

J’espère trop.

Ralentir.

Doucement.

Comme les cheveux qui tombent.

Les rafales ravagent l’air au-delà de la fenêtre.

La nuit cache le reste.

Un verre d’eau, une cigarette.

Quelques braises qui rougeoient encore.

Et le métronome monétaire palpite de rouge puis de vert, de rouge puis de vert.

Tout perdre et tout gagner – tout prendre et remiser.

 

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Divagations diverses, #Prose

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Publié le 5 Mars 2017

Sous les pieds du fossoyeur un grand trou se créait. C’est le monde qui mourrait et qui s’écroulait sur lui-même comme un soleil mort. Le processus sera long, il n’y a pas d’urgence et le fossoyeur se délecte. Les charognards, humains malgré eux, viennent charogner les trésors que le ventre de la terre expulse comme le corps du pendu se vide de ses entrailles. Les mains pleines arrachent des pierres brisées, de l’or oxydé, le plomb des planches à billets et tous les centimes fantômes.

Chaque jour le trou brun et profond s’agrandi. Il englouti toujours un peu plus de monde en lui-même. C’est comme le nombril d’un homme obèse qui serait en train d’aspirer tout le corps de l’homme. Le fossoyeur narquois est assis sur sa cage thoracique.

Venez jeter quelques pièces dans le vendre mort de monde et faites un vœu.

 Peut-être que demain le monde trouvera le temps de le réaliser avant de disparaitre.

Les charognards aux poches pleines sonnent les cloches qu’ils n’ont pas pu voler.

Le tocsin montre le chemin.

Le décompte est un cycle du quotidien.

Je n’use que de quelques doigts pour aligner les bons nombres.

Et le temps que je passe la nuit je remettrai une balle en haut du barillet.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Divagations diverses

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Publié le 4 Mars 2017

Anachronique chronique sans queue ni tête

Il faut être têtu pour se tenir ici dans le silence des voix

Le bruit ténu de tes pas frôle l’espace

Tu teintes l’air avant de lui tenir tête

Cela nous épargne les trémolos et tout le tintouin qui vient en cascade

Je me carapace quand tu te carapates

Toute petite chronique d’un vieux grognard

Les mots grincent lorsque je grimace grimé d’un silence gourmand

Au lit, avec quelques livres, tu te remémores des allitérations

D’escalier en escargot la pensée rampe dans le colimaçon

Demain nous partirons pour Stalingrad

Le train de nuit et les frontières franchies une à une au rythme de nos passeports

Dans le wagon-bar les fumées de cigarettes dévoileront le temps qui passe

Et nos pas pourront se poser en terre étrangères où nous ne serons personne

Comme une fin en soi, anonymes dans le langage d’autrui, anonymes dans leurs yeux

La liberté de nos corps retournés à l’accent russe des bouches slaves

Ainsi que le bruit des artères autoroutières larges comme des baleines éventrées

Il n’y aura pas de maison pour crasher nos espoirs dévoyés

Seulement le lit d’un hôtel pour nos corps aimantés

L’exotisme nous sera ordinaire sous les auspices d’un nouveau dévot

Et le regard d’un tyran liminaire

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #poésie, #Prose

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Publié le 3 Mars 2017

Nous revenions avec Scarlett Johansson et Natalie Portman de l'avant-première d’un film où elles jouaient toutes les deux qui était diffusé dans un cinéma de province. Nous rentrions en voiture parce que les filles n’aiment pas dormir à l’hôtel même si notre chambre dans un cinq étoiles était réservée par les producteurs qui poussaient mes deux amies à faire toutes les promos possibles.

Sur la banquette arrière de la grosse berline allemande que je conduisais depuis une heure Natalie Portman fumait des cigarettes. Elle avait rempli le cendrier de la portière droite et commençait à bourrer le cendrier central. Elle paraissait agacée. Assise à la place de la morte Scarlett Johansson avait abaissé le dossier de son siège pour mieux s’avachir dans le cuir souple. Elle n’arrêtait pas de parler pour me raconter comment les journalistes de cinéma français étaient terrifiés par les actrices américaines. Son discours sous-entendait que les actrices françaises n'avaient ni charme ni charisme et que devant la grandeur et la splendeur des actrices américaines les actrices françaises n'étaient que des petites filles pudibondes, de vraies petites pucelles incapables de faires bander les critiques alors que les américaines en mamans guéries possédaient un plus grand sens de l'érotisme qui fait perdre leurs moyens aux hommes et aux journalistes.

