Pauvre histoire de gilet jaune

Publié le par Rémy

Vingt-deuxième samedi d’agitation pour les gilets jaunes, peut-être le vingt-troisième ou un de plus ou un de moins je me moque bien de l’exactitude du décompte. C’est un samedi de plus qui est déjà un samedi de trop. Et il y a bien longtemps que ces manifestations du samedi sont de trop dans l’espace public. Je ne voudrais pas brimer le droit à chacun de manifester, je ne voudrais pas non plus passer pour un bourgeois que je ne suis pas et critiquer les aspirations révolutionnaires d’un tout petit peuple. Si je déplore l’accumulation des jours dédiés à un prétendue mouvement des gilets jaunes c’est pour une toute autre raison, une raison simple, claire et concise. Si je conchie les soubresauts du mouvement des gilets jaunes c’est pour son incapacité manifeste à créer de la narration autour de lui-même. Je pourrais lui demander d’avoir des idées, mais je ne leur ferai pas cette offense, laissons cela aux intellectuels. En revanche je ne leur pardonne pas leur incapacité à créer de la narration autour d’eux afin d’inscrire leur mouvement dans quelque chose qui puisse être la société, la culture, l’air du temps, l’espace public, les consciences, les esprits et dieu sait où encore.

Je suis frappé par la vacuité de ce mouvement, qui après plusieurs mois d’existence est fondamentalement incapable de générer de la narration, créer une histoire et l’inscrit dans le non-conscience collectif.  C’est selon moi le plus pathétique des échecs parce que créer de l’histoire, créer sa propre histoire, se créer une histoire, c’est en théorie un principe accessible à tous et à chacun par le simple biais de sa parole. Il n’est pas nécessaire d’élaborer une histoire complexe, ou une histoire de qualité, non, la dimension narrative est possible simplement en relayant son histoire avec ses mots, juste ses mots. Mais après des mois de babillages stériles il ne reste rien qu’un marronnier hebdomadaire qui ne fait même plus vendre de page de pub à BFM. C’est ridicule et pathétique. Bien sûr vous pourrez protester en rétorquant que les médias n’ont pas aidé le mouvement à créer de l’histoire en ne relayant pas ladite histoire mais ça serait alors reconnaître l’incapacité des acteurs eux-mêmes à générer leur propre narration, et j’aurai donc raison.

Quand ton écriture tient sur un gilet ton histoire n'a qu'une seule page

Quand ton écriture tient sur un gilet ton histoire n'a qu'une seule page

Publié dans Chronique chaotidienne

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