Faut-il que je me lance un défi d'écriture ?

Publié le 11 Septembre 2017

Je vois passer, assez souvent maintenant, des personnes qui se lancent dans des défis d’écritures. Et pas genre le défis d’écrire une ligne ou une page sans faire de fautes d’orthographe, d’accord ou de ponctuation mais des défis de production, sur la durée, sur des mois et parfois des mois qui forment une année. Ce sont des défis de contenu, pas de courses ou de concours les uns contre les autres, mais des défis que les personnes réalisent contre eux-mêmes à moins que ce soit pour eux-mêmes.  Il est alors question pour ces personnages lettrés et littéraires de se mettre au défi d’une nouvelle par semaine, d’un marathon d’écriture ou de se confronter au regard inquisiteur du compteur de signes quotidiens. Et très sincèrement j’admire ces personnes ; d’une part parce que j’admire les personnes qui écrivent, d’autres part parce que j’admire les personnes qui écrivent sans faire de fautes, et puis surtout parce que j’admire les personnes qui savent s’imposer des contraintes d’écritures.

En plus de huit ans la seule que j’ai su m’imposer c’est de venir ici au moins une fois par jour pour déposer quelques mots. C’était mon défi à moi, celui de l’astreinte à la présence, mais je n’ai jamais soumis cette contrainte quotidienne à une exigence de qualité et officiellement pas non plus à une exigence de quantité même si officieusement je vise à presque toujours dépasser les deux cents mots. Pourquoi deux cents ? Je ne sais pas trop, je crois qu’un jour il y a des années de cela j’avais entendu un autre blogueur me dire que pour que Google s’intéresse à mon contenu, il fallait publier quotidiennement (ce que je faisais) mais il fallait publier plus de 200 mots. C’était peut-être 200 signes, c’était peut-être qu’une connerie ou qu’une légende numérique, mais cela m’avait paru assez crédible pour que je respecte quasiment quotidiennement cette échéance numéraire.

Mais poster 200 mots sans queue ni tête, sans histoire ni vérité, sans qualité ni style, sans début ni fin, ce n’est pas méritant et ce n’est même plus formateur au sens de l’abnégation qui me parait nécessaire à l’écriture. Alors parfois je me dis que je pourrais m’astreindre à mon tour de nouvelles contraintes qui viendraient s’ajouter à celle de publier quotidiennement. Or il n’est pas possible de publier une nouvelle par jour, sauf à être un génie, un robot ou un ordinateur, bref sauf à être une chose que je ne suis pas. Mais à défaut de réussir à rédiger une nouvelle par jour, par semaine ou par mois, je me dis que je pourrais peut-être me confronter à plus facile et à beaucoup plus difficile en même temps : me lancer le défi d’ébaucher un pitch par jour.

Pendant une durée qui resterait à définir je pourrais me pousser à trouver une idée de nouvelle ou de roman par jour et évidemment partager ces idées quotidiennes sur la toile. Bien sûr que je pourrais le faire, je pourrais même le faire avec de mauvaises idées, et je pourrais même le faire si personne le sait ni ne le lit. La seule chose qui pourrait me retenir de le faire, c’est qu’avoir une idée, trouver une idée, construire une idée, inventer une idée c’est certainement pour moi la part la plus difficile de l’écriture. Une fois que j’en tiens une, travailler la matière, écrire, réécrire, re écrire, modeler, étoffer, élaguer, et creuser une idée pour en tirer ce qui me semble le plus intéressant ou à défaut le plus stimulant pour moi c’est plutôt facile. Mais avoir une idée, oser avoir une idée ça me parait toujours très difficile.

Et en même temps, si se confronter à ce défi pourrait être intéressant pour moi c’est justement parce que ça me permettrait de me confronter à ce qui me semble le plus compliqué dans l’écriture : avoir une idée. Alors je ne sais pas si je vais me lancer, ni quand je vais me lancer, mais je songe à cela très sérieusement depuis quelques temps. Je crois que la seule chose qui me manque vraiment c’est de décider d’une bonne date de commencement et de bien définir la durée du défi.

Il n’y a plus qu’à.

Les images qui peuvent illustrer ce genre de propos sont d'une banalité sans nom

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #écrire, #érotisme, #Nouvelles

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