Brouillard

Publié le par Rémy

Comme un levé la lune sur l’horizon noir le brouillard est tombé sur la ville. Dans son silence épais la brume s’est allongée dans les rues, les routes, les ruelles et les places et de ses bras opaques elle a embrassé les immeubles, les bâtiments et tous ces trônes de mobiliers urbains laissés là par les hommes pour célébrer l’utile plus que l’agréable. Le brouillard ne fait pas de quartier, sans distinction de classe il enroule le flou de son air pansu sur les HLM et les citées dortoirs, les boulevards insomniaques et les avenues à la bourgeoisie avenante. Les feux de  signalisations disparaissent dans le halo qu’ils laissent à leurs places colorées, et l’ombre rectangulaire comme une tombe basique de l’immeuble d’en face à disparue dans l’obscure qui se répand sous le regard d’un ciel jaune et mauve ; maintenant que les nuages rôdes sur les pavés et le bitume les lumières s’inversent et c’est d’en haut que l’on capte les reflets artificiels qui n’aveuglent plus personne sauf les fantômes et les esquisses qui passent et disparaissent dans le paysage si étrangement familier et pourtant si lointainement différent. Un moment de grâce venu du ciel, un don climatique, couvercle de coton pour apaiser de manière éphémère une ville entière.

Brouillard

Publié dans Chronique chaotidienne

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