Publié le 22 Septembre 2016

Ré prendre parler ; ré prendre à crire

Re possession de sa ie

Une salle ie ; sailli de val

Jeune adoubée mère deux fois ; ma ment mains terreuses

Dix lexiques de verbes ; hauts ; étrillage des conséquences

Huit langues ; années de mat à triarche

Misère arable ; le tertre trop tôt

Que ma queue s’entête

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #poésie, #Pictogranimation

Repost 0

Publié le 22 Septembre 2016

C’était un des premiers vide-greniers de septembre, dans un village où chacun devant sa maison vide son trop plein de babioles et d’objets culturels. J’aime ces ambiances là, très conviviale, très vide-maison, sans professionnels mais avec souvent de bonnes affaires. Sur quasiment le premier stand devant lequel je passe je m’arrêter sur quelques livres.

D’abord sur un Camus. Lorsque j’ai abandonné la fac afin de préparer un changement de voie qui échouera avant de se faire finalement par hasard quelques années plus tard, j’avais décidé de profiter de mon temps pour me cultiver. Ça signifiait pour moi lire des livres. Mais lesquels ? J’étais seul, solitaire et avant l’ère internet et instinctivement je me suis tourné vers Freud et vers Camus. Ce sont donc les premiers auteurs que j’ai acheté pour forger mon esprit critique dans une démarche active et personnel. J’ai eu des affinités avec la prose et la pensée d’Albert Camus comme avec les figures de Sisyphe ou de Meursault. C’est finalement très logique que je décide de faire entrer l’œuvre de Camus dans ma bibliothèque chinée. Sur ce stand là, je repère donc Caligula dans une édition récente (2006) dans le catalogue Folio Théâtre. Certainement un exemplaire scolaire ayant appartenue à une certaine Aurélie.

Sur le même étale de livre je repère deux bouquins de la collection Poésie/Gallimard. Intérieurement je me dis chouette, de la poésie puisque chiner de la poésie pour ma bibliothèque est devenu ma petite obsession. D’abord il y a Alcools rédigé de la main d’Apollinaire. C’est un recueil que l’auteur à édité la première fois en 1913, un recueil en pleine mutation poétique dans lequel Apollinaire décide de supprimer sa ponctuation. Et les gens qui sont habitués à me lire comprendront que cette forme littéraire soustraire à la ponctuation ne peut que me toucher et me parler. Le second ouvrage de cette collection Poésie/Gallimard c’est Choix de poème de Paul Celan. Et là je dois avouer mon ignorance, je n’avais jamais entendu parler de cet auteur. En feuilletant l’ouvrage j’en ai vite déduis que l’auteur écrivait en langue allemande puisque le livre est dans une édition bilingue Allemand / Français ; Wikipédia finira de me présenter ce poète ayant été considéré comme un poète de l’Holocauste au travers de poème comme Fugue de la mort. Si je souligne de poème là ce n’est pas seulement parce que la page Wikipédia en parle, c’est parce qu’un professeur de littérature ou d’allemand à fait étudier ce poème à ses étudiants et que l’étudiant qui avait l’exemplaire que je viens d’acheter prenait ses notes sur son livre. Vous savez, j’aime beaucoup ce genre de trace, non pas pour qu’elle me donne des aides de lecture de ce poème mais parce que ça me donne de la matière pour m’imaginer la vie de ce livre.

Il me restait à demander le prix pour ces trois ouvrages et les personnes en voulaient 1,5 euro, un prix plus que raisonnable que j’ai payé sans trembler trop heureux de rentrer de la poésie et du Camus. Ce n’était que le début du vide-grenier et je n’imaginais pas que ce jour là j’allais pouvoir ramener quatre autres de livres de poèmes et de poésies et d’autres encore pour me réjouir hors domaine poétique. Mais il faudra revenir ici les jours prochains pour découvrir quelques livres vont entrer dans le projet chiner sa bibliothèque.

Celan, Apollinaire et Camus entrent dans la bibliothèque dont la valeur totale monte à 49,5 euros

Celan, Apollinaire et Camus entrent dans la bibliothèque dont la valeur totale monte à 49,5 euros

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #chiner, #bibliothèque, #livre, #videgrenier, #vide grenier, #poésie

Repost 0

Publié le 21 Septembre 2016

Des fleurs de mauvaises natures poussent de mes jardins secrets comme publics et de même manière des fleurs du mal poussent dans ma bibliothèque, celle que je chine de greniers vidés en greniers vidés.

