Pour le deuil ridicule d'un article perdu

Publié le par Monsieur Ray

J’avais tout paramétré dans Word pour éviter de perdre mes articles en cours de rédaction ; bien sûr que j’oubli trop souvent de sauvegarder mais la sauvegarde automatique est là pour me permettre de récupérer les articles qui disparaissent. J’avais donc rédigé un bel article avec une digression autour du concept de pile à lire avant de présenter sept livres chinés la semaine dernière et de me dévoiler un eu au travers d’eux. Je trouve qu’en ce moment j’arrive à un certain équilibre sur ce blog dans le sens où j’arrive à produire des articles que je trouve intéressants. Je ne sais pas s’ils sont intéressants à lire mais je les trouve intéressants à écrire ; à mi-chemin entre l’introspection et la réflexion dans une posture sincère et littéraire qui m’intéresse d’explorer. J’avais donc rédigé mon article, c’était en prévision de dimanche, c’est-à-dire d’aujourd’hui car l’article ici présent remplace celui qui était prévu vous l’aurez compris, vous aurez compris aussi que cet article est programmé et que ce dimanche je serai trop fatigué pour me consacrer à ce blog. Et pourtant il approche de ses neuf ans d’existence, l’entrée dans la dernière ligne droite.

Tout était prêts. Il faut savoir que j’utilise la version bêta de la nouvelle interface d’Overblog et les développeurs avaient annoncés le risque parfois qu’un article bug et que l’on puisse le perdre alors que dans la version précédente de l’interface les articles buggés finissaient généralement dans brouillon. Mais ce n’était pas grave puisque mon texte était dans Word. Il ne me manquait plus que les photos pour finir mon article, des photos prises avec mon téléphone des livres dont je parlais. Par paresse ou par excès de confiance après avoir pris les photos je laissais Google transférer les images de mon téléphone vers Google Photo où je pourrais les récupérer sans mal. J’ai donc patienté quelques instants en faisant autre chose, dehors, prenant l’air.

Lorsque je suis rentré l’ordinateur avait redémarré. Cela fait quelques temps que je constate cela, de temps en temps à la suite d’une mise à jour l’ordinateur se recycle, il redémarre sans ma permission et toujours lorsque je le retrouve il rouvre mes pages, mes onglets, mes documents et je reprends comme si de rien n’était. Sauf que ce soir, je rouvre Overblog et je n’y vois plus l’article, ni dans les articles programmés, ni dans les brouillons, nulle part. Confiant je rouvre Word pour y retrouver mon texte, un peu plus de 6000 signes soignés et sincères, mais je n’y trouve rien. J’essaie de récupérer le document perdu et là je tombe dans l’abime que quiconque qui a déjà écrit sur un ordinateur connaît ou à connu : rien. Plus rien. Pas le moindre signe d’un document non enregistré. Le désert. Je n’ai pas compris et je ne comprends toujours pas pourquoi il ne restait rien de cette écriture et de tous les documents non enregistrés que j’aurai dû trouver là où ils devaient être. Par curiosité j’ai vérifié que j’avais bien l’option sélectionnée, j’ai même testé en laissant la machine sauver un document test et ça a marché ce qui m’a rendu encore plus amer d’avoir perdu le texte.

Je trouve qu’il est presque impossible de réécrire un texte à l’identique ou non à chaud. Je suis tout à la fois dans le malheur idiot d’un deuil ridicule de cette part de moi que j’avais dévoilé avec plaisir qui a disparu et dans la frustration du médiocre à l’idée de réécrire une mauvaise copie du texte, une version qui ne me procurerai pas le sentiment de satisfaction que la première mouture m’avait offerte. Je réécrirais quand même l’article, demain, dimanche, lundi, plus tard, parce que je le trouvais intéressant et qu’en même temps je m’impose de rédiger ce genre d’article avant de pouvoir ranger mes livres chinés dans ma bibliothèque. Mais aujourd’hui voilà ne reste que mon amertume d’avoir perdu des mots.

Une grosse corbeille vintage vide pour figurer mon désarroi

Une grosse corbeille vintage vide pour figurer mon désarroi

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article