Dans le rétroviseur j’observais d'un œil attentif Natalie Portman crapoter ses cigarettes mentholées.  À côté de moi Scarlett Johansson continuais de m'expliquer à quel point il était jubilatoire pour elle d'être une actrice américaine en promotion en France. Pour étayer son discours elle me racontait que plus tôt dans la journée alors qu’elle était avec une journaliste de la presse écrite pour son interview, Scarlett avait lâché un long vent merdique. Au lieu de s’en offusquer et de remettre l'actrice sa place, la journaliste fît comme si elle n'avait rien remarqué et pourtant Scarlett m'assurait que son pet était aussi bruyant qu’odorant. Et je suis bien placé pour savoir que lorsqu’elle pète Scarlett ne fait jamais dans la demi-mesure, à la maison elle ne fait preuve d’aucune retenue.

Natalie Portman qui nous écoutait en fumant s'énervait subitement et rétorquait à Scarlett que si elle pète ainsi devant les journalistes ce n'était pas parce qu'elle était une grande actrice américaine mais simplement parce qu'elle n’était qu’une blonde vulgaire sans éducation. Comme une petite fille intrépide qui vient s'immiscer dans la discussion de ses parents Natalie Portman avançait sa tête entre les deux sièges avant de la voiture et elle soufflait toute la fumée de sa cigarette dans le visage de son amie. Quelques instants plus tard les deux actrices éclataient de rire et Natalie retombait sur la banquette.

Scarlett Johansson & Natalie Portman présentent dans cette ébauche en prélude à la débauche ?
Scarlett Johansson & Natalie Portman présentent dans cette ébauche en prélude à la débauche ?

Scarlett Johansson & Natalie Portman présentent dans cette ébauche en prélude à la débauche ?

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Nouvelles, #ébauche

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Publié le 2 Mars 2017

Assis depuis des heures devant l’ordinateur de la bibliothèque il écoute dans son casque épais et cher le jargon de la crypto monnaie lui embourber la tête. Miner de la crypto monnaie voilà l’expression qu’utilisent les personnes qui cherchent à ramasser ou générer de la crypto monnaie. Il n’a pas encore tout compris, mais il perçoit très bien la portée poétique et métaphysique de ces mineurs du présent qui sont les mineurs du futurs en vis-à-vis de ceux du passé. Bien sûr miner de la monnaie virtuelle n’a rien dans le geste de la noblesse de ceux qui risquaient leur vie sous terre. Et plutôt que mineur il aurait préféré mendiant comme terme. Mais il suppose à juste titre que mendier de la crypto monnaie ce n’est pas vendeur. Ca serait un peu comme supplier pour entrer dans une loge maçonnique, malvenue et de mauvais gout.

Pourtant lorsqu’il ferme les yeux et qu’il se vide la tête il n’envisage que des mendiants, des paysans sans propriétés qui viennent glaner sur les terres d’un seigneur invisible les miettes d’une récolte. Lui-même parfois il endosse le rôle du chapardeur qui récupère les rebus pour leur donner une nouvelle vie, mais mineur ou mendiant en crypto monnaie ça pas encore. C’est nouveau et donc c’est beau. Mais au-delà de cette poétique inhérente aux mots qui désignent les choses il ne sait pas encore ce qu’il voit. Est-ce qu’il y a des rêves qui s’achèvent dans de la crypto monnaie ?

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Je est un autre, #Divagations diverses

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Publié le 1 Mars 2017

Défi facile, juste un délire sur des filles défilent, juste un jus, quelques sucs et ces filles dont je dis qu’elles sont faciles lorsqu’elles alignent les fils dans leurs vêtements et les pas sur les trottoirs qu’elles arpentent comme des podiums.

Il n’y a pas de débat, seulement des filles filiformes, de ces femmes que l’on pose volontiers sur nos genoux comme on insère un filigrane sous la peau pour marquer son appartenance. Ce n’est pas une question, ces filles là il les a dans la peau.

