Chronique d'un neuf juillet

Publié le 9 Juillet 2017

Ce neuf juillet a commencé assez tôt, il était cinq heure du matin lorsque je me suis réveillé pour allumer la télé. La télé était dans l’ordinateur mais ce détail n’a pas d’intérêt pour ma chronique. En effet cette nuit quelque part au Brésil l’équipe de France de volley jouait sa finale de ligue mondiale et j’avais à cœur de me lever au cœur de la nuit et au bord de l’aube pour suivre le match ; il y a quelques jours je racontais combien suivre une compétition sportive internationale à la télé avec un puissant décalage horaire était source de plaisir et d’émotion inscrite dans l’ADN familiale. Du coup, se lever à cinq heure du matin pour regarder un match de volley ça allait de soit.

Mais dans l’excès j’ai été raisonnable le match débutait à quatre heures et je ne me suis levé qu’à cinq. Le match a été beau et le moment encore meilleur parce que la France à gagné et que la joie était au rendez-vous ; empathie sportive quand tu nous tiens. Tant qu’à être réveillé, à la fin du match il était temps de partir chiner en vide-grenier. Ce neuf juillet nous étions un dimanche et le dimanche c’est jour de chine, même si l’aube découvre un ciel gros de gris. Au diable la paresse et la peur de la pluie j’y suis allé. A peine dehors de grosses gouttes éparses tombaient sur la ville silencieuse et donnait à l’air une tente de fraîcheur humide. C’étaient de grosses gouttes chargées du sable d’un Sarah lointain ou d’un désert mystérieux.

Je ne sais pas précisément d’où vient le sable qui est dans la pluie, mais depuis toujours mes parents me disaient que c’était le sable du Sahara, c’était peut-être vrai, ou alors ils disaient cela simplement parce que c’était le désert qu’ils avaient traversés étant plus jeunes ; quoi qu’il en soit maintenant ce sable des les gouttes de pluie c’est toujours pour moi le sable du Sahara et ce matin la pluie laissait des traces de dunes sur mon pare-brise. Partir en vide-grenier, même sous la pluie c’est comme partir en vacances mais en roulant moins ; route inconnue, paysages nouveaux, ambiances différentes et l’excitation de l’inconnu. En route pour Rochegude  un village de la Drôme au nom lamentable. Mais un jour de vide-grenier sous la pluie c’est un vide-grenier qui se réveille en retard, qui s’ébroue pendant que j’y chine, c’est une ambiance particulière où je pensais dépensais plus d’argent pour me payer un croissant et un café qu’en bibelots.

Finalement malgré la pluie et les gens qui déballent plus tard qu’à l’habitude j’ai fini par trouver des choses, surtout des livres, principalement des livres, et un jeu de Playstation. Trois recueils de poésie que je pensais récents mais qui semble avoir été édités dans les années 50, un livre dont le thème fera de lui un bon cadeau à offrir à ma mère (thème que je n’évoque pas ici au cas où tu passes par là, je te réserve la surprise). C’est plaisant de chiner pas pour soir et de chercher des objets au grès des envies des autres, j’ai la sensation que ça donne un autre regard sur les objets et comme toujours faire un pas de décalage c’est cool.

Après une nuit courte et une matinée de chine, alors que le ciel se déchire toujours entre ombre et lumière il était temps de vautrer ma chronique dans le canapé et de suivre le Tour de France qui n’est jamais aussi intéressant que lorsqu’il se passe quelque chose. C’était la chronique de mon neuf juillet et je me demande toujours ce que je fais dans ce bateau.

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Chronique chaotidienne

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