Chronique d'un treize juillet

Publié le 13 Juillet 2017

Treize juillet, soit un jour avant le quatorze, mais tout le monde, moi y compris, se moque de savoir quand le feu d’artifice sera tiré, ni où il sera d’ailleurs ; surtout qu’il y a de plus en de lieux, villes et villages qui se moquent allégrement des traditions et qui tirent le fameux feu soit le treize juillet, soit le quinze juillet, soit le 24 décembre mais là c’est pour de toutes autres raisons que l’on est capable d’admettre.

Bref, nous ne sommes que le treize juillet et je suis là pour chroniquer mon jour, ma journée, ma pensée et je constate que ce soir je manque d’inspiration. Et pourtant une journée j’en ai eu une, ce n’est pas pour autant que je saurai la chroniquer en étant intéressant. C’est peut-être là le plus horrible défaut de l’écrivain, se persuader qu’il se doit d’être intéressant et ainsi se restreindre et se contraindre à d’impalpable limite. Je reste convaincu que la principale qualité littéraire d’une plume c’est de se défaire de ses liens, pas de ses bagages.

Alors que dire pour ce treize juillet, que dire qui ne soit ni une trahison ni une impudeur indirecte qui serait en soit une erreur de focale. Si je devais être précis je commencerai ma chronique par hier, par le soir, par la nuit, par cette nuit parce que j’ai dormi comme une nuit d’été c’était à dire avec la fenêtre grande ouverte. Ni vitre, ni volet, ni rideau, dormir en prise direct avec la nuit et ses odeurs, en direct avec la nuit et ses sons et bien sûr en direct avec la nuit, la lune et les étoiles. Le luxe se tient là, il se loge dans cette fenêtre grande ouverte d’où je peux m’endormir en voyant la lune me regarder et les étoiles briller.

On pourrait penser que lorsque je dis la lune me regarder j’use d’une métaphore très banale, sauf que dans mon ressenti ce n’est pas une métaphore, c’est un ressenti réel, précis et exacte ; lorsque je m’allonge dans mon lit, que je ferme les yeux et que je cherche le soleil, si je sais que la lune est dans le ciel je perçois son regard. Ce n’est pas mystique, ce n’est pas poétique, c’est juste un sentiment naïf mais sincère. Je n’éprouve pas la même chose pour les étoiles, que par ailleurs je préfère regarder. La lune c’est juste un regard spatial qui pose sur mon dos nu et ma nuque endormie l’acuité d’une entité spatiale. Je me suis donc endormi avec la lune brillante, la nuit avait la couleur bleue et blanche des nuits où la lune illumine le noir de ce je ne sais quoi de lumière lunaire. Et je me suis réveillé avec le soleil se grand bruleur de nuit et le son des outils électriques du voisin.

Le reste de la journée il n’y avait presque plus de lune, plus de voisin et plus d’outil, le reste de la journée finalement je n’en parlerai pas ici, parce que je n’ai de mots que pour la nuit.

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Chronique chaotidienne

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