Les oiseaux fous

Publié le par Monsieur Ray

Au temps de l’heure je colle des mots en ligne. Je voudrais la liberté des peintres et des poètes et des musiciens de jazz et la liberté des insouciants de la création. Moi j’admire, je suis un admirateur, administrateur de quelques mots mais je n’ai pas le talent de l’audace ni l’audace de la liberté. J’écris donc dans la contrainte de la langue, la contingence du sens. Et si ma prose parfois s’ébroue dans la poésie c’est que je suppose la poésie comme une épreuve pour la langue. Mais j’ai beau essayé, m’y frotter, m’y confronter, je ne suis jamais bien loin du sens de la langue. Je voudrais avoir l’élan d’écrire des hommes avec des canards sur la tête, la fougue d’une liberté qui esquisse le portrait d’une femme avec un oiseau perché sur le crâne et la peau dans les angles de l’art. Mais cela m’échappe ; lorsque j’essaie de m’échapper je m’écharpe sur la supputation du sens. Que me faut-il alors ? Quelques verres de rhums et quelques heures de silence ? La science de la conscience avec la précision d’un scalpel ? Le sais-je ? Non, je ne le sais pas. L’insensé ne se proclame pas. L’insensé proclamer sonne comme le signe devant sa machine à taper. Ce qu’il manque à mon conditionnel c’est de la spontanéité et ça je sais que je ne l’ai pas. De la sensibilité j’en ai mais cela ne suffit pas à l’élan, c’est en tout cas ce que je pense.

Ce n’est pas fou. Cette pensée n’est pas folle. C’est seulement une pensée. Une mention que je note à moi-même.

Oiseau d'armes à feu

Oiseau d'armes à feu

Publié dans Divagations diverses

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