Jour # 1084 la métaphore des trains - je sais c'est con -

Publié le 13 Juin 2012

la seconde d’après plus rien. Plus personne on est plus personne et on reste là avec pour seule compagne l’indifférence de façade ; la transparence comme une fulgurance et l’image éculée de celui qui reste sur le quai alors que l’autre, l’autre et le monde, continu de tourner et soudain sans l’avoir décidé on passe de l’acteur émérite au rôle de spectateur plombé mais ce n’est pas une question de sentiment, c’est une question de phase, de physique quantique, d’univers parallèles et de réalités alternatives et les cordes alors ne sont pas celles des pendus mais celles du marionnettiste qui tire les ficelles qui agitent les figurines, les figurants et fait filer les trains à grandes vitesses ; le train passe mais ce train là n’est qu’un théâtre en mouvement qui emporte les marionnettes et les marionnettistes, les petits autistes dans le public et la rondes des artistes et soi on se retrouve seul sur le quai parce qu’on nous a sorti du théâtre un peu avant la fin de la séance ; on est dehors, le théâtre fait porte close et on marche dans la nuit les pieds qui regardent le sol et le regard qui déguste la parure de pluie dernier plaisir que l’écrivain offre aux villes qu’il aime, les villes mouillées, sous la pluie sont comme des sirènes et pendant que l’on marche dans ces ruelles on se rappelle les scènes, les dialogues, on imagine l’autre comme s’elle était sous les feux des projecteurs, on se rappelle des coulisses et de la loge où l’actrice se montrait parfois sans maquillage et si on était ivre, un peu fou ou simplement paresseux on pourrait croire que ces souvenir ne sont que des rêves, des fantasmes, une illusion, illumination et peut être même une théophanie s’il était possible que dieu porte des dessous mauves et noirs mais nous on est dehors et on marche seul et la paresse ne nous est pas permise ; en dehors du petit théâtre des choses il faut marcher droit la tête haute si on veut s’adjoindre la présence des autres, des autres susceptibles de monter avec nous un nouveau théâtre de chose au risque d’une nouvelle fois se retrouver hors de la scène, de la salle, des coulisses et du bus encore une fois seul sur le quai à regarder les trains passer emportant ailleurs la chaleur des lumières et celles délicates des rubans et des froufrous. Les grandes dames deviennent des petites filles aux yeux perdus sans le fard des projecteurs pour rehausser leurs joues roses et sans l’écho du corps de leur partenaire architecture de chaire du petit décor des miracles et alors leurs jeux ne sont plus jamais les mêmes ; c’est toujours deux déchirements, le train laisse là le corps nu des gens qu’il éjecte emportant très vite dans ses entrailles la malle des artifices il ne nous reste alors que le nu comme seul appart pour témoigner d’un monde du désarroi de l’instant dont on ne voudrait pas qu’il s’efface et se perde

 

# après tout il n'y a peut être pas de métaphore

Rédigé par #ceciestunblog

Publié dans #Chronique chaotidienne

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