Publié le 18 Novembre 2016

Il aime poker les garces. Est-ce là le jeu d’un érotisme de l’effleurement seulement joué dans les sphères hautaines de salons clos et des donjons d’une bourgeoise en quête d’une décadence familière qui redonnerait du sens à la vacuité de leurs vies ? Non. Il aime poker les garces mais pas qu’elles, ils aiment poker les gens, c’est sa déviance sans dérive, une névrose sans effets, sans affects, surtout sans impact sur le réel. Il  est là, anonyme pseudonyme qui dévoie sa véritable identité, assis à son bureau devant l’écran et le clavier cassé. Dans cette posture sécuritaire il se sent en mesure de poker les gens, des inconnus sans importance mais surtout des garces et des personnes qu’il admire. C’est curieux, le mélange n’est pas savant, c’est un mélange hasardeux où les ingrédients s’adjoignent presque par hasard, ignorant généralement méticuleusement la présence d’autres ingrédients et leurs valeurs respective. Lui, seul, démiurge minuscule d’un peuple sans élu, connaît la valeur des doses et il en mesure tout le bénéfice. Il poke, geste simple, anodin et presque automatique et le compteur grimpe. Rapporté à l’échelle du réel les pokes qu’il échange avec sa liste c’est comme les gestes équivoques qui s’échangent maladroitement et non volontairement lorsqu’une personne traverse une foule, une salle de concert ou un centre commercial un jour de solde. Ce n’est rien, mais c’est là. Ce n’est rien, mais ça colle à la présence et ça donne l’impression de ne pas être seul. A moins que ce ne soit le contraire, ça dépend de ce qu’en pensent les autres, mais ça il ne le saura pas. Il poke les garces et les autres mais il ne parle pas avec eux.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Poke, #Chronique chaotidienne, #Je est un autre

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Publié le 17 Novembre 2016

La première fois depuis quelques jours

J’ai le hasard de tomber sur cette femme en train de faire pipi

J’aime ses baskets dans cette ruelle

L’expression interloquée affiche un regard porté dans le hors champs

Personne ne doit remarquer la scène, la bouche entrouverte dans le silence de la surprise

Urgence, de l’impudeur et inquiétude troublée

Qui soulève la robe rouge ?

Parfois les images parlent plus moi

Ici ce qu’il y a d’excitant, voir ce qui plait

Les paroles qui sont repartagées, aimées, notifiées, propagées

Un nouvel élan, plus fort, plus fou, plus réel

Ce n’est rien et c’est tout, le plaisir des solitaires

Aspect d’échange, de partage, une communion anonyme

Communion du christ, comme la communion des stades, comme la communion des concerts, communion de la pornographie, des fantasmes et des tabous qui tombent

Frères et sœurs de fantasmes

Unisson d’un frisson qui cristallise sur la même photo le cul d’une femme photographié à New York

Cet homme qui éjacule son foutre anonyme sur l’expression complice

Mille, vices & fantasmes et autant qui communient

Qu’importe le média qui transporte, il y a toujours une personne pour la même fréquence que soi

La pornographie se disperse comme la fumée de ma cigarette

Une fumée qui s’arrache violente ou douce du feu qui couve

Juste la fumée, et moi je suis le brasier et je suis les cendres et je suis le charbon qui reste quand il n’y a plus rien de fertile à brûler

Je suis la fumée qui reste quand il n’y a plus rien de fertile à brûler

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #poésie, #érotisme

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Publié le 16 Novembre 2016

Ici, sur ce blog je veux dire, souvent je partage mes trésors chinés en vide-grenier, livres de poésies, de fiction ou de science-fiction et tous les sujets que je considère comme relevant d’une forme de la pop culture post moderne alias ma culture populaire. Mais là je vais invoquer un objet que je n’ai pas chiné en vide-grenier, ni en boutique d’occasion, même chez Emmaüs ou sur internet. Je vais invoquer un livre, un roman de science-fiction, un livre de poche racontant une histoire basée sur StarCraft le jeu vidéo. Ce livre c’est La reine des lames, et ce livre je l’ai chiné dans une poubelle. Je me rendais chez ma petite amie et en arrivant, je passe devant des containers à poubelle. Comme ils étaient pleins une personne avait laissé ses sacs devant les containers. Je suis chineur dans l’âme, un curieux de nature, et j’ai toujours aimé fouiner dans les poubelles, les décharges, les déchetteries. Du coup je jette un œil dans le sac ouvert et je vois des livres en vracs, des grands, des petits, des magazines, des romans, donc je fouine un peu et je trouve cela, La reine des lames de Aaron Rosenberg, vu que ma copine n’apprécie pas vraiment que je fouille les poubelles c’est le seul ouvrage que j’ai pris et que je suis retourné mettre dans la voiture. J’avais envisagé d’y retourner plus tard, mais il a plu et les livres étant restés sous la pluie sont entrés définitivement je crois dans le cycle des déchets. Mais j’en ai sauvé un. Il entre dans la bibliothèque et se rangera dans ce qui doit être ma collection de roman de poche adapté de films de science-fiction.

