Au matin d'un Noël à la lettre folle

Publié le par Monsieur Ray

Dany était une petite fille sage. Alors lorsque venait Noël elle se couchait sereine le soir du 24 décembre éprouvant l’émotion satisfaite d’un devoir inexplicable accompli dans la plénitude de son enfance. Tout doucement le sommeil l’emportait alors avec l’infini douceur de la vague qui roule, s’allonge et se meurt en poésie dans le sable fin d’îles oniriques et désertes. Sa vague de petite fille sage à Dany mourait dans l’aube du jour qui se levait après le passage du père Noël et qui mourait dans les papiers froissés jetés à la poubelle. Inexorable Dany a grandi et un jour ses parents ne se sont plus vus dans l’obligeance de perpétrer la mythologie du père Noël à leur fille. Ils ont préféré la confession honnête des adultes transparents qui se font les triomphateurs d’un rationalisme cru à la poésie altérée des discours oniriques. Dany a vacillé devant la plausible honnêteté parentale. Elle était grande Dany et elle avait acquis l’intuition qu’il fallait donner le change et pour ne pas décevoir ses parents et déchirer la peinture idyllique des nouvelles conventions. Mais dans son fore intérieur Dany elle refusait d’abdiquer sa croyance et dans le jardin clandestin qui se ferme à double tour dans les rêves secrets elle a continué de croire vivant l’idole de sa jeunesse, la figure fabuleuse qui orientait sa vie dans le voie de la gentillesse, 365 jours de droit chemin pour un matin d’étoile sur les papiers cadeaux.

Publié dans Divagations diverses

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