Contre écriture deux fois

Publié le par Monsieur Ray

Didier-Roger est un sans domicile fixe, un clochard, un médiant, bref un pauvre. Didier-Roger est assis à même le sol, la tête penchée pour cacher son regard, son dos vouté appuyé à un mur plus ou moins vétuste. Il a joint ses mains pour former une sorte de récipient. Il baisse les yeux, avance les mains et il demande la charité en espérant que des gens lui lancent l’obole. Mais personne ne lui donne jamais rien. En réalité Didier-Roger possède une fugace particularité qui le distingue de la masse des autres exclus de la société car Didier-Roger est affaissé et mendie dans son propre salon. C’est un SDF avec un toit, une maison, il est adossé au mur de la cuisine où trône le frigo, la cuisinière et le placard du microonde. Pourtant quand se lève le soleil toute la misère du monde écrase la vie de Didier-Roger qui n’est bon à rien de plus que de traîner son corps dans le couloir, de se laisser tomber et de mendier dans l’indifférence de sa solitude. A chaque heure où ses mains restent vides son cœur se serre et tord sa colonne des scories de la pauvreté et Didier-Roger écrase une larme dans la plus parfaite des indifférences. Quand il parle de cela à sa famille ou à ses amis tout le monde se moque de lui parce qu’on ne peut pas être SDF sous son propre toit et la tombe de Didier-Roger se creuse dans le bourbier de ses entrailles.

Pour de la contre écriture il faudrait peut-être songer à de la contre photographie pour illustrer cela

Pour de la contre écriture il faudrait peut-être songer à de la contre photographie pour illustrer cela

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