L'ouvrage étant déjà rangé j'ai trouvé l'image sur internet, mais mon édition est exactement la même en très bon état

L'ouvrage étant déjà rangé j'ai trouvé l'image sur internet, mais mon édition est exactement la même en très bon état

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Publié le 15 Novembre 2016

Chiner c’est faire pour soi dans l’archéologie émotionnelle. Chiner c’est mener à rebours l’exploration de ses souvenirs et des émotions qui sont oubliées, rattachées et archivées entre les pages des livres. Et si le chineur que je suis ne se lasse pas de se lever à l’aube de la saison pour marcher dans le froid entre les objets dont les gens se délestent c’est parce que la mine de mes souvenirs est sans fin. Souvenirs & découvertes, retrouvailles d’envies vieilles et raviver des désirs enfouis parce qu’à  l’époque nous n’avions pas le temps, le savoir, l’argent, la culture, l’habitude de cultiver cette envie là.

Du sport, de la poésie et la douceur acidulée de la culture populaire, pop culture de cinéma.

Quand est-ce que c’était ? Je ne saurais pas le dire exactement, nous étions à la fin de l’été quand les indiens jouent encore à se dorer au soleil dans la douceur du matin. Je chinais donc mes nouvelles amours de poésie, je fouinais tandis que le village vidait ses greniers lorsque je repère un livre simplement intitulé Nouvelle Anthologie Poétique avec Fernand Nathan qui s’affichait en bas de la couverture. Souvent dans le feu frais du matin j’oublie de réfléchir et de comprendre le sens des choses, je n’avais donc pas réalisé que Fernand Nathan n’était autre que le fondateur des éditions Nathan spécialisée dans les livres scolaires. Pour 1 euro j’ai acheté ce livre éditée en 1955 surtout parce qu’il contenait de la poésie, toutes sorties de poésies et d’auteurs. Mais ce qui fait le sel et donc la saveur de cet ouvrage c’est que c’est un ouvrage destiné aux écoliers et qu’à ce titre les poèmes sont accompagnés de question permettant l’analyse de texte. J’adore vraiment ces questions naïves, désuètes et pertinentes pour s’approprier les poètes et ça fait tout le sens je trouve de ce livre.

Plus fragile dans l’archéologie de mes souvenirs il y a un film d’un réalisateur devenu plutôt reconnu mais aux commandes discrètes d’un film pour enfant. J’ai un penchant naturel pour les jeux, les jouets et les dessins animés et si comme ma petite amie vous petit déjeuniez avec moi vous sauriez mon habitude à préférer les dessinés animés à I-télé pour m’accompagner. Et par extension il m’arrive de me retrouver au cinéma, seul, pour voir des films dont je ne suis pas le cœur de cible du public visé. Un jour je suis donc allé voir Le Royaume de Ga’Hoole, la légende des gardiens, un film d’animation réalisé par Zack Snyder qui met en scène une chouette aspirant à appartenir à la grade du royaume pour le sauver. Étonnant de trouver Zack Snyder qui sortait à l’époque du très noir Watchmen et qui s’apprêter à sortir le très baroque Sucker Punch. Étonnant aussi je suppose de moi voir de chiner le livre tiré du film. Trouvé pour 1 euro, Le Royaume de Ga’Hoole, la légende des gardiens a réveillé ma nostalgie et j’avais envie de rendre hommage à ce penchant en moi pour les moments un peu désuet. C’est là un tout petit livre illustré par des images tirées du film, c’est dommage parce que la force du film c’était son animation plus que son graphisme. Mais bon, au vu de la dédicace intérieure, ce livre sera mieux avec moi pour qui il représente une part de mon histoire qu’avec le neuve ou la nièce à qui il a été offert en 2015 et qui le revend moins d’un an après.

