Jour # 1049 le coeur des poisson ou la bite des maraichers

Publié le 8 Mai 2012

il est étonnant comme les lignes sont longues quand on ne sait pas ce que l’on écrit, étonnant comme l’expérience de la durée comme celle de la production littéraire est soumise à la relativité des perceptions ; et s’il me semble instinctivement plus dur de produire un texte tenu et pensé sur une durée de plus de deux cents mots alors que la perspective de produire deux cent mots de chaos décousus et disproportionnés est une affaire plus vite réglée la réalité s’avère toujours être différente ; même si un texte troussé et tenu n’a pas été pensé au préalable il s’autoalimente facilement et rapidement et conduit à dépasser très naturellement le seuil arbitraire de l’intérêt internet alors qu’une suite inconsidérée de mots, de phrases et de brouillon imprécis d’impressions est une réelle difficulté ; c’est peut être la preuve que mon inconscient s’autocensure n’assumant pas de déverser l’exact chaos de mon esprit ; peut être parce que l’impétuosité d’un flot pulsionnel et instinctif s’oppose à l’idée refoulée qu’il est nécessaire d’étayer de sens l’improbable babillage pour obtenir quelque chose, du sens mais au delà une forme et au-delà un public et au-delà des réactions et au-delà un retour et au-delà un échange et au-delà l’amour, le sexe, l’argent, le pouvoir, la muse, la fougue, l’inspiration, l’affection des castors et d’autres choses ; pourtant je caresse la volonté de la divagation sans queue ni tête ; mais peut-on revenir en arrière de soi ? Mêlé m’abscond et de censé ? Peut être aussi que la divagation, que ma divagation n’existe pas ; à chaque fois ce n’est qu’un prétexte pour détourner la frontalité de mes pulsions ; un écran de fumée qu’il m’est terriblement plaisant de dresser, décorer, faire jouer les volutes et les ombres brumeuses ; jamais la divagation n’est instinctive, au mieux elle est un mur patchwork précis et imprécieux ; le jour où je pourrais écrire n’importe quoi je serai libre ; je sais déjà photographier n’importe quoi je suis donc à mi chemin du talent et de la liberté ; parti pris particulier, le manteau à particules élémentaires de fourrure animal sur le dos, tisonnier chauffé à blanc à portée de main, ras du cou farouche parure des mondes subdivisés ; joyaux cristallin du dessous la terre aux pôles négatifs ; arithmétique dérangeante ; il se trouve sous la terre et non sous terre la geste des sangsues qui boivent le sang dévolue aux émoluments amoureux, aux cœurs qui battent dans les batailles moissonnant les hommes comme l’automne prend les blés et le sang ; bousculant les corps comme des fétus de pailles, ostracisme mortuaire des sangsues névralgiques qui se collent en sous main des lances galactiques - lances qui dans le loin d’un pays repeuplé des fantasmes fictionnels d’une science en désertion de sa vocation amoureuse comme un rempart ou une ode

 

# la queue des poissons # la bite des maraichers

Rédigé par #ceciestunblog

Publié dans #Divagations diverses

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