Chiner des films de mon adolescence

Publié le par Rémy

Si l’âge adulte est le temps où nous pouvons affiner et affirmer nos goûts culturels ainsi que nos esprits critiques ; d’ailleurs les deux sont liés, l’adolescence est le temps de passions arbitraires, palpitantes aussi impulsives qu’instinctives ce qui fait que ces œuvres vues durant notre jeunesse nous laissent des empreintes bien plus fortes que des œuvres découvertes ultérieurement.

Spawn est un des premiers objets culturels que j’ai conquis en dehors de ma zone de confort. Je dis ça dans le sens où je n’avais pas d’amis qui lisaient de comics, dans ma famille non plus nous n’étions pas lecteurs, et donc rien ni personne ne me prédestiné à être introduit à cet univers qui m’intéressait de loin mais dans lequel je n’osais pas entrer. C’est lorsque j’étais au lycée qu’un jour j’ai pris mon courage à deux mains (quand on est timide tout est difficile) et que je suis rentré dans une librairie. Là j’ai feuilleté un peu de tout et lorsque je suis tombé sur une cover de Spawn j’ai craqué pour le visuel.  C’est ainsi que j’ai commencé à lire la série noire, violente grotesque, épique, dont j’adorais l’univers autant que le visuel.

Alors lorsque j’ai su qu’il allait y avoir un film j’étais totalement hypé par l’idée de voir sur grand écran la noirceur de l’œuvre originale. Et le film est sorti …

Je ne l’ai plus revu depuis cette époque mais le film m’a marqué en revanche je ne saurai pas vous dire dans quel sens. Il est moche, je veux dire même pour son époque il était déjà très moche, les acteurs jouaient vraiment mal, heureusement le scénario était grotesque et violent. C’est un film qui avait tout pour être détesté mais que je m’étais préparé à l’aimer alors après l’avoir vu je me suis conditionné pour l’aimer tout en ayant conscience que ce n’était peut-être pas très normal de l’aimer. Tout cela pour dire que je suis content de le choper en vide-greniers dans cette édition à priori franco-allemande qui va me permettre de me confronter à mon souvenir.

En tout cas l’impression sur le DVD m’inspire déjà un étrange mélange de ridicule et de magnifique.

Toujours durant mon adolescence je suis tombé dans le jeu de rôle. Vous savez ces jeux de société dont le plus illustre représentant est un certain Donjons & Dragons. Quand un film a été annoncé j’étais une nouvelle fois hyper impatient de le découvrir. Je me suis donc rendu au cinéma la fleur à l’épée. Nous étions en l’an 2000 soit 3 ans après Spawn. J’étais un peu moins jeune, un peu plus vieux et mon esprit critique était un peu plus affuté. C’est sûrement pour cela qu’il m’a été impossible de ne pas voir l’énorme ratage de ce film. C’est un naufrage digne d’un déluge biblique, une daube infâme qui profane sans vergogne tout l’esprit du vénérable Donjons & Dragons.

Pourtant je l’ai racheté en le voyant en vide-greniers. Pourquoi me direz-vous ? Déjà pour 50 centimes, ensuite par nostalgie, puis parce que ça reste estampillé Donjons & Dragons, mais aussi parce qu’il est si mauvais qu’il est culte, sans compter que c’est une édition cartonnée avec fourreau et double DVD et que le second disque contient entre autres chose des interviews des créateurs du jeu, j’espère donc entendre papa Gary Gygax et je suis très curieux de savoir ce qu’il a à dire sur cette pitoyable adaptation.

Voilà pourquoi j’avais envie de faire un focus sur ces deux films chinés mercredi, ils font partie intégrante de l’aventure culturelle de mon adolescence et j’assume aujourd’hui de les posséder un peu comme des fétiches.

J'assume d'acheter ces DVD de films douteux voir de films clairement mauvais. Mais le paysage culturel que l'on se construit ne repose pas seulement sur des grands et bons films
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