Je ne peux pas évoquer le lien entre le fait de chiner et l’archéologie personnelle et culturelle sans parler de livres de sports parce que c’est en feuilletant des livres de sports que j’ai perçus, senti et verbaliser ce concept. Comme je l’explique souvent le sport c’est une des bases de ma culture familiale acquise dès le plus jeune âge, des noms d’athlètes, des souvenirs de télé et des émotions qui se partageaient en famille. Aujourd’hui j’aime parcourir cette architecture oubliée en moi en trouvant des livres de sports datés d’années antérieures au présent mais tournant dans l’époque de ma jeunesse. Par chance les gens n’accordent pas de valeur aux livres de sport, comme en général ils dénigrent aussi le sport en lui-même, on peut donc trouver ces livres à des prix très raisonnables. J’ai donc trouvé Wimbledon le livre officiel de l’année ’92 pour 1 euro. Je me suis d’ailleurs étonné de voir que l’ouvrage cote  une dizaine d’euros sur les sites d’occasions. Ce qui est étonnant c’est que j’ai presque hésité à l’acheter parce que j’étais plus Roland Garros que Wimbledon à cette époque, mais grand bien m’a fait de le prendre. Déjà parce que les vainqueurs de cette année là sont deux icônes du tennis qui ne savaient sûrement pas à l’époque qu’ils finiraient par se marier ; en effet les gagnants ne sont autres qu’André Agassi et Steffi Graf. Avec beaucoup de très belles photos j’ai eu le plaisir de retrouver Monica Seles, Jim Courier, les français Henri Leconte et Guy Forget, c’est aussi l’époque d’une passation de pouvoir entre John McEnroe et Pete Sampras bref beaucoup de noms de renom et des images superbes. Un excellent achat qui me pousse encore un peu à dessiner une collection de livres autour du sport.

3 nouveaux euros bien dépensés pour faire grandir la bibliothèque chinée dont le montant s'élève à 93,6 euros
3 nouveaux euros bien dépensés pour faire grandir la bibliothèque chinée dont le montant s'élève à 93,6 euros
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3 nouveaux euros bien dépensés pour faire grandir la bibliothèque chinée dont le montant s'élève à 93,6 euros

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Publié le 14 Novembre 2016

Lundi

Le froid et le ciel qui danse dans les feuilles qui meurent sous le regard lointain d'un soleil morne avant de dormir déjà.

De la musique qui pleure ses mots sans mon accord dans le long de ma corde sensible

Je vais allumer le feu, ça sentira un peu la fumée, puis la chaleur viendra couvrir le reste.

Les corps se réchaufferont en se retrouvant je crois, l'un contre l'autre à se chercher pour finir l'un dans l'autre

Les peaux comme de bêtes nues se mettront à poil avant de se frôler, de se frotter, de sentir peser la poids charnel de l'autre, altérité émotive, l'autre, l'altérité érotique, l'autre qui n'est autre que toi

Viendront plus tard les mains, les bouches et les mots transis dans le râle d'un soupire d'émoi, dans le souffle sursautant d'un désir qui gémit parce qu'il n'ose pas hurler l'envie qui couve, se découvre et se découpe en pages maladroites de correspondance chaudes comme des baisers et moites comme les lèvres à l'orée dentellière d'une culotte baissée

A l’encre des plumes qui frissonnent et sous le grain du papier que je froisse entre tes yeux charbonneux j’esquisse le possible, le plausible et je laisse la raison ployer sous les coups de reins du titan et son char annuel poursuivi par le cortège des fumeuses de cigarettes qui laissent les volutes monter au cieux dormant

Et dans le soir des milieux de jour les lundis meurent comme des jours idiots, indifférents et impudiques