Je le disais à mots pleins pour vous et demis mots pour moi dans le premier hors série des articles chiner sa bibliothèque ; était-il possible que je collectionne les éditions des Fleurs du mal de Charles Baudelaire ? J’en avais déjà deux plus un que j’avais offert et trois exemplaires ce n’était pas assez encore pour supposer une collection, ça aurait pu être un hasard ou le fruit d’un esprit dilettante. Avoir posé des mots sur cette accumulation latente d’exemplaires des Fleurs du mal m’a fait franchir le pas et ce week-end en deux vide-grenier j’ai rapporté deux nouveaux exemplaires du recueil de Charles Baudelaire. Une édition en classique poche de 2009 avec ses marques pages que je suppose laissé par un lycéen à l’écriture maladroite et une autre édition au format poche de 1995 avec une très jolie couverture. Ce livre là valait 10 francs il y a un peu plus de vingt ans ; dix francs je trouve que la poésie coûtait peu cher à la fin du siècle précédant.

Je ne suis expert de rien mais empiriquement j’ai envie d’affirmer que Les fleurs du mal de Charles Baudelaire est le livre de poésie le plus récurent en vide-grenier. Ainsi j’extrapole en me disant que ces Fleurs du mal sont certainement le recueil de poésie le plus communément acheté et lu dans les foyers français ; et pas seulement par des étudiantes studieuses mais aussi par tous les romantiques qui naissent dans l’adolescence et qui se bercent de le romantisme noire du poète.

Au niveau des prix dépenser pour deux fois Les fleurs du mal ça reste très raisonnable, l’exemplaire le plus récent a été payé 50 centimes d’euros tant dis que l’exemplaire avec la jolie couverture m’a été offert par une femme à qui j’achetais deux jeux de Playstation 3 (qu’elle m’a vendu pour 4 euros).

Toujours ce week-end, toujours en chinant dans un vide-grenier je repère sur un stand bordélique deux couvertures de la collection Poésie/Gallimard. Le premier livre c’est Anthologie de la poésie française du XVI siècle, une édition de 2005 qui semble avoir été très peu consultée. Le second bouquin c’est Anthologie de la poésie française du XIX * de Chateaubriand à Baudelaire, une édition de 2004. Celle-ci porte beaucoup plus de trace de lecture, et c’est rassurant. Il s’agit du tome 1, il existe donc un tome 2 et en bon chineur, accumulateur, collectionneur ça me donne nécessairement envie de compléter l’ouvrage. Je demande aux vendeurs le prix, ils annoncent 3 euros pour les deux ouvrages mais dans un sursaut d’audace commerciale je propose 2 euros et les vendeurs acceptent. Pour 1 euro pièce je trouve que c’est vraiment un bon prix pour ces anthologies. Du coup ce week-end ce sont quatre livres de poésie qui entrent dans la bibliothèque chinée même si en réalité je possédais déjà Les fleurs du mal.

Avec ses nouvelles entrées la valeur totale dépensée pour chiner sa bibliothèque monte à 47,9 euro, j’arrondi à 48 euros, autant dire que l’on se rapproche de la barre symbolique (oui mais de quoi ?) des 50 euros de dépenses en quasiment 6 mois.

Avec ses nouvelles entrées la valeur totale dépensée pour chiner sa bibliothèque monte à 47,9 euro, j’arrondi à 48 euros, autant dire que l’on se rapproche de la barre symbolique (oui mais de quoi ?) des 50 euros de dépenses en quasiment 6 mois.

Voir les commentaires

Rédigé par Ray

Publié dans #chiner, #bibliothèque, #livre, #videgrenier, #vide grenier

Repost 0

Publié le 20 Septembre 2016

Elle : Il y a deux mondes qui coexistent en moi.

Lui : Tu sais j’envie ceux que tu as habilités à franchir cette frontière en toi. Moi je n'ai qu'un seul monde à l'intérieur, mais nous sommes des dizaines de variations dégénérées à le peupler.

Elle : Alors j'envie l’audience démultipliée que tes pensées trouvent dans le fond de ton crâne.

