Et un verre d'eau citronnée

Publié le par Monsieur Ray

Au jour d’après dans le clair-obscur écrire encore trois petites lignes et des mots dedans. J’ai eu le temps court aujourd’hui, le temps prit par les contraintes d’autres choses que l’écriture notamment la découpe d’un mur. J’aurai cru que découper un mur serait une chose aisée, j’étais confiant, mais découper ce mur se révèle plus difficile que prévu, scie à main, scie circulaire, disqueuse, rabot, c’est finalement l’abnégation et la scie sabre qui m’a permit d’attaquer le mur pour de bon. Cela aura pu m’inspirer un texte, il pouvait y avoir de la symbolique dans l’expérience de l’homme découpant une paroi pour reformater son espace. Mais curieusement ce n’est pas le cas. C’était juste difficile, salissant ; un mur de brique réduit en poussières fines et salissantes qui s’est logée dans ma gorge, mon nez, mes cheveux et les pores de la peau. Je n’ai pas pu puiser l’inspiration dans ce geste suspendu parce qu’il se finira que demain matin, du coup il ne reste que l’évocation directe et simple de l’action. C’est une chronique sèche et rauque. La poussière par bouffée blanche s’échappant de la porte fenêtre sur le balcon, la lumière chaude du soir, le silence déchiré par le tracas de la scie qui s’énerve, fume et arrache de la matière petit à petit jusqu’à ce que sa lame soit lisse comme la patte d’un chat et moi blanc comme une esquisse mal dégrossie dans le marbre des artistes.

Une planche de scie en vue découpée

Une planche de scie en vue découpée

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