Cromagnon

Publié le par Monsieur Ray

Pour la vie, je croyais que c’était le soir que l’esprit était le plus prompte à se déverser en mots mélangés, prose brute et frustre. Je pensais même que c’était la fatigue qui faisait tomber les verrous de la conscience et du formalisme. Mais à tout y regarder de plus près, c’est effectivement la fatigue du matin qui produit cela ; l’esprit embrumé de la nuit qui émerge et qui se colle à la page avec le café et les restes de rêves qui fermentent encore un peu comme la flamme vacillante d’une bougie qui meurt. Sauf que c’est le matin, et que l’aube c’est dommage pour mourir. D’ici un mois, une semaine ou dix ans j’aurai acquis le trop plein et le déversoir comme un réflexe bien  rôder, une bonne habitude et un très bon outil. Mais ce soir c’est le foutoir, l’aube datent d’il y a trop longtemps et la journée a trop été une journée pour qu’il reste quelque chose du matin. Et puis la télé et la fatigue qui clouent les yeux, et l’envie de se coucher tôt pour se lever encore plus tôt parce que le samedi ou le dimanche je me lève tôt pour aller chiner.

On s’arrête là ?

On revient demain ?

Publié dans Divagations diverses

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