L'art de la promenade est-il difficile seulement pour moi ?

Publié le par Rémy

La promenade est une chose difficile. Et cette affirmation est certainement difficile à croire parce qu’il n’y a rien de plus simple que la promenade ; mettre un pied devant l’autre dans un contexte autre que sa tanière, son chez soi. Tout le monde est en mesure de se mettre en promenade et pourtant je continu d’affirmer que la promenade est une chose difficile. Peut-être parce qu’en réalité les choses sont toujours plus complexes ou subtiles qu’il n’y parait au premier regard. Car si la marche, le déplacement et même l’errance (bien que je ne suis pas sûr pour cette dernière) sont des choses simple, la promenade qui partage avec elles beaucoup de similitude est en réalité un peu différente. Et c’est dans sa subtilité qu’elle me parait pour difficile.

J’aurai dû dire que l’art de la promenade est une chose difficile, ou alors que l’état de promenade est une chose difficile à atteindre parce que c’est bien cela l’idée que je poursuis. Pour moi, la promenade est cet état d’esprit si particulier et si fragile où le corps en mouvement dans un espace, urbain ou naturel, n’est que le véhicule d’un esprit qui pense de manière active et consciente. Je ne parle pas d’une personne qui marche et dont l’attention s’attarde sur les choses alentours qu’elle croise afin d’alimenter sa réflexion, mais d’une personne qui alimente une pensée étrangère à sa promenade. Il y a dès lors une sorte de minuscule dissociation entre le corps qui semble mû par un mouvement léger, automatique et sans effort, et l’esprit qui s’agite avec une certaine fluidité. Il n’est pas question ici de l’état de transe que le sport de haute dose peut provoquer, de cet état second qui porte et transporte certains coureurs ou marcheurs. Non je suis sur quelque chose de plus léger.

Je parle de cet état du corps que je ressens parfois comme porté par une volonté propre qui me transporte avec légèreté et fluidité et que mon esprit qui se permet de divaguer à la manière de ce que je peux faire lorsque je suis dans un train et que je regarde le paysage.

Pour moi c’est cela l’état de promenade qui offre au corps une sensation réellement agréable, chez moi ça se manifeste comme si j’étais tiré par une corde au niveau du bassin et que mes pas roulaient naturellement comme les engrenages d’un pédalier tandis que mon esprit profite de la promenade pour s’enfoncer dans ses pensées sans se préoccuper du contexte, de l’effort ou du plan à suivre pour partir et revenir. C’est cet état d’entre deux, cet état de flottement qui offre bénéfice à l’esprit et au corps que je trouve difficile à connaître. Mais c’est peut-être une erreur de jugement de ma part, peut-être que cela est facilement pour tout le monde et seulement difficile pour moi ?

Marcher dans les rues, même pour Liv Tyler, marcher sur la rue, dans la route, sur les lignes, le bitume et la ville

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Publié dans Réflexion, Je est un Blog

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