La télé sans titre

Publié le par Monsieur Ray

La télévision a pénétré mon intimité avant qu'internet s'immisce dans les espaces intimes de mes habitudes. Adolescent j'ai eu la chance de pouvoir avoir une télévision dans ma chambre. Au départ c’était un vieux poste noir & blanc que j’avais exhumé du grenier et pour lequel il fallait régler chaque chaine individuellement sur un bouton dédié à chacune. Ensuite une télé avec la couleur et une télécommande, télé sur laquelle je pouvais brancher mes consoles. Je parle d’une époque où il n'y avait qu'une poignée de chaînes, six ou sept, ce qui implique que j’évoque un temps assez ancien, mais ce qui implique aussi que le rapport que j’avais avec ces chaînes était différent de ce que l’on peut éprouver maintenant.

De cette époque j’ai gardé des souvenirs liés à ces nuits sans sommeil où j’allumais la télévision et je m’exposais aux programmes de la nuit en ayant l'impression de découvrir un univers curieux caché dans les limbes de la nuit. Aujourd’hui il parait insensé de s’exposer à des programmes que l’on n’aurait pas choisis ; premièrement parce qu’avec la TNT l’offre télévisuelle ratisse plus large qu’avant le long de ses vingt-cinq ou vingt-six chaîne minimum. Deuxièmes parce qu’aujourd’hui avec le replay, le streaming illégal, les plateformes légale comme Netflix et l’infini diversité de YouTube l’insomniaque a devant lui la possibilité de faire un choix. Mais à l’époque dont je parle, l’allumer la télé dans la nuit offrait une palette réduite. Le choix que l’on faisait était un choix par défaut, le choix du moins pire et c’est pour cela que l’on se retrouvait en train de regarder des programmes que nous n’aimions pas et que nous finissions d’aimer par nécessité.

C’était cela qui faisait de nous des aventuriers, la confrontation à des programmes que nous devions dompter. Et cette manière de regarder la télé dans le silence de sa chambre avait une saveur toute particulière qui me manque parfois. Aujourd’hui si l’insomnie se faire trop forte il peut m’arriver de passer plus de temps à faire le tour des programmes disponibles en cherchant le bon que de passer de temps à regarder le dit programme.

Le monde change, parfois l’ancien me manque.

La télé sans titre
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