Publié le 4 Mars 2015

La nuit, froide et ventée, était tombée sur la petite province de Canifest. Dans le ciel sombre balayé par un vent violent, la pleine lune montait inexorablement, une énorme lune rousse qui dessinait au firmament un œil unique aux lueurs rougeoyantes. Cette nuit était idéale pour lancer un sortilège, celui-là même qui pourrait ouvrir un portail vers un plan inferieur, un de ces plans où les lunes noires, rousses ou diaboliques, sont légions dans des cieux corrompus. Dans une chaumière à l’écart de toutes habitations, Burherd préparait le rituel qui lui permettrait de franchir le seuil de la réalité et ainsi changer de dimension. Pourtant Burherd n’était pas mage, c’était un modeste voleur sans envergure, cupide par passion, audacieux par nécessité et égocentrique à l’excès. Quand un mage interlope lui avait proposé de se glisser dans un plan inferieur afin de dérober à un démon une pierre précieuse aux pouvoirs légendaires le voleur n’avait pas hésité longtemps. S’il parvenait à déposséder l’entité démoniaque de son puissant artefact c’était sa propre légende qu’il écrirait, offrant à sa réputation une subite plu value. Cette perspective gonflait les voiles de son amour propre d’un orgueilleux pareil à un souffle chaud qui l’envoutait.

Cette nuit-là donc le voleur franchissait d’un pas sûr le portail qu’il venait d’ouvrir sur une dimension démoniaque. Il se retrouvait projeté dans un vaste palais taillé dans la pierre rugueuse d’une imposante montagne. Aux salles sombres et lugubres dont les fenêtres étaient couvertes de lourds voilages usés, succédaient des coursives et des ponts aériens qui brillaient comme s’ils étaient ciselés dans une roche acérée et polie comme le métal. Au-dessus de lui le ciel rouge de feu et noir de cendre était dominé par un lourd soleil dont les éclats palpitaient d’une lueur malade. Deux lunes noires habitaient elles aussi les cieux projetant sur la lande désertique alentour leurs ombres lugubres. Ne voulant pas s’attarder trop longtemps dans ses terres étrangères Burherd se déplaçait avec prestance. Le palais était curieusement vide, silencieux, et à mesure qu’il progressait dans ces lieux inconnus le voleur gagnait la conviction qu’il était le seul être vivant sur ce plan. Son imagination commençait à échafauder des légendes pour s’expliquer cela, une armée de paladins en armures étincelantes avaient peut-être éradiqué les sales races d’ici, à moins qu’une étrange maladie ait décimé les habitants de ce plan. Plus son esprit se perdait en conjectures délirantes, plus sa confiance grandissait et moins sa concentration était opérante.

C’est pourquoi, en pénétrant dans une nouvelle pièce, un sentiment violent de surprise et de peur saisissait la gorge du voleur et faisait échapper à Burherd un cri étranglé. Il était nez à nez avec un démon. C’était une créature de genre féminin, très belle, lascive mais menaçante. Les cornes qu’elle portait hautes sur son crâne, sa peau mauve et luisante comme des écailles ainsi que sa queue reptilienne qui fendait l’air nerveusement ne laissaient planer aucun doutes quant à sa nature démoniaque. Elle était allongée, nue, sur ce qui semblait être un lit de pierre. La créature regardait l’homme qui venait d’entrer comme si elle l’attendait depuis des siècles. Ses yeux séducteurs révélaient la convoitise autant que le désir mais on pouvait aussi lire en eux l’expression paradoxale que l’on éprouve lors de retrouvailles, un soulagement embrasé et apaisé pareil à ce que ressentent deux amants séparés trop longtemps. Il y eu un long silence avant que d’une voix perçante et pleine d’assurance la créature s’adresse au voleur et lui demande ce qu’il faisait ici en Karnoksy. La sueur coulait à grands flots sur le front de Burherd, il avait perdu sa belle assurance. Essayant de se reprendre il passait en revue les différents mensonges qu’il supposait pouvoir le sortir de ce mauvais pas. Mais la situation ne prêtait guère à la réflexion et, se surprenant lui-même, il avouait au démon qu’il avait été mandaté pour voler une pierre magique. […]

Sur des terres de démons

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Publié dans #jdr, #jeux de rôle, #ébauche