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Prose

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Publié le 13 Novembre 2016

Le gang de guerre lasse à laissé s’échapper le feu en sanglant l’agneau saignant sur le saint autel des dieux impies. Des dieux qui tournent en ronds comme la cendre sur le visage des chamans et des maîtres animaux qui font danser les astres velus des corps croqués, cadavres ambulants déambulant depuis les limbes jusqu’aux cerveaux ; ils avancent les funambules sur les neurones dénoués d’un système limbique ivre d’émotions émaillées comme les scènes bibliques dans le ciel des cathédrales. Rocket à pleine puissance dans le ciel des églises, tremblements aériens dans la mémoire éponge des foules récurrentes qui arpentent les rues, ruelles, boulevards et avenues des citées de cristal qui sonnent sous la ligne du feu de la faux du squelettes cadavériques qui porte la soutane, nue dessous, les vers dessus et le tissu macabre qui dessine défunte tapisserie sur le tapis rouge sang sur son passage à pieds. Nous sommes à cinquante pas de la terre et la terre est creusée sur cinquante pieds de profondeurs pour que tombe cinquante étoiles dans la fosse en terre, dans la boue, dans la culture des légumes qui viennent de la racine et qui s’arrache du sale sol où vivent et meurent les trémolos et les ritournelles.  

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Divagations diverses

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Publié le 12 Novembre 2016

De la boue, dans la boue, bain de boue, terre bouillante, terre mouillée, humide, collante, poisseuse, visqueuse, viscosité de la terre qui colle à la peau et macule, salie, souille, c’est ça, de la terre à la terre, de la peau à la peau et tous les follicules qui tombent, en pellicule et en peaux mortes, c’est dans un charnier à même ma peau que dorment les virus, les bactéries et la cohortes des démons invisibles et coriaces, l’armée putride des sans noms qui entrent par les pores dilatés et la bouche ouvertes et la narines reniflantes et toutes les osmoses qui transpirent le laisser aller et la transgression de frontière, c’est l’armée qui entre et qui se comporte comme des porcs, des truies, c’est la gabegie dans ton cortex, une vraie boucherie, un bain saignant, sanguinolente, une saignée pas vraiment soyeuses dans les tripes et la chaire et le chemin charnel qui charrie le monde de ta bouche à ton anus par toutes les circonvolutions idiotes et folles d’un corps qui se traverse de haut en bas comme un labyrinthe orphelin minotaure. Je me cache quelque part par là dans la glaise rouge et les glaires bien crachés, je suis le loin dans mon prochain

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Divagations diverses

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Publié le 11 Novembre 2016

Il y a peu de temps j’ai rentré Alcools de Guillaume Apollinaire dans ma bibliothèque chinée. Le recueil est une mine d’or pour un esprit comme le mien en lutte constante et contrariée avec la ponctuation. Au premier jour de ce projet de chiner des livres pour accumuler de la culture à moindre frais j’avais trouvé Les Exploits d’un jeune Don Juan, un ouvrage que je n’ai toujours pas pris le temps de lire. Je savais Apollinaire doué dans ce domaine de la prose libérée et poétique et du vers qui frappe les esprits en cherchant à le combler ou à l’embrouiller, l’intention n’étant jamais officielle. Mais je savais aussi qu’il y avait dans Guillaume Apollinaire, un pornographe littéraire. De prose pornographique née sous la plume de vrais auteurs je n’en ai jamais lu à l’exception de Sade qui marque quand même une exception d’importance. J’étais donc curieux, et quelque peu excité à l’idée d’un jour pouvoir me confronter à la prose érotico-pornographique d’un poète, la plume pornographico-érotique de Sade étant avant tout celle d’un philosophe.

Et donc ce week-end en chinant dans un carton de livres divers et variés je repère Les onze mille verges de Guillaume Apollinaire. Intérieurement je me suis dis bingo, je le tiens. Pour 1 euro la transaction était faite et enfin je détenais l’ouvrage érotique qui a œuvré à la connaissance (et reconnaissance ?) du poète Apollinaire. Est-ce là un chemin que je devrais emprunter à mon tour ? Parce que je suis devenu poète en acceptant ma propension à écrire de la poésie. Je suis aussi ainsi devenu écrivain en suivant la seule chose que je sais faire dans la vie, écrire des choses. Écrivain et poète, je ne suis pas Apollinaire mais j’ai aussi le goût de l’érotisme et de la pornographie. J’ai dis plus haut que je n’avais lu jusqu’à présent qu’un seul auteur reconnu écrivant dans le stupre et la cyprine, Sade. Mais il m’arrive plus souvent qu’à mon heure de lire de l’écriture sexuée, sexuelle, sale, pornographique et érotique sur les plateformes d’écriture d’internet. Il m’en arrive aussi d’en écrire. Alors peut-être que le combo poésie et pornographie est un cheminement de littérature sur lequel je devrais me pencher.

