Jour # 901 le lièvre de l'amour est un lièvre mort

Publié le par Cheval de bois

la dictature du bonheur est elle aussi flagrante que la dictature de l'amour ; c'est une surenchère perpétuelle pour savoir qui sera le plus heureux, le mieux amoureux ; les deux figures tutélaires de la normalité s'imposent à la foule dans une posture raide comme un coup de trique ; bonheur et amour ne laissent pas beaucoup de place à l'improvisation, les images doivent être claires, figures imposées qui ne renient rien du ridicule et s'imposent chaque jours grâce à l'appui odieux des naïfs et des cons qui croient dur comme fer que l'amour et le bonheur ressemblent à ce que la rumeur prétend ; osons croire en la possibilité d'une vie ; la nécessité du bonheur n'est qu'un levier du pouvoir pour contraindre les foules à se fondre dans le moule, allant jusqu'à faire croire que la seule façon justement de fourrer des moules c'est par l'entremise de l'amour, sinon t'es qu'un gros dégueulasse qui couche avec n'importe qui, qui viole les femmes et qui va aux putes ; DSK est le grand croque mitaine de cette idéologie de l'amour qu'a foutu au cul le romantisme, le corps et l'envie, il ne reste que les règles de l'amour qui conditionnent celles du bonheur et si tu as le malheur de ne pas être heureux alors t'es un vilain, un monstre - ce qui est paradoxal puisque au lieu de montre le monstre la société le soustraie à la monstration - le non bonheur fait peur, il est dangereux mais contrairement à ce que l'on veut croire ce n'est pas pour non les êtres humains que le non bonheur est un danger c'est pour l'ordre établi qui nous impose de chercher le bonheur, le reste, vivre, penser, souffrir, créer bref faire toutes autres choses contreproductives à l'amour et au bonheur est un crime contre le système ; ce soir j'aurai pu être bon mais je me suis contenté de laisser filer les lièvres que j'ai levé

Publié dans Divagations diverses

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