À l'ombre de la statue matricielle

Publié le 1 Septembre 2016

Je ne vois qu'elle, une montagne de chair généreuse qui prend la pose alanguie à l'ombre du parasol de paille. Lorsque je la regarde difficile pour moi de ne pas penser à l'adolescente encore d'albâtre qui se débat pour rester invisible que je suis. Ma féminité naissante reste conservée à l'abri des regards sous les plis encore amples de ma tunique.

Maman s'est levée. Sa poitrine est l'exégèse de l'opulence. Ses seins antiques dans son maillot une pièce surplombent alors le sable d'une ombre colossale. Papa a prit place sur son transat, son corps replet offert au soleil. Il regarde maman avec un sourire niais et je ne peux pas m'imaginer qu'il la regarde encore avec les yeux du désir.

Je voudrais bien me noyer dans les paquets d'octets de mon téléphone mais je ne parviens pas à décrocher mon regard de la stature de maman, monstrueuse et sublime dans entièreté de sa masse. Si l'on oublie de regarder leurs corps et que l'on observe plus que leurs visages on pourrait se rappeler qu'ils sont encore jeune ces deux là. Mais je ne veux pas admettre qu'il y a dans leurs corps des êtres humains toujours jeunes. Il n'y a que moi qui puisse l'être, jeune, et je redoute le gras qui s'est abattu sur eux comme une peste graisseuse.

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