Fragment d’après l’apocalypse

Publié le par Monsieur Ray

Reclus dans les tréfonds des décombres d’un abri aux parois métalliques déformées et rouillées par l’enfer du temps Grant essayait en vain de reprendre son souffle. Il s’était enfuit à cœur battant et avait couru aussi longtemps que lui avait permis son vieux corps organique. Comme son cœur affolé n’arrivait plus à pomper assez de sang pour enflammer sa fuite il s’était engouffré dans la brèche rugueuse en espérant y trouver une tanière de fortune suffisamment sécure pour échapper à ses poursuivant. Mais il entendait déjà trop proche de lui le grincement mécanique des robots qui approchaient de sa cache avec le pas régulier de la mort qui avance sans remord. Son cœur alarmé ne respectait aucun sens du rythme et frappait à ses tempes nerveuses comme le fou qui tambourinait aux parois capitonnées de sa cellule quand soudain une immense main squelettique d'acier et de d'ivoire agrippa un bord de la paroi. Il essayait de retenir son souffle en vain quand d’un mouvement vif les quatre doigts déments de la main infernale écartèrent les feuilles de fer de son abri comme on pouvait tourner les pages d’un livre au temps du monde d’avant.

Grant se retrouvait alors nez-à-nez avec une de ces horribles marionnettes que les robots engendraient pour appâter les humains. Dans la déchirure apparaissait la figure d’un mutant inhumain dont les trois yeux rouges analogiques déformaient la tête où des lambeaux de chair artificielle singeaient l'expression d’un rictus humain. Sous le torse lui aussi rapiécé de chairs sanguinolentes on voyait le bras mécanique qui animer l’appât se raccorder à d’infames moteurs soumis aux ordres des cerveaux de fils et de verres qui dominaient le monde d’après. Dans le lointain et par-dessus l’orage des grondements métaux contre métaux Grant pouvait entendre les cris d’agonie d’un camarade en fuite poignarder ses espoirs. Il savait que d’un instant à l’autre ça serait à lui de mourir terrassé par l’implacable chaos du futur qui avait remplacé la destinée des hommes. Il aurait voulu pleurer ou bien rire de l’ironie du sort mais il était trop tard, son crâne était transpercé de part en part par d’infinis connecteurs qui déchiraient ses chairs à une échelle invisible.

Mutant cyborg pouvant évoquer une improbable figure de cerveau évoqué dans le fragment

Mutant cyborg pouvant évoquer une improbable figure de cerveau évoqué dans le fragment

il pourrait y avoir de cela dans la main démente

il pourrait y avoir de cela dans la main démente

Publié dans Fragment, post apo, SF, ébauche

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