Prose parfaite

Publié le par Monsieur Ray

A ta bouche dessinée j’avais sans hésiter accrocher ma destinée. Durant ma longue nuit, depuis son soir lugubre jusqu’au son aube lointaine, j’avais par mille fois crayonné mon désir tout au long de tes courbes dénudées. Toi tu avais planté ta lame aiguë sous mes oxydes et puis ma rouille et tu avais tracé sans peur sur ma poitrine de cuivre vieux quelques viscères utopiques. De ma langue serpentine j’avais alors supplié à ta chair rose que tu pointes dans le mille de mon ambition le dard carmin de tes deux seins. C’est sur ces mamelons ronds comme le monde que j’étais né à l’amour. Une première fois j’avais déroulé ma langue de serpent couvrant le globe doux de milliers de baisers incomplets ; plus qu’un amant de passage j’étais le Sisyphe de tes nuits blanches. Quand enfin tu avais été nue comme l’avatar d’une nouvelle Eve j’avais déposé mon ambition entre tes cuisses. J’étais tombé à genoux, en dévotion face à ta source ondine et une deuxième fois je t’avais imploré pour que tu déverses sur moi tes eau-forte et que tu réalises l’objet maudit de tout ton art.

 

 

 

J'ai beaucoup de tendresse pour cette prose qui est venue en quelques minutes traitres de ma conscience pour se déposer comme une concrétion parfaite au pied de ma page tout aussi surprise que moi.

J'ai beaucoup de tendresse pour cette prose qui est venue en quelques minutes traitres de ma conscience pour se déposer comme une concrétion parfaite au pied de ma page tout aussi surprise que moi.

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