Mon jour de chance est un jeudi 13

Publié le par Rémy

Les as des épingles remplissent de rouge les jauges. Le bleu tout étiré s’étend comme un bandeau sur le crâne en sueur d’un sportif de ballon ; foot, basket et pourquoi pas d’autres sports, d’autres ballons et puis même des balles comme les gangsters et les terroristes qui gangrènent le paysage urbain et la paix. Le chaos de la consommation et l’ordre discret de la protection ne font pas bon ménage, alors on tourne une page de sang au pied d’un carrousel comme quand on tourne de l’œil sous le cri strident des sirènes de l’océan. Silence sous la barbe des pirates, sciences dans le crâne des stratèges mais quand l’œil mécanique des caméras tourne son regard mort sur la scène d’un festin gâché par le déclin des mœurs on se sent saisi, c’est-à-dire que l’on frissonne mais l’on cesse de bouger, boucher sa bouche, boucher ses yeux, boucher ses oreilles pour l’homme à six bras, frappé par la sidération.

Quid du poète, l’énigmatique prosateur, orateur silencieux qui gratte son clavier en égrène le flow d’un chanteur invisible qui fustige l’univers pour son art, ses oripeaux et ses appâts à catastrophes. Ma couleur est en mot, ma vigueur est en l’air, la valeur du temps qui passe se substitue à mes envies.

Peinture par Eric Lacombe

Peinture par Eric Lacombe

Publié dans Divagations diverses, Prose

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