Moi aussi je peux parler de Pierre-Ambroise Bosse #PAB

Publié le 9 Août 2017

Au soir du 08 aout la France découvrait la figure atypique de Pierre-Ambroise Bosse. Et depuis hier soir aux alentours de 22:40 la France frissonne de l’exploit réalisé par cet athlète qui est devenu champion du monde du 800 mètres lui qui n’était avant cela seulement champion de l’interview d’après course lunaire et singulier. Si tout le monde parle de Pierre-Ambroise Bosse alors pourquoi pas moi ? Je ne suis pas moins légitime qu’un autre pour y aller de ma diatribe sur cette course.

Moi aussi hier soir j’ai vibré.

Moi aussi hier soir j’ai crié.

Moi aussi hier soir j’ai sauté.

Moi aussi hier soir j’étais devant ma télé.

Si le 100 mètres incarne toujours l’épreuve reine des réunions d’athlétisme, le temps passant j’apprécie de mieux en plus les distances plus longues et les courses en peloton qui offrent à mon goût une scène idéale pour exprimer la dramaturgie de l’athlétisme que j’aime tant. Bien sûr je ne renie pas ma fascination pour le 100 mètres qui lui aussi propose la trame d’une dramaturgie digne de la tragédie grecque mais c’est parce que le 100 mètres est une épreuve qui commence bien en amont du coup de feu qui lance le départ et qui se poursuit au-delà de la ligne d’arrivée.

Pour revenir au 800 mètres d’hier j’attendais cette course avec impatience pas tant pour l’espoir d’une victoire, mais dans la perspective d’assister à la finale du format le plus épique. Et comme tout le monde j’ai été cueilli par le panache de Pierre-Ambroise Bosse. Il y a deux choses qui ont forgé mon émotion durant cette course. La première c’est que Pierre-Ambroise Bosse a mis en œuvre d’une stratégie de course à contre temps de la trame dramatique / narrative de la course. Au lieu de porter son attaque en fin de course là où nous atteignions le paroxysme de notre tension de supporter, il a porté son attaque plus tôt, saisissant ainsi ses adversaires et les spectateurs dans une forme de sidération. J’ai la sensation qu’une fois passé le sentiment de sidération, nous nous sommes retrouvés avec une conscience plus aigüe de l’audace de sa course parce que nous n’étions pas encore aveuglés par l’émotion générée par le paroxysme de la tension. C’est manière calculée ou instinctif qu’il a eu de briser les codes en menant sa course sur une forme de contre temps c’est une des choses qui m’a donné mon premier frisson.

Mon second frisson, le plus intense et le plus subtil m’est venu durant le dernier virage que Pierre-Ambroise Bosse a entamé en tête. Lorsqu’il sort du virage il passe tout proche de Renaud Lavillenie qui était alors en plein milieu de la finale de son concours de perche. Lorsque le coureur de 800 mètres passe à sa hauteur on voit à la caméra le perchiste français, recordman du monde et champion olympique se diriger vers le couloir, se pencher vers son compatriote et l’encourager avec vigueur. Et à ce moment-là, en voyant cette figure majeure de l’athlétisme, celui-là même qui à effacer le record de Sergueï Bubka, vibrer, s’investir, vibrer, soutenir, exulter son énergie pour la transmettre à Pierre-Ambroise Bosse de la même manière que je le faisais devant ma télé. Et c’est à ce moment-là que j’ai eu la sensation qu’il se passait une chose épique ; un instant important de sport.

Alors même si en dehors de la piste le personnage de Pierre-Ambroise Bosse m’insupporte au plus haut point, ce qu’il a réalisé sur la piste avec brio et panache me renverse entièrement. Je n’avais pas grand-chose à dire, mais au moins moi aussi je l’ai dit.

Moi aussi je peux parler de Pierre-Ambroise Bosse #PAB

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Sport

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