Une plume vieille comme la mer

Publié le par Monsieur Ray

Contre tout l’or du monde mon ogresse est bien pauvre. Ma petite dame, comme les bourses de Wall Street et les cordons dorés des dompteurs de fauves, je vide les flacons et je vis de l’ivresse illusoire qui se dissipe toujours trop bas dans le décompte des sous, des petits sous, des trop petits sous, de la misère et du cuivre rond. Je suis saoul, le rhum roule de gauche et de droite et se brise sur le récif de roche, comme la glace des vodkas et le whiskey des pères qui fument le cigare dans les salons feutrés que les mères entretiennent d’une dévotion fausse. Je flanche ? Non,  je flambe comme les rideaux du casino et les cas de braquage aux périodes migratoires ; les oiseaux suivent le nord qu’ils perdent pour la saison et les insectes grouillent dans le secret de la terre. Ce n’est pas un rituel, pas plus qu’un acte religieux, ni Satan ni dieu mais les cultes païens des mauvaises habitudes qui gisent sans vie dans les flaques, le sang et le pétrole mou. Une grosse et épaisse bulle qui s’élève des entrailles, traverse, transcende et transperce sans fin le mur des saisons. Celui qui comprend s’avance à main nue, doigt à la ligne pendant que les autres grimpent comme le lierre des forêts et celui des jardins.

Pour les plume je sèche, comme pour l'encre

Pour les plume je sèche, comme pour l'encre

Publié dans Prose, Divagations diverses

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article