Une dose dessus la réalité

Publié le par Rémy

Le battement d’ail d’un papillon a fermé mes paupières lourdes le voisin d’en face à fermé les rideaux de l’appartement qu’il loue à des touristes de passages dont j’observe les échanges par les fenêtres et la porte qu’ils empruntent pour partir à la ligne des guides touristiques. Les blattes noires rôdent sous les tréfonds des trottoirs dans le hors champs des réverbères qui n’éclairent qu’un cône découpé dans le brouillard. Je le sais car j’ai vu les petites pâtes longues des cafards laisser des traces distinctes dans la crasse et dans l’ombre. Ce n’était pas beau mais plus que les touristes quand même, alors je n’ai rien dis, puis je ne parle pas aux fenêtres, ni aux insectes d’ailleurs sauf s’ils sont polis et poilus et qu’ils engagent la conversation. Mais de toutes les manières la vitre d’en face est éteinte, la porte close, il n’y a plus qu’un œil aveugle pour beugler dans la rue les litres d’espérance qui font de mal à personne ; principalement parce que personne n’emprunte cette rue, à part des voitures qui ne sont pas des personnes. Ah oui, j’allais oublier, au matin de l’aube il y a les éboueurs à l’arrière du bousier qui passent par ici et récoltent les fruits qui ne sont plus défendus par personne, alors ils y touchent pour les mettre dans la benne et poursuivre la route. J’imagine que lorsqu’ils rentrent au dépôt ils débouchent une bouteille de vieux rhum pour fêter l’inertie des habitudes

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