Lui : Oh ça oui, tu peux. Mes intérieurs dégénérés valent tous mieux que moi.

Dialogue d'usine

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Dialogue de sourd

Repost 0

Publié le 19 Septembre 2016

L’homme a toujours voulu avoir une vie borderline, connaître le souffle d'une vie hors norme, avec des expériences à la marge de la norme ; l’homme avait eu des amies avec lesquelles il avait eu des amitiés comme il rêvait sa vie, des amies avec qui il avait vécu des choses fortes, des choses folles, les excès de la passion et la démesure modeste de la vie. Mais au final l’homme c’était retrouvé en couple avec une dame qui était loin de toutes les tornades qu’il fantasmait. Sa dame l’éloignait de cette vie fantasmée qu’il avait toujours désiré vivre et certains soirs, l’homme se demandait quelle aurait été sa vie, quelles limites auraient été franchies, quelles expériences auraient étaient faites s’il avait été en couple avec une dame différente de la sienne. Quelle aurait été sa vie avec une femme qui au lieu de le frustrer et de le ramener vers une hypothétique norme l’avait stimulé et alimenté ses pulsions aux marges. L’homme pensait à cela, puis il passer regarder ses enfants dormir et retournait se coucher dans le lit conjugal apaisé et confus.

Homme atomique

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Homme atomique

Repost 0

Publié le 18 Septembre 2016

Journée du patrimoine et je sors de la visite des archives de la ville d’Orange. Et maintenant j’écris, du papier numérique et du clavier de plastique, mais comme si je devais en douter, je réalise que j’aime les vieux papiers. Je ne sais pas si ce doit être évident pour tout le monde que l’écrivain aime le papier. Je ne sais même pas  si ce doit être évident que l’on doit tous aimer le papier parce qu’il porte la nature de notre histoire.

J’avais un sentiment empirique à ce sujet, et depuis que j’écume avec plus d’assiduité les vide-greniers je commence à comprendre que j’ai pour le papier un attachement particulier. Je dis papier c’est idiot, je veux dire pour les traces écrites que ce soit sur papier, toile, carton, vélin, parchemin et tous les autres supports envisageables. Et là, en sortant des archives je comprends que je suis sensible à la matière qui porte nos écrits.

Je ne crois pas éprouver une émotion  rétrograde, je ne suis pas militant d’un éternel retour aux supports palpables ; mais je ressens de la tendresse et de l’émotion devant le document qui transporte la trace écrite. Sûrement parce qu’il est une forme de dépositaire d’une écriture dont le contenu littéraire peu me touche, mais aussi parce que le document en tant qu’objet concret, que support physique, est porteur des traces d’une vie, d’une sous ou sur histoire qui vient s’ajouter à l’histoire littéraire.

Aujourd’hui c’est sûr. J’aime les vieux documents, qu’importe leur contenu d’ailleurs. J’aime regarder un document comme on regarde un paysage, une ville, une ruine, et m’imaginer son histoire en remontant le fil de ses aspérités et des actes humains qui l’on façonnée.

Un jour sûrement je viendrais à imprimer tous mes mails.

Un  jour moins sûr je viendrais peut-être à imprimer mes blogs.

La vérité de ma destiné c’est bien d’écrire des livres.

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #écrire

Repost 0

Publié le 17 Septembre 2016

Mais aujourd'hui où trouver sa Marilyn ? Je ne pense pas pouvoir en trouver une sous les sabots d'un cheval. Pourtant c'est exactement mon souhait, je désir entretenir puis combler le Pacifique qui sépare un homme lambda d'une icône. Je veux pouvoir me dire que la force de la littérature est capable de façonner et dépasser cette réalité. De moi à Marilyn il y a un gouffre océanique, je cherche donc à nouer une relation épistolaire avec une personne qui se tiendrait assise, debout ou allongée sur l'autre rive de mon fantasme littéraire.

Qui, je ne sais pas.

Voir les commentaires

Repost 0

Publié le 16 Septembre 2016

Bonjour internet.

Bonjour à ceux qui me lisent et bonjour à ceux qui pourraient un jour être atteints hypothétiquement par cet article.

