Chronique du chaos minuscule

Publié le par Rémy

Dans la peau marquée par les coups et les écorchures d’une vie saine, je pose le reste de mon être dedans et dessus aussi, un œil par la fenêtre pour regarder la rue noire où miroite le halo jaune d’un réverbère. Dans l’air lointain le rugissement d’un moteur de moto qui accélère ressemble à un feulement aigu puis disparaît dans le silence troublé quelques instants avant de ressurgir, toujours aussi loin, invisible mais distinctement reconnaissable. Bien plus bas même si eux non plus je ne les vois pas présentement, j’entends par intermittence les canards qui doivent se battre ou se séduire dans la rivière qui coule au bas de l’immeuble. La route est déserte encore à cette heure, les bruits sont adjacents, voitures aux feux, klaxonnes de la communauté turque qui célèbre leur victoire footballistique contre la France pour les qualifications du championnat d’Europe, ils pourraient aussi célébrer l’œcuménisme du foot qui voit en la Turquie un pays d’Europe. Des canards encore comme des chats ou des chiens qui se déchire un territoire, même si celui-là et d’eau vive. Toujours l’air frais qui balaie mes cartes, quelques voitures passent, je laisse la lumière de leurs phares tracer d’autres images sur les trottoirs. Toujours au-dessus dans le noir les étoiles, constellations d’été et lune par quartier.

alors qu'en réalité c'est l'autre rue

alors qu'en réalité c'est l'autre rue

Publié dans Chronique chaotidienne

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