Mal de crâne

Publié le par Monsieur Ray

Derrière le visage de l’homme le crâne creusait des sillons profonds. Et ce n’était pourtant qu’une prémisse des gouffres et des crépuscules à y venir naître et mourir. Dans le crâne de l’homme, derrière la cavité orbitale, ce trouvait une mine. On y pénétrait par les cavernes noires derrière les yeux et on s’y enfonçait sans peine durant des heures, de longs instants à arpenter des tunnels sinueux aux circonvolutions si multiples que l’on finissait toujours par s’y perdre jusqu’à entendre le bruit assourdissant des excavatrices qui extrayaient la pierre, le minerai et la roche. Si cet homme n’avait pas eu comme tout homme sa peau sur ses os la mine qui ébranlait ses fondations aurait été une de ces gigantesques mines à ciel ouvert qui défigure la terre, le sol et le monde. Roche fracturée en étoile et bâton de dynamite ; un, deux, trois et boom. Un instant de suspens après la noria mécanisée reprend. De l’eau aussi, beaucoup d’eau, des litres, des verres, des bouteilles, de tournée entière d’une eau bien ronde en bouche, peut-être radioactive ou polluée au mercure comme sur les planètes lointaines. Cette eau inonde les fausses condamnées et charries les sédiments du sol vers les profondeurs à moins que les cascades renversent l’ordre logique. Lui, l’homme, il se tient debout, à l’endroit sans se soucier de ce qu’il se passe à l’envers de son visage dans son crâne capturé par des drames et des cathédrales en devenir. Il se saisi d’un verre d’eau, il avale une aspirine et s’en retourne dormir.

C'est beau une mine à ciel ouvert, plus qu'une mine creusée dans un crâne

C'est beau une mine à ciel ouvert, plus qu'une mine creusée dans un crâne

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