J’utilise internet pour écrire et essayer de percuter d’improbables lecteurs depuis les années 2000 et même avant. Au départ dans la préhistoire de l’internet je faisais une forme de spam sauvage pour envoyer mes écrits aux hasards des adresses mails récoltées. C’était de l’écriture de combat, gratuite et sauvage qui chercher l’impact sur des inconnus et des anonymes parce que c’étaient eux qui étaient là.

Quelques quinze années et plus après mes prémisses j’ai toujours envie d’écrire et d’envoyer mes mots sur la toile à en quête de captation d’un lecteur ou d’une lectrice ; mais quinze années plus tard j’ai le désir de choisir mes contacts car j’ai envie de correspondances magistrales avec de réelles personnages, des personnes iconiques. Qu’est ce qu’une personne iconiques ? Je ne sais pas vraiment mais j’aime la formule. Une personne iconique c’est dans ma langue une personne que je fantasme, quelqu’un de connu ou une starlette, un écrivain que j’admire, un penseur, une philosophe, une décideuse de tendance, une actrice, un chateur, bref quelqu’un qui soit reconnu comme quelqu’un. Ce n’est pas dans le but de tirer profit de cet hypothétique échange ; c’est juste pour moi, pour le plaisir de renouer avec une correspondance transcendantale ; car cette correspondance me permettrait de réduit la distance qu’il y a entre moi, petit homme anonyme de province et la cible plausible de cette correspondance.

J’ai envie de cela oui. Oui mais qui ?

Elle, lui ? Toi ? L’autre ?

Oui, qui ?

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #correspondance, #lettre, #star, #starlette, #Je est un Blog

Repost 0

Publié le 15 Septembre 2016

Cette fois c’est la bonne, l’introduction que je voulais écrire hier c’est transformée en article fleuve sur l’avant, sur l’après, et sur le plaisir de mener ce projet. Jusqu’à présent je faisais généralement les chroniques d’entrées de livre dans l’unité de temps d’un vide-grenier, parfois je scindais en deux quand j’avais fais beaucoup d’achats le même jour mais là je vais faire l’inverse. Je réuni quatre achats éparses et je fais ici la chronique de quatre nouvelles entrées, pour cinq livres chinés cet été au hasard d’août ou de juillet et qui, les jours où je les ai trouvés, étaient mes seuls achats de livre.

Pour commencer parlons du livre Réseaux D’ombres de Rémy. Pas besoin d’en dire plus, je crois que tout est dit, tout est là. Mais comme je suis d’un naturel prolixe je vais quand même en dire plus. Ce jour là c’était un grand vide-grenier, beaucoup d’exposant, beaucoup de soleil, beaucoup de chaleur et j’avais déjà fais quelques achats côté jeux vidéo et jouets. J’étais loin d’être bredouille, mais j’avais ce sentiment d’incomplétude de revenir d’un vide-grenier sans un livre pour le projet chiner sa bibliothèque. Je fouinais donc avec plus d’attention dans l’espoir de trouver un ouvrage qui m’interpelle à un bon prix et ce jour là curieusement les vendeurs avaient des prix audacieusement hauts pour des livres. Je fini par tomber sur cette couverture et là directement j’y ai vu un message. Rémy réseaux d’ombres, Rémy, avec un i grecque comme le mien, comme les vrais Rémy. Je ne savais rien de l’ouvrage mais m’étant senti concerné j’ai demandé le prix. Enfin un livre à 50 centimes, un livre que j’ai pu acheter. Sans me faire plus bête que je ne suis avec son titre et ses empreintes digitales bleues et rouges je supposais un roman sur la résistance. Certes, je n’ai pas été non plus très malin puisque j’ai cru que le Rémy sur la couverture faisait parti du titre, non c’était l’auteur, colonel Rémy, héros de la résistance. Je n’ai même pas acheté le livre pour sa couverture, ni pour sa tranche rouge rosie par le temps et l’eau, non je l’ai acheté pour son titre et donc je n’en connais pas le contenu. Pour ce que j’en ai feuilleté ça semble être une forme de témoignage biographique du colonel Rémy.