Bref après avoir chiné Les onze mille verge je devrais aussi trouver le temps de les lire et on en reparlera plus tard.

L'ouvrage est en super état, mais dieu que la couverture manque d'érotisme. Et avec ce livre on passe à 90,6 euros.

L'ouvrage est en super état, mais dieu que la couverture manque d'érotisme. Et avec ce livre on passe à 90,6 euros.

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Publié le 10 Novembre 2016

Le froid donnait à ma matinée la sensation d’une traque joyeuse réveillée par la piqûre impétueuse du vent du matin. Les mains calées au fond des poches et ma personne recluse derrière les tours serrés de mon échappe je déambulais entre les stands dressés sur le parking d’un supermarché. En d’autres termes je chinais dans la fraîcheur garantie du matin tôt qui elle-même garantie au chineur d’être là aux premiers émois des vendeurs. Dans une caisse de livre anciens parce qu’ils étaient usés, marqués par le temps, assumant moyennement leur cinquantaine d’années de lecture je repère un visage mécanique avec dans son arrière plan des cosmonautes en tenues orange. Le parfait graphisme de ce qui me plait.

C’est un ouvrage de Jack Vance, je n’ai jamais rien lu de cet auteur mais je connais son nom, je sais qu’il est un des maîtres de la science-fiction à l’américaine. Et même si le livre est usé, tâché, plié, le visuel me plait beaucoup. L’ayant prit en main pour le sortir de la caisse où je ne vois rien d’autre qui m’attire l’esprit j’interpelle la vendeuse en demandant le prix. Ce que j’entends me trouble, je crois entendre 5 euros. Cinq euros pour un vieux livre de SF usé et écorné ça me semble moins que raisonnable. Mais la réponse est tellement incongrue que je fais répéter la personne. Non, elle me proposait de prendre toute la caisse d’ouvrage pour 5 euros. Comprenant à son tour que je n’étais intéressé que par un seul ouvrage, elle hésite entre 20 centimes et 10 centimes. Le prix sera fixé pour le plus bas. Je n’aime pas vraiment acheter des lots, en tout cas pas de cette manière là sans savoir quel sens et quel intérêt je vais avoir à prendre ce lot.

Lorsque je chine l’idée de chiner les objets les uns après les autres est importante pour moi. Bien entendu je pourrais parfois acheter toute une collection, de livre, de jeux, de casse noix, qu’importe, je pourrais effectivement acquérir une série d’un coup. Mais curieusement dans ces cas là j’ai la sensation de manquer un truc. C’est une sorte de syndrome du Petit Prince qui me pousse à penser que lorsque je chine un objet il est unique et donc forcément – pour mon esprit – seul. J’ai déjà refusé de prendre un lot de livres dont vous êtes le héros, simplement parce que c’était un lot, alors que le prix était plutôt correcte, du genre 15 euros les 20 livres. Et là aussi, j’ai refusé de façon abstraite et idiote parce que 5 euros pour une caisse d’une trentaine (voir plus) de vieux livres de poche c’était sûrement une affaire. Peut-être que dans le lot j’aurai trouvé une pépite à faire entrer dans la bibliothèque chinée ou un livre dont la revente aurait rentabilisé l’achat. Mais je ne l’ai pas fais, je ne le fais pas, pas encore.

Donc pour 10 centimes d’euro j’ai simplement acheté La machine à tuer de Jack Vance dans une édition de 1969. Il s’agit du second volet du cycle écrit par Jack Vance La geste des Princes-Démons dans laquelle un héros galactique traque au travers de la galaxie cinq grands criminels dénommés les princes démons. Qui sait, peut-être avait-il tout le cycle dans la dite caisse, jamais je ne le saurai.

Avec une dépense de 10 centimes la somme dépensée monte à 89,6 euros

Avec une dépense de 10 centimes la somme dépensée monte à 89,6 euros

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Publié le 9 Novembre 2016

Le jour d’après, au réveil nous y sommes. C’est Donald Trump qui remporte l’élection présidentielle aux États-Unis. Devant les écrans je regarde les gens outragés, outrés, offusqués nous expliquer l’erreur, le problème et exprimer une forme de condescendance intellectualiste pour ces américains qui ont votés en dehors de la bonne façon de penser. Qu’elle était la bonne façon de penser ? Sans ironie je ne la connais pas, mais à priori ce n’est certainement pas celle de Donald Trump, pas celle de ses électeurs non plus.