Schizophrénie frénétique, lui et elles dans la même peau, bien au chaud entre la chair et le monde ; croyez moi c’est biblique bien sûr, ce sont des filles de bibliothèque que l’on épingle dans de gros ouvrages et que l’on fait sécher, nues, coincées entre des pages qui sont encore vierges, pas comme elles.

C’est là la vielle rengaine du poète qui piétine les fleurs coupées qui jonchent le passage des muses ; le registre éculé maculé de poussière est ouvert à la page des petites culottes comme antiquement la Redoute l’était avant lui.

C’est dans le hall d’un hôtel fréquenté par les mites, trop pouilleux pour prétendre être un lobby que l’auteur bien nommé rencontre ses commanditaires. Il cultive commandes et contre-commandes tout en construisant le cornac mécanique, pantin éléphantesque à qui il va confier les rênes de sa bête sauvage.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Divagations diverses

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Publié le 28 Février 2017

Real Fake a.k.a Monsieur Ray, amateur en racolage et en force passive. But no Fake car l’auteur invente et l’écrivain rédige des railleries sur le réel ; ce sont tous les deux des transitaires qui travestissent les trouvailles des travailleurs afin de faire transparaître les traits de coupe sur les corps et ceux de fuites dans les perspectives virales.

Il n’y a ni queue ni tête ? C’est ce que vous dites ?

Comment voulez vous que j’invente un personnage sans brasser des inepties et des absurdités. Celui que j’invente, le personnage que je recherche c’est moi, mon alias, mon avatar, cet autre moi qui incarnera l’autre, l’altérité en moi, l’autrui que je suis quand je ne suis pas celui que je suis. Je recherche mon alter ego de papier, mon noir, mon nègre ; un nom de plume associé à un personnage, un nom de scène, une peau à enfiler, un corps à habiter, je recherche celui qui saura incarner le chaînon manquant entre moi et l’espèce littéraire à l’autre bout de la plume.

Je renonce aux incitations à la transparence.

Je revendique mon droit à porter le voile.

J’invoque le devoir de mensonge pour préserver mon droit à la créativité.

Monsieur Ray ou monsieur Rat, real fake a.k.a le roi des blogs, le pornographe zéro, le publiciste mort-né à l’œuvre pour le plébiscite de rien si ce n’est de soi, de lui, de nous, de l’autre.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Je est un autre, #Je est un Blog, #écrire, #autofiction, #egotrip, #Brainstorming

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Publié le 27 Février 2017

Vas y monsieur, fais toi aussi ton communicant.

Racole donc un peu, c’est cool, c’est chic, c’est soft, c’est porn, c’est hype, c’est cool, c’est normal.

Recolle petit à petit les morceaux d’attention dispersée. Ce n’est pas cool, les gens sont de vraies pies, des volées de moineaux qui tournent en vrac comme des étourneaux.

Et toi, étourdis créateur, créature créatrice, tu avais oublié qu’après les tunnels il y a la chasse.

Tu disais que la récolte ce n’était pas pour toi, mais reconnais ton erreur.

Il y en a qui font ça si bien. Je récolte, tu racoles, nous recollons les ailes des oiseaux.

Pas la plume assassine, peut-être quelque chose de plus proche d’une patte, d’un style.

Collecte, c’est parti ! Collectionne. Ponctionne. Pinaille et ne prélève que le meilleur avant de le punaiser dans la partie blanche des livres comme un herbier pour petits insectes.

Soulèves les jupes des filles et colle ta pub dessous.

Colle ta pub dans le dos des messieurs et dans le revers des vestes des hommes sérieux.

Glisse quelques publicités dans la couche des bébés, et dans le fard des midinettes trop maquillées.

Il reste de la place à la surface des serviettes hygiéniques et dans le réservoir à gazoline.

Marketing de proximité ils disaient, marketing de peau à peau, tamponne, tatoos, tracte !

Ne tergiverse pas le terrain est déjà conquis il faudra le reprendre.

Il n’y a qu’ici que tu es le roi.

 

La perspective de racole avec la vue d'une paire de fesse est souvent un pari serein posé sous les jupes des filles

La perspective de racole avec la vue d'une paire de fesse est souvent un pari serein posé sous les jupes des filles

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Divagations diverses, #Digression, #punchline, #publicité

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