Mon imagination est une fragmentation

Publié le par Rémy

L’imaginaire n’est qu’une fragmentation pour moi. Je ne conçois pas mon imaginaire comme un continent entier, une terre à part entière avec un écosystème qui lui serait propre, contiguë et continu sur laquelle je ferai courir des idées folles, neuves et sauvages dont les racines se nourriraient du substrat de cette terre. Non, mon imaginaire est fragmentée. Mon imagination est fragmentaire et si je devais représenter celle-ci ça ne serait pas la mappemonde d’une terre vaste, mais plutôt une constellation ; un grand vide ponctué de points lumineux qui dessinent entre eux des formes invisibles. Mais ce n’est même pas cela. Mon imaginaire est bien fragmenté, comme un vase, une porcelaine brisée en milliers de morceaux et ce qui fait imagination, mon imagination c’est ce qui se loge entre les fragments. C’est dans les interstices de mondes connus de manière imparfaite et parcellaire que je cale ma capacité à éprouver de l’imagination parce que l’imagination n’est pas un don, un muscle ou un savoir-faire, l’imagination c’est une sensation, une perception sensible d’un possible qui advient.  Entre deux éléments connus, reconnus, imaginaires ou réels, quand une force qui peut être littéraire, visuelle, narrative, ludique crée les conditions d’émergence de possibles, l’homme qui possède de l’imagination est l’homme capable de percevoir par le truchement de sa corde sensible l’émotion qui ruissèle en minuscules gouttes d’imagination. Je suis cette imagination-là.

Mon imagination est une fragmentation
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