Comme vous pouvez le voir Rémy Réseaux d'ombres contient pas mal de code et de documents en plus du texte

Comme vous pouvez le voir Rémy Réseaux d'ombres contient pas mal de code et de documents en plus du texte

Chiner sa bibliothèque #23

Autre jour, autre lieu, mais encore un livre à la tranche rouge. Cette fois un livre de poésie. C’est devenu ma lubie, ma quête et mon jeu, revenir le plus souvent possible avec de la poésie. J’ai du retard à la lecture des classiques et des autres poètes, et maintenant que j’ai fais la paix avec la poésie j’ai plaisir à rattraper ce temps passé à la maudire ou à la détester. Est-ce que Mallarmé est un classique ou un autres je vous laisse seuls juges. Je l’ai un peu étudié à la fac, surtout son poème Jamais un coup de dés n’abolira le hasard qui m’avait laissé un sentiment de sidération positif. J’étais donc en joie de tomber sur du Mallarmé en vide-grenier pour 1 euro. Il s’agit de l’ouvrage Poésies, Anecdotes ou Poèmes, Pages diverses. En feuilletant la page de garde je lis que l’ouvrage ne comporte pas Un coup de dés, c’est une toute petite déception vite oubliée, je dois même dire que ça m’a fait sourire parce que même si Mallarmé est un fameux poète je n’avais lu que ce poème de lui, et me voir notifier noir sur blanc que le seul poème que je connaissais n’était pas de le livre j’y ai vu une amusante ironie.

Troisième ouvrage on change de registre. J’ai acheté un livre qui se nomme Lara Croft les carnets secrets aux éditions Albin Michel. Je ne sais pas s’il faut encore faire les présentations, mais au cas où, les gens voici Lara Croft une des premières icônes du jeu vidéo à dépasser son média d’origine, Lara voici les gens qui n’ont peut-être jamais joué à un de tes jeux Tomb Raider mais qui te connaissent sûrement de nom. La première chose que j’ai regardé en feuillant l’ouvrage c’est son année d’édition, parce que si dans l’absolu je ne suis pas un grand fan des jeux vidéo Tomb Raider je suis plutôt fasciné par les figures de la culture populaire. Et je crois pouvoir dire sans trop faire d’erreur qu’en France Lara Croft est la première figure du jeu vidéo à transcender son rôle de star du jeu vidéo pour devenir durant quelques temps star à part entière, une vedette. C’est à cette époque que Lara Croft personnage devenue star faisait de la publicité pour d’autres produits que le jeu vidéo. En 1998 & 1999 nous pouvions voir Lara Croft nous vendre des voitures Seat. Bien sûr les pubs reprenaient les codes du jeu vidéo mais c’était quand même un signe que l’aura de Lara avait dépassé le cadre de la Playstation. Et justement ce livre date de 1999. C’est ce qui m’a convaincu de le prendre pour 2 euros, il est le témoignage d’une époque et l’on a cherché à créer une personnalité médiatique de toutes pièces à partir d’un personnage de jeu vidéo. Aujourd’hui si l’on veut une starlette bon marché il suffit de piocher dans le vivier de la télé réalité, mais au début du siècle notre société culturelle a piochée dans le jeu vidéo. Le livre Lara Croft les carnets secrets se lit comme un dictionnaire, à chaque lettre sont associés six entrées qui sont autant d’accroches pour de petits paragraphes rédigés comme si Lara répondait elle-même. Les visuels peuvent prêter à sourire, le concept même de faire parler Lara comme une personne peut mettre mal à l’aise tant on se demande quelle était la cible de cette ouvrage, mais si on regarde cela comme une œuvre d’art, une tentative unique dans le temps je trouve ce livre parfaitement intéressant.

Les poses choisies pour Lara sont toujours assez tendancieuse même si dans le texte Lara dit détester être vue comme un sex-symbol

Les poses choisies pour Lara sont toujours assez tendancieuse même si dans le texte Lara dit détester être vue comme un sex-symbol

Avec ces derniers achats j'ai dépensé 46,4 euros pour la bibliothèque

Avec ces derniers achats j'ai dépensé 46,4 euros pour la bibliothèque

Un jour mon regard a été attiré par les couvertures noires et mauves aux aspects polardisantes de deux livres assez minces. Je ne connaissais pas l’auteur, je ne connaissais pas les titres mais l’esthétique de la couverture et la quatrième de couv’ assez laconiquement orientée polard m’a poussé à demander le prix. C’était 20 centimes le livre, 40 centimes pour Sous influence et pour Ultime voyage de Christopher Pike. J’ai cessé de réfléchir, j’ai payé et je suis parti. Je pensais avoir acheté de la littérature de gare, du polard de salle d’attente que je comptais mettre aux toilettes et c’est d’ailleurs ce que j’ai fais. D’ailleurs les livres ne sont pas mauvais, et se lisent sans difficultés ; s’il doit y avoir un petit hic c’est que l’auteur, Christopher Pike fait dans la littérature post jeunesse, ce sont donc de bonnes petites histoires tendance noires pour ado, ce qui n’est pas en soi une critique d’ailleurs mais ça explique parfois la minceur de l’intrigue.

