Jour # 1064 à l'intention de mes 400 followers et de quelques robots

Publié le 23 Mai 2012

un dessin en cent mille mots, le geste à la parole, parabole ; ce soir je voudrais écrire aux 400 personnes et aux quelques robots qui me lisent et encore je ne compte que ceux qui font la trame de mon Twitter alors que je sais bien que certains lecteurs sont en dehors de la petite cage aux oiseaux, je voudrais écrire pour ces 400 personnes parce que c’est un bel auditoire et que m’adresser à un auditoire j’ai toujours trouvé cela bandant mais je ne sais pas si je sais encore comment on fait – pas comment on bande ça je trouve toujours le bon interrupteur – mais comment on s’adresse à 400 personnes. Je ne sais pas ce que je veux laisser passer comme message ou du moins je ne me le reconnais pas ; je sais que je cherche la prose impétueuse qui sait faire ingérence dans la vie des autres mais cela ce n’est possible qu’à condition d’avoir cette dose de sentiment de supériorité ou de mépris envers ceux à qui on s’adresse. Mais là est le drame bourgeois des relations virtuelles et plutôt choisies c’est que j’ai trop de respect pour les 400 et pire encore j’ai parfois ce sentiment d’infériorité parce que j’appartiens à la plume avant d’appartenir au clavier ou simplement parce je deviens plus sage, je ne vais pas vous dire mon mépris parce que je ne crois plus en lui, à croire que je crois plus en vous qu’en moi, ce qui est absurde et profondément dérangeant parce que généralement c’est quand je perçois chez l’autre cette forme de certitude que je peux prendre pour une forme de supériorité que j’ai envie d’entrer en lutte contre lui et donc de transcender ma plume, ma prose et ma propre existence pour lui cracher au visage, m’insinuer dans sa bulle pour de l’intérieur prendre la tribune et déployer la rhétorique du pire, celle qui amène les beaux mots et les grandes idées. J’aurai tué pour avoir 400 personnes à qui envoyer mes mots, j’aurai pu tuer des nuits entières à trousser des textes entiers pour ouvrir la brèche nécessaire à mon insinuation. Alors quoi. Dois-je en déduire que vous êtes tous trop médiocres pour m’inspirer une inimitié ou une haine assez viscérale pour alimenter mon écriture ? Ou est-ce moi qui suis devenu trop quelque chose ou plus assez quelque chose ? Je n’ai plus d’hydre à combattre, je n’ai plus de princesse à sauver, je n’ai plus de pucelle à séduire, je n’ai plus de con à convaincre ; soit c’est moi qui suis devenu trop proche du sol, soit ce sont les autres qui se sont élevés, dans les deux cas il y a de quoi être amer et plutôt intrigué

 

# un jour 4400 # un jour je serai un hobbo

Rédigé par #ceciestunblog

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