Le long des rues

Publié le par Monsieur Ray

Je regardais la ville et la ville n’en était pas une. Je regardais la rue et la rue non plus n’en était pas vraiment une. Je regardais la vie et c’était sûrement ce qu’il y avait de plus juste, de moins faux. Je m’étais arrêté de marcher dans cette ville, dans cette rue, dans cette vie et je m’étais posté légèrement en retrait de manière à observer la scène, cette rue dont les passants brassaient l’espace autour d’eux comme les eaux d’un fleuve. Je cherchais à poser mon regard sur un élément saillant des alentours afin d’y rattacher mon attention puis, à partir de ce point que j’espérais fixe, effectuer mon art d’écrivain et découper le monde en portion littéraire.

Mais la scène, dans son milieu naturel, était trop réelle pour être cernée par la seule ambition de mon regard. Elle débordait très volontiers au-delà du seuil de mon attention et la ville battait le tempo sur un élan brutal mais pourtant si simple. J’étais ballotté par fleuve et par sang au feu des possibles qui s’écoulaient aussi vite que mes idées s’écroulaient dans un cycle sismique si court que je n’avais pas le temps d’en prendre conscience. J’épanchais alors mes encres noires le long d’un caniveau qui avait vu naître des souvenirs.

Le long des rues

Publié dans Chronique chaotidienne

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article