Poésie sans les morts

Publié le par Rémy

Elle est ma porte d’entrée pour l’univers d’en dessous. En soutien-gorge de laine blanche comme ses cheveux morts et la fumée qu’elle échappe à ses lèvres elle m’attend telle la sphinge d’une page noire où l’encre se perd. Elle est la pluie de mes nuées, dans l’ombre jaune des réverbères elle se découpe en traits de fusain. Insaisissable proie chasseresse elle ma fusée pour les étoiles, et c’est au crible de ses pupilles larges que je vise une orbite insensée. Son cœur de faïence mille fois brisé que je recolle au coin du feu par le soin d’une fusion atomique est une boussole qui désigne un nord abscond au milieu d’un orbe de cristal qui roule dans ma paume. Ma Dame est damnée d’idées noires, quand mes yeux pleurent d’elle une brume lourde qui recouvre lentement l’immonde qui jonche le sol d’ailes brisées et de cendres amères. L’or et le vin alors dans une coupe bouillante mélangent leurs sangs de symboles saignés dans un breuvage torve que je vide d’une seule et longue gorgée. J’âme sous le vent, le feu invisible d’un ventre chaud qui m’attend comme une oie le fait pour sa couvée. J’irai contre mes accointance visiter les nuages ardents de galaxies pas encore nées et l’irais rétorquer aux lumières des années mortes le rayonnement d’une poésie sans prouesse, simplement une caresse qui transperce la nuit.

Poésie sans les morts

Publié dans poésie, Prose

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article