Jour # 1060 et toujours pas d'histoire à vous raconter

Publié le 19 Mai 2012

je dis parfois à ceux qui veulent l’entendre que je n’ai rien à raconter, je veux dire pas d’histoire, que je ne suis pas un de ces écrivains qui écrit parce qu’il connait une pulsion de narration, non j’écris plutôt par le goût la littérature au sens de la rhétorique et d’une certaines façon par fascination pour les ambiances qui interpellent mais si tout ceci n’était pas vrai, ou plus précisément si tout cela n’était pas juste ? Déjà écrire que je n’ai pas d’histoire à raconter sur un blog où j’écris depuis 1060 jours consécutifs relève déjà de l’absurde contre sens mais ce n’est pas là où je voulais en venir, c’est bel et bien sur la nature des mots qui peuvent se raconter que je veux en venir ou en aller. Dans le fond je sais qu’il y a à l’intérieur de ce qui est moi des histoires qu’une part un peu obscure de celui qui est moi susurre à mots couverts à une autre part de moi elle-même un peu cachée ; j’entends bien que quelques part en moi il y a un discret brouhaha comme le ronflement sourd d’un machinerie en marche qui est la signe tangible que des histoires se tissent puis se disent en moi ; n’allez pas en conclure qu’avec ce fractionnement du moi je figure ou sous entende une forme de schizophrénie, non, je pose simplement le décor de ce qui pourrait plutôt relever d’une chose plus semblable au blocage ou au tabou ; qui sait si j’écoutai les histoires que je raconte à moi-même j’aurai peut être la matière facile de l’écriture mais je prendrais aussi le risque de réaliser que les histoires que tresse mon sens de la narration sont d’horribles histoires ; pas des histories horribles parce qu’elles seraient mal racontée mais juste parce que ce sont, peut être, des histoires de cloaque, une acide trempée et verte comme le citron et verte aussi comme la couleur du glauque, dans le fond - je parle bien de fond de moi-même - je n’aime l’homme qu’a travers ce qu’il a d’horriblement humain, l’imperfection, la faille et ce que les gens qui se pensent normaux nomment le monstrueux soutenant curieusement l’idée qu’il y a une chose qui ne soit pas l’homme ; tout cela pour dire que mes histoires sont peut être d’affreuses comptines où les petites filles se font dévorer par la bouche incestueuses des ces bourgeois d’ogres des villes aux veines de bêton et à l’haleine nécessairement toujours poisseuse ; et ça vous en conviendrez c’est d’une banalité navrante alors peut être que je ne raconte pas d’histoire parce qu’être navrant ça c’est vraiment navrant

 

# je vais couper des champignons

Rédigé par #ceciestunblog

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