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Publié le 3 Mars 2015

Est-ce que tu sais encore le faire, d’un coup, d’un trait, dans un ligne droite par mille points brisée, se lancer ou se laisser, transporter, transporteur d’un dévoilement futur, le transport et le révélateur, acteur qui révèle, agent qui révèle la teneur de ses mots à l’odeur âcre du réel ; est-ce que tu sais encore l’être lui, cet être là, cet homme fou comme un gaz rare, un zonard dans une ballade sans fin, celui qui avance dans les vapeurs de diesels, un homme machine à frappe dont les moteurs sont mus par l’essence brûlée, un auteur à explosion, exploitation de la zone 2077 comme en son temps alien en Amérique, et un mien pour deux moitiés de l’espace ; est-ce que je sais encore être le patin que je manipule, les bras et les fils et les animaux en boites en guise de compagnie, et les animaux en glace en guise de compagnie - et briser la chaîne en guise de compagne niée - et dans mon sang un bateau ivre sur les remparts d’un continent invisible maintenu contingent à mon continent par une contingence d’ordre supérieure, comme si dieu était sine qua non, un dieu en condition et non un sans ; et moi ? Oui moi suis-je encore capable de cela ?

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Publié dans #Je est un Blog, #Divagations diverses

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Publié le 2 Mars 2015

Je fais caca de l’écriture, enfin je fais caca sur l’écriture car à défaut d’avoir du talent j’ai du sens commun, je sais donc où déféquer en avançant pour tracer la fameuse ligne de démarcation entre le talent et les cons. Manzoni a pu mettre sa merde en boite, Serrano lui a pu se vider sang et pisse sur un Christ de pacotille et moi ? Et moi, je fais métaphoriquement caca sur la littérature. Sur la mienne en premier lieu car je ne suis qu’un humble scatophile écrivateur, et encore seulement quand je suis au mieux de ma prose, et sur la littérature en générale, sous entendue celles des autres parce que tant qu’à déféquer je ne vais ma me restreindre à geindre ma matière fécale rien que sous moi, je suis auteur d’une certaine emphase scatophile et je me répands sans compter. La passion est un plat qui fait manger froid, et ça tombe bien le chauffage est coupé, le froid rend le caca plus dur. Un écrivain de merde, c’est un sacerdoce à défaut d’être un talent, il y en a tellement d’autre comme moi, mais ceux-là refusent leur condition et tout cela en un peu plus de 200 mots !

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Publié dans #Je est un Blog, #écrire, #Merde

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Publié le 2 Mars 2015

La colère le dévore. Contre elle, contre lui, et tout compte fait, contre ce qu’il est devenu inapte à éviter, la source de sa colère. Il est en colère, il ne lui reste plus qu’un pas avant de tomber dans l’amertume. Alors les cloisons raisonnent du bruit de ses mains quand il frappe avec vigueur la présence rude et violente des murs ; à défaut de hurler, il exulte ainsi en martelant ce qui pourrait être sa cage.

Page 2076 de l’autofiction d’un lion en cage

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Publié dans #autofiction, #citation, #punchline

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Publié le 2 Mars 2015

2076 idioties des internets

2076 idioties des internets

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Publié dans #Pictogranimation

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Publié le 1 Mars 2015

Je crois que j'ai perdu mon article, pas celui ci mais l'autre et je ne suis pas sûr d'avoir le coeur de le rechercher et de le re publier alors je vais me taire en espérant que celui ci puisse entre dans la légende anecdotique de ma toile ridicule.

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Publié le 28 Février 2015

Tu es pire qu’une bête à corne hurlait mon vieux professeur en désignant dans le champ voisin un troupeau de vaches. Mais moi je suis moi et surtout un homme cornu ; oui moi aussi mais pas pareil, je suis le fils d’une femme cornues dressée fièrement sur ses sabots et drapée dans la plus pure des beautés démoniaque, je ne suis pas comme ceux animaux asservis, je suis un homme avec des cornes, un être éprit de liberté. J’ai les dents coupantes comme les rasoirs suffisamment tranchantes pour me libérer de tous les liens. Même si je garde à l’abri des regards trop envieux du peuple des Terres autochtones qui savent bien que les gens comme nous sont des êtres supérieurs, le pouvoir de mon âme, je ne peux m’empêcher d’en utiliser les effets. Derrière ma peau rouge bats un cœur fier de ses racines comme les grands arbres qui puisent dans les sols des Terres millénaires la sève qui fait pousser les apparats verdoyants qu’ils imposent au monde comme la certitude de leur solennité. Sous mes cornes enroulées sur mon crâne ma chevelure ondoie quand je convoque la force entre mes mains précieuses ; je convoque toutes sortes de choses pour le plaisir du pouvoir, je ressens en mon être ce qui fait la noblesse de ma race, supérieur en tout point aux peuples inférieurs qui eux même présuppose que je suis moi-même un être des plans inférieurs mais je ris à entendre leurs maladresses pathétiques car même s’ils n’osent se l’avouer moi je sais qu’ils savent que la lave qui coule dans mes veines et fait rougir yeux désigne un être supérieur.

