J’associais l’univers des super héros à une vision cubiste de l’imaginaire

Publié le par Monsieur Ray

Je n’étais exposé aux comics de super héros que tardivement dans la construction de mon imaginaire. De toutes façons je lisais près peu pour ne pas dire pas lorsque j’étais enfant et même la bande dessinée m’attirait peu. Bien sûr j’avais eu quelques entrées dans la BD franco-belge en lisant quelques standards et ça m’allait très bien comme cela. Finalement j’avais forgé mon imaginaire au fil des dessins animés qu’eux je ne manquais pas de regarder. Capitaine Flam, Albator, Ulysse 31, Goldorak puis les générations suivantes.

Je ne sais même pas comment je me suis retrouvé avec un comics entre les mains, je pense que j’avais dû l’acheter dans chez un marchand de journaux. Je crois que j’avais inconsciemment un peu mythifier le genre comme les choses auxquelles je n’avais pas accès et dont j’entendais parfois des échos positifs. Je devais être au lycée voir même dans ma première année de fac quand je me suis lancé. Et ce qui m’a le plus frappé c’était l’aspect débridé de la trame imaginaire. C’est difficile à dire parce que c’est une impression lointaine et qui était déjà diffuse et indistinct à l’époque.

J’étais frappé par la puissance d’un imaginaire à la fois hyper codifié et en même temps dont je percevais sa volonté de renouveau, de renaissance ou de recyclage permanant et finalement je n’avais jamais imaginé l’imaginaire ainsi. C’est n’est que dans le comics que j’ai réalisé le potentiel d’une science-fiction assumant pleinement les possibilités des multivers, des univers parallèles, des voyages dans le temps et les timelines divergentes. Ce n’était pas dans la façon dont cela impactait ou non le récit que j’étais en train de lire, c’était plutôt sur la manière d’envisage un imaginaire dans sa globalité et la possibilité d’explorer les différentes facettes d’un concept de personnage en le plongeant dans une Terre parallèle, dans un micro univers au sein d’une gemme, d’un présent alternatif fruit d’un passé modifié par un futur dystopique, etc.

Avant cela je voyais l’imaginaire comme un grimoire, un atlas ou un dictionnaire où la cohérence devait être la règle. Qu’importe le postulat de base, fantasy, fantastique, SF, cyberpunk, etc. je croyais que l’essentiel de l’effort d’imagination était de viser à une vision omnisciente qui organiserait tout selon une logique cohérente. Et une fois que l’on approchait de cette image, il fallait lisser les détails pour assurer la stabilité de l’effort d’imagination. Je pense qu’avoir baigné longtemps mon imaginaire dans le jeu de rôle, le jeu de rôle à l’ancienne faudrait-il préciser aujourd’hui bien qu’à l’époque c’était la manière de le concevoir dans l’air du temps, a sûrement influencé cette vision d’un monde imaginaire comme un atlas. Mais avec son approche différente le comics à totalement ébranlé ma conscience imaginaire. Et d’ailleurs j’allais plus volontiers vers les histoires et les séries qui exploraient cette dimension diffractée de son propre concept ; j’associais l’univers des super héros à une vision presque cubiste de l’imaginaire où il est possible pour un seul et même héros d’être vivant et mort, de partager son présent avec des clones et des avatars alternatifs issues de versions quantiques de lui-même et où ce héros possède une forme de contrôle narratif sur l’architecture de ce beau bordel.

En lisant des comics j’ai eu l’impression de découvrir le pouvoir d’une imagination qui m’a semblée débridée. Et depuis ce temps je crois aussi avoir développé un complexe parce que je ne me sens pas capable de créer de cette façon si libérée. J’admire cette force de l’imaginaire qui sait tisser les fils de l’imaginaire selon des logiques floues qui se construisent ou parfois apparaissent seulement à postériori alors que moi je me sens cantonné à une création imaginaire logique qui part d’un élément et qui développe par cause à effet logique à partir de là sans parvenir à pervertir la logique initiale. Cette liberté de l’imagination je crois l’avoir retrouvé à sa façon dans la série Dr Who par exemple.

Aujourd’hui encore lorsque je me documente sur des super héros ou des super vilains juste pour le plaisir de découvrir leurs variations au gré des époques ou des auteurs, je jalouse un peu et m’émerveille beaucoup d’une liberté que je désir encore acquérir.

Dans le genre Flash tient une bonne place, outre le fait qu’il puisse voyager dans le temps à rebours de la vitesse de la lumière, il est à l’origine du Flash Point qui instaura une nouvelle réalité narrative à l’univers DC Comics

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