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Publié le par Rémy

J’ai le crépuscule dans le crâne, un astre couchant qui s’est échoué derrière mes yeux et qui pèse de sa lumière orange qui brûle comme l’acétylène. Je suis un monstre marin, un dinosaure, un monstre antique qui grogne son chant du cygne, un animal caverneux qui rugit comme un soliste dans la solitude de sa grotte avant de surgir à la surface comme un anachronisme tentaculaire. Je parle des mots écrits, je meurs par les mots écris comme un dictionnaire aux mots désuets dont les définitions ne sont plus que poésie. Mon sommeil s’est envolé et maintenant il rôde au-dessus de moi, entre le zénith du soleil et les gouffres de mes cernes. Je suis ce théâtre d’ombres sans spectateur, des marionnettes sans fils croupissent dans une malle sans clef quand l’ouvreuse pourtant franchit les portes closes avec des gloss sur les lèvres et des spectateurs à sa suite comme une canne et ces cannetons picorant le mais soufflé. Les trois coups vont frapper plus vite que les douze de minuit et derrière le rideau levé il va falloir déballer le grand je, cet égo qui se mesure à l’échelle frauduleuse des échos dans la salle. Drôle de comédie où les robots et les humains s’interchangent les rôles. J’interroge ma prose avec le regard qui dort dans celui des draps et des coussins.

Sandro Giordano- In extremis

Sandro Giordano- In extremis

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M
Magnifique ❤
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R
étonnant, je n'ai pas écris cela comme un "beau" texte, seulement comme une pensée et je suis agréablement surpris de découvrir que tu y vois de la beauté :) merci