Au coin de la rue du divertissement

Publié le par Monsieur Ray

Même le réel est une source de distraction. Le monde dans sa dimension quotidienne peut n’est perçu que comme une pure usine de divertissement, mécanique procédurale mise en œuvre par « le monde » afin de détourner l’homme d’une approche frontale du monde qui conduirait l’homme à penser le monde ou quoi que ce soit qui se confronte à lui sous un angle pragmatique.

J’entends ici le principe de mécanismes de divertissement comme des processus de défense du dit monde pour échapper à un regard clinique de l’homme qui, s’il voyait au-delà du rideau rouge du divertissement agité par le monde, devrait affronter l’incommensurable échec du monde comme société ou comme système utile aux bonheurs individuels. Lorsque je dis que le quotidien peut être vue comme un théâtre de divertissement je parle du vent qui fait danser les feuilles habillées à la mode de l’automne, je parle des passants qui longent les trottoirs portant encore des shorts, aux vols des pigeons qui suivent des chemins abstraits, à l’algorithme des feux rouges qui régissent la ville, la valse des voitures, la pluie, les mères de famille qui reviennent de l’école en tenant par la main leur enfant, des bribes de voix, un volet qui s’ouvre, un insecte sur la peau. Je pense le monde comme un extérieur parce que se déroule à l’intérieur et qui est aussi de l’ordre du divertissement bien sûr se déroule hors du monde puisque cela se déroule dans des mondes intimes.

Mais je ne cris à aucun supplice du monde où le divertissement de l’homme contre son abnégation de raison serait le fruit d’un destin, d’un projet ou d’un dieu. Il me faut alors faire preuve de raison à mon tour et comprendre que le divertissement à l’œuvre dans la chair quotidienne du monde n’est pas un mécanisme de défense mit en place par le monde comme entité mais qu’il est un mécanisme de défausse mit en place par l’homme pour s’excuser de ce qu’il a cessé de faire et échapper à la responsabilité de son abandon.

Le monde n’est plus un terrain vague à défricher par la force de la pensée et de la raison, ce n’est plus qu’un théâtre d’ombre que nous regardons comme tel.

Platon avait raison.A

Javier Téllez Théâtre d’ombres (Shadow Play), 2014 Installation audiovisuelle, projection du film 35 mm  10 min 56 sec

Javier Téllez Théâtre d’ombres (Shadow Play), 2014 Installation audiovisuelle, projection du film 35 mm 10 min 56 sec

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