Avec cette chronique des retours éparses de l’été je suis presque à jour dans mon projet chiner sa bibliothèque. Il me reste à faire une chronique groupée sur les livres dont vous êtes le héros trouvé tout au long de l’été et une fois que cela sera fait je n’aurai plus que mon dernier vide-grenier à vous chroniquer pour être à jour. Si je suis capable de faire ça dans la semaine c’est guinguette !

En bonus je vous laisse avec les pub Seat où Lara Croft jouait.

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #chiner, #bibliothèque, #livre, #brocante, #videgrenier, #vide grenier

Repost 0

Publié le 14 Septembre 2016

Lorsque j’ai débuté le projet chiner sa bibliothèque j’avais une idée assez précise de ce que je voulais que ce soit et en même temps je ne savais pas trop à quoi cela allait ressembler ; et cela nécessairement car un des plaisirs de ce genre de projet c’est que je ne sais pas quels livres je vais rencontrer. Je ne voulais pas décider à l’avance d’une ligne éditoriale et me restreindre à un genre, une époque voir à une maison d’édition. Je savais qu’avec les temps de grandes lignes émergeraient et permettraient de dresser un portrait plus précis de ce projet de bibliothèque chinée. C’est vrai que c’était aussi pour moi un prétexte pour me permettre d’avoir une bonne raison de me lever les samedis et les dimanches matins pour arpenter les vide-greniers et y chiner des ouvrages ce qui est une chose que j’adore faire.

Se lever tôt, avant la chaleur écrasant de l’été, parfois avec le soleil, parfois avant lui et prendre des routes désertes pour se rendre dans des villages voisins et des villes voisines que j’ai souvent jamais pris le temps d’explorer avant ; chercher, fouiner, discuter, bref chiner autour de livre que je n’attendais pas. C’est vraiment, mais alors vraiment, un grand plaisir pour moi. Dès le départ mon projet n’est pas celui d’une collection, d’une part parce que l’on ne peut pas collectionner tous les livres, ni ceux du monde, ni ceux de France, ensuite parce que l’important dans mon projet de départ c’était de montrer que la culture est là, accessible avec très peu d’argent, en tout cas je ne sais pas si le très est juste selon vos critères, donc je vais dire accessible avec peu d’argent, voir accessible avec un peu d’argent. Actuellement le projet chiner sa bibliothèque m’a coûté 42,5 euros  pour soixante ouvrages achetés et recensés : à mes yeux c’est très raisonnable.

En plus quand je dis que la culture est là, accessible proche de nous est à bon marché, j’essaie de ne pas caricaturer une culture chiante, épaisse et lourde. Certes j’aime la poésie et je fais entrer beaucoup d’ouvrages de poésies dans cette bibliothèque, mais je en me cantonne pas à cela, il y a des classiques, de la science-fiction, des classiques de la science-fiction, des livres jeux avec les livres dont on est le héros (je mets hors catégorie les jeux de rôle chinés en vide-greniers) et quelques livres OVNI autour de ce qui me tient à cœur c'est-à-dire la pop culture. Et mine de rien, ce projet là m’a permis de renouer avec une forme de lecture, une forme moins solennelle, mais ne cherchez pas le sens de cette phrase, je crois qu’elle ne parle qu’à moi ; chiner un livre, le découvrir, le nettoyer, lui découvrir ou lui imaginer une histoire ça instaure avec l’ouvrage un lien en amont de la lecture et ce lien très instinctif chez-moi exacerbe le plaisir à lire le livre en question. C’est différent d’un ouvrage qui arrive chez soi en un clic de chez Amazon.

