Mots à la rue

Publié le par Rémy

Il y a trop de vies qui s’écoulent comme les eaux usées au caniveau. Trop de vies écroulées sur les rivages les pieds tranchés ensanglantés par les récifs acérés comme des lames. Il y a les drames qui pressionnent le cœur, un passage à tabac thoracique qui réveille les vertiges dans le crâne troué ; vestige ancré dans le paysage intérieur où s’amarrent les chaînes qui jonchent les forçats. Ce n’est pas de la poésie, pas une chronique non plus, c’est de la mauvaise couture, de la chirurgie de grande guerre quand les dégâts dégradent les hommes nés dans l’urgence du devoir. Plus tard, quand le silence se fait roi, c’est l’urgence des hommes de résister au pressoir, la pesanteur de l’air et son parfum empesté qui empoisse la gorge. Grognement animal derrière les yeux, le regard qui creuse sa tombe à l’orée d’une forêt. Fallait-il en sortir, fallait-il s’en enfuir ou s’engouffrer dedans comme dans la touffe noire et épaisse qui parsème la steppe mongole ? Les pièces n’ont que deux faces et le hasard milles visages alors les deux ne peuvent pas se régler comme sur un jet de dés.

Et tout peut s’arrêter ici, sans l’entremise de la ponctuation

Mots à la rue

Publié dans Divagations diverses

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