La démocratie doit-elle toujours accoucher de la bonne idéologie ? De la seule idéologie ayant obtenue la carte ? Mais la carte de qui ? Le monde appartient-il aux intellectuels, aux penseurs et aux idéologues ? J’en doute parce que cette race là est en voie d’extinction. Ne pouvons nous pas nous réjouir de l’acte de démocratie, se réjouir d’une élection qui se déroule selon ses propres règles et qui au final exprime la volonté émisse par la majorité du peuple souverain ?

Bien sûr que non, personne ne veut écouter les voix émissent par la doxa parce que personne n’est dupe, les gens sont cons et d’instinct personne n’a envie d’écouter la voix des cons. Pourtant la démocratie offre à tous les cons et à tous ceux qui sont les cons de quelqu’un d’autre l’outil de son expression idéologique.

Devrait-on le leur reprocher ? Non !

Devrions-nous nous réjouir que la voie du peuple puisse se faire entendre ? Oui !

Vote de colère ou de contestation ? Bien sûr que non, bien sûr que oui peut-être bien, mais ça n’a pas de valeur de jugement, la démocratie est un outil qui permet au peuple d’exprimer la valeur de sa ferveur élective. Réjouissons nous que la démocratie fonctionne. Et si les pays sont peuplés de cons, ou avec plus de modération, si les pays sont peuplés de personnes dont les idéaux, les volontés, les envies ne coïncident pas avec les valeurs, les volontés, les idéaux des classes dirigeantes alors réjouissons-nous que la démocratie permettent d’accorder le peuple, corps de la nation, avec sa tête incarnée par les classes dirigeantes.

Je ne partage rien avec les ambitions et les volontés de Donald Trump. Mais il a joué en respectant la règle du jeu démocratique, au moins à peu près autant que son adversaire et ce matin je n’arrive pas à comprendre et entendre les postures outrées devant sa victoire démocratique. Des élections fantaisistes, faussées, truquées, facétieuses et fallacieuses qui méritent nos outrages et nos contestations idéologique il y a en a beaucoup qui devraient passer avant l’élection de Donald Trump.

Bien sûr ces postures névrosées devant le résultat d’une élection légale nous renvoient à notre propre destin électoral. Cela nous rappelle à quel point aucun de nos hommes politiques n’est en mesure de prendre en charge les cons. Bien entendu c’est une mauvaise tournure de phrase, car je sais bien que tous les politiciens prennent en charge les cons et leurs discours en dehors du cadre du bien penser. Mais ce que je veux dire c’est que je n’entends jamais aucun politicien d’ici nous annoncer comment ils vont s’occuper des cons et de leurs idées, comment ils vont évangéliser les idiots, les cons, les mals pensants, les mauvais pensants, avec la sainte pensée unique. Parce que derrière ou devant les réactions outrées devant l’élection de Donald Trump c’est bien de cela dont il est question. La bonne pensée, la pensée politiquement correcte et l’évangélisation de ceux qui pensent hors de cette norme.

Toutes les pensées en dehors du cadre de la bien-pensance ne sont pas bonnes je n’ai jamais dis ou supposé cela, mais toutes les pensées hors du cadre de la bien-pensance sont légitimes à être pensées, exprimées et même légitime d’exister. Vos réactions, les réactions, ces réactions m’attristent parce qu’elles se dérobent de leurs enjeux centraux qui opposent la pensée unique et les pensées marginales laissant ainsi croire que la pensée unique est bonne parce qu’elle dénigre les pensées marginales. Or cela nous écarte de la réflexion, des débats, de la construction d’une idéologie qui ne soit pas une pensée unique mais un cadre à l’émergence de pensées plurielles.

Je sens bien que le rhume et le froid du matin grippent un peu les formulations de ma réflexion qui n’était pas une réflexion au matin mais une sensation, un ressenti devant mes écrans. Je vais donc aller prendre un café, un Doliprane et écouter le monde bruisser en activant mes neurones non pas pour mieux réfléchir mais pour réfléchir plus en profondeur. Et excusez-moi de ne pas m’étonner du fruit de la démocratie.

Félicitation Monsieur Trump, c'est toujours la démocratie qui l'emporte.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Trump, #Electionamericaine, #DonaldTrump, #USElection2016, #Réflexion

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