Le big data on l’aime ou on le quitte

Publié le par Monsieur Ray

Le big data on l’aime ou on le quitte aurait pu dire un président Sarkozy tout à la fois visionnaire et caricatural. Mais il ne l’a pas dit, et j’use de la formule parce qu’elle sonne comme une punchline. A l’heure où vous devez recevoir à la chaîne les mails des sites, réseaux et applications qui vous expliquent comment ils vont jongler avec vos données et les contraintes des RGPD (Règlement Général sur la Protection des Données) moi je nourri la bête avec un sourire béat. Concrètement je suis sur Google Photos et j’aide l’algorithme à affiner ses résultats de classement de mes images. Sincèrement je trouve ça fascinant ; poétique et fascinant pour être exacte.

Le fait de laisser des empreintes de données personnelles sur la toile m’est toujours paru comme un prix à payer évident, logique et naturel contingent à l’utilisation d’intérêt. Faut dire qu’au début, dans ce monde lointain qu’est le début du siècle quand se rendre sur internet c’était comme aller dans le Far West, nous étions libres. Je veux dire libre d’y aller ou de ne pas y aller, de payer de ses données ou de ne pas le faire parce que le monde d’en dedans d’internet n’était qu’une enclave virtuelle qui pesait moins que la vraie vie. C’est en tout cas ce que nous disaient nos parents.

Mais aujourd’hui les parents ce sont nous et les enfants du millénaires sont nés dans le monde du dedans d’internet, ce ne sont pas des enfants virtuels, seulement des personnages accoutumées à ce nouveau paradigme. Et parallèlement le monde du dedans des ordinateurs a prit de l’importance, de poids, de l’ampleur assez vite et assez fort pour que la frontière entre le dedans d’internet et l’extérieur devienne poreuse jusqu’à s’abolir petit à petit dans les pensées et les consciences.

Aujourd’hui payer de sa donnée personnelle ce n’est plus un choix, ce n’est pas une liberté de s’y soumettre ou non, c’est un passage obligatoire qui est amené à être réglementé. C’est très bien, très vain aussi, mais très bien parce que c’est toujours important de formaliser des mécaniques implicites même si ça ne permet pas forcément de les contrôler.

Donc ce big data on l’aime ou on le quitte, et là je fais le choix de l’alimenter. Je suis désolé mais c’est une fascination. Prendre une photo et laisser Google la récupérer, l’indexer, la ranger, s’en souvenir pour moi. J’étais le premier à crier à la mort de l’âme, du savoir et de l’intelligence lorsque je voyais monter Wikipédia et le taux d’équipement en téléphones intelligents. Aujourd’hui je lance des données dans la marre de Google et je suis fasciné par les ronds dans les serveurs qui font mes données avant d’être archivées, analysées, captées, conditionnées, décryptées, formatées, algorithmées avant d’être revendues.

Peut-être est-ce moi le vendu.

Mais quoi qu’il en soit vous allez devoir apprendre à jongler.

Ceci n'est pas du big data et mes écrits ont vocation à l'être

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Publié dans Réflexion, Je est un autre

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