Je suis une bête à cornes

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Publié dans #ébauche, #SF, #jeux de rôle, #jdr, #rpg

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Publié le 27 Février 2015

En règle générale le jardinage relève souvent de la coiffure, l’art du ciseau comme celui de la cisaille. Parfois le jardinage a à voir avec la boucherie quand ça tranche gros dans le végétal ; et au final ce n’est que rarement que jardiner relève de l’art d’un savoir-faire paysager.

Page 2073 du manuel du savoir être dans une nature bien contrainte

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Publié dans #citation, #aphorisme à la con

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Publié le 26 Février 2015

Est-ce qu’il existe un en dehors du moule ? Je veux dire est-ce que le hors moule est comme au cinéma le hors-champ ou bien est-ce que le en dehors du moule est aussi abscons que le concept, la chose ou l’entité qui contient notre univers en expansion ? Parce que dans le premier des cas, si le en dehors du moule est un hors moule alors le dedans et le dehors appartiennent à la même chose ; un concept unique pour les gouverner tous. Et pire que cela, ça voudrait dire que l’un appel l’autre et quand sans l’un l’autre meurt et donc, on ne peut se revendiquer en dehors du moule seulement si on admet que le moule est le mètre étalon des rapports au monde. Alors se trouver hors-moule et se revendiquer comme tel reviendrais à convoquer le moule et ainsi trahir l’état des lieux de notre avancement au monde. Reste alors la seconde option, la plus séduisante et la plus terrifiante, celle où le hors moule n’est pas le revers d’une médaille unique mais le contenant, l’écrin de la dite médaille - et pour le coup on s’en fout de savoir si elle est unique ou non -. C’est le hors moule comme cette dimension son mot pour définir ce qui contient l’univers parce qu’à partir du moment où l’on restreint l’univers à une quantité de matière mal quantifié mais définie c’est bien qu’il se trouve cet univers dans un quelque part, dans un quelque chose où il est libre de s’étendre. Et le hors moule, l’en dehors du moule c’est peut-être ça, cette chose indéfinie, inquantifiable, et même inaccessible à la pensée mais qui est nécessaire à la conception de toute chose. Et nous sommes peut-être là, nous sommes peut-être cela, nos présences bornent un espace en dehors du moule, en dehors de la pensées, en dehors de la science et cet espace, no man’s land, page blanche, far West ou ce que tu voudrais comme expression, c’est le berceau de toutes choses, celles convenues ou celles inconcevables. C’est peut-être là où nous autres sommes, nous les 2072 être d’en dehors des moules …

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Publié dans #Divagations diverses, #recyclage, #Réflexion, #Je est un Blog, #Je est un autre

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Publié le 26 Février 2015

Pose ta plume homme de couleur, même si je ne la vois pas.

Non, je ne sais pas ta couleur, mais vu ce que tu écris, tu dois en avoir de la couleur dans tes stocks de gènes ; bleu d’eau ou vert glauque, noir comme une étole d’une femme en deuil ou blanc comme un pétale offert à une fille.

Et toi là-bas, pose donc ta plume la femme de métier

Bien sûr que je ne sais pas ton métier, mais vu ce que tu fais, tu dois bien en avoir un de métier de femme inscrite dans ton sexe ; conceptrice astrale, rédactrice d’horoscope, peut-être que tu mets des jupes pour faire des coloscopies ou que tu enterres les morts d’autres familles que la tienne.

Enfant je t’ai vu et je t’ordonne de poser ta plume sale mioche des gonades familiales !

Je ne connais pas ton âge, mais je vois aux lettres raturées que tu fractionnes avec entrain qu’il n’y que du sang mauvais qui coule dans tes veines juvéniles ; du sang acide comme une terre vérolée où tu pourras creuser, il n’y aura pas d’or. Que veux-tu faire de cette plume ? Que vas-tu faire avec elle ?

Et toi, là, le poète, piteux petit personnage aux poils purulents, plein de pustules pires que la peste et qui empeste la puanteur par tous les pores de ta peau, lâche donc cette plume.

Ce n’est pas à toi de l’utiliser par tu galvaudes tout ce que tu touches et personne ne voudra d’une plume galvaudée. Je ne sais pas ce que tu chantes et encore moins ce que tu écris mais à l’odeur rance qui s’en dégage je veux que tu partes de cette ligne !

Hé pornographe, révélateur de la vulgaire perversité exposée aux quatre vents de pièces dorées où sombrent dans la luxure quelques muses mal vêtues, pose donc ta plume pornographe, je ne sais pas ce que tu vas en faire mais je ne voudrais pas que tu la mettes dans le cul d’une femme.

Il n’y de plumes légitimes que sur le dos des oiseaux, et moi je m’envole loin de là plèbe endémique !

 

Prose endémique

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Publié dans #poésie, #Prose, #plume, #Pictogranimation

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