Les feuilles mortes

Publié le par Rémy

J’ai regardé doucement les arbres, jour après jour en espérant voir tomber leurs feuilles. Je regardais l’automne se faire languir avec un le souhait d’une délivrance nouvelle. Mais les jours après les jours conservaient les feuilles aux branches des platanes qui surplombaient l’avenue. Les feuilles avaient perdu depuis des semaines le lustre verdoyant de l’été ou le foisonnement prometteur du printemps, elles étaient là, suspendues dans leurs couleurs mortes de rouilles et de terre de sienne mais elles refusaient de tomber et ainsi mettre la ville à nue. Elles se suspendaient sans allure figées par l’absence de vie, de sève et vigueur souple qui fait l’ondoiement polymorphe dans les branches où souffle le mistral. Comme des squelettes de chauve-souris au fin fond d’une grotte brésilienne les feuilles attentent de tomber mais restes là-haut, rideau déplumé qui voile le regard qui se porte sur la ville. Demain, ou plus tard encore quand les giboulées vigoureuses de l’hiver seront venues racler les branches pour déshabiller le défilé des silhouettes végétales c’est un tapis marron et roux qui jonchera le sol, les rues et la route ; feuilles mortes déchiquetées par les pas mécaniques des passants anonymes dont les pas cheminent sans âme d’un trottoir à l’autre comme passent les saisons

Les feuilles mortes
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N
et le feuilles tombent et ne tombes pas
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N
très belle douce mélancolie
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