Je disais tout à l’heure que je ne cherche pas à faire une collection, mais je crois qu’en parti je me trompe un peu. Bien entendu je ne recherche pas les livres pour leurs valeurs de collection, ce qui m’importe toujours en premier c’est son contenu et son prix ; et je n’achète jamais un livre en me disant que je vais faire une bonne affaire ou en me disant que je pourrais toujours le revendre derrière sur internet, ça non. Mais j’avoue que je n’ai pas de mal à acheter un livre que j’ai déjà parce que l’édition est plus jolie ou juste parce que j’aime justement cette idée d’accumuler quelques même livres dans des éditions différentes et cette chose là ressemble à de la collection. Mais jusqu’à présent je crois que je n’ai que trois éditions Baudelaire avec Les Fleurs du mal, dont une que j’ai donnée, et deux éditions du Horla du Maupassant.

Voilà quatre mois déjà que j’ai commencé à chiner ses livres. Et le plaisir ne s’essouffle pas, bien au contraire il grandi à mesure que la bibliothèque se précise. Il grandi aussi à mesure que je deviens plus exigeant avec les ouvrages que j’achète. Il y a quatre mois il y avait nécessairement une part d’empirisme parce que je ne savais pas ce que j’allais trouver ni ce que je voulais trouver. Mais de coups de cœur en coups de cœur de poésies en poètes, de classiques en figures et d’éditions en éditions j’affine mon goût et donc mon plaisir de chiner. C’est sûrement idiot mais il y a une chose que j’ai du mal à retranscrire dans le plaisir que j’éprouve à faire les vide-grenier, c’est le plaisir de donner une seconde vie aux objets, ici les livres, en leur donnant une seconde attention. L’objet livre a toujours une histoire, réelle ou fantasmée, et souvent je me dis qu’arriver dans un vide-grenier c’est pour l’objet un coup d’arrêt dans son histoire. En l’achetant, en éprouvant du plaisir à le détenir et en trouvant du sens à le posséder j’ai la sensation de lui redonner cette nouvelle dose d’attention qui lui permet de continuer d’écrire son histoire. C’est sûrement pour cela que j’aime les ouvrages qui portent en eux les traces de leurs vécus, souvent ce sont des notes sur les pages ou une dédicace avec le nom ou l’année, parfois des antisèches inscrites par un collégien anxieux, ou les gribouillis de la main d’un enfant ayant échappé la vigilance de ses parents qui me permettent de me raconter d’imaginer la vie du livre, parfois l’âge de l’ouvrage suffit à imaginer le reste ; un recueil de poésies de Châteaubriant dans une édition de 1831 (teaser de fou pour un livre dont je n’ai pas encore chroniqué l’entrée dans la bibliothèque) a nécessairement eu une vie romanesque et rocambolesque d’achats en héritages, des étagères d’une bibliothèque à la poussière d’un grenier avant ‘arriver jusqu’à moi par l’entremise d’un vide-grenier. Cette histoire, supposée et imaginaire c’est la cerise sucrée sur mon plaisir de chiner.

Et pour ne rien gâcher à travers ce projet il y a le plaisir des mots, cette fois je parle de ceux dont je suis l’auteur au travers de mes articles. Je me suis souvent demandé si je devais continuer ce blog parce qu’y avoir de l’inspiration quotidiennement est une épreuve hasardeuse et compliquée. Mais lorsqu je dois faire la chronique d’un livre qui entre dans la bibliothèque chinée les mots facilement et en quantité ; parfois dès l’achat, dès que je repère un livre qui me fait de l’œil sur un stand de vide-grenier j’ai déjà une ébauche des mots que je trouverai pour raconter le moment, déjà les mots à la bouche en quelques sortes.

J’étais parti pour faire une introduction avant de parler de trois livres orphelins achetés séparément durant cet été mais cette introduction est déjà trop longue. Je vais donc m’arrêter là et il faudra revenir demain pour voir quelques livres vont entrer dans le projet chiner sa bibliothèque. Re teaser de ouf ! J’ai bien l’occasion encore de vous parler de ce sujet, parce qu’il m’inspire, parce que je me sens bien avec, le soir lorsque je rédige mes articles et les matins tôt lorsque je me lève pour chiner. Allez, c’est bon, cette fois j’arrête.

 

Voir